Archives pour la catégorie Challenge Thriller et Polar 2017-2018

Les chiens de Detroit de Jérôme Loubry

 

Parution : 11 octobre 2017 – Edition Calmann-Levy – Collection : suspense crime Prix papier : 18,90€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 306 – Genre : Thriller-roman noir-

 

Deux enquêtes à des années d’intervalles qui vont se télescoper et Jérome Loubry nous télescope dans une histoire classique avec des enlèvements d’enfants, mais avec une intrigue aux caractéristiques différentes et très bien amenée.

1998. Sept enfants sont assassinés, les journaux nomment le tueur « le Géant de brume », une légende locale. Stan Mitchell, qui mène l’enquête n’arrive pas à la mener à bien. Le tueur reste en liberté. Mais les meurtres s’arrêtent.

2013. Des enfants disparaissent, mais les corps sont introuvables. Stan Mitchell se retrouve aux côtés de Sarah Berkhamp pour mener l’enquête.

L’intrigue commence en mars 2013, par l’arrestation de Simon Duggan soupçonné d’être le Géant de brume.

L’auteur alterne les deux enquêtes avec des flashbacks entre le passé et le présent, jusqu’à ce que les deux périodes se croisent.

Une construction narrative, particulièrement réussie, qui se lit sur les chapeaux de roues. Un vrai page-turner, avec une plume fluide et directe Aucune fioritures, les chapitres sont courts et donnent à la lecture un rythme soutenu.

Les personnages sont très bien travaillés, leur complexité les rend humains et proches. Comme souvent, dans ce genre, ils sont torturés et là ils le sont particulièrement et le tout match bien…

La ville de Détroit est un personnage à part entière, puisque les descriptions sont tellement réelles que l’on se voit se balader dans ce Détroit glauque, pluvieux et triste… Cette ville, le rêve américain dans ce qu’il a de plus grand, n’est plus qu’un lointain souvenir, torturée, désertée par ses habitants. A l’image des personnages torturés…

La force de ce thriller, est ce parallèle que l’auteur crée entre cette ville meurtrie par le chômage, par ces meurtres et les personnages, ces deux flics que la vie n’a pas épargnée mais aussi ce Géant des Brumes, une légende urbaine… Mais qui prend vie…

Le lecteur fait une immersion dans ce Détroit gris et aura du mal à en sortir indemne, au même titre que les personnages que Jérôme Loubry malmène, torture et rend proches du lecteur…

Stan Mitchell flic alcoolique, violent, ne s’est jamais pardonné l’échec de la première enquête.

Sarah Berkhamp flic fragile, souffrant d’une petite schizophrénie avec hallucinations auditives.

Elle les appelle des impressions… Ces impressions qui peu à peu vont donner un côté étrange mais que l’auteur arrive à rendre très plausibles… Puisqu’elles nous guident vers la solution…

Les chiens de Détroit laissera une empreinte sur le lecteur, non pour ses personnages physiques, mais bien pour les descriptions de la ville. Des descriptions d’une grande qualité qui font de cette Ville un vrai personnage.

Né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il publie aujourd’hui son premier roman.

Challenge polar 2017-2018 –                  ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Le cri de l’engoulevent de Magali Cervantes

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Parution : 13 juin 2017 – Prix papier :  16,00€ – Prix Numérique : 2,99€ – Pages : 280 – Genre : romance – thriller-Psychologie


J’avais une certaine appréhension en plongeant dans cette lecture… J’étais sur mes gardes, car je ne suis pas une fana de romance… J’aime les sentiments torturés et j’aime surtout que cela ressemble à la vie! Pour avoir lu certaines romances étant jeune, j’ai toujours la sensation qu’une fois qu’on en a lu une on les a toutes lu… En bref, j’allais à tâtons et hésitante lire « le cri de l’engoulevent » de Magali Cervantes.

Contre toute attente, l’intrigue m’a vraiment plu et j’ai lu quasiment l’intégralité en une journée. Oui il y a une histoire d’amour, oui c’est une passion mais une très belle surprise.

L’auteur manie l’art des sentiments avec dextérité et ne tombe jamais dans la mièvrerie avec cet amour torturé, mais qui une fois le livre refermé, passe au second plan. Car ce que le lecteur va retenir c’est l’hymne à la vie, le respect que chaque personne doit avoir pour soi-même.

L’auteur nous entraine dans une histoire qui débute dans les années 30 et balaie un pan entier de l’histoire de France, mais nous fait aussi voyager en Afrique, dans un Cameroun qui vit les prémices des premières révoltes de son indépendance… Après la défaite de l’Allemagne lors de la Grande Guerre en 1918, le Cameroun se retrouve, pour la partie orientale administré par la France qui adopte une politique « d’assimilation » et pour la partie occidentale administré par le Royaume-Uni. Chacun de ces deux pays imprimera sa marque à son Cameroun, la France adoptant la politique de l’assimilation et le Royaume-Uni celle de l’indirect rule c’est à dire une colonie gérée par des chefs indigènes au profit de la nation coloniale.

