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Zaune de Jean-Hugues Oppel

Parution : 7 mars 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller- horrifique –

 

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir….

Une course poursuite, un rythme effréné, sur 24h00 l’auteur nous entraîne dans la vie sordide de Zaune et Nanar. Zaune qui joue son rôle de grande sœur protectrice au point de mettre sa vie en danger. Elle a beau vivre dans la zone, elle aimerait bien que son imbécile de frère face autre chose que de se shooter à la coke…

L’intrigue se déroule dans une banlieue parisienne, que l’auteur ne situe pas de manière précise, permettant au lecteur de transposer l’histoire là où il veut.

C’est sombre, c’est gris, glauque … Tout est d’une noirceur palpable, que ce soit les lieux, les personnages même la météo semble coller au paysage ! La seule couleur, émane de Zaune, avec sa chevelure d’un roux flamboyant….

Pourtant il y a du bon, de l’entraide… Enfin deux hommes qui se sentent investis d’une mission dans cette banlieue où rien de bon ne peut sortir, mais surtout où l’espoir a disparu. Cet espoir qui  permet de ne pas sombrer et de trouver le chemin, même quand tu as perdu ta route !

Zaune sait ce qu’elle ne veut pas et se bat pour éviter les travers que la misère fait accepter facilement !

Prendre sa vie en main et ne pas accepter avec fatalité…

L’espoir est le moteur de l’être humain et Zaune a beau te foutre les jetons tu espères aussi qu’au bout de la route la lumière apparaîtra…

Je remercie les éditions l’Archipel pour l’envoi de ce livre de Jean-Hugues Oppel, à la plume acérée qui te transporte dans une atmosphère à couper au couteau.

Jean-Hugues Oppel est un écrivain français d’origine franco-helvétique, spécialisé dans les romans noirs. Il a fait ses études au lycée Charlemagne (Paris), puis à l’École Nationale d’Opérateurs

Louis-Lumière. Il a travaillé comme deuxième assistant caméra pour des films comme Saxo d’Ariel Zeitoun (1987), Lacenaire de Francis Girod (1990), La Passion Béatrice (1987) et La Vie et rien d’autre (1988) de Bertrand Tavernier. Il a également été le premier assistant caméra de Roman Polanski pour « La jeune fille et la mort » (1994). Il est à présent écrivain à plein temps et vit en région parisienne avec ses quatre chats.

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Un livre, un extrait… Zaune de Jean-Hugues Oppel

Blanchard salue le cerbère qui a une bosse sous l’aisselle gauche, une autre à hauteur de l’estomac et une troisième dans la braguette. 357 Magnum sous le bras, Mauser recalibré 12/12 Choke à la ceinture et érection de taille raisonnable dans le pantalon ; l’homme feuillette une revue cochonne pour tuer le temps.

Auteur : Jean-Hughes Oppel

Éditeur : l’Archipel

Parution : 02/03/2018

Catégorie : Thriller

Nombre de pages: 191

La Zone. Un territoire au-delà du périphérique. Des pavillons entassés, des achélèmes tristes et des parkings sans printemps. Des usines et des humains en ruine. Des loubards, des flics et des malfrats.
Et Zaune, la fille cuivre et or. Qui n’a pas vingt-quatre heures pour sauver son frère, un toxico victime des jeux d’argent, poursuivi par deux tueurs pour récupérer un kilo d’héroïne et un paquet de fric qu’il a subtilisés au dealer en chef.
Zaune prend les choses en main. Aidée de deux animateurs de MJC, elle escamote « Nanard » aux yeux des flics et des truands qui n’en reviennent pas d’une telle audace. Début d’une traque ponctuée de violence et de souffrance… À quoi bon ? Pour donner un sens à sa vie.
Dans un style rapide et sec, plus efficace qu’une descente de police, Zaune est une course poursuite à travers la banlieue des années 1990, quand les ordinateurs personnels balbutiaient et que le téléphone portable ne faisait rêver qu’au cinéma. Mais l’Homme était déjà un loup pour les petits chaperons rouges de la Cité…

