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La faucheuse de Neal Shusterman

Parution : 16 février 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : R – Prix papier : 18,90€ –  Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 504 – Genre : Science-fiction – Dystopie – Littérature jeunesse

Un titre qui donne des frissons, une couverture qui te donne envie de te foutre sous le lit et une intrigue où la mort n’a rien de terrible…

Tout est beau… Dans ce futur, agréable où le monde… Enfin la terre… A enfin trouvé un équilibre… Plus rien de mauvais ne subsiste : le chômage, la famine, les guerres, les religions, la politique, les gouvernements ont disparus, les maladies éradiquées et chaque personne peut être régénérée à l’infini… La vieillesse, ne fait plus partie du tableau, puisque rajeunir est devenu une formalité… A fortiori, la mort également… Sauf, qu’il faut bien un minimum d’équilibre ?

La mort c’est la vie… La vie c’est la mort… Vous voyez le truc, si la mort n’existe plus, comment la vie peut perdurer ?

Bref, pour trouver la parade et maintenir l’équilibre, le Thunderhead, grâce à qui cette sérénité existe, a donc décidé de se prendre les choses en main  pour équilibrer, la population, en créant la Communauté des Faucheurs.

Ces Faucheurs tuent, sous forme de quotas, un certain nombre de personnes. Ils ont le droit de vie et de mort… Et autant dire que ces Faucheurs, sont craints… Détestés… Mais admirés…

Le Thunderhead, une intelligence artificielle, a conçu cette société idyllique et dirige tout via le réseau en cloud…

Waouhhh, c’est franchement badass le truc !  L’idée, l’univers, conçu par l’auteur, tout est tellement réaliste que c’est saisissant bluffant.

Dans ce premier tome, l’univers se met en place, le lecteur y est immergé et cela de manière très visuelle.  Maître Farraday, un faucheur dont l’expérience n’est plus à faire, décide de prendre deux apprentis, Cytra et Rowan, pour leur apprendre le boulot.

Ces deux-là vont se retrouver au milieu d’un sombre conflit entre faucheurs corrompus, dont le seul désir est de tuer, mais surtout s’enrichir… Et avoir le pouvoir …

Le Thunderhead, malgré toutes les améliorations, ne peut changer la nature humaine…

Un premier tome avec une intrigue passionnante, une vision d’une société idéalisée, mais malgré tout cet idéal, l’être humain reste fidèle à lui-même et ne cherche qu’à détruire. La corruption fait rage et ronge de l’intérieur… Certains Faucheurs restent fidèles aux premiers percepts : tuer avec respect et surtout tuer pour réguler la population.

L’Homme est un loup pour l’Homme… Le danger ne vient que de nous-même….

Une dystopie qui n’a rien d’ordinaire, qui nous plonge dans un univers futuriste mais tellement proche du notre, que l’on n’est pas dépaysé et surtout c’est ce qui rend l’intrigue plausible. La mort est abordée avec recul et sans donner froid dans le dos, puisque l’approche est différente.

Une lecture sans temps mort, en même temps pour la mort ce serait un comble… On est pris dans l’intrigue, sans pouvoir lâcher le bouquin. Une construction narrative digne d’un bon scénario tellement les descriptions sont visuelles et les personnages bien campés. C’est tellement bon, qu’on en redemande.

Le final s’appréhende de deux manières et laisse la possibilité au lecteur, soit de poursuivre l’aventure avec nos amis les faucheurs, Citra et Rowan ou s’arrêter là.

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Un livre, un extrait… La faucheuse Tome 1 : Neal Shusterman

Le Thunderhead savait absolument tout. Où et quand construire une route ; comment mettre fin au gaspillage de nourriture dans le commerce alimentaire et donc comment éliminer la famine ; comment protéger l’environnement d’une population en constante croissance. Il créa des emplois, vêtit les pauvres et établit le Code mondial. Pour la première fois de l’histoire, la loi n’était plus un pâle reflet de la justice. La loi était la justice.
Le Thunderhead nous a donné un monde parfait. L’utopie dont nos ancêtres se contentaient de rêver est devenue notre réalité.
Il n’y eut qu’une chose sur laquelle le Thunderhead ne put pas exercer son autorité.
La Communauté des Faucheurs.