L’Afrique est contée avec magie dans ce qu’elle a de plus merveilleux et la beauté des gens, des paysages tout est ressenti par le lecteur qui est transporté dans cette période lors de laquelle Rose vit une vie parfaite, une vie dont elle a toujours rêvé… Les personnages sont décrits avec justesse et le lecteur arrive à les visualiser grâce à la plume de l’auteur qui leur donne vie. Il se dégage d’eux une douceur palpable, une sérénité contagieuse, qui contamine le lecteur comme Rose qui peu à peu s’ouvre à la vie, comme une fleur qui éclos…

Une fleur que le Cameroun arrose pour la magnifier… Mais la graine de la culpabilité que sa mère a fait germer en elle est trop lourde à porter… Tellement lourde que Rose abandonne ce Cameroun, abandonne son amour, s’abandonne pour se vouer corps et âme à cette mère… Une mère qui n’a cherché que son bien-être à elle, sans jamais se soucier de celui de sa fille… Une mère manipulatrice, dominatrice qui ne vit que pour rabaisser sa fille… Dont la vie n’a certainement pas été simple, mais qui refuse que sa fille soit heureuse, puisque elle ne l’est pas.

Cette mère qui dominera Rose, jusqu’à la toute fin…

Un livre sur la vie, sur la vie que l’on gâche par peur de déplaire… Une vie que l’on refuse de vivre, que l’on oublie de vivre, mais une vie qui nous échappe et qu’il est impossible de revivre lorsqu’elle nous quitte… Une vie que Rose à refuser de vivre, qu’elle a subit… Une vie qui lui échappe… Elle n’est que la simple spectatrice du temps qu’on passe sans décider d’en devenir l’actrice… 

L’auteur m’a touché avec sa plume, m’a bouleversé… Cette histoire de femme ne peut que faire écho et nous renvoyer à nos propres choix.

Un livre d’une grande sensibilité avec une fin très émouvante et révélatrice de l’influce des décisions que nous prenons.

En bref, une lecture touchante dont la romance ne prend qu’une place très secondaire , puisque la trame principale choisie par l’auteur est autre… L’auteur veut pousser son lecteur dans ses retranchements et l’oblige ainsi à ouvrir les yeux et prendre des décisions… Vivre sa vie, la savourer , savourer chaque instant de bonheur mais surtout la vivre non pas pour les autres mais pour soit.

Après 10 années d’écriture, et cinq livres publiés dont le premier « De l’autre côté des nuages » aux éditions l’Apart, je vous invite à découvrir mon travail d’écriture qui consiste à mettre en lumière les gens de l’ombre, et plus particulièrement, les combat de femmes.
Tous mes livres parlent de la lutte.
Des livres positifs, qui donnent envie d’agir et de se battre, parce que lutter c’est vivre et se résigner c’est mourir.
Ce qui m’intéresse : les histoires de vie extraordinaires de gens ordinaires, ou les histoires de vie ordinaires de gens extraordinaires, les histoires de luttes, les relations humaines, les sentiments, les émotions. L’humanité en ce qu’elle a de meilleure.
Les combats de femmes. Ce qui dérange, interpelle, moleste, ne laisse pas indifférent.

Challenge ABC 2017 auto-édition  –  Challenge polar 2017-2018         

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Une dose d’adrénaline de Thomas Lejeune

Parution : 8 février 2017 – Prix papier :  14,99€ – Prix Numérique : 0,99€ – Pages : 530 – Genre : Thriller – romance –

Cela faisait plusieurs mois que ce livre attendait dans ma PAL, effectivement je l’ai acheté suite à plusieurs retours positifs que j’ai vu passer à droite à gauche… 

Une fois ma lecture terminée, je me suis sentie bien seule… 

Bien seule face à ma déception… 

Peut-être suis-je exigeante ? C’est certain… 

Trop sévère ? Non, surtout que ma déception, ne porte pas tellement sur l’intrigue, dont l’appréciation reste très subjective.

Je dois dire que j’ai du mal à faire un retour clair, tellement tout est confus dans mon esprit.

Confus, comme cette lecture l’a été. Mon esprit est confus au même titre que la confusion qui règne dans ce livre… Ok l’intrigue est mignonne, change de ce que l’on a déjà pu lire avec ce jeune couple dont la vie amoureuse est parsemée de jeux de rôle qui pimentent leur quotidien… Cap ou pas Cap… L’idée est vraiment sympa. Mais pour moi ça s’arrête là.

La construction des personnages manque de profondeur, de caractère et je n’ai réussi à m’attacher à aucun d’entre eux… Sauf peut-être le père, qui reflète bien la déchéance d’un père qui a perdu son boulot et qui se retrouve à ne plus pouvoir rien gérer tellement la bouteille est devenue son amie…

Même si l’auteur nous entraine avec un début qui démarre vite, dans des situations aussi tragiques les unes que les autres, j’ai eu du mal à m’imprégner et à entrer complètement dans ce récit.

