Archives pour la catégorie Auteurs de A à Z – Livres chroniqués

Lancement du Challenge Polars et Thrillers 2018 – 2019

Pour la 7ème année Sharon remet le couvert, le mois de juillet sans le nouveau challenge polar et thriller, ce n’est pas un mois de juillet comme les autres. Je suis heureuse d’y participer à nouveau.

Le principe reste le même que la session précédente : lire tous les romans policiers possibles, romans, romans noirs, recueils de nouvelles, mangas, bandes dessinées, romans de littérature jeunesse, voire, pourquoi pas, des essais. Le tout entre le 9 juillet 2018 et le 9 juillet 2019.

Plusieurs catégories, elles ne sont pas obligatoires, simplement des indications pour ceux qui en auraient envie :

Jusqu’à cinq livres lus : Imogène.

De cinq à quinze livres lus : Montalbano.

De quinze à vingt-cinq livres lus : Miss Marple.

De vingt-cinq à cinquante livres lus : Erlendur.

De cinquante à soixante-quinze livres lus : commissaire Maigret.

De soixante-quinze à cent livres lus : Walt Longmire.

Plus de cent livres lus : Sherlock Holmes.

Une dernière catégoriel plus de deux cents livres lus : Lucky Sherlock, pour les personnes qui lisent plus vite que leur ombre.

Pour le challenge 2017/2018, j’avais tenté la catégorie commissaire Maigret, je ne sais pas si j’y suis arrivée… Bilan dans quelques jours… Pour 2018/2019 je tente la catégorie Walt Longmire.

Vous pouvez retrouver toutes les infos sur le blog de Sharon

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Challenge Un pavé par mois : livres lus en juin 2018

Un challenge qui me tient à cœur et auquel j’essaie de participer régulièrement.

des livres, des livres !

On se retrouve aujourd’hui pour notre bilan mensuel consacré aux pavés, des livres lus par l’ensemble des participants au challenge qui a fêté ses quatre ans en juin. Et je dois dire qu’après un mois de mai catastrophique, le mois de juin a été meilleur puisque nous affichons 13 lectures au compteur !

Au menu de ces quatre dernières semaines du polar, des romans contemporains et romans historiques pour la plupart avec quelques titres british, mois anglais oblige. Un grand merci aux fidèles à ce rendez-vous, qui chaque mois m’accompagne et font vivre ce challenge au long cours !

Pour connaitre le récapitulatif mois par mois et par participants, je vous invite à aller ici.

challenge-un-pave-par-mois

Maintenant place aux livres lus au cours du mois de juin, nos avis vous inciteront peut-être à les sortir ou à les ajouter à votre PAL :

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Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Imaginaire – 11 serpents de Philippe Saimbert

Parution : 17 janvier 2017 – Auto-édité – Prix Numérique : 1,00€Prix Papier : 10,02€254 PagesGenre : Thriller humoristique

 

Ce livre a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que je vous invite à découvrir Ici ou ici ou encore   🙂

En lice dans la catégorie Imaginaire, 11 serpents t’embraque dans une lecture atypique, cynique aux situations bien loufoques !

11 invités. 11 serpents. Le gagnant sera celui qui mordra le plus fort. Coups de théâtres, scènes cocasses et parfois cruelles vont s’enchaîner jusqu’à l’incontournable twist final.

J’ai déjà eu le plaisir de découvrir l’auteur avec « le Fossile d’acier », un genre tout à fait différent, dont j’avais apprécié l’intrigue.

Ici, Philippe Saimbert s’attaque à un genre totalement différent et je dois dire que sa plume s’y prête bien. Même si j’ai eu du mal au départ, je ne voyais pas trop où il voulait m’emmener, au fil des pages je me suis prise au jeu.

Une lecture assez comique avec des situations aussi cocasses les unes que les autres. C’est jouissif, cynique mais les situations sont tellement farfelues, que cela en devient hilarant.

L’intrigue est construite comme une BD, c’est très visuel, même en l’absence de planches de dessins, on retrouve cette trame lorsque l’on plonge dans une BD déjantée !