LES JUMELLES DE CLAIRE DOUGLAS

 

Parution :19 octobre 2016 –HarperCollins NoirPrix broché : 17,90€ – Prix poche : 7,50€ – Prix Numérique : 3,49€ – Pages : 352 – Genre : Thriller-psychologique-romance

 

Avec ce titre, HarperCollins lance en octobre 2016 sa nouvelle collection HarperCollins noir, qui oscille entre thriller et romance, mais une romance un peu différente de celles que nous connaissons, un brin tordue… Malsaine…

Claire Douglas, nous entraine dans un monde qui fascine : la gémellité, traitée sous l’angle du thriller psychologique et même si c’est étrange, on tente de suivre l’auteur dans son récit, qui se veut parfois trop répétitif, ce qui gâche vraiment la lecture.

Malgré une couverture digne d’intérêt ainsi qu’un résumé assez alléchant, j’avais un peu peur que la romance prenne le pas sur l’intrigue. Alors même si romance il y a, on fait comme moi et on lit avec détachement… Parce que pour les scènes d’amour, on repassera, trop téléguidée à mon goût… Bon en même temps, je ne suis pas bon public…

Pas mal de personnages secondaires, assez bien construits, que l’auteur arrive à faire intervenir d’une manière ou d’une autre, en leur donnant un rôle selon leur degré d’intervention

Sans être un livre inoubliable, ça se laisse lire, grâce aux comportements complètement ambivalents de certains personnages, qui sont difficiles à cerner. Dommage, que certaines longueurs, viennent ajouter un manque de cohérence….

Les rapports humains, dans ce qu’il peuvent avoir de plus malsains, sont décortiqués, mais il m’a manqué le petit plus que l’on peut trouver dans un thriller psychologique bien glauque, qui permet d’avoir de l’empathie ou du dégoût.

Je ne me suis attachée à aucun des protagonistes, sauf peut-être la meilleure amie (dont je ne me souviens plus du prénom…) qui en fin de compte est la seule à avoir assez de recul pour se poser les bonnes questions.

Malgré, la manipulation dont semble être victime Abi, entre la disparition de ses médicaments, des bijoux, des lettres… On joue avec sa santé mentale, pourtant je n’ai pas ressenti l’angoisse que cela procure, même lorsqu’elle reçoit pour son anniversaire un bouquet offert par sa sœur morte…

Pourtant l’auteur, tente de brouiller les pistes, en orientant son lecteur, mais quand on est fana de thriller, les ficelles sont trop grosses.

Malgré toutes les interrogations que le lecteur peut avoir, l’intrigue reste plate, linéaire, sans aucune tension, même quand l’auteur écrit que la tension est à son comble… Les scènes sentimentales, qui auraient pu faire basculer le roman vers une romance avec la manipulation qui aurait pris le pas, n’arrive pas à tirer son épingle du jeu.

« Quand il relève la tête, un élan de désir parcourt mon corps », « Comme il se met à retirer mes vêtements, je lui demande s’il est sûr de ce qu’il fait et il répond que oui. »

Malgré un final inattendue, on se pose pas mal de question tout le long du livre, ce n’est pas une explosion, il semble écrit à la hâte, comme s’il avait été trouvé sur un coin de table, sans avoir été travaillé.

Un côté trop rapide,  qui peut laisser penser que l’auteur hésitait entre romance et thriller… Le choix n’a pas semblé facile et cela se ressent.

Une histoire convenue avec un environnement romanesque, le tout reste d’une bonne qualité pour un premier roman, mais un roman, Young Adult plus que Adulte… Qui plairait certainement à un public plus jeune que moi et surtout moins connaisseurs. Ça reste un thriller, tout en étant léger, sans développement trop compliqué, accessible à un public non averti.