Ce qui ressort du récit, c’est l’amour que l’auteur a pour cette Irlande, qu’il évoque avec plaisir…

Plusieurs choses m’ont vraiment gêné et je n’ai pu me détacher des erreurs qui parsèment le récit.

J’ai du mal à comprendre comment l’auteur a pu se laisser entrainer dans un phrasé aussi lourd et aussi mal construit. Pourquoi utiliser des phrases compliquées qui ne viennent qu’alourdir le récit et casser une dynamique.

« le vent siffleur amplifiait son mal de crâne corrosif » Pourquoi ne pas utiliser un langage simple qui ne soit pas imagé au point d’en être ridicule.

« son vélo déposé en vrac… » « Des réverbères nasillards » 

« La nervosité la gagna en déchiquetant la première enveloppe »

« Sorti de ses pensées bibliques »

« sa main droite martyrisant le haut du volant. Pris d’un râle de gorge tenace, il grimaça et le défonça de trois violents coups. »

« …elle ôta et s’offusqua devant sa chaussure accidentée toute neuve… » Je n’ai jamais vu une chaussure accidentée…

« aux yeux désorbités »

«…rythme cardiaque cognait sa poitrine par épisodes aléatoires…» Son cœur cognait fort dans sa poitrine… Simple, directe…

«…Aaron retrouvait des brides d’admiration pour Emmy…» Des bribes auraient certainement été plus logique…

Je trouve vraiment dommage que l’auteur présente un texte avec autant de fautes et de contresens. Je suppose qu’en tant que lectrice je devrais m’attacher à l’intrigue et moins à l’écriture. Sauf que pour moi les deux sont intrinsèquement liées et je ne peux apprécier un récit, même si l’intrigue est excellente, car elle sera gâchée par un français approximatif. Il n’y pas d’intrigue si elle est mal écrite !

J’espère sincèrement que l’auteur fera une relecture honnête et retravaillera son livre qui aurait pu être bon, car le postulat de départ avait de quoi faire un bon livre avec un rythme soutenu… Pour cela il faudrait élaguer quelque peu les longueurs et refaire une relecture attentive pour que les corrections soient faites.

Challenge ABC 2017 auto-édition – challenge un pavé par mois

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La fille à la peau pâle et frêle de Jennifer Del Pino

 

Parution : 24 octobre 2017 – IS Éditions Collection Sueurs glaciales Prix papier : 13,90€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 160 – Genre : Thriller

 

Un roman atypique, proposé par IS Edition, « La fille à la peau pâle et frêle » entraine le lecteur dans l’esprit d’Élise une psychopathe de 25 ans, dérangée, je dirais même complètement barge, a un comportement étrange, puisqu’elle torture et tuent…

C’est un choix narratif original puisque nous faisons la connaissance d’une psychopathe, ce qui est assez déroutant. En effet, la majorité des psychopathes présentés dans les thrillers sont des hommes et j’ai trouvé très original de plonger les méandres d’un cerveau féminin, complètement tordu et malade… Surtout qu’elle assume cette nana !! Oui, elle assume et raconte avec détachement tout ce qu’elle a pu faire de plus horrible, au point parfois de ce demander si elle ne tire pas une certaine jouissance à se raconter…

Dans un premier temps, le personnage principal devient narratrice, elle se décrit, fait son propre portrait et en même temps le lecteur profite des pensées de sa dernière victime…

J’ai été impressionnée par le choix de l’auteur, de faire parler cette jeune femme qui explique pourquoi elle agit ainsi… Aucun regret, bien au contraire elle n’essaie pas de résister à ses pulsions…

Dans une deuxième partie, le lecteur va se voir raconter, aux différentes manières dont elle va faire mal… Elle aime ça… Elle en a besoin… C’est viscéral, au point d’en devenir incontrôlable… Une vengeance… Qui va prendre des proportions qu’elle n’avait peut-être pas mesuré…

Des extraits d’un carnet secret sont des uppercuts que l’auteur balance à son lecteur… Comme un électrochocs pour lui faire comprendre, qu’on ne devient pas psychopathe gratuitement… Que rien ne se fait sans raison…. Un enfant confronté au mal absolu… Dérive et bascule dans l’horreur…

Malgré une intrigue courte, ce livre a la construction atypique et dérangeante permet de passer un très bon moment en compagnie de « la fille à la peau pâle et frêle » même si j’ai parfois eu peur qu’elle m’entraine dans sa folie… Élise garde la tête froide et sait très bien qu’elle n’est pas comme tout le monde… Mais elle assume… Elle aime faire mal, elle aime tuer…

Merci à IS Editions pour cette lecture et pour la confiance qu’elle m’accorde.