La cousine Abeline, aussi riche qu’originale, propose à ses amis et famille, un jeu où ils devront se montrer drôles et machiavéliques. Et là, les personnages se lâchent et tout les coups bas sont permis pour arriver à leurs fins. Chacun d’entre eux, va user de ce qu’il a de plus machiavélique pour manipuler, faire mal et gagner ses faveurs et elle s’éclate bien, et nous aussi, tellement les situations sont réalistes et tordues.

Même si le début, peut paraitre long à se mettre en place, les stratagèmes sont efficaces, tordus et on en redemande.

Le personnage principal, Philippe est un auteur dont la réussite est assez fluctuante, il dit de lui-même que c’est un « looser ». Il enchaîne les problèmes, subit les humiliations de  ses proches, qui le prennent de haut, lui font bien sentir à quel point ils le trouvent minable, sans talent et sans volonté.

Je l’ai trouvé amusant, surtout dans sa manière de se dépeindre, de se raconter. A travers ses mots, l’auteur nous livre une part de ses pensées, il y a un peu de lui dans ses réflexions sur le monde de l’édition, sur le fait d’être un auteur, sur l’image qu’il dégage… Il y a une part de réalité, aussi dans la manière qu’a sa famille de le percevoir…

C’est un auteur raté, dont les bouquins « ne sont bons qu’à faire du feu de cheminée » qui se raconte de manière détachée et se veut observateur de cette famille, complètement déjantée et de la situation dans laquelle ils se retrouvent tous… Il est observateur plus qu’acteur de cette tragédie humaine qui se déroule sous nous yeux.

Tragédie qui fait ressortir les travers de l’être humain, capable de tout, même du pire, pour arriver à ses fins….

Un fois que l’on passe le premier tiers, on assiste à un feu d’artifice qui va se poursuivre jusqu’au twist final et là, je dis bravo à l’auteur, qui n’a vraiment pas mené ses lecteurs en bateau !

Avec ce final, on oscille entre stupéfaction et ahurissement, car rien ne le laisse présager, pourtant l’intérêt est maintenu tout le long des 200 dernières pages, par un auteur qui ne se contente pas d’une fin bâclée, bien au contraire, il colle un dernier rebondissement histoire de bien clouer le lecteur sur place. 

On va de surprise en surprise, parsemées de rebondissements aussi cocasses et cyniques les uns que les autres, le tout avec une plume travaillée, acide, hilarante et visuelle. 

Même si on peut s’interroger sur cette couverture un brin BD, elle prend tout son sens.

Sous ses airs de Légèreté, c’est un vaudeville, une comédie de mœurs à la Feydeau, qui décrit la médiocrité de ceux capables de toutes les bassesses pour arriver à leurs fins.

 

 

Un livre, un extrait… LES JUMELLES DE CLAIRE DOUGLAS

Je me rappelle ce qu’a dit maman à l’hôpital après ma tentative de suicide, quand je lui ai demandé comment elle pouvait supporter de vivre sans son autre fille. A travers ses larmes, elle m’a répondu : « Lucy vit toujours à travers toi, Abi. Quand je te regarde, je la vois. Quand j’entends ta voix, j’entends aussi la sienne. Voilà pourquoi elle ne disparaîtra jamais vraiment, tu comprends ? Si tu mourais, ma chérie, il ne resterait plus rien d’elle sur terre. »

 

Auteur : Claire Douglas

Éditeur: HarperCollins

Parution : 03/01/2018

Catégorie: Thriller-psychologique

Nombre de pages: 345

Prix broché : 17,90€

Prix poche : 7,50€

Prix Numérique : 6,99€

 

 

Après un accident tragique, obsédée par la mort de sa sœur Lucy, Abi s’installe à Bath dans l’espoir de reprendre pied. Mais elle y rencontre Beatrice et Ben, un couple de jumeaux qui l’attirent dans leur univers privilégié et trouble…
Invitée par Bea à vivre dans l’hôtel particulier qu’elle partage avec Ben, Abi met tout en œuvre pour satisfaire les exigences de ses amis. Aimantée par eux mais déstabilisée par leurs comportements étranges, elle est poussée vers la folie quand elle est visée ― mais l’est-elle vraiment ― par des événements inquiétants qui se produisent dans la maison…

Thème romanesque par excellence, la gémellité est ici abordée sous l’angle d’un suspense psychologique prenant qui joue des aspects les plus sombres de cette relation fusionnelle, dangereuse, et qui les révèle sans tabous.

mange tes morts de Jack HEATH

Parution : 22 mars 2018 – Super 8 Editions Prix papier : 19€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller-Polar

 

Super 8 est une de ces maisons d’édition qui t’alpague rien qu’avec un titre et une couverture qui ne laisse rien entrevoir… Ou si peu…

Avec ce premier roman, Jack Heath auteur australien de livres pour enfants, change complètement de registre et autant vous dire qu’il ne fait pas dans la dentelle….

