La malédiction de la Méduse de Erik Emptaz

51iJWTLwRyL

Auteur : Erik Emptaz – Edition Grasset –  295 pages

Le 2 juillet 1816, à la tête d’une mission chargée de reprendre le Sénégal aux Anglais, la frégate La Méduse, commandée par un vieil officier incompétent et alcoolique, échoue au large de la Mauritanie, sur un haut-fond pourtant bien connu des marins. Cent cinquante hommes qui ne pourront prendre place dans les embarcations du bord construisent un radeau de fortune, que les chaloupes remorqueront quelques milles, avant de l’abandonner en pleine mer, avec son fardeau humain.
Entassés sur le radeau, de l’eau jusqu’à mi-cuisse, les naufragés périssent les uns après les autres. Tempêtes, rixes meurtrières, faim lancinante, rage de survivre et désespoir : après quelques semaines, ils ne seront plus que quinze, qui se décideront à manger l’un des cadavres… On connaît le tableau de Géricault, mais sait-on bien les circonstances de ce drame, fait divers historique qui fut, en son temps, un véritable scandale politique ? La malédiction de la Méduse, roman d’une aventure vraie, fait revivre cette incroyable odyssée.

Ce que j’en ai pensé

asterix_theodore_gericault_radeau_de_la_meduse_1819-8cbe4

En plongeant dans cette lecture, je pensais bien apprendre pas mal de choses sur cet évènement.

J’ai reçu une claque!

Grâce au témoignage de Jean-Baptiste Savigny, jeune chirurgien de vingt-sept ans engagé suite à une déception amoureuse et une bonne nuit d’ivresse, on suit la Méduse en juin 1816. Le capitaine Hugues de Chaumareys, n’a été déclaré compétent qu’en raison de sa filiation, fait s’échouer le navire sur un banc de rochers près de la Mauritanie. Plusieurs canots sont jetés à la mer, réservés aux nobles et aux membres de l’équipage. Pour les autres, ce sera le radeau construit à la hâte, qui sera remorqué par les canots. Les 150 passagers du radeau ont été des victimes, au nom des ambitions politiques de certains et de la lâcheté d’autres.

L’auteur, qui a respecté l’histoire telle que rapportée par les historiens, nous parle de ces hommes livrés à eux-mêmes, de la privation et de leur souffrance psychologique, immergés jusqu’aux genoux, avec l’espoir qui diminue au fur et à mesure que les jours s’égrènent et que leurs compagnons décèdent les uns après les autres.

Folie, bagarre, faim, chaleur, tout est réuni.

Les passage appréciés

« En écoutant le discours du gouverneur, j’ai vomi plus par dégoût de moi-même que de lui. Mais j’ai aussi mesuré dans quel état de délabrement physique et mental nous étions »

« Et si les quinze revenants de ce cauchemar la lui posent, il leur fera la même réponse : la « nécessité » et le souci « d’éviter une perte générale ». Deux arguments qu’ils devraient être à même de comprendre. Et trouver recevables, puisque ce sont aussi ceux qui les ont conduits à manger la chair de leurs semblables »

« Son visage garde le masque de la parfaite componction tandis qu’il fourgonne toujours activement le con brûlant de la pénitente qui désormais soupire en venant au-devant de sa main.

De l’autre, il a déboutonné le devant de sa soutane, libérant une verge à la vigueur inhabituelle chez un homme censé en faire abstraction.

« Allons, pécheresse, hâtons-nous ! Je te fais grâce du Credo et du Confiteor, consacrons-nous à l’Introït…» »

« Pour ramener les pécheresses sur le chemin de la piété, c’est dans le péché qu’il doit aller les chercher. Et il s’y emploie sans compter »

280px-Méduse-Jean-Jérôme_Baugean-IMG_4777

1312260953538502211846259

Publicités

2 réflexions sur « La malédiction de la Méduse de Erik Emptaz »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s