Auteur : Neal Shusterman

Éditeur : Robert Laffont

Collection : Jeunesse R.

Parution : 16/02/2017

Nombre de pages : 504

Les commandements du Faucheur :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

 » MidAmérique, milieu du 3e millénaire. Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu’en étant tué aléatoirement ( » glané « ) par un faucheur professionnel. Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu’ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l’art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.
Mais seul l’un des deux adolescents sera choisi comme apprenti à part entière, et lorsqu’il devient clair que la première tâche du vainqueur sera de glaner la vie du perdant, Citra et Rowan se retrouvent dressés l’un contre l’autre bien malgré eux… « 

Un cri sous la glace de Camilla Grebe

Parution : 1er février 2017 – Editeur :  Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix broché : 21,90€ – Prix Poche : 7,70€ – Prix Numérique : 7,99€ – Pages : 448 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

Waouh !!! L’intrigue est vraiment incroyable ! Si vous croyez avoir tout lu dans le genre psychologique, avec une intrigue rondement menée et même si l’histoire en elle-même a un goût de déjà vu, Camilla Grebe va vous démontrer que l’on peut encore faire plus tordu…

Si, je vous dis que le corps d’une femme, décapitée, est retrouvé, chez un homme d’affaires, très sulfureux… Que lui-même disparait, le soir de ses fiançailles. Si en plus, je vous dis que sa fiancée, est une de ses employées, mais que leur liaison doit rester secrète… Vous croyez, que vous allez tomber sur un bon polar, mais à l’intrigue assez classique… Mettez de côté tous vos préjugés et votre assurance… L’auteur va vous manipuler… Comme elle manipule ses personnages.

Une équipe de choc, pour découvrir le fin mot de cette histoire. Peter , du bureau des Homicides, va devoir travailler avec Hanne, une profileuse, avec qui il a travaillé dix ans auparavant,  sur un meurtre très similaire , toujours non résolu. 10 ans… Qu’ils ne se sont pas vus… 10 ans que les choses se sont mal terminées entre eux…

La plume de l’auteur est tellement agréable que la lecture se fait toute seule. On est pris dans ses filets, jusqu’à la toute fin sans jamais avoir envie de poser son livre. Un page-turner, comme savent si bien les faire ces écrivains nordiques dont le talent, n’est plus à mettre en doute.

Premier roman en solo de Camilla Grebe, après avoir  publié une saga policière avec sa sœur, un cri sous la glace est une vraie réussite.

Les personnages sont très bien campés et leur psychologie est finement détaillée. Le suspense est entier, jusqu’aux derniers chapitres, même si on croit deviner, l’auteur, par un rebondissement, va balayer toutes vos certitudes…

L’enquête se déroule  au rythme de la vie personnelle de chacun des protagonistes, pour prendre de la consistance au fur et à mesure qu’ils se dévoilent… Leurs failles en font, des enquêteurs hors pairs… Comme souvent, me direz-vous… Oui, il faut un flic meurtri, une histoire un peu glauque justement, pour donner corps à ces personnages atypiques, qui ne peuvent être efficaces, que si l’horreur a été leur amie… C’est comme dans la vie….

Trois écorchés vifs, déçus par la vie… Déçus par l’amour. Un flic solitaire, qui a du mal à s’engager, une profileuse dont la vie est sur le point de basculer… Et cette jeune femme qui vient d’être larguée sans ménagement, sans explications. On peut parfois penser que l’auteur se perd dans trop d’explications, dans trop de détails… Il m’est arrivée de sauter quelques passages, pour en fin de compte y revenir… Car les détails qui peuvent nous sembler anodins et sans intérêts, sont au contraire, bien placés… Tellement bien placés, que l’on comprend que l’auteur nous a bien manipulé, pour nous tromper. On pense détenir la solution, mais c’est sans compter sur le talent de l’écrivain, qui nous livre un final inattendu.

Une lecture qui vous happe, vous perd dans différentes hypothèses… Mais une lecture que l’on dévore pour notre plus grand plaisir.

