L’Empoisonneuse de Barbara Yelin et Peter Meter

Le regard de cette femme sur la couverture m’a attiré, regard que je n’arrivais pas à déchiffrer… Triste ou malsain rien ne transparaît vraiment !

Donc il me fallait plonger dans ces planches,  dessinées au fusain et au crayon, ce qui donne un aspect encore plus sombre à l’histoire qui s’inspire de faits réels, du coup j’ai lu cette BD avec un autre regard et surtout plus d’attention.l-empoisonneuse-122739Comme l’héroïne, j’ai cherché à comprendre ce qui avait pu pousser Gesche Margarethe Gottfried, « L’ange de Brème », qui a tué pas moins de 15 personnes, à donner du “beurre à souris” (saindoux à l’arsenic) tartiné sur du pain à ses enfants, ses compagnons, ses amis, ses parents, ses voisins… tout en soignant certains, pour alléger leurs souffrances.planchea_109459Une telle contradiction dans le comportement est un tel mystère que cette femme ne pouvait être complètement saine d’esprit. Cette envie de comprendre et de donner une justification médicale est certainement liée à notre regard plus moderne et plus « psychologue » qu’à l’époque des faits, influencée par les préjugés, la bien séance et la religion.

Plusieurs personnages (le pasteur, l’avocat…) apparaissent plus ou moins fourbes, dans cette société brèmoise taxée d’être une société beaucoup plus « évoluée » à l’époque. Les habitants voient notre héroïne d’un mauvais œil, pour eux cette étrangère vient fouiner et veut ruiner la réputation de la ville.

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La ville est rongée par cette histoire d’empoisonnement trop longtemps dissimulée, l’ambiance en devient suffocante et son aspect paisible est bien loin de la réalité du moment. Les regards sont fuyants, furtifs, les chuchotements et les confidences, donnent, en fin de compte un aspect noire à cette ville et je me suis attachée à cette accusée, qui n’aura été entendu qu’à cause de ses meurtres…

Cette BD est à la fois fascinante et grave, l’atmosphère est sombre avec une tension palpable.

Une histoire qui mérite d’être plus connue et surtout, qui donne envie d’en savoir plus.

Suite à ses aveux et sa condamnation à mort, elle aura la tête tranchée sur la voie publique. Elle sera la dernière personne à être exécutée ainsi.

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Barbara YELIN

Née à Munich en 1977, Barbara Yelin a étudié l’illustration et la bande dessinée à Hambourg et vit désormais à Berlin.Ses deux premiers livres ont été publiés à l’An 2 : Le Visiteur en 2004 et Le Retard en 2006. Elle a participé en 2008 à deux albums collectifs : Les Bonnes Manières (Actes Sud – l’An 2) et Pommes d’amour (Delcourt). Elle fait partie du collectif de dessinatrices qui publie la revue Spring. Elle est ici pour la première fois associée à un scénariste.

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Peer METER

Le scénariste, Peer Meter, est né à Brème en 1956. En 1976, il fonde une petite revue de BD, Com-Mix. Depuis 1986, il est rédacteur et écrivain indépendant, entre autres pour la revue littéraire Stint. Proche du milieu théâtral, il a travaillé sur des oeuvres de Fassbinder, Beckett, Büchner. En 1988, il commence à s’intéresser au cas Gesche Gottfried, et en tire une pièce de théâtre, créée en 1995, à Flensbourg. Il publie la même année le livre-enquête Gesche Gottfried. Ein langes Warten auf den Tod, premier bilan de ses recherches sur ce fait criminel. Il écrit d’autres scénarios de bande dessinée à propos de meurtriers célèbres, notamment pour la dessinatrice Isabel Kreitz.

 

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Scénario :  Meter Peer – Dessin : Yelin Barbara – Couleurs : N&B

Traduction : Paul Derouet – EditeurActes Sud – L’An 2 – Planches : 190

Une jeune femme, qui fait profession d’écrire, arrive à Brème, dans le Nord de l’Allemagne, par bateau. Nous sommes au début du XIXe siècle. Venue pour rédiger une description touristique, elle ignore que toute la ville est en proie à une étrange fièvre, parce que l’on se prépare à exécuter en place publique une femme accusée d une quinzaine d’assassinats par empoisonnement. Son propre destin va se trouver mêlé à l’histoire de cette meurtrière. Ce drame historique est basé sur une histoire vraie, celle de Gesche Margarethe Gottfried (1785-1831), surnommée «l’Ange de Brème». En mars 1828, la ville de Brème fut secouée par la découverte d’une affaire criminelle sans précédent. Il avait fallu quinze ans pour que fût démasquée Gesche Gottfried, tueuse en série qui confessa avoir empoisonné, depuis 1813, quelque quinze personnes : ses parents, ses deux maris, son fiancé, ses enfants, sa propriétaire et quelques amis ! Elle fut la dernière personne à être exécutée publiquement dans la ville de Brème.

 

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16 réflexions sur “ L’Empoisonneuse de Barbara Yelin et Peter Meter ”

  1. Je suis ravie de t’avoir donné envie 🙂 Effectivement le dessin donne un aspect très sympa et fait ressortir l’aspect noir qui en découle 😉 Hâte de voir ce que tu en auras pensé 😉

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