Après un premier ouvrage publié sous pseudonyme et dont l’identité et le titre resteront secrets (éditions Mille Plumes, 2012), puis La vie et la mort des âmes blessées (éditions ABCD’r, 2016), La fille à la peau pâle et frêle est son premier thriller, publié chez IS Edition. Parmi ses titres publiés figurent également : Sophro-Aromathérapie (Mon petit éditeur, 2016), Huiles essentielles, bibliothèque des maux et remèdes (Editons Vie, 2017)

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La fille derrière la porte de Patricia Hespel

Parution : 27 avril 2017 – éditeur : Les Nouveaux Auteurs Collection : Thriller Prix papier19,95Prix Numérique : 12,90€Pages : 330Genre : Thriller psychologique

Chaque lecteur, chaque être humain a une part d’ombre en lui… Une part sombre… Que l’on décide ou non de suivre… Qu’est ce qui fait que l’être humain bascule de l’autre côté ?

Avec «La fille derrière la porte», l’auteur, Patricia Hespel, nous entraine dans les tréfonds de l’âme humaine… Dans les tréfonds de la manipulation à l’état pur… La manipulation comme je l’ai rarement vu décrite.

Vivant dans le même immeuble, la rencontre entre deux jeunes femmes va bouleverser leur vie… Léna va coacher sa voisine en pleine dépression… Mais pas un coaching comme on se l’imagine… Pourtant, Emmy va suivre sa « coach » sans hésitation et en se plier à ses quatre volontés…
Une transformation qui va être impressionnante…

Chaque personnage est construit avec talent et méticulosité, chacune à sa façon bouleversera le lecteur, même le pire d’entre eux…

Le récit tourne principalement autour de :

Emmy : dépressive, larguée par son mari, perd son emploi et la garde de ses enfants….

Léna : l’opposée d’Emmy, battante à qui rien ne résiste et qui est actrice de sa vie. Vit avec Magnus rencontré dans un hôpital psychiatrique quelques années auparavant.

Magnus : compagnon de Léna, soumis et dépendant affectif…

Le postulat de départ est assez classique, la voisine psychopathe est un sujet largement abordé dans plusieurs thrillers, mais je dois dire que l’a l’auteur m’a complètement retourné l’esprit!

L’auteur, entraine son lecteur petit à petit vers un dénouement, dont elle livre les réponses par parcimonie… Les révélations se font petit à petit, sans dévoiler l’intégralité de son jeu de carte, l’auteur manipule son lecteur au point de le rendre accro… Comme on le serait d’une drogue…

Dans la plupart des thrillers, l’intrigue se construit sur le modèle de l’entonnoir. Mais ici l’auteur procède différemment puisque les nœuds se défont pour former une trame souple et fluide pour finalement nous serrer dans ses filets avec un nœud coulant pour nous couper le souffle… On a beau essayé de reprendre sa respiration, parfois la lecture se lit en apnée et le final en apothéose oblige le lecteur à reprendre son souffle…

Au départ, Emmy et Léna sont des personnages fondus l’un dans l’autre et des chapitres à flash-back permettent de mieux les dissocier et ainsi se révéler au lecteur. Une histoire construite autour d’un trio étrange et on sent bien qu’un drame se noue… Qu’un drame est à fleur de peau, mais l’issue ne se dévoile qu’à la fin et on comprend enfin…

Enfin le lecteur a le fin mot de cette histoire et là, je dis bravo à l’auteur et merci !

Une intrigue rondement menée, des personnages très bien travaillés et dont la psychologie est fine et tellement réelle qu’ils prennent vie sous nos yeux grâce à la plume addictive de l’auteur, une plume vive et acérée qui nous entraine sur des chemins sombres… L’auteur joue sur les sentiments, les non-dits, la manipulation sans jamais tombée dans les travers de la violence gratuite.

Le Prix du Suspense Psychologique 2017 est largement mérité.

Juriste de formation, Patricia Hespel a travaillé une douzaine d’années dans le secteur notarial. Elle a quitté son activité professionnelle pour tenter l’aventure du roman. Après son premier roman « Duelles », paru en 2011, Patricia Hespel a publié son deuxième livre, « Au bout du chemin » qui a obtenu le Prix du roman Femme actuelle 2013.

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Meurtre sur Oléron – Les mouettes ne se marrent plus de Line Dubief

 

Parution : 2 mars 2017 Editeur : La Geste Collection le Geste Noir – Prix papier :  13,90€ –  Pages : 304 – Genre : Polar

 

En refermant ce livre, un sentiment de plénitude m’a envahi… J’ai passé un excellent moment avec une lecture douce et emprunte de délicatesse, malgré le drame qui est la trame de ce polar digne de ce nom, porté par une maison d’édition qui s’attache à promouvoir la culture entre Loire et Gironde en publiant chaque année une centaine d’ouvrages sur les régions du Centre-Ouest.