Je remercie les éditions Calmann-Lévy ainsi que NetGalley. Ce titre attendait sagement depuis plusieurs mois, j’avais un peu peur que l’engouement autour, ne prenne pas avec moi… Je me méfie toujours des retours trop élogieux… Et pourtant, c’est largement mérité.

Romancière suédoise. Titulaire d’un master en administration des affaires (MBA) de Handelshögskolan i Stockholm, une école de commerce, elle fonde la maison d’éditions Storyside, spécialisée dans le livre audio. Elle y cumule les fonctions de directrice du marketing et de directrice générale, puis dirige une société de conseil. En 2009, elle écrit, en collaboration avec sa sœur Åsa Träff (1970), psychiatre spécialisée dans les troubles neuropsychiatriques et de l’anxiété, « Ça aurait pu être le paradis » (Någon sorts frid), un roman policier qui se déroule dans le milieu des cliniques psychiatriques. En 2015, elle a publié « Un cri sous la glace » (Älskaren från huvudkontoret), son premier roman en solo. Avant, elle a écrit cinq polars avec sa soeur, et trois autres avec l’un de ses amis, Paul Leander-Engström.

Un livre, un extrait… Un cri sous la glace de Camilla Grebe

«La vie est une histoire de perte, disait souvent ma mère en fumant sous la bouche d’aération. La perte de cette innocence infantile avec laquelle nous naissons tous, la perte des gens que nous aimons, de notre santé, de nos capacités physiques, et enfin – évidemment – la perte de notre propre vie.
Comme d’habitude, ma mère avait raison. »

Auteur : Camilla Grebe

Éditeur : Calmann-Lévy

Collection : Suspense Crime

Parution : 01/02/2017

Nombre de pages : 448

 » Emma, jeune Suédoise, a un secret : son patron Jesper, qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main, mais il ne veut surtout pas qu’elle ébruite la nouvelle. Deux mois plus tard, son fiancé disparaît sans laisser de traces et l’on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée. Personne ne parvient à l’identifier.
Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, font équipe pour enquêter. Or ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans auparavant. Et Hanne dissimule aussi un secret : elle vient d’apprendre qu’elle est malade.
Dans un Stockholm envahi par la neige, un étourdissant récit à trois voix prend forme. Chaque personnage cache ses propres zones d’ombre. À qui donc se fier ? »

Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Premier Roman – Ray Shepard, tome 1 : Amnésie de Morgane Rugraff

 

Parution : 9 janvier 2017Editions : Plume BlanchePrix Numérique : 7,99€Prix Papier : 19,99€384 PagesGenre : Young Adulte

Ce livre a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que je vous invite à découvrir Ici ou ici ou encore   🙂

Si votre cœur est animé par la vengeance, que devient votre âme ?

« Mon frère, si tu crois encore assez en quelque chose pour t’y raccrocher, fais-le ; car je vais te retrouver et te tuer. »

Laissez-vous emporter par ce premier opus des aventures fantastiques de Ray Shepard ! j’avoue que je n’étais pas très emballée par cette lecture, le genre? Yong Adulte, n’étant pas celui que j’affectionne particulièrement. Pour autant, sortir de sa zone de confort, est parfois bénéfique et ici, j’ai été agréablement surprise.

La plume de l’auteur est travaillée, même si on déplore plusieurs coquilles, avec parfois des mots manquants… Je mets plus cet aspect sur le travail de la maison d’édition… Et je dois dire que c’est assez déplaisant, pour ne pas donner envie d’acheter la version papier, alors même que l’objet livre en lui-même, donne très envie de le posséder,  grâce à cette belle couverture.

Passé ce coup de gueule sur la ME, je vais m’attarder sur Ray Shepard… Même s’il ne révolutionne pas le genre, je dois dire que j’ai passé un excellent moment à découvrir l’univers que l’auteur a mis en place. Même si on se rapproche beaucoup de « la croisée des mondes » de Philip Pullman avec l’idée du double animal de l’homme… J’avais vraiment peur que l’auteur ne s’affranchisse pas de l’idée identique.

Dès le second chapitre, on entre dans le vif de l’intrigue et là l’auteur arrive a créer son propre univers avec des personnages bien travaillés.

