Archives pour la catégorie Les avis

Sans raison… de Mehdy Brunet

 

 

 

 

 

Parution : 27 avril 2015 – Taurnada Editions – Prix Numérique : 4,99€ – Prix papier : 9,99€ –  Pages : 274

Que ferions-nous si notre vie basculait ? En un claquement de doigt ? Peut-être comme Josey et son père… Parfois la vengeance est la seule possibilité que nous entrevoyons …

« Au fur et à mesure que les cercueils s’enfoncent dans la terre, ce sont des morceaux de mon âme qui disparaissent avec elles et le bruit sourd de la plaque de marbre qui glisse sur l’ouverture pour les enfermer à jamais, finit d’aspirer la part d’humanité qu’il me restait. »

Josey, qui vient de perdre sa femme et sa fille dans des circonstances dramatiques,  décide de se venger et de partir à la recherche des sales types… Un périple à travers la France… Mais pas seulement… Il va se transformer, va muter en un monstre sanguinaire… Un monstre froid… Le temps de la vengeance…

C’est une vengeance qui se décide en famille, en famille on décide de se faire justice… La justice semblant faillible et trop clémente avec les crapules… Une famille unie pour le meilleure et pour le pire…

« Je vais les buter papa ! Et ils vont souffrir. »

L’auteur, nous balance les scènes d’une rare violence, mais on y revient… Il nous balance les ressentis des uns et des autres dans un style sans fioritures et sans blablas… On va directement, là où il nous mène, sur les chapeaux de roues, avec des mots justes, percutants…

Les scènes de viols, de séquestrations, de tortures sont décrites avec talent. Comme un film qui se déroule sous nos yeux, la violence est telle que la lecture se fait parfois en apnée.

« Ils ont tué des membres de ta famille, des membres de notre famille et ils doivent souffrir pour ça. Mais

nous ne parlons pas seulement de vengeance, nous parlons aussi de meurtres ! Tu devras vivre avec du sang sur les mains était nuit seront hantées par les cadavres de ses hommes. Après ça, il te faudra vivre caché pour le restant de tes jours.

– Ce n’est pas être meurtrier que de faire disparaître ces monstres de la surface de la terre ! »

Quand à la fin, j’ai trouvé qu’elle était amenée trop vite… Elle aurait pu être plus longue, surtout qu’elle a un impact sur tout le déroulé et la raison du livre…

Sans raison est un bon thriller qui ne se perd pas en tergiversations, puisque dès le départ, on sait que la vengeance sera au cœur du récit.

Cette histoire amène nécessairement une réflexion sur notre possibilité ou non de basculer… Comment la douleur peut nous transformer… Tout à chacun peut « péter un câble » et vouloir tuer à celui ou celle qui a fait le plus mal…

Je remercie Joël des éditions Taurnada pour sa confiance et l’envoie de ce livre.

Challenge polar 2017-2018 – ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Karma de Jean-Charles Flamion

 

 

 

Parution : 27 mai 2017 – Édition : Séma Editions – Prix Numérique : 2,99€ – Prix papier :  10€ –  Pages : 88

Un livre bien étrange mais qui amène une réflexion intéressante sur le devenir de l’âme humaine ! 

Pour peu que les histoires de Karmas, résurrections, vies antérieures vous parlent, ce livre est fait pour vous.

Le lecteur est invité à suivre les tribulations d’une âme à travers ses nouvelles vies et je dois dire que même si le début était déstabilisant, je me suis trouvée entraînée dans l’aventure de plusieurs vies.

Le tout est parsemé de références historiques puisque les époques et les renaissances différents. … Avec une belle écriture, malgré quelques longueurs métaphysiques dont je ne suis pas fane, parfois même poétique à l’image d’une histoire racontée par un chaman, un guide spirituel… 

Jalonné de leçons de vies, point moralisatrices mais comme un fil conducteur qui pousse à la réflexion…

Ça se lit vite, bien et sans aucune prise de tête, malgré un thème qui saurait pu entraîner l’auteur dans la facilité d’un énième livre sur le sujet ! 