Je remercie les éditions HarperCollins ainsi que NetGalley pour cette lecture.

Pendant quinze ans, Claire Douglas a été journaliste pour la presse féminine et des quotidiens nationaux. Mais c’est à une carrière d’écrivain qu’elle se destine depuis toujours. Une ambition qui se concrétise lorsqu’elle remporte, avec Les jumelles, le concours du premier roman organisé par Marie Claire UK. Claire Douglas vit à Bath, en Angleterre avec son mari et leurs deux enfants.

 

Un livre, un extrait… LES JUMELLES DE CLAIRE DOUGLAS

Je me rappelle ce qu’a dit maman à l’hôpital après ma tentative de suicide, quand je lui ai demandé comment elle pouvait supporter de vivre sans son autre fille. A travers ses larmes, elle m’a répondu : « Lucy vit toujours à travers toi, Abi. Quand je te regarde, je la vois. Quand j’entends ta voix, j’entends aussi la sienne. Voilà pourquoi elle ne disparaîtra jamais vraiment, tu comprends ? Si tu mourais, ma chérie, il ne resterait plus rien d’elle sur terre. »

 

Auteur : Claire Douglas

Éditeur: HarperCollins

Parution : 03/01/2018

Catégorie: Thriller-psychologique

Nombre de pages: 345

Prix broché : 17,90€

Prix poche : 7,50€

Prix Numérique : 6,99€

 

 

Après un accident tragique, obsédée par la mort de sa sœur Lucy, Abi s’installe à Bath dans l’espoir de reprendre pied. Mais elle y rencontre Beatrice et Ben, un couple de jumeaux qui l’attirent dans leur univers privilégié et trouble…
Invitée par Bea à vivre dans l’hôtel particulier qu’elle partage avec Ben, Abi met tout en œuvre pour satisfaire les exigences de ses amis. Aimantée par eux mais déstabilisée par leurs comportements étranges, elle est poussée vers la folie quand elle est visée ― mais l’est-elle vraiment ― par des événements inquiétants qui se produisent dans la maison…

Thème romanesque par excellence, la gémellité est ici abordée sous l’angle d’un suspense psychologique prenant qui joue des aspects les plus sombres de cette relation fusionnelle, dangereuse, et qui les révèle sans tabous.

mange tes morts de Jack HEATH

Parution : 22 mars 2018 – Super 8 Editions Prix papier : 19€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller-Polar

 

Super 8 est une de ces maisons d’édition qui t’alpague rien qu’avec un titre et une couverture qui ne laisse rien entrevoir… Ou si peu…

Avec ce premier roman, Jack Heath auteur australien de livres pour enfants, change complètement de registre et autant vous dire qu’il ne fait pas dans la dentelle….

L’intrigue en elle-même est assez classique, mais là où l’auteur arrive à retourner le cerveau du lecteur, c’est lorsqu’il présente Timothy Blake, consultant aux capacités intellectuelles hors du commun, qui aide le FBI sur ses enquêtes les plus compliquées… Timothy a un flair infaillible pourtant il a une addiction, un petit secret…

Il a beau être un homme complètement en décalage avec notre réalité, avec qui je ne resterais certainement pas seule dans la même pièce, je me suis réellement attachée à lui ! Malgré sa tendance complètement psychotique, on ne peut pas le détester !

L’auteur, Jack Heath a construit son personnage d’une manière surprenante, c’est l’archétype du héros et pourtant il est tellement sympathique.

Son enfance, lui colle à la peau et sa vie d’adulte n’est pas meilleure… Il a été privé de ses parents, a vécu en foyer, dans la rue, il n’hésite pas à mentir, à voler, pour survivre..

Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins…

Outre le mystère qui entoure l’enquête de Timothy, l’auteur fait démarrer chaque chapitre par une énigme, ce qui est assez original et nous rappel constamment que résoudre les énigmes est l’activité principale qui permet à Timothy de gagner sa vie…

La plume de l’auteur est prenante, incisive et très visuelle, permettant au lecteur de facilement s’immerger dans cette enquête, beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît…

Mais surtout, c’est hyper addictif avec des rebondissements qui apportent une réelle dynamique au récit, avec des révélations qui éclairent aussi bien l’enquête que notre personnage principal… On plonge directement et je dois dire que c’est jouissif tellement c’est bon, sanglant, répugnant… Et pourtant Timothy Blake ne se défile pas, il est très lucide sur ce qu’il est et surtout sur son addiction, c’est un personnage ambigu, horrible mais tellement attachant ! C’est ce qui peut déstabiliser le lecteur, ne pas arriver à le détester !

C’est un homme complexe que l’auteur dépeint avec recul et empathie en nous expliquant le déclencheur de ses pulsions, mais surtout comment il en est arrivé à travailler avec le FBI.

L’agent Thistle, est son opposée, elle apporte une réalité à cette intrigue un peu barrée, puisqu’elle nous montre que le passé, même s’il peut déterminer notre avenir, peut aussi être différent suivant le chemin que l’on choisit.

Jack Heath avec Mange tes morts, nous entraine dans un thriller imprévisible et complètement addictif, dont on se plait à imaginer une suite…

Je remercie les éditions super 8 ainsi que NetGalley pour cette lecture.

Jack Heath est né en 1986 en Australie. Il peut déjà se prévaloir d’une imposante bibliographie jeunesse : une vingtaine de romans, régulièrement traduits et retenus pour le petit et le grand écran. Mange tes morts, son premier texte pour adultes, ne saurait être conseillé, de son propre aveu, aux moins de 18 ans. 

Un livre, un extrait… Mange tes morts de Jack HEATH

J’ai mangé le visage et le tronc et rogné la chair sur les mains, les pieds et un bras. J’ai jeté son système digestif et son cerveau dans le vide-ordures : ces parties sont toxiques.

Auteur : Jack HEATH

Traducteur: Charles BONNOT

Éditeur: Super 8 éditions

Parution : 22/03/2018

Catégorie: Thriller

Nombre de pages: 400

Prix papier : 19€

Prix Numérique : 12,99€

 

Cameron Hall, 14 ans. Disparu en rentrant de l’école ; rançon exigée. L’horloge tourne, la police est impuissante : c’est une mission pour Timothy Blake.
Timothy (nom de code  » le pendu « ) a un don. Il lit dans l’esprit des gens. Comprend tout avant tout le monde. Résout les énigmes les plus ardues. Le genre à s’ennuyer avec un Rubik’s Cube ou à connaître votre numéro de sécurité sociale par cœur. Mais Timothy a aussi un problème. Pas le fait d’être pauvre, non. Pas le fait d’être affublé d’un coturne toxicomane et parano prénommé Johnson. Un vrai problème, un problème, disons, comportemental. Qui fait que même le FBI répugne à travailler avec lui. Une vie sauvée, une récompense : ainsi fonctionne Timothy. Mais cette fois, et malgré l’appui de l’agent spécial Reese Thistle, il se pourrait que notre sympathique génie psychopathe ait trouvé à qui parler.

Ce thriller survolté et sans tabou ne vous laissera aucun répit. Accessoirement, il se pourrait qu’il vous incite à devenir végétarien.

Le Voile de Guillaume Lecasble

Parution : 2 mars 2018 – Editions TohuBohuCollection : Roman – Prix papier : 17€ – Pages : 144 – Genre : Science-Fiction – Thriller apocalyptique

Un roman sur le début de l’Apocalypse. Dans le silence de l’angoisse.

Un roman qui ne laissera personne indifférent ! Il est assez difficile de parler de ce bouquin, tellement les sentiments sont multiples. C’est un livre à part, avec une écriture emprunte de poésie. Un livre que l’on peut qualifier d’objet littéraire non identifié.