L’intrigue en elle-même est assez classique, mais là où l’auteur arrive à retourner le cerveau du lecteur, c’est lorsqu’il présente Timothy Blake, consultant aux capacités intellectuelles hors du commun, qui aide le FBI sur ses enquêtes les plus compliquées… Timothy a un flair infaillible pourtant il a une addiction, un petit secret…

Il a beau être un homme complètement en décalage avec notre réalité, avec qui je ne resterais certainement pas seule dans la même pièce, je me suis réellement attachée à lui ! Malgré sa tendance complètement psychotique, on ne peut pas le détester !

L’auteur, Jack Heath a construit son personnage d’une manière surprenante, c’est l’archétype du héros et pourtant il est tellement sympathique.

Son enfance, lui colle à la peau et sa vie d’adulte n’est pas meilleure… Il a été privé de ses parents, a vécu en foyer, dans la rue, il n’hésite pas à mentir, à voler, pour survivre..

Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins…

Outre le mystère qui entoure l’enquête de Timothy, l’auteur fait démarrer chaque chapitre par une énigme, ce qui est assez original et nous rappel constamment que résoudre les énigmes est l’activité principale qui permet à Timothy de gagner sa vie…

La plume de l’auteur est prenante, incisive et très visuelle, permettant au lecteur de facilement s’immerger dans cette enquête, beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît…

Mais surtout, c’est hyper addictif avec des rebondissements qui apportent une réelle dynamique au récit, avec des révélations qui éclairent aussi bien l’enquête que notre personnage principal… On plonge directement et je dois dire que c’est jouissif tellement c’est bon, sanglant, répugnant… Et pourtant Timothy Blake ne se défile pas, il est très lucide sur ce qu’il est et surtout sur son addiction, c’est un personnage ambigu, horrible mais tellement attachant ! C’est ce qui peut déstabiliser le lecteur, ne pas arriver à le détester !

C’est un homme complexe que l’auteur dépeint avec recul et empathie en nous expliquant le déclencheur de ses pulsions, mais surtout comment il en est arrivé à travailler avec le FBI.

L’agent Thistle, est son opposée, elle apporte une réalité à cette intrigue un peu barrée, puisqu’elle nous montre que le passé, même s’il peut déterminer notre avenir, peut aussi être différent suivant le chemin que l’on choisit.

Jack Heath avec Mange tes morts, nous entraine dans un thriller imprévisible et complètement addictif, dont on se plait à imaginer une suite…

Je remercie les éditions super 8 ainsi que NetGalley pour cette lecture.

Jack Heath est né en 1986 en Australie. Il peut déjà se prévaloir d’une imposante bibliographie jeunesse : une vingtaine de romans, régulièrement traduits et retenus pour le petit et le grand écran. Mange tes morts, son premier texte pour adultes, ne saurait être conseillé, de son propre aveu, aux moins de 18 ans. 

Un livre, un extrait… Mange tes morts de Jack HEATH

J’ai mangé le visage et le tronc et rogné la chair sur les mains, les pieds et un bras. J’ai jeté son système digestif et son cerveau dans le vide-ordures : ces parties sont toxiques.

Auteur : Jack HEATH

Traducteur: Charles BONNOT

Éditeur: Super 8 éditions

Parution : 22/03/2018

Catégorie: Thriller

Nombre de pages: 400

Prix papier : 19€

Prix Numérique : 12,99€

 

Cameron Hall, 14 ans. Disparu en rentrant de l’école ; rançon exigée. L’horloge tourne, la police est impuissante : c’est une mission pour Timothy Blake.
Timothy (nom de code  » le pendu « ) a un don. Il lit dans l’esprit des gens. Comprend tout avant tout le monde. Résout les énigmes les plus ardues. Le genre à s’ennuyer avec un Rubik’s Cube ou à connaître votre numéro de sécurité sociale par cœur. Mais Timothy a aussi un problème. Pas le fait d’être pauvre, non. Pas le fait d’être affublé d’un coturne toxicomane et parano prénommé Johnson. Un vrai problème, un problème, disons, comportemental. Qui fait que même le FBI répugne à travailler avec lui. Une vie sauvée, une récompense : ainsi fonctionne Timothy. Mais cette fois, et malgré l’appui de l’agent spécial Reese Thistle, il se pourrait que notre sympathique génie psychopathe ait trouvé à qui parler.