Je remercie Séma Édition pour sa confiance et ce partenariat. L’auteur a su m’entraîner dans une lecture atypique pas désagréable, qui pousse à la réflexion et une certaine introspection est nécessaire pour comprendre ce qu’il a souhaité transmettre…

Une lecture à la réflexion spirituelle parsemée de plusieurs vies, enrichissante.

Jean-Charles Flamion a quinze ans lorsqu’il publie sa première nouvelle dans un magazine spécialisé dans le polar. Au fil des lectures, ses goûts évoluent vers le fantastique. Il trouve son inspiration chez H.P. Lovecraft, Richard Matheson, Dean Koontz, Stephen King et Serge Brussolo. Auteur de quatre titres publiés par un éditeur local puis grâce à internet, il aime jouer avec l’interdit, les faiblesses et l’ambivalence de l’esprit humain. Son roman Les derniers jours d’Octobre a été étudié par les lycéens mosellans de Bitche en 2005 et 2006. Après une expérience journalistique comme correspondant au Républicain Lorrain entre 1995 et 1997, il reste proche de sa région d’origine et travaille aujourd’hui au Luxembourg.

Bibliographie 

Annabelle, avril 2015 – SMS, mai 2014 Maudit Christ, 1999 – Portraits polychromes (nouvelles), 2001 – Les derniers jours d’Octobre, 2004 – L’île interdite, 2006

Viktor de Nicolas Elie

 

 

Parution : 29 mars 2017 – Édition : ÉvidenceCollection  I-Mage-In-Air

Pages : 400 – Genre : thriller psychologique – fantastique

J’ai été attirée par cette couverture, étrange et surnaturelle… C’est seulement après que j’ai découvert son résumé !

Tout est réuni pour entraîner le lecteur dans une histoire bien glauque ! Viktor est un tueur, un vrai, un tueur dans l’âme qui vit les choses avec ses tripes. Mais un tueur avec des capacités intellectuelles hors normes !

On a parfois du mal à déceler le vrai du faux…. Viktor est habité par une âme ancestrale, une âme à l’âge indéfinissable. … il est habité par le goût du sang…. mais attention il ne tue que ceux qu’il pense devoir éradiquer de la surface de la terre qu’ils salissent par leur présence….

L’auteur, nous embarqué dans un récit qui change… un récit rarement abordé. … on frôle par moment le fantastique… mais c’est tellement étrange qu’on se demande si Viktor n’a pas des capacités de suggestions, même sur nous simple lecteur… simple spectateur…

Je n’ai jamais mis autant de temps à lire un livre aussi court…. Autant l’auteur m’a conquise avec l’histoire de Viktor, autant il m’a perdu avec son choix d’écriture ! Je n’ai pas compris la disparition des négations ! Mais pourquoi ? Pourquoi ce choix ? Pourquoi avoir allourdi un style qui est bon par cette absence ?

Je reste dubitative et frustrée ! Oui frustrée de constater que Viktor aurait pu être un petit bijou, mais qu’en fin de compte il restera entaché de cette absence linguistique qui donne tout son sens à une lecture et la rend fluide !

Je ressors de cette lecture comme vidée de mon énergie, à force d’avoir été coupée dans mon élan de lecture !

J’aurai compris ce choix, pour Viktor enfant, et encore… vu son intelligence…. j’aurai compris pour les proxénètes… mais impossible d’imaginer un psychologue, un directeur de banque, un directeur de grand hôtel faire des phrases sans négations !

En conclusion, un très bon livre avec une histoire bien travaillée mais l’absence de la négation allourdie et gêne la lecture en la rendant moins fluide. Après avoir contacté l’auteur, pour tenter de comprendre… Il présente ce choix comme déterminé par l’usage du langage parlé… Je dois dire que je n’adhère pas…

Malgré tout, j’ai hâte de relire l’auteur, s’il ne fait pas abstraction des négations, car si ses livres, sont de la qualité de « Viktor » au niveau de l’intrigue, c’est un grand écrivain de thrillers que voilà.

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challenge un pavé par mois challenge-un-pave-par-mois

 

Je suis un tueur humaniste de David Zaoui

 

 

Parution : 25 novembre 2016

Édition : Paul & Mike Collection P&M-ROMANS

Pages : 240 – Genre : Thriller psychologique

Babinsky, Babinsky !