Une intrigue simple mais rondement menée dans laquelle on suit l’inspecteur Eustache et le gendarme Oscar qui enquêtent sur le meurtre de Mathieu Rimbaud, fils de l’épicier, retrouvé mort sur la plage de La Brée, sur l’Ile d’Oléron.

La construction narrative imaginée par l’auteur donne du peps au récit, puisque le meurtre est perpétré le 21 juillet et que les chapitres nous ramènent au 16 juillet… Comme un compte un rebours… Qui permet de vivre en fin de compte l’enquête d’une autre façon… Mathieu nous raconte… Se raconte… Jusqu’au jour de sa mort…. Le tout entrecoupé de chapitres ramenant au présent pour permettre au lecteur de suivre le déroulé de l’enquête.

On découvre, Mathieu, passionné, simple, qui vit de petits boulots, fait la fête… Fume un joint de temps en temps… L’archétype du jeune d’aujourd’hui… Pourtant, une chose perturbe Mathieu… Mais lui-même ne comprends pas très bien… Jusqu’au jour où il comprend et ce jour lui sera fatal…

Une lecture tout en fraicheur, subtile écrite avec talent. Les descriptions sont telles que le lecteur arrive très bien à s’imaginer ces paysages décrits par l’auteur, ces odeurs … L’auteur nous fait vivre ces paysages de Charente-Maritime, sans jamais tomber dans des longueurs qui rebuteraient le lecteur.

Le duo d’enquêteurs est excellent et l’humour amène le sourire au lecteur.

Une écriture qui change des polars nordiques et des thrillers que j’affectionne particulièrement.

On suit l’intrigue jusqu’au bout, avec plaisir, avec délectation comme un bonbon qu’on prend le temps de déguster, on déguste ce polar au dénouement inattendu…

Bravo à l’auteur, pour ce premier roman à l’intrigue très bien construite et bien ficelée. Une excellente surprise.

Merci à l’auteur pour sa confiance et sa patience… Je suis très en retard dans mes retours… Mais je n’oublie personne 😉

Née en 1961 en région parisienne, alors qu’elle prépare son bac littéraire, Line Dubief choisit d’interrompre ses études pour voyager. De petits boulots en petits boulots, de contrées en continents, toujours passionnée de lecture, elle finit par s’installer en Franche-Comté. Elle y élève ses deux enfants et reprend le cours de sa formation.  Aujourd’hui, ingénieur d’études à l’université de Franche-Comté, elle partage sa vie entre son travail, ses enfants et petits-enfants, son ami, ses amis, son jardin et bien entendu les livres et, depuis plusieurs années, l’écriture.  Meurtre sur Oléron, est son premier roman.

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La dernière licorne de Tobby Roland

Parution : 24 mai  2017- Editeur : Presses de la cité – Prix papier :  22€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 594 – Genre : Thrillerésotérique


Un thriller ésotérique avec une quatrième de couverture alléchante :

Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.

Et une déclaration en début de lecture qui nous dit que tout est vrai dans ce récit « qu’il s’agisse des témoignages des chercheurs d’arche, de l’énigme scientifique posée par l’anomalie d’Ararat, des révélations sur les animaux unicornes, sur le déluge universel, sur le Livre d’Enoch et les anges. Bien que peu croyables, ces thèses sont défendues en dehors de ce livre, par les scientifiques les plus sérieux jusqu’aux blogueurs les plus farfelus. »

J’aime particulièrement ce genre de roman basés sur des faits réels qui s’appuient sur l’Histoire, et ce qu’elle recèle de mystérieux… J’aime les questions que cela pose et surtout les réponses que l’auteur tente d’apporter… Et quand c’est bien fait c’est un must…

« La dernière Licorne » est basé sur le mythe de l’Arche de Noé et sur celui de la licorne. La licorne, dont l’imaginaire collectif a fait un animal aux pouvoirs qui dépasseraient notre entendement… L’auteur en fait la gardienne d’un secret dont la révélation menacerait l’équilibre de l’humanité…

L’auteur, Tobby Rolland fournit un roman très bien documenté, avec les détails du mythe de l’arche que l’on retrouve dans les trois religions monothéistes mais pas seulement, puisque certaines légendes à travers différentes civilisations aborderaient ce mythe de l’arche et de la licorne… Des preuves seraient disséminées à travers le monde… Il se base aussi sur « l‘anomalie Ararat » découverte en 1840 et repérée en 1949 par des avions de l’armée américaine…

L’auteur nous entraine en en France, avec ce laboratoire scientifique et la glaciologue Cécile Serval qui a pondu le rapport secret de la fonte des glaces… Melbourne où le Parlement mondial des religions évoque un rapport inquiétant : les glaces du mont Ararat fondent…Inexorablement. L’« Anomalie l’Ararat », cette forme détectée au cœur du glacier, est-elle « la » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?… Le Vatican, où nous faisons la connaissance de de Zak Ikabi, ethnologue et aventurier, à la recherche du Livre d’Hénoch. … En Arménie, où des mercenaires s’emparent d’une relique sacrée qui se trouve dans une cathédrale : un fragment de l’arche. C’est le début d’une vague meurtrière… La Turquie et cette fillette kurde, dont la famille est gardienne du mystère de l’Ararat …