Ray Shepard : meurtri par la vie et la perte de sa famille assassinée. Son spectre, Aerön un tigre blanc.
Mariah Alevann : un passé tout aussi tragique. Semeuse d’éclairs. Son spectre Luthéus, un lynx argenté
Matt : meilleur ami de Ray. Son spectre Taek, un ocelot
Tyler Hatwood : demi-frère de Matt. Son spectre Urcane, un  léopard
Kaily Black : sœur de Jack. Son spectre Athénestia, une panthère noire
Jack Black : ennemi juré de Ray. Son spectre Stax un puma
Jim Hayden : a pour maître Damon Black. Son spectre Sherbane, un léopard

Tiago Falk : Eclaireur de la Guilde des Ombres. Son spectre, Tarot, un aigle
Sloane : duelliste des UCB. Son spectre, Vesta, un oiseau de proie
Evans et Brian : duellistes des UCB. Leurs spectres un guépard et un serval.
Jay et Tom : jumeaux, duellistes des UCB. Leurs spectres, Tshâd et Arion, des chats sauvages
Kévin : duelliste des UCB. Son spectre, un singe
Adam : ami de Jack. Son spectre un loup
Damon Black : le père de Jack et Kaily, avide de pouvoir. Possède un spectre, moitié lion, moitié oiseau.
Léane Raven : traqueuse de fluide
Kiba : duelliste et leader des Ice Dogs. Son spectre, un loup blanc

Ryo Shepard : frère de Ray et disciple des Gouttes pourpres
Brewen Alevann : frère de Mariah et disciple des Gouttes pourpres,

Même si on se perd au début entre les différents noms à retenir et surtout ceux de leur double « animal ». Ce double, dont la construction est aussi travaillée et visuelle. Il n’est facile de décrire cet univers que l’auteur construit avec brio. Des combats, des entrainements, jusqu’à la consécration par un tournoi entre duellistes…

Au fil de l’intrigue, certains personnages évoluent plus que d’autres et même si une romance est présente avec un triangle amoureux crédible, pour une fois ce n’est pas une romance niaise, mais bien un amour torturé et surtout l’auteur fait comprendre, que « l’amour ne sauve pas de tout » ! Ouf enfin un truc plausible dans le genre ! Non mais sérieusement, il faut arrêter de croire que le prince charmant va venir sur son blanc destrier et te sauver de ta noirceur… Il n’y a qu’une personne qui peut te sauver… TOI…  Et même si Ray Shepard est charismatique, il est l’emblème même du gars qui décide d’affronter sa noirceur et de l’assumer… Il a une bonne raison en même temps… Chaque personnage est construit sur un modèle unique, lui conférant une personnalité propre.

Même si, à la fin du premier tome, beaucoup de question subsistent, il n’en reste pas moins que l’auteur construit un univers avec ses propres règles, avec une plume très visuelle et bien scénarisée. Le final, donne envie de lire la suite et c’est bien là tout le talent de l’auteur d’accrocher son lecteur par une plume et une intrigue addictive.

Née en 1988 dans un petit coin de bord de mer. Fille unique, élevée dans l’amour des livres. Le goût de l’écriture lui est venu très tôt, elle écrit son premier roman à quinze ans, pendant ses années d’internat. Ses univers sont vastes et elle aime faire voyager ses lecteurs autant dans la fantasy que dans l’époque médiévale, qu’elle affectionne tout particulièrement.

 

 

Un livre, un extrait… Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Premier Roman – Ray Shepard, tome 1 : Amnésie de Morgane Rugraff

« Comment pourrais-je oublier ? Tu ne comprends pas. J’aurai beau tourner la page, je resterai toujours dans le même livre. Le commencement de mon histoire sera toujours le même, mon présent ne changera pas. Quant à mon futur, c’est à moi de l’écrire. »

