Ce que cache ton nom de Clara Sanchez

Lu dans le cadre des challenges 1 pavé par mois et le challenge polar et thriller 2016-2017

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Sandra, jeune femme d’une trentaine d’années, sans véritables attaches, enceinte d’un homme qu’elle vient de quitter, s’installe dans un village isolé de la côte est espagnole. Sur la plage où elle passe ses journées, elle fait la connaissance d’un couple d’octogénaires norvégiens, les Christensen. Rapidement, ils la prennent sous leur aile et la traitent comme la petite-fille qu’ils n’ont jamais eue. Mais un vieil homme tout juste débarqué d’Argentine va venir perturber cette belle entente : Julián, survivant du camp de Mathausen, révèle à Sandra le véritable visage des Christensen. D’abord méfiante, elle finit tout de même par se rendre à l’évidence. Le couple ne semble-t-il pas l’attirer chaque jour davantage dans ses filets ? Mais elle ne se rend pas encore compte que la connaissance de la vérité met sa vie en danger. À moins qu’elle ne lui donne un but, et lui permette de grandir…

éditions : Livre de poche  Traduit de l’espagnol par : Louise Adenis Parution : janvier 2014 Pages : 480 Prix : 7,60€

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« Ne pas dire la vérité maintenant, c’est laisser demain une trace floue de passage sur terre. Comme si tu n’avais pas été vraiment réel. »

Parfois le mal se cache sous de beaux atours … Mais l’homme peut-il réellement se repentir?

Le hasard fait-il bien les choses ? Avec « ce que cache ton nom » la question se pose d’emblée !

Un livre qui m’a laissé un sentiment de vide, de manque de je ne sais quoi ! Pourtant tout était, en principe, réuni pour me plaire. En effet, tout ce qui est lié aux camps de concentration et à la seconde guerre mondiale me passionne, et les livres évoquant le devenir des anciens criminels nazis sont plutôt rares et abordé de cette façon l’intrigue semblait particulièrement intéressante.

Sandra, une nana un peu perdue, n’aspire qu’à trouver des réponses, penser à son enfant à venir et à son envie ou non d’avoir le papa dans sa vie, se lie d’amitié avec un couple d’octogénaires « norvégiens », au point de devenir inséparables.

Julian, un vieil homme enfermé au camp de Mauthausen pendant la seconde guerre mondiale, renoue avec la haine et le désir de vengeance. Il a fait partie du centre Mémoire et Action, engagé dans la chasse aux nazis. Arrivé tout droit d’Argentine, il dévoile le secret du couple

 « C’était terrifiant de les voir faire le bien. Ils se comportaient comme s’ils n’avaient jamais vraiment eu conscience d’avoir fait le mal. En général, dans la vie, le bien et le mal peuvent être difficiles à discerner mais, à Mauthausen, le mal était le mal. Jamais, de ma vie, je n’ai rencontré le bien absolu, en revanche, j’ai connu le MAL en lettres capitales, le mal et sa puissance de destruction, et il n’y avait en lui pas une once de bien »

Le lecteur, au fil des pages, reconstitue le puzzle de  l’histoire. Peu à peu Sandra découvre la vérité et en tant que lecteur on devient plus attentif au moindre indice, à chaque piège potentiel.

L’environnement accueillant et tranquille se fait hostile et menaçant. Le doute et la suspicion s’installent, les motivations de chacun des personnages restent flouent, tout comme Sandra, le lecteur est projeté dans toutes ces interrogations.

 » La haine pesait beaucoup dans ma balance, l’amour aussi, heureusement, mais la haine hélas, lui avait ôté beaucoup de place. »

En toile de fond, l’auteur ponctue son intrigue de détails historiques nécessaires pour la compréhension du lecteur. J’ai trouvé dommage que le volet historique ne soit pas plus explicite et détaillé. Après les premiers chapitres, elle se concentre sur les sentiments des personnages à leurs dilemmes, ce qui donne au roman une dimension psychologique  plus que thriller, en effet le lecteur se trouve face à la complexité des sentiments humains.

L’entretien entre Julian et Sebastian est une tentative de justification, l’un garde son idéologie et l’autre sa haine.

 » Je luttais pour un monde meilleur. Le monde progresse toujours grâce à un petit groupe d’hommes qui prend les rênes et guide les autres. Le peuple est incapable de savoir ce qu’il veut de lui-même. »

Ce que cache ton nom est un thriller psychologique avec une bonne intrigue. Les changements de point de vue sont intéressants, mais avec trop de répétitions, notamment lors des états d’âme de Julian, avec parfois une impression de manque de je ne sais quoi, comme si l’auteur avait du mal à enchaîner…. Certains passages n’ont rien apporté, que de la lourdeur et sont inutiles à l’ensemble du récit. Les considérations peu importantes sur la grossesse, le tricot, les faiblesses qu’apportent le fait de vieillir, tout cela n’est pas inintéressant, mais répété plusieurs fois, devient lassant.

« La pire, quand on est vieux, est de se retrouver isolé peu à peu et devenir un étranger sur une planète où tout le monde est jeune. »

Pourquoi 480 pages, là où maximum 250 auraient largement suffit et dynamisé  l’intrigue en lui donnant un rythme soutenu, empêchant  le lecteur de s’ennuyer et surtout (une lectrice comme moi) de sauter des passages…

Vu le milieu hostile dans lequel Sandra et Julian baignent et la promesse d’un « thriller aux accents hitchcockiens » annoncée dans le résumé, je m’attendais à un vrai thriller plus dense et plus rythmé… dont l’originalité ressort à la fin somme toute assez déroutante…

« Ma fille pensait que j’étais un vieux fou, un cas désespéré obsédé par un passé qui n’intéressait plus personne et dont il n’oubliait ni un jour, ni un détail, ni un visage, ni un nom, même si c’était un nom allemand long et compliqué, alors qu’il devait souvent faire un gros effort pour se rappeler le titre d’un film. »

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Née à Guadalajara en 1955, elle a passé une partie de son enfance à Valencia, avant de s’établir à Madrid. Diplômée de philologie hispanique, elle a longtemps été enseignante, en même temps qu’elle collaborait à de nombreux média, notamment une émission de télévision consacrée au cinéma, et qu’elle écrivait des préfaces aux œuvres d auteurs étrangers comme Mishima. Elle publie en 1989 son premier roman. Ce que cache ton nom obtient le prix Nadal, l’un des plus prestigieux prix littéraire espagnol.

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9 réflexions sur “ Ce que cache ton nom de Clara Sanchez ”

  1. Mauthausen, les 186 marches… Un des livres qui a terminé dans le freezer, incapable que j’étais de le lire.

    On ne se méfie jamais assez des petits vieux ! Bon, intéressant, mais je passe, mon menu est déjà plus que gargantuesque !

    Aimé par 1 personne

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