Débute une aventure sur les chapeaux de roues… Enfin, c’est rapide certes, mais trop rapide… Au point que les situations sont tirées par les cheveux… Les 200 premières pages se lisent toutes seules, on découvre l’intrigue et puis on a pas le temps de s’ennuyer entre les courses poursuites, les fuites pour échapper aux méchants… Et les méchants qui canardent à tout va…

Seulement voilà, une fois qu’on a lu ça, on aimerait avoir quelque chose à se mettre sous la dent… Une petite révélation… Histoire de ne pas s’ennuyer… Sauf que l’auteur tourne en rond et une fois qu’on a lu les 200 premières pages, on se dit qu’il en reste 394 ! Et là c’est juste l’horreur, car tout devient insupportable et la moindre répétition (Cécile par ci, Cécile par là) devient un vrai supplice avec une seule envie que l’intrigue avance ou que ça se termine, mais c’est long… Long… Au point de devenir soporifique… Le pire a été l’intégration d’une romance entre les deux personnages principaux… Là l’auteur m’a complètement perdu…

La scientifique casse pied, acariâtre, bornée, mais qui se laisse séduire par cet aventurier, personnage bourré de clichés, macho, têtu, vont être irrésistiblement attirés l’un par l’autre et l’auteur ne nous épargne même pas la partie de jambes en l’air dont on ne comprend pas le pourquoi du comment dans ce livre…

J’ai trouvé les clichés grossiers et l’auteur ramène la femme à « soit belle et tais toi »… Son intelligence n’est pas nécessaire, puisque Zak Ikabi ne fait que se moquer d’elle avec une intonation et un style qui frise le ridicule dans les dialogues, lorsqu’il la prend de haut : « mais Cécile…. Voyons Cécile… » Elle a beau avoir un doctorat, elle est présentée comme une femme objet, partiellement idiote qui ne devient passable qu’une fois qu’elle se tait et s’amourache de cet homme, présenté comme l’archétype de la virilité, intelligent, beau comme un dieu et plein d’humour…

Je remercie NetGalley et Les Presses de la Cité de m’avoir permis de découvrir ce livre qui aurait gagné en qualité, si l’auteur avait élagué le superflus, car le postulat de départ aurait aboutit à une intrigue rondement menée, sans tenter de broder pendant près de 400 pages…

Après avoir fait des études en sciences politiques, relations internationales et géopolitique, Tobby Rolland (un nom de plume) devient haut fonctionnaire en poste dans plusieurs ambassades d’Asie centrale et du Moyen-Orient, fonctions qu’il exerce toujours actuellement. A trente ans, alors que, d’une ambassade à une autre, il parcourait l’Afghanistan, la Turquie et le Kurdistan, il rêvait aux aventuriers partis à la recherche de l’arche de Noé. A quarante ans, après avoir lu l’épopée de Gilgamesh, le Mahabharata, le Yi Jing, la Bible, le Coran, Les Métamorphoses d’Ovide et les nombreux récits qui se rapportent à l’arche, il imaginait qu’une seule histoire pourrait réinventer le mythe du Déluge. A cinquante-trois ans, ce haut fonctionnaire signe son premier roman, « La Dernière licorne » (2017).

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Fais-le pour maman de François-Xavier Dillard

Parution : 13 mars 2014 – Editeur : Fleuve éditions – Prix papier : 18,50€ – Prix poche : 6,60€ Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 288 – Genre : Thriller – Thriller psychologique

Une maman solo, au bord de l’épuisement, qui fait un boulot ingrat pour tenter de subvenir aux besoins de sa famille… Deux enfants totalement différents. Une ado, Valérie, révoltée… Un petit garçon, Sébastien, 7 ans, qui vit en observateur des disputes quotidiennes… Un jour tout bascule et Valérie reçoit des coups de couteaux. La mère accuse son fils d’avoir porté les coups… Pour les flics, c’est impossible, Sébastien n’a ni l’âge ni la taille, ni la force, pour faire ce genre de truc… La famille éclate… La mère qui accuse le fils se retrouve en prisons et les enfants sont séparés… Sébastien grandit dans une famille d’accueil et nous le retrouvons 30 ans plus tard, papa de deux petites filles et médecin…

L’auteur use d’une plume incisive et fluide pour entrainer son lecteur dans un récit d’une rare violence, dont les enfants sont les premiers à souffrir. Dont les conséquences sont dévastatrices sur leur construction psychologique dont les répercussions sont parfois dramatiques.