Auteur : Morgane Rugraff

Éditeur : Plume Blanche

Parution : 09/01/2017

Nombre de pages : 384

Mon frère, si tu crois encore assez en quelque chose pour t’y raccrocher, fais-le ; car je vais te retrouver et te tuer. » Sombre et solitaire, Ray Shepard n’aspire qu’à une chose, poussé par la haine qu’il voue à sont aîné: se venger. Fortifier son fluide et renforcer l’âme du tigre blanc sont devenues ses deux lignes de vie. Privé de ses souvenirs et avec pour seule compagne une vengeance inassouvie, il entraînera malgré lui ses amis vers la mort et la désolation. Tandis qu’en chacun d’eux se révèle le pouvoir d’un Héritier, les complots s’accumulent et ébranlent leurs convictions. Qui sont ces mystérieuses organisations qui semblent l’observer depuis toujours? Entre révélations étranges et vérité dérangeante, Ray Shepard saura-t-il faire les bons choix et se frayer un chemin sur les voies de l’Alchimie? »

Celle qui s’enfuyait de Philippe Lafitte

 

Parution : 7 mars 2018 – Editions GrassetPrix papier : 18,00€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 224 – Genre : Thriller-psychologique 

Rien ne sert de fuir… Le passé te rattrape un jour ou l’autre…

Un thriller psychologique, empreint de vérité historique, l’ancrant dans une réalité encore plus frappante.

Sur fond de combat pour les droits des Afro-Américains, la vie de Phyllis Marie Mervil va basculer… Ici point de meurtre au sens premier du terme, ni de sang. Tout est dans l’atmosphère oppressante que l’auteur, arrive à rendre palpable grâce à une montée lente de l’intrigue… Une pression qui prend son temps

Le 22 octobre 1975,  des vies basculent… Tout change pour Phyllis, elle qui voulait changer les choses, va devoir fuir et changer de vie… Quarante ans de fuite, de traque… Et pourtant, elle ne pourra éviter la confrontation…

Le temps n’a pas de prise sur la mémoire…

Pour conjurer ses démons, elle va écrire, coucher ses mots… Aussi bien que ses maux, pour tenter de conjurer le sort… Elle est devenue écrivain, se cachant derrière des pseudonymes… Pourtant, le succès elle fait tout pour le gagner, mais veut rester dans l’ombre… Pour fuir ce passé… Qui va la rattraper…

Une introspection, une course contre la montre, contre la vie… Une femme, trompée, manipulée et qui s’isole pour garder sa liberté.

Un livre avec très peu de dialogue, dont l’atmosphère, sans être légère, n’est pas pesante, tellement la plume rend palpable, l’acceptation de cette femme. Une acceptation, qui va peu à peu révéler, son origine.

L’auteur prend le temps de décrire la solitude de Phyllis, sa compagne… Cette solitude, transpire dans chaque mot, chaque phrase… Donnant parfois un sentiment d’oppression, mais qu’il arrive à faire retomber, sans jamais tomber dans la facilité ou faire ressentir de la tristesse.

Les allers retours entre passé et présent, même s’ils peuvent sembler répétitifs, permettent de faire monter la pression et de faire ressentir le point culminant de cette intrigue, avec une fin, qui déroute.

La narration se fait à travers la voix des personnages, donnant un rythme dense, haletant tout en étant dans une fuite en avant. Plus on avance dans la lecture, plus l’histoire leur donne vie, plus les personnages font progresser cette intrigue. Philippe Lafitte, arrive à leur insuffler la vie, grâce à une construction psychologique fine et travaillée.

La mise en place, de l’ambiance, du décor, est quasi scénarisé, tellement la plume est visuelle et sensorielle dans les descriptions. Sans pour autant en faire trop, pour ne pas perdre son lecteur. Il fournit ce qu’il faut pour que l’imagination soit bercée par sa plume, tout en nuance…

Je remercie NetGalley et les éditions Grasset, grâce à qui j’ai découvert une nouvelle plume, avec grand plaisir.

Philippe Lafitte est l’auteur de trois romans remarqués publiés aux éditions Buchet/Chastel et de « Vies d’Andy » (éditions Le Serpent à Plumes, 2010). En mai 2015, son cinquième roman, « Belleville Shanghai Express » paraît aux éditions Grasset. Il est également scénariste pour le cinéma et la télévision.