L’histoire en elle-même est très largement atypique, un brin décalée, que l’on peut difficilement classifier dans un genre précis. Pas d’indication temporelle, pourtant certains passages laissent à penser que l’ère numérique n’est toujours pas passée…

J’ai été intriguée par la 4ème de couverture qui ne dévoile rien et laisse planer le mystère. Je ne savais pas à quoi m’attendre et lorsque j’ai commencé à le lire, j’ai eu l’impression d’être aspirée et de perdre pied… C’est un genre totalement éloigné de mes lectures habituelles et cette fameuse zone de confort, même si j’aime m’en éloigner, est assez confortable pour être déstabilisée par le Voile.

Ici chaque voix a son propre flux, un corps immatériel et une âme, qui lorsqu’elle est diffusée se retrouve séparée du corps matériel. Elles s’envolent jusqu’à l’orée de l’atmosphère, afin d’attendre leur réunification… A force ces âmes forment un voile qui entoure la terre empêchant la lumière de passer. La fin du monde est programmée malgré la prise de conscience du phénomène… Oui je vous ai prévenu c’est vraiment décalé mais tellement métaphorique… L’image utilisée par l’auteur comme métaphore de la pollution est pour moi saisissante…

L’auteur a une imagination déstabilisante et même si parfois j’ai eu du mal à le comprendre ou le suivre, on est transporté comme dans un rêve dont aimerait bien s’extraire tout en essayant de comprendre.

Les silences sont salvateurs… Le calme avant la tempête est perceptible dans cette urgence apocalyptique et pourtant l’humanité qui transpire est tellement belle et palpable. L’ambiance est certes très particulière, mais c’est tellement bien écrit et tellement beau que cette fin du monde est vécue avec calme et sérénité. J’ai eu le sentiment de retrouver cette ambiance étrange que j’avais eu le plaisir de découvrir dans « Melancholia », un film de Lars von Trier sorti en 2011, avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg…

Chacun se recentrant sur ce qu’il a de plus important à ses yeux retrouve une paix palpable dans cette atmosphère apocalyptique.

Je remercie Charlotte de la maison d’édition Tohu-Bohu pour sa confiance et pour le plaisir que j’ai pris avec cette lecture.

Romancier, peintre, cinéaste. Pour ses amis, il est jardinier et cuisinier. Dans sa bibliographie, des livres d’enfants, un livre de recettes de cuisine, un petit livre d’humour et d’amour – Le Code de l’amour. Et surtout des romans : Lobster, Seuil, 2003 ; Cut, Seuil, 2004 ; Celluloïd, Panama, 2005 ; Linge sale, Panama, 2008 ; Le Fils de la bonne, Jbz & Cie, 2010 ; Novice, La Fanfare, 2015. (source Amazon)

Un livre, un extrait… Le voile de Guillaume Lecasble

Depuis un mois, Montréal vit dans le crépitement des touffes de bandes magnétiques. Un mois que l’opération K7 a commencé. Pour la première fois, depuis que le voile est devenu une certitude, la population mondiale a répondu d’une seule voix. Il a fallu fouiller les greniers. Les caves. Faire deux pas en arrière dans le temps. Faire revenir au présent le passé des parents, des grands parents. Pour protester. Manifester. Se rebeller. Chacun y est allé de sa visite du dessus du placard, des fonds de tiroirs, des cartons oubliés pour retrouver les cassettes obsolètes. Se procurer des bandes magnétiques était une obligation, pour celui qui voulait faire frissonner son désaccord dans le souffle du vent. L’idée n’était pas de faire entendre les voix de ces bandes magnétiques sur les mini K7 dépoussiérés, mais de faire entendre leur âme à travers leur corps sacrifié

 

Auteur : Guillaume Lecasble

Éditeur: TohuBohu

Parution : 02/03/2018

Catégorie : Science-fiction

Nombre de pages: 144

Prix broché : 17€

 

