Je l’ai fait pour toi de Laurent SCALESE

Lu dans le cadre du challenge polar et thriller 2016-2017

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Bienvenue à Lazillac-sur-Mer, dans l’univers du commandant Samuel Moss dont les armes sont le charme, la séduction et l’art du détail : rien ne lui échappe, que ce soit sur une scène de
crime ou au quotidien. Cette histoire débute quand la romancière à succès Jade Grivier est retrouvée morte chez elle, dans son bureau, suicidée. Après avoir inspecté les lieux, à sa façon, Samuel Moss conclut qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’un homicide, dont il identifie immédiatement le coupable. Le plus compliqué, maintenant, pour Samuel Moss, est de comprendre comment le meurtrier a procédé et de prouver sa culpabilité, avec élégance bien sûr, et surtout sans salir ses nouvelles chaussures sur la plage de Lazillac…

Editions : Belfond  Parution : 22 septembre 2016 Pages : 352 Prix : 19€

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Première loi : le crime parfait existe.
Deuxième loi : le criminel parfait n’existe pas.
Troisième loi : l’enquêteur doit donc concentrer ses efforts non pas sur le crime, mais sur le criminel.

Le huitième roman de Laurent Scalese, Je l’ai fait pour toi, sort en librairie dans deux jours et j’ai eu la chance de pouvoir le lire grâce à netGalley. J’ai pu ainsi découvrir cet auteur dont je ne connaissais pas la plume. Je suis donc toute « vierge » d’idées  préconçues. Je vois d’ici certains me dire « comment tu ne connaissais pas l’auteur ? » Eh bien non !

Apparemment avec ce livre, l’auteur crée un nouveau héros, le Commandant de Police Samuel Moss.

« Il ne se sentait pas à l’aise avec ces jeunes femmes qui cherchaient à lui plaire, souvent pour de mauvaises raisons, parce qu’elles étaient en admiration devant le professeur ou le policier, parce qu’elles étaient en quête d’un père ou d’un pygmalion, ou parce que la discrétion qu’il observait sur sa vie privée lui conférait une aura mystérieuse et romantique. »

Moss pose une question lors de son cours de criminologie : le crime parfait existe-t-il ? Pour lui, non il n’y a pas de crime parfait… Mais il va apprendre au fil de son enquête qu’un meurtre peut frôler la perfection et qu’en fin de compte c’est le criminel qui est faillible…

« Primo, identifier le coupable grâce à son intuition et aux détails qui échappent au commun des mortels, des détails en apparence insignifiants.
Secundo, le fréquenter pour apprendre à le connaître et repérer ses points faibles.

Tertio, le pousser à l’erreur afin d’obtenir la preuve incriminante »

Eh bien j’ai beaucoup aimé Samuel Moss ! Ses manies, ses tics… Le rendent attachant ou attachiant c’est selon ! Car il faut le dire ce commandant a de sacrées névroses, mais bon quand on sait à quoi elle sont dues, il devient très sympathique.

Son psy pense qu’il faudrait qu’il en parle … Mais lui est persuadé que ses névroses l’aident à être un bon flic ! Et je dois dire que je pense un peu comme lui ! J’ai bien eu peur qu’elle y arrive (sa psy) à le faire changer et donc que je perde ce flic meurtri par la vie, ce flic tout en finesse, glamour, romantique et galant à souhait ! Bon ok, je suis légèrement tombée amoureuse de lui et j’espère le retrouver dans d’autres aventures. Après tout marié 3 fois, Samuel Moss est un bon parti et les femmes tombent sous son charme, ou pas !

« Les détails pavent le chemin menant à la vérité, pour peu qu’on sache les repérer. Je n’en néglige jamais aucun. Neuf fois sur dix, là où mes collègues voient des vétilles, je vois des indices. Et neuf fois sur dix, mon intuition me donne raison. Ma dernière épouse croyait que j’avais une sorte de sixième sens. »

De toute façon soit on l’aime soit on le déteste !! Vous l’aurez compris de toute façon, Samuel Moss provoquera une réaction chez vous …

Je pourrais vous parler encore de ce héros anticonformiste, mais le sujet du livre est quand même un meurtre, somme toute très bien pensé et très bien construit.

Le Commandant de police, démonte toutes les ficelles du meurtrier, une par une ! De toute les façons il sait dès le départ qui a tué ! Il lui faut juste trouver le mobile et le modus operandi. Et c’est là que l’auteur amène les choses avec brio ! C’est là que l’auteur rend les choses compliquées et tellement simples à la fois ! Il brouille les pistes, mais le lecteur n’est pas dupe, fort des sentiments de notre policier hors paire au feeling infaillible !

Sa nouvelle coéquipière arrive le jour de ce fameux meurtre et elle doit faire ses preuves et on aurait tendance à penser que Moss est misogyne, mais non non du tout ! Il aime les femmes, il aime la femme Sans pour autant être lourd… et ça fait du bien ! Il va peu à peu lui faire confiance et ils vont travailler de concert pour découvrir le fameux mot de ce crime, si parfait !