Ce thriller survolté et sans tabou ne vous laissera aucun répit. Accessoirement, il se pourrait qu’il vous incite à devenir végétarien.

Le Voile de Guillaume Lecasble

Parution : 2 mars 2018 – Editions TohuBohuCollection : Roman – Prix papier : 17€ – Pages : 144 – Genre : Science-Fiction – Thriller apocalyptique

Un roman sur le début de l’Apocalypse. Dans le silence de l’angoisse.

Un roman qui ne laissera personne indifférent ! Il est assez difficile de parler de ce bouquin, tellement les sentiments sont multiples. C’est un livre à part, avec une écriture emprunte de poésie. Un livre que l’on peut qualifier d’objet littéraire non identifié.

L’histoire en elle-même est très largement atypique, un brin décalée, que l’on peut difficilement classifier dans un genre précis. Pas d’indication temporelle, pourtant certains passages laissent à penser que l’ère numérique n’est toujours pas passée…

J’ai été intriguée par la 4ème de couverture qui ne dévoile rien et laisse planer le mystère. Je ne savais pas à quoi m’attendre et lorsque j’ai commencé à le lire, j’ai eu l’impression d’être aspirée et de perdre pied… C’est un genre totalement éloigné de mes lectures habituelles et cette fameuse zone de confort, même si j’aime m’en éloigner, est assez confortable pour être déstabilisée par le Voile.

Ici chaque voix a son propre flux, un corps immatériel et une âme, qui lorsqu’elle est diffusée se retrouve séparée du corps matériel. Elles s’envolent jusqu’à l’orée de l’atmosphère, afin d’attendre leur réunification… A force ces âmes forment un voile qui entoure la terre empêchant la lumière de passer. La fin du monde est programmée malgré la prise de conscience du phénomène… Oui je vous ai prévenu c’est vraiment décalé mais tellement métaphorique… L’image utilisée par l’auteur comme métaphore de la pollution est pour moi saisissante…

L’auteur a une imagination déstabilisante et même si parfois j’ai eu du mal à le comprendre ou le suivre, on est transporté comme dans un rêve dont aimerait bien s’extraire tout en essayant de comprendre.

Les silences sont salvateurs… Le calme avant la tempête est perceptible dans cette urgence apocalyptique et pourtant l’humanité qui transpire est tellement belle et palpable. L’ambiance est certes très particulière, mais c’est tellement bien écrit et tellement beau que cette fin du monde est vécue avec calme et sérénité. J’ai eu le sentiment de retrouver cette ambiance étrange que j’avais eu le plaisir de découvrir dans « Melancholia », un film de Lars von Trier sorti en 2011, avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg…

Chacun se recentrant sur ce qu’il a de plus important à ses yeux retrouve une paix palpable dans cette atmosphère apocalyptique.

Je remercie Charlotte de la maison d’édition Tohu-Bohu pour sa confiance et pour le plaisir que j’ai pris avec cette lecture.

Romancier, peintre, cinéaste. Pour ses amis, il est jardinier et cuisinier. Dans sa bibliographie, des livres d’enfants, un livre de recettes de cuisine, un petit livre d’humour et d’amour – Le Code de l’amour. Et surtout des romans : Lobster, Seuil, 2003 ; Cut, Seuil, 2004 ; Celluloïd, Panama, 2005 ; Linge sale, Panama, 2008 ; Le Fils de la bonne, Jbz & Cie, 2010 ; Novice, La Fanfare, 2015. (source Amazon)