Un livre, un extrait… Celle qui s’enfuyait de Philippe lafitte

« Comme chaque nuit elle était réveillée dès trois heures du matin, le temps des vrais insomniaques. Chaque nuit elle quittait le territoires des rêves d’un claquement de porte derrière la nuque, et c’était toujours le même arrachement, les yeux rivés au plafond, une tache indéfinie d’ombre mouvante, point d’appui nécessaire à travers les eaux refluantes du sommeil. »

Auteur : Philippe Lafitte

Éditeur : Grasset

Parution : 07/03/2018

Nombre de pages : 224

A l’aube, dans un paysage désert et envoûtant, une femme court. Elle vient d’échapper de justesse à un coup de fusil.
Isolée volontaire dans une des régions les plus reculées de France, Phyllis Marie Mervil, afro-américaine, est l’auteur de polars à succès. Solitaire jusqu’à la sauvagerie, prête à tout pour préserver son anonymat, elle a quitté l’Amérique en 1975, emportant avec elle un mystère qui, depuis, n’a cessé de la hanter. Phyllis sait qu’elle est poursuivie et, murée dans son secret, elle ne peut compter que sur elle-même.
Qui est cet homme invisible qui la traque comme une ombre, se rapprochant de jour en jour ? Quel drame commun ont-ils vécu dans les années 70, époque terrible où l’Amérique se déchirait sur la question des droits civiques? Acculée, Phyllis saura-t-elle se retourner et faire face ou choisira-t-elle, une fois encore, de fuir ?

Le miroir de Mariam Sirel

Parution : 1er mai 2017 – Auto-édité – Prix Numérique : 3,75€Prix Papier : 13Pages : 144 – Genre : Thriller-psychologique

 

Ne vous fiez pas aux apparences….

En apparence, c’est un livre léger… Je m’attendais à découvrir une intrigue simple, mais l’auteur perd son lecteur dans une trame assez tordue.

C’est court, mais on est vite immergé dans le vif du sujet, l’auteur ne se perd pas en descriptions trop longues ou superflues, même si j’aurai souhaité en apprendre un peu plus sur certains personnages…

Pour autant, j’ai passé un très bon moment, deux heures de lecture, parsemées de secrets, de doutes… Pour être très surprise par ce final que l’auteur livre… On ne s’ennuie, le suspense est palpable, on se perd dans une trame construite comme une toile d’arraignée, mais qui va se recentrer sur l’essentiel et permettre de comprendre le dénouement. Le lecteur est tout autant malmené que les personnages, par Mariam Sirel, qui nous balade de rebondissement en rebondissement, nous faisant douter.

Une histoire simple, où le tragique s’invite… Une histoire qui peut nous arriver… Une tragédie familiale qui démontre que les secrets ne sont pas toujours bons… Les non-dits sont parfois destructeurs et pires que le secret lui-même…

Comme tout premier roman, la plume est perfectible, pour que la fluidité dans la lecture soit plus agréable. Un langage parfois familier, qui déroute, alors même que l’intrigue est bonne.

L’auteur a prévu une suite, qui sera certainement plus travaillée et que je suis curieuse de découvrir… Je remercie l’auteur, Mariam Sirel, pour sa confiance et sa patience tout en lui souhaitant la bienvenue dans le monde de l’écriture.

Un livre, un extrait… Le miroir de Mariam Sirel

«Un tel soulagement égoïste ne pouvait être ressenti par une mère exemplaire mais bien par quelqu’un qui cachait une douloureuse part obscure et qui remontait peu à peu à la surface. »

Auteur : Mariam Sirel

Auto-édité

Parution : 01/05/2017

Nombre de pages : 144

 » Marianna et James Kyle mènent une vie en apparence paisible et heureuse lorsqu’un matin, cette dernière découvre la mère de son époux venue passer un week- end dans leur belle maison londonienne ,mutilée dans la salle de bain du jeune couple. Suicide ou meurtre prémédité, ce drame éveille de nombreux soupçons et interrogations. Les apparences sont parfois trompeuses et leur histoire d’amour va alors s’avérer bien plus sombre et complexe qu’elle ne l’était jusqu’à présent. Un lourd secret familial longtemps oublié refait surface pour ainsi semer le trouble, l’angoisse et la terreur au sein des Kyle. Comment Marianna va t-elle mettre fin à ce cauchemar et pour quelles raisons en veut-on à sa famille?  »