Paru dans le quotidien La Presse de Montréal. Annonce 592 – 8/16. Pour mon prochain roman, Le Voile, je cherche deux personnages, un homme et une femme dans la trentaine vivant à Montréal et ayant une raison de se rendre aux chutes du Niagara. En acceptant d’être un des personnages vous acceptez la possibilité de mourir à la fin du livre. Si vous répondez aux critères énoncés ci-dessus, merci de me contacter par mail : ww@ww. ca Joshua@beme.com Destinataire : ww@ww.Ca. ― Bonjour WW, mon nom est Joshua Lecoeur. Etre un personnage dans un roman m’intéresse. J’ai 31 ans. Je suis français. Je vis à Montréal depuis dix ans pour pouvoir rendre visite à mon père qui est interné dans un centre de psychiatrie à Niagara Falls. WW ― Merci de votre réponse. Vous n’êtes donc pas effrayé par la perspective de mourir à la fin du livre ? Joshua ― Si c’est ma dernière chance de connaître l’amour, non. Un roman sur le début de l’Apocalypse. Dans le silence de l’angoisse.

Un livre, un extrait… Que la guerre est jolie de Christian Roux

Depuis quelques temps, j’ai une envie de partager autre chose qu’un simple retour de lecture.

Cibler un extrait permet de dégager un passage qui me parle plus qu’un autre.

Je pourrais le faire lorsque je publie mon avis, mais comme j’aime faire les choses différemment et que j’ai envie de mettre en lumière un extrait particulier, j’inaugure une nouvelle rubrique sur le blog, sous cette bannière

Kofi est un grand noir. Un mètre-quatre-douze. Souvent, on lui demande s’il joue au basket. Ce n’est plus le cas. Il y a joué, plus jeune et il était même plutôt bon. On lui a même fait quelques propositions. Mais il trouvait ça ennuyeux. Et il aurait dû renoncer à trop de choses : Kofi fume, boit et mange du porc ; il pense que la mort est la fin de tout.

Ses modes de pensées et de vie rendaient ses relations avec les autres membres de l’équipe difficiles. Prier avant une compétition, lever les yeux au ciel après chaque panier marqué, non merci.

On ne l’obligeait pas à suivre ces rituels, bien sûr, mais, même si on veillait à ne pas le froisser – il marquait à lui seul cinquante pour cent des paniers de l’équipe -, on lui faisait remarquer qu’il ne s’y soumettait pas.

Il n’aime pas la religion, de même qu’il n’aime pas les fachos, les cocos ou les gros capitalistes. D’une manière générale, il déteste toute forme de pensée ou d’idéologie visant à l’universalisation des comportements des hommes et des femmes, c’est à dire à leur uniformisation.

Pour autant, il s’entend très bien avec les parents de Simon. Il adore leur couscous et boire du thé à la menthe lui convient tout à fait. Et il n’ira certainement pas les insulter en sortant une flaque de whisky de sa poche.

Pour lui, tout ce qui se vit en privé est respectable. Même les croyances ou les pratiques sexuelles qu’il ne comprend pas le sont. Mais surtout, qu’on ne le bassine pas avec ça. La religion, c’est comme la baise, ça se pratique en chambre. Point à la ligne.

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Parution : 7 février 2018 – Éditeur : RivagesPrix papier : 19,50€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 300- Genre : Polar – Roman Noir

Possession de Paul Tremblay

 

Parution : 22 mars 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller- horrifique –

 

Un titre, une couverture, l’auteur joue sur nos peurs les plus profondes…

Sans être un gage de réussite, la petite phrase de Stephen King, fait son effet… Pour peu que l’on commence sa lecture, en pleine nuit…

Nuit, noire et profonde… Et on commence à flipper…

Je recherche désespérément LE livre qui arrivera à me faire peur… Cette peur qui te prend aux tripes, qui te prend dans ses griffes… Il y a bien longtemps que je ne l’ai pas ressenti… Du coup avec ce titre, j’espérais…