Un livre, un extrait… Le voile de Guillaume Lecasble

Depuis un mois, Montréal vit dans le crépitement des touffes de bandes magnétiques. Un mois que l’opération K7 a commencé. Pour la première fois, depuis que le voile est devenu une certitude, la population mondiale a répondu d’une seule voix. Il a fallu fouiller les greniers. Les caves. Faire deux pas en arrière dans le temps. Faire revenir au présent le passé des parents, des grands parents. Pour protester. Manifester. Se rebeller. Chacun y est allé de sa visite du dessus du placard, des fonds de tiroirs, des cartons oubliés pour retrouver les cassettes obsolètes. Se procurer des bandes magnétiques était une obligation, pour celui qui voulait faire frissonner son désaccord dans le souffle du vent. L’idée n’était pas de faire entendre les voix de ces bandes magnétiques sur les mini K7 dépoussiérés, mais de faire entendre leur âme à travers leur corps sacrifié

 

Auteur : Guillaume Lecasble

Éditeur: TohuBohu

Parution : 02/03/2018

Catégorie : Science-fiction

Nombre de pages: 144

Prix broché : 17€

 

Paru dans le quotidien La Presse de Montréal. Annonce 592 – 8/16. Pour mon prochain roman, Le Voile, je cherche deux personnages, un homme et une femme dans la trentaine vivant à Montréal et ayant une raison de se rendre aux chutes du Niagara. En acceptant d’être un des personnages vous acceptez la possibilité de mourir à la fin du livre. Si vous répondez aux critères énoncés ci-dessus, merci de me contacter par mail : ww@ww. ca Joshua@beme.com Destinataire : ww@ww.Ca. ― Bonjour WW, mon nom est Joshua Lecoeur. Etre un personnage dans un roman m’intéresse. J’ai 31 ans. Je suis français. Je vis à Montréal depuis dix ans pour pouvoir rendre visite à mon père qui est interné dans un centre de psychiatrie à Niagara Falls. WW ― Merci de votre réponse. Vous n’êtes donc pas effrayé par la perspective de mourir à la fin du livre ? Joshua ― Si c’est ma dernière chance de connaître l’amour, non. Un roman sur le début de l’Apocalypse. Dans le silence de l’angoisse.

Un livre, un extrait… Que la guerre est jolie de Christian Roux

Depuis quelques temps, j’ai une envie de partager autre chose qu’un simple retour de lecture.

Cibler un extrait permet de dégager un passage qui me parle plus qu’un autre.

Je pourrais le faire lorsque je publie mon avis, mais comme j’aime faire les choses différemment et que j’ai envie de mettre en lumière un extrait particulier, j’inaugure une nouvelle rubrique sur le blog, sous cette bannière

Kofi est un grand noir. Un mètre-quatre-douze. Souvent, on lui demande s’il joue au basket. Ce n’est plus le cas. Il y a joué, plus jeune et il était même plutôt bon. On lui a même fait quelques propositions. Mais il trouvait ça ennuyeux. Et il aurait dû renoncer à trop de choses : Kofi fume, boit et mange du porc ; il pense que la mort est la fin de tout.

Ses modes de pensées et de vie rendaient ses relations avec les autres membres de l’équipe difficiles. Prier avant une compétition, lever les yeux au ciel après chaque panier marqué, non merci.

On ne l’obligeait pas à suivre ces rituels, bien sûr, mais, même si on veillait à ne pas le froisser – il marquait à lui seul cinquante pour cent des paniers de l’équipe -, on lui faisait remarquer qu’il ne s’y soumettait pas.

Il n’aime pas la religion, de même qu’il n’aime pas les fachos, les cocos ou les gros capitalistes. D’une manière générale, il déteste toute forme de pensée ou d’idéologie visant à l’universalisation des comportements des hommes et des femmes, c’est à dire à leur uniformisation.

Pour autant, il s’entend très bien avec les parents de Simon. Il adore leur couscous et boire du thé à la menthe lui convient tout à fait. Et il n’ira certainement pas les insulter en sortant une flaque de whisky de sa poche.

Pour lui, tout ce qui se vit en privé est respectable. Même les croyances ou les pratiques sexuelles qu’il ne comprend pas le sont. Mais surtout, qu’on ne le bassine pas avec ça. La religion, c’est comme la baise, ça se pratique en chambre. Point à la ligne.