 » Un sourire de circonstance aux lèvres, Cheyenne s’avança pour saluer son futur équipier. Contre toute attente, ce dernier ignora sa main tendue. D’un air dégagé, il tira le smartphone de la poche intérieure de son blazer. Après avoir ouvert une application d’une pression du doigt sur l’écran tactile, il remit le téléphone au capitaine. — Vous pouvez nous prendre en photo devant la cascade, Elvire et moi ?
Cheyenne en fut abasourdie. »

Le meurtrier a bien tenté de manipuler notre homme, mais c’était peine perdue d’avance ! Car malgré les changements de personnalité que l’on peut constater parfois chez Moss, il ne se détourne pas de sa ligne de conduite et reste campé sur ses positions ! Et son instinct est bon, même très bon ! De toute façon il a confiance en lui, en son jugement et son feelling ! Donc pas la peine de tenter le bonhomme…

Un livre très bien rythmé, une belle écriture, sans trop de blabla (dixit ma chronique d’hier) directe et concise. J’ai aimé cette construction à contre courant ! Pour une fois on sait que le flic sait et on sait qui il soupçonne mais on va vivre l’enquête à son rythme et au rythme de ses découvertes ! Même sa coéquipière découvre parfois en même temps que le lecteur …

Malgré tout le commandant Moss reste galant dans toutes les circonstances le rendant sympathique à bien des égards, ses étudiants en sont fans, surtout ses étudiantes et on l’imagine très charismatique.

Merci à l’auteur de démontrer qu’un crime peut être parfait, mais qu’en fin de compte un être humain reste faillible, donc humain même dans les pires moments de sa vie.

Passages sur le métier d’auteur, que j’ai trouvé très intéressants :

« La plupart des aspirants auteurs confondent passion et métier. Ils s’imaginent qu’écrire est une partie de plaisir alors que c’est un parcours semé d’obstacles. Il ne s’agit pas juste d’aligner des phrases sur l’écran de son ordinateur. Il y a des règles à respecter, une manière de procéder. Quatre-vingt-seize pour cent des manuscrits que je reçois sont impubliables. Ils présentent des problèmes de construction, de narration, de syntaxe, d’orthographe, de grammaire, de concordance des temps. Sans oublier les répétitions. Et comme si ce n’était pas assez, les intrigues développées sont le plus souvent d’un banal affligeant. »

« Dans la majorité des cas, ces auteurs autoproclamés n’ont pas d’univers propre, ils n’arrivent pas à insuffler une âme au récit ni à camper de vrais personnages. Entre ceux qui écrivent à la première personne pour raconter leur vie – captivante, selon eux – et ceux qui copient les maîtres du thriller ou de la comédie romantique, parce qu’ils croient bien faire ou parce qu’ils sont incapables d’inventer, les éditeurs croulent sous la médiocrité. J’ai envie de crier à ces gens : « Stop ! Arrêtez d’emprunter à tel ou tel auteur de best-sellers, soyez vous-même ! » Ces dernières années, le niveau a tant baissé que nous n’avons plus le choix  qu’entre publier des textes moyens ou en publier des mauvais. La correctrice de Janus passe un temps fou sur chaque manuscrit. S’il y a trop de boulot, on refile le bébé à un rewriter. »

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Né à Avignon, Laurent Scalese est auteur de romans policiers et scénariste pour la télévision et le cinéma. Attiré très vite par la lecture, il dévore Agatha Christie, Conan Doyle, Isaac Asimov ou encore Stephen King, fasciné par le côté effrayant des intrigues. Après quelques tentatives d’écriture tirant

Subject: SCALESE Laurent - Copyright: John FOLEY/Opale - Date: 20090201
 

 

vers le fantastique, il entame une carrière professionnelle dans le prêt-à-porter mais la plume le démange toujours… En trois ans, il rédige quatre romans de SF ainsi qu’un recueil de nouvelles d’anticipation. Heureux d’être classé parmi les dix premiers d’un concours de nouvelles policières organisé par LE SEUIL,il décide d’approfondir et se lance dans la rédaction d’un polar: son premier roman, « Le Samouraï qui Pleure », paraît en 2000, puis dans la foulée « L’ombre de Janus », une histoire du tueur en série, qui le rapproche un peu plus des éditeurs et élargit son public.  Son quatrième roman policier, « Le Baiser de Jason » (Belfond, 2005), a reçu le prix Sang d’Encre des lycéens. Il est aujourd’hui un scénariste reconnu pour la télévision. Il est le co-créateur de la série Chérif tournée à Lyon et diffusée sur France 2.

Depuis sa création en 2008, il appartient à la très honorable Ligue de l’imaginaire. Ce collectif d’écrivains a pour étendard l’imaginaire et parmi ses membres, on trouve Maxime Chattam, Eric Giacometti, Franck Thilliez, Bernard Werber…

 

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16 réflexions sur « Je l’ai fait pour toi de Laurent SCALESE »

  1. Je connais cet auteur depuis des années, je ne lui connais aucun mauvais livre, je les aime tous, ils sont tous différents, comme s’ils avaient évolué avec Laurent. J’ai eu le plaisir de le voir à plusieurs occasions, c’est un être aussi attachant que ces personnages. Hâte de lire ce livre. Je suis d’ailleurs jaloux que vous ayez pu le lire avant sa sortie! 😉
    Amicalement,
    Joaquim C.

    Aimé par 1 personne

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