Images Fantômes de Elisabeth Hand

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Editeur : Super 8
Parution : août 2016
434 Pages 
Prix Papier : 19€ / Numérique : 12,99€

Photographe punk expérimentale, adepte made in NYC des ambiances morbides et de la déglingue radicale, Cass Neary a connu son quart d’heure de gloire warholien. Ce qui n’était pas prévu, c’est qu’elle y survive. Vingt ans plus tard, c’est une quadragénaire has been ayant gardé de sa folle jeunesse, outre un penchant prononcé pour les paradis artificiels, une profonde et incurable nostalgie.

Aussi, quand son vieil ami Phil lui propose d’aller interviewer Aphrodite Kamestos, artiste culte des années 1960 vivant désormais recluse sur une petite île perdue au large du Maine, Cass n’hésite pas très longtemps ; d’autant que Kamestos, dont l’œuvre a inspiré son propre travail, a apparemment demandé à la voir personnellement. Mais le Maine en novembre est un monde en soi : grise, glacée, peuplée de figures inquiétantes, la région baigne dans une atmosphère quasi onirique, et l’esprit embrumé de la visiteuse n’arrange rien à l’affaire.

Avant de s’embarquer pour Paswegas Island, Cass apprend que des disparitions ont été signalées dans le secteur. L’accueil glacial que lui réserve Aphrodite, et l’étrange comportement du fils de cette dernière, ne font rien pour dissiper ses angoisses. Et si l’expression « artiste maudite » était à prendre au sens littéral ? Cass est-elle prête à affronter ses propres démons ?

« Je voyais des choses que les autres ne voyaient pas. »

Voilà une lecture qui me laisse un goût amer!! Je me suis ennuyée sur plus de la moitié du livre !  Autant dire que ça été dur dur de ne pas laisser tomber !

Si on est mordu de photo il y a des références à foison et c’est vraiment bien en terme de culture photographique, par contre en terme d’intrigue ça laisse à désirer, limite chiant ! Désolée d’être si radicale, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti.  Rien ne se passe avant le dernier 1/4 du livre !

Pour les fans de photo, on entre dans l’esprit du photographe, avec des aspects techniques des prises, des appareils et l’évolution entre l’argentique et le numérique (l’héroïne est réfractaire au numérique et développe elle-même ses photos). « L’œil » du photographe est bien expliqué et j’ai trouvé cela intéressant.

L’ambiance du livre est très bien posée. L’auteur, a pour cela bien du talent, car on s’imagine assez bien la beauté des paysages du Maine, l’humidité, le froid et l’hostilité de la nature, mais des gens surtout ! Elle a du talent pour nous donner froid et surtout l’envie de mettre une bonne veste bien chaude.

L’incursion dans le Maine est somme toute assez proche du regard que Stephen King a pu transmettre dans ses livres.

L’héroïne, Photographe punk, droguée, a eu son heure de gloire en immortalisant des cadavres ou des personnes en train de mourir. Vingt ans plus tard, elle n’a pas grandi et reste égale à elle-même, elle se comporte comme une ado de 40 ans, carbure aux médocs et au Jack Daniels. Antipathique, cleptomane et sans gêne, bref un comportement d’ado coincé dans un corps d’adulte. Fouineuse à souhait, une écorchée vive dont le portrait n’est pas sympathique mais qui le devient vers la fin. Elle est glauque, morbide et malsaine. L’auteur a bien réussi à dépeindre son personnage principal.

« Ce sont des trucs de malade, Cass », me dit-il, quand j’allai les récupérer. Il me tendit l’enveloppe kraft contenant la planche-contact et les tirages, en évitant de croiser mon regard. « T’es vraiment barrée. »

Les autres personnages sont parfois bienveillants mais surtout plein d’animosité pour la plupart ! On les sens frustrés, coincés dans cette région qui n’a rien à leur offrir que du lugubre…

Une atmosphère assez dérangeante se dégage, appuyée par ce rythme d’une lenteur soporifique, qui ne décolle légèrement qu’au dernier 1/4 du livre alors que l’auteur avait un fil conducteur intéressant avec les disparitions inquiétantes d’ado, l’enquête finalement occupe très peu de place.

« Je ne regardais jamais les gens dans les yeux. Et n’aimais pas non plus qu’on me regarde. Cela m’indisposait et me rappelait ce grand œil flottant au-dessus du pré désert. »

Images fantômes aurait pu être un roman totalement atypique grâce à la culture photographique évoquée, des paysages bien campés, une atmosphère glauque et lugubre, mais qui est un flop total avec une intrigue manquant totalement de rythme et ne décollant que légèrement au dernier quart du livre.

Un livre qui peut certainement plaire, pour ma part je me suis vraiment ennuyée. Le premier tome d’une trilogie que je n’ai du coup pas envie de poursuivre mais qui peut se lire comme un One-Shot.

 challenge polar et thriller 2016-2017

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1 pavé par mois 

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Née en 1957 dans l’État de New York, dument tatouée, Elizabeth Hand est l’auteur culte d’une quinzaine de romans inclassables, d’un imaginaire férocement débridé. Elle écrit aussi pour le Washington Post, le Los Angeles Times, la Boston Review et partage son temps entre Londres et le Maine.

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12 réflexions sur « Images Fantômes de Elisabeth Hand »

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