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Parution : 7 février 2018 – Éditeur : RivagesPrix papier : 19,50€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 300- Genre : Polar – Roman Noir

Possession de Paul Tremblay

 

Parution : 22 mars 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller- horrifique –

 

Un titre, une couverture, l’auteur joue sur nos peurs les plus profondes…

Sans être un gage de réussite, la petite phrase de Stephen King, fait son effet… Pour peu que l’on commence sa lecture, en pleine nuit…

Nuit, noire et profonde… Et on commence à flipper…

Je recherche désespérément LE livre qui arrivera à me faire peur… Cette peur qui te prend aux tripes, qui te prend dans ses griffes… Il y a bien longtemps que je ne l’ai pas ressenti… Du coup avec ce titre, j’espérais…

Marjorie Barrett, une adolescente américaine de 14 ans se met à avoir un comportement bizarre. Ses parents l’emmènent consulter un psy, mais la situation empire et devient incontrôlable…. Ils se tournent vers un prêtre… N’arrivant plus à joindre les deux bouts, entre le chômage du père, les frais médicaux… La famille  accepte de faire partie d’une télé réalité allant jusqu’à filmer l’exorcisme de leur fille…

Punaise, rien que ça c’est glauque… Une histoire de possession à notre époque…

La première partie est une plongée dans l’angoisse, la peur. L’auteur, nous rend spectateur de l’histoire de cette famille qui va vivre l’horreur.

Le tout raconté par les yeux d’une gamine de 8 ans…

Les faits sont exposés, pour rendre la lecture très visuelle et ça match bien, puisque de lecteur on devient spectateur, comme dans un bon film d’horreur… D’ailleurs le roman est parsemé de références à des films d’horreur cultes et pour les amateurs du genre c’est un vrai plaisir.

Dans la deuxième partie, même si l’horreur est présente, elle change de camps et là je dois dire que l’auteur a complètement retourné la situation, pour en faire un exposé décortiqué.

La téléréalité en prend pour son grade et le lecteur jubile de découvrir les dessous d’une émission à sensation… Car c’est de ça qu’il est question… Faire de l’audimat sur le dos du malheur des gens… Comment les images, les différents témoignages, peuvent être orientés pour que l’émission fasse sensation..

On se fiche pas mal de cette gamine possédée, d’ailleurs l’auteur brouille les pistes et c’est carrément flippant. Car le plus flippant, n’est pas le démon qui se tapi dans l’ombre…

Et là, chapeau à l’auteur, qui en partant d’une histoire d’horreur arrive à changer son fusil d’épaule et nous propose un excellent thriller. Mais pas du thriller dont on l’habitude !

Avec une plume très visuelle, l’auteur arrive à nous faire peur en construisant une narration bien flippante par la voix de la petite sœur… A travers son regard, le lecteur découvre l’horreur dans ce qu’elle a de plus tangible et de plus glacial…

L’auteur aurait pu se contenter, d’une pâle imitation de l’exorciste… Pourtant, il construit pour ensuite déconstruire en épluchant chaque scène et permettre au lecteur de s’approprier complètement cette histoire qui devient bien glauque.

Un thriller-horrifique jubilatoire, tellement bon et digne d’intérêt, même si le lecteur s’attend à tout autre chose, c’est tellement surprenant qu’il est scotché.

La construction est machiavélique, à l’ère de la télé-réalité et des médias, l’horreur change de camp. Le lecteur aura le choix entre plusieurs interprétations, ce qui lui permet de s’approprier encore plus l’intrigue, permettant une réflexion, même plusieurs jours après avoir refermé le livre.

Je ne dévoile rien de l’intrigue, de la trame construite par l’auteur, il faut le lire pour s’en imprégner, et vivre les rebondissements qui en valent vraiment la peine.

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

Considéré comme le nouveau Stephen King, Paul Tremblay est né en 1971 dans le Colorado. Lauréat du prix Bram Stoker, Possession est son premier roman publié en France. Les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés dès la sortie du livre par Robert Downey Jr.

Paul Tremblay est né aux États-Unis en 1971. Membre du jury du prix Shirley-Jackson qui récompense la littérature d’horreur, il est auteur et éditeur de romans de science-fiction, d’horreur et de fantasy.
Après avoir étudié les mathématiques à l’université du Vermont, il enseigne dans une école privée proche de Boston. En parallèle, il écrit des romans, des nouvelles et des essais, dont l’angoissant Possession, son premier roman traduit en français et publié chez Sonatine Éditions.