Marjorie Barrett, une adolescente américaine de 14 ans se met à avoir un comportement bizarre. Ses parents l’emmènent consulter un psy, mais la situation empire et devient incontrôlable…. Ils se tournent vers un prêtre… N’arrivant plus à joindre les deux bouts, entre le chômage du père, les frais médicaux… La famille  accepte de faire partie d’une télé réalité allant jusqu’à filmer l’exorcisme de leur fille…

Punaise, rien que ça c’est glauque… Une histoire de possession à notre époque…

La première partie est une plongée dans l’angoisse, la peur. L’auteur, nous rend spectateur de l’histoire de cette famille qui va vivre l’horreur.

Le tout raconté par les yeux d’une gamine de 8 ans…

Les faits sont exposés, pour rendre la lecture très visuelle et ça match bien, puisque de lecteur on devient spectateur, comme dans un bon film d’horreur… D’ailleurs le roman est parsemé de références à des films d’horreur cultes et pour les amateurs du genre c’est un vrai plaisir.

Dans la deuxième partie, même si l’horreur est présente, elle change de camps et là je dois dire que l’auteur a complètement retourné la situation, pour en faire un exposé décortiqué.

La téléréalité en prend pour son grade et le lecteur jubile de découvrir les dessous d’une émission à sensation… Car c’est de ça qu’il est question… Faire de l’audimat sur le dos du malheur des gens… Comment les images, les différents témoignages, peuvent être orientés pour que l’émission fasse sensation..

On se fiche pas mal de cette gamine possédée, d’ailleurs l’auteur brouille les pistes et c’est carrément flippant. Car le plus flippant, n’est pas le démon qui se tapi dans l’ombre…

Et là, chapeau à l’auteur, qui en partant d’une histoire d’horreur arrive à changer son fusil d’épaule et nous propose un excellent thriller. Mais pas du thriller dont on l’habitude !

Avec une plume très visuelle, l’auteur arrive à nous faire peur en construisant une narration bien flippante par la voix de la petite sœur… A travers son regard, le lecteur découvre l’horreur dans ce qu’elle a de plus tangible et de plus glacial…

L’auteur aurait pu se contenter, d’une pâle imitation de l’exorciste… Pourtant, il construit pour ensuite déconstruire en épluchant chaque scène et permettre au lecteur de s’approprier complètement cette histoire qui devient bien glauque.

Un thriller-horrifique jubilatoire, tellement bon et digne d’intérêt, même si le lecteur s’attend à tout autre chose, c’est tellement surprenant qu’il est scotché.

La construction est machiavélique, à l’ère de la télé-réalité et des médias, l’horreur change de camp. Le lecteur aura le choix entre plusieurs interprétations, ce qui lui permet de s’approprier encore plus l’intrigue, permettant une réflexion, même plusieurs jours après avoir refermé le livre.

Je ne dévoile rien de l’intrigue, de la trame construite par l’auteur, il faut le lire pour s’en imprégner, et vivre les rebondissements qui en valent vraiment la peine.

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

Considéré comme le nouveau Stephen King, Paul Tremblay est né en 1971 dans le Colorado. Lauréat du prix Bram Stoker, Possession est son premier roman publié en France. Les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés dès la sortie du livre par Robert Downey Jr.

Paul Tremblay est né aux États-Unis en 1971. Membre du jury du prix Shirley-Jackson qui récompense la littérature d’horreur, il est auteur et éditeur de romans de science-fiction, d’horreur et de fantasy.
Après avoir étudié les mathématiques à l’université du Vermont, il enseigne dans une école privée proche de Boston. En parallèle, il écrit des romans, des nouvelles et des essais, dont l’angoissant Possession, son premier roman traduit en français et publié chez Sonatine Éditions.