« Une ville a besoin qu’on la débarrasse de ses poubelles, de ses ordures et déchets. L’humanité aussi. Je tente d’être utile au monde à ma façon. J’ai une éthique. Je suis un tueur humaniste. »

Comment te détester ? Comment ne pas t’aimer ? Comment un tueur peut-il être aussi attachant ?

Tu as un don du ciel, tu vises et tires comme un dieu. Un professionnel du crime te repère, t’adopte et tu deviens, malgré toi, un tueur à gages.

Mais tu as du cœur !

OK…Tu veux bien être un tueur… Mais tu veux faire les choses bien… Tu veux y mettre du tien… Ton point d’honneur : rendre heureuses tes futures victimes avant de les tuer.

Tu es un tueur ! Mais un tueur qui ne veut pas être tueur ….

Tu « tombes » dans ce milieux par le hasard d’un don qui attire ! Un don précieux qui aurait pu te mener vers la gloire et te mettre dans la lumière. Au lieu de ça, tu vivras dans l’ombre et tu seras entraîné dans les bas fonds !

Pas les bas fonds comme on s’imagine ! Non ! Car ton métier t’a mis à l’abri du besoin… Tu ne travailles pas… Enfin pas comme moi… ! Pour cela, tu dois exécuter…. tes contrats…. mais tu décide de le faire à ta manière ! Belle, tout en douceur et plein d’humanité !

« Je connaissais des tueurs, comme moi, mais, habités par une absence totale de morale, eux ne pensaient qu’à la thune, aux pompes, aux bagnoles puis aux montres qui valent une fortune ! Moi, je m’en tapais royalement, de tout ça. J’étais certes un tueur, mais un tueur éclairé, un mortel en devenir, doté d’une conscience et d’une grande sensibilité. « 

Jusqu’au jour où tu tombes sur un type impossible à rendre heureux, un emmerdeur… ! Un cas de conscience ! Un qui va te pousser à te poser des questions…

« — Pour aimer les autres, faut s’aimer soi-même…
— J’arrive à aimer les autres, bien que je ne m’aime pas
vraiment… mais… l’amour que je donne aux autres se
termine toujours mal… »

Comment un tueur devient attachant ? Lisez ce petit bijou qui vous fera sourire à plusieurs reprises et vous renverra même à vos propres travers !

« Affligé, j’ai zappé en regardant toutes ces publicités où l’on cherche à vous vendre agressivement des tas de choses inutiles. J’ai écouté les commentaires de jeunes écervelés de télé-réalité baragouiner dans un verbe tristement pauvre et je me suis surpris à penser que nous vivions l’époque la plus superficielle de l’histoire de l’humanité. Une époque où des forces puissantes soutenues par des moyens colossaux s’activaient en permanence. Il fallait écraser l’intellect afin de le remplacer par une sottise abjecte. L’ultime objectif était celui de nous transformer en machines à dépenser, à nous éduquer à une sorte de réflexe pavlovien de la conso. Quand je pensais à tous ces réseaux sociaux d’où chacun vomissait sa haine et son avis sur le monde, confortablement avachis dans leur quotidien, aveugles aux réalités économiques, j’étais désespéré. Ils aboyaient et la connexion passait. »

Un style franc et direct, donne à cette lecture atypique un rythme chantant et poétique ! Un tueur philosophe à ses heures… Qui aime les livres, la musique classique…

De l’humour à foison. Un humour noir, cynique que j’ai particulièrement apprécié.

« — J’ne veux pas tuer d’animaux ! martelai-je.
— Mais tu vas tuer aucun animal, calme-toi Babinsky, me fit Cyrus le gros devant ses deux comparses qui tenaient leur fusil contre leur poitrine.
— Bah alors, quoi ?
— On va simplement chasser, pour becter tout ça, ce soir.
— Manger des volailles pleines de plomb ?
Cyrus le gros me prit en aparté.
— Babinsky, ne me fais pas honte devant mes amis !
— Je ne tuerai aucun bestiau !
— Il faut juste que tu leur montres comment tu tires, merde !
— Pour quoi faire ?
— Parce que