Même si on est bien dans un thriller avec des chapitres courts avec plusieurs rebondissements qui jalonnent le récit, l’auteur entraine le lecteur dans une introspection et cela pour chaque personnage. Ce qui change des enquêtes policières classiques…

Le lecteur sera plongé dans les réflexions de chaque protagoniste, passant tour à tour de la folie à la peur, à l’angoisse, aux questions auxquelles on est confronté, tellement l’auteur arrive à nous retourner le cerveau… Au moment où l’on pense avoir compris, l’auteur nous balance un uppercut et achève de nous perdre pour nous laminer avec un final complètement barge et complètement imprévisible…

Un vrai page-turner, impossible à lâcher, même tard dans la nuit, tellement l’ambiance est glauque et pesante… Que le récit assez court ne fait qu’accentuer, avec une intrigue se lit dans l’urgence, dans l’angoisse et la peur… On aimerait reprendre son souffle pour tenter d’évacuer ce stress qui nous prend dans ses filets… Pour nous recracher complètement abasourdi…

L’auteur nous entraine dans un thriller-psychologique différent de ceux que l’on peut lire, avec des enfants maltraités… La violence conjugale… Sujet, tellement actuel…

Ne vous fiez pas aux apparences…

Né à Paris en 1971, François-Xavier Dillard y vit toujours avec son épouse et ses trois enfants. Après des études de droit et de gestion, il intègre un grand groupe énergétique français au service des Ressources Humaines puis de la Communication où il cultive son goût pour l’écriture et la narration. Son premier roman Un vrai jeu d’enfants a paru au Fleuve Noir en janvier 2012.

 

Challenge polar 2017-2018          –          ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Premier Roman – L’Arménien de Carl Pineau

Parution : 6 décembre 2017 – Auto-édité – Prix Numérique : 2.49€ – Prix Papier : 16,90€ – 311 PagesGenre : Thriller – Polar

Ce livre a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que je vous invite à découvrir Ici ou ici ou encore   🙂

Avec son premier roman, l’auteur, Carl Pineau, fait le pari de nous embraquer dans les années 80, ce qui est très intéressant et je dois dire que de ce côté-là on est servi…. L’ambiance est vraiment palpable et tellement bien retranscrite qu’on s’y croirait.

Une histoire somme toute banale, un caïd des nuits nantaises qui se fait assassiner, cela aurait pu être une histoire simple, sans fioriture qui aurait fait passer un bon moment, sans laisser de souvenir impérissable. Mais l’auteur a un vrai talent et la construction narrative est excellente avec ces flashbacks, permettant peu à peu au lecteur de comprendre pourquoi le personnage principal, Luc, est retrouvé mort ce 22 décembre 1989, deux balles dans la peau, partiellement calciné…

L’auteur a réussi le tour de force de m’entrainer dans cette ambiance sombre du monde de la nuit, avec cette liberté qui prédominait au début des années 80, avec sexe à gogo, sans protection… C’est glauque, c’est cru, c’est noir et tellement bien construit que l’on visualise la drogue, les dealers, les boites de nuit avec ces videurs, bâtis comme des armoires… King Kong, un personnage secondaire archétype des nuits chaudes…

Bertrand, coiffeur et seul véritable ami de Luc., qu’on aime et déteste à la fois, queutard sans vergogne, confronté à la perte de son meilleur ami… Petite frappe des milieux nantais, dealer d’herbe à ses heures, mais avec de l’honneur, car ne veut pas toucher à la drogue dure… Qui fera connaître les endroits les plus mal famés de Nantes à Luca… Il va l’initier au monde de la nuit, comme un grand frère qui guide…

Françoise, psy de Luc depuis son enfance, qui a développé des liens qui peuvent sembler particuliers, mais que l’on arrive à comprendre au fil de la lecture.

La trame est différente de ce que j’ai pu lire jusqu’à aujourd’hui, puisque ce n’est pas réellement un déroulé d’enquête policière que nous suivons, mais la voix de ses amis qui nous font remonter le fil des évènements.

Carl Pineau, propose une intrigue très bien bien ficelée qui peut sembler débuter lentement, mais qui peu à peu entraine le lecteur vers des révélations qui donnent envie de poursuivre la lecture pour comprendre et surtout apprendre à connaitre ces personnages très bien construits, très différents les uns des autres, certains détestables, d’autres attachants… Un langage très crue,parfois vulgaire, qui peut choquer… Mais auquel on se fait très bien puisqu’il cadre parfaitement aux personnages et à l’atmosphère des années 80.

J’ai particulièrement apprécié l’alternance des points de vue et celle alternance entre passé et présent… Même si parfois, il fallait que je m’accroche pour savoir qui parlait … Les indications de temps restent assez floues, certainement voulues par l’auteur pour dérouter son lecteur et l’obliger à se concentrer sur l’intrigue et la construction narrative.

L’auteur parsème son histoire des évènements majeurs des années 80, l’élection de Mitterrand… La chute du mur de Berlin… La découverte du Sida et surtout l’impact que cela va avoir sur les relations sexuelles, la prise de conscience du danger des MST… Mais surtout la transcription de la vie des jeunes de cité et la seule échappatoire qu’ils trouvent en dealant, la place qu’ils ont du mal à se faire sans ces années « touches pas à mon pote » et le racisme auquel ils sont confrontés… En fin de compte, même si les choses ont quelque peu changé… Malgré les années d’écart… Peu des choses ont changé… Dans l’esprit de certaines personnes…

La couverture, faite «maison» présente bien l’ambiance froide et sombre des nuits nantaises dans laquelle le lecteur va plonger.

Pour un premier roman, l’auteur propose un excellent livre, auquel je n’ai trouvé aucun défaut, une plume très bien travaillée et un talent d’écrivain pour le plus grand plaisir des lecteurs amoureux des bons polars.

 

Né en 1966 à Nantes, Carl Pineau commence très tôt à fréquenter la vie nocturne de la ville. Il est encore très jeune lorsqu’une discothèque l’embauche pour animer les soirées. Les lieux cultes nantais deviennent pour lui un univers familier. À 21 ans, il quitte le monde de la nuit et reprend des études. Nantes est sa ville de cœur. Pourtant, en 2009, avec sa femme et ses deux enfants, il décide d’aller voir le monde pour réaliser son rêve d’enfant: écrire.

La famille se fixe d’abord au Québec, où Carl suit les cours de création littéraire de l’université de Laval et entame L’Arménien, et marque le début de la collection Nuits Nantaises.

Depuis 2015, la tribu habite en Thaïlande, où Carl continue d’écrire. Malecón, thriller politico-financier situé entre Paris et Cuba, sortira en 2018. Deux autres polars de la série Nuits Nantaises sont également en rédaction.

Plus d’information sur le blog de l’auteur sur la page Facebook de Carl Pineau et sur son twitter.

Challenge ABC 2017 auto-édition 

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Mon amie Adèle de Sarah Pinborough

 

Parution : 24 août 2017 – Éditions PréludesPrix papier : 16,90€ – Prix Numérique : 11,99€ – Pages : 448 – Genre : Thriller-Psychologique – Fantastique – Suspense

 

Un excellent page-turner qui ne laissera aucun lecteur indifférent… Un thriller-psycho-fantastique qui accroche le lecteur, tant par sa construction narrative que par son intrigue atypique.

Le tout commence comme un thriller psychologique classique, peu à peu l’auteur tisse les liens entre les personnages… Ces liens sont étranges, ce huis clos complètement atypique, va se fondre dans un thriller machiavélique, avec un triangle amoureux qui laisse entrevoir des relations bien tordues…

Tordues… J’aime ces relations qui reflètent ce qu’un être humain peut être amené à faire par amour… Par peur de perdre l’être aimé… Faire de son ennemie sa meilleure amie… Quelle drôle d’idée… Et pourtant l’auteur réussi le pari d’embrouiller le lecteur, au point parfois qu’il se demandera s’il ne s’est pas perdu dans les méandres de la folie… Mai qui est le plus fou des trois…

L’auteur sème le doute, en nous entrainant dans la tête des personnages, avec des chapitres courts qui sont tour à tour l’esprit de Louise et celui d’Adèle…

Adèle est LE personnage le plus intéressant, le plus abouti, dont la création a certainement demandé un travail important. J’ai adoré plongé dans son esprit et les chapitres la concernant sont des bijoux tellement la psychologie et la manipulation sont abordées avec finesse.

L’auteur, nous embraque dans une excellente intrigue, dans laquelle le lecteur pense tout comprendre, pense enfin avoir les réponses à ses questions que l’on n’ose poser de peur d’avoir compris trop tôt… Mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur qui nous retourne complètement le cerveau, en nous entrainant sur une autre piste…

Au-delà du thriller et du côté fantastique que l’auteur arrive à donner, c’est une lecture qui fait écho à l’infidélité,  qui montre l’obsession qu’elle peut entrainer lorsque l’on vit l’infidélité… C’est la marque au fer rouge qu’elle entraine, c’est la folie dans laquelle on peut facilement basculer, c’est toutes ces questions que l’on va se poser sur le pourquoi, le comment au point que la folie pointe le bout de son nez… Qui n’a pas été trompé et ne s’est pas posé ces questions ?

« Je pense au fait que celui ou celle qui est trompé reste dans l’ignorance et que, si on y réfléchit bien, la vie des gens n’est en général qu’un empilage de secrets et de mensonges. Sous la peau, on ne peut jamais véritablement voir qui est l’autre. »

Je remercie les éditions Préludes pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre atypique et addictif.

 

Sarah Pinborough est scénariste pour la BBC et écrit également pour les adolescents. En 2009, elle remporte le British Fantasy Award dans la catégorie Meilleure nouvelle, et en 2014 dans la catégorie Meilleure novella. L’auteure signe avec Mon amie Adèle son premier thriller, numéro 1 des ventes dès sa sortie dans le Sunday Times et en cours de traduction dans une quinzaine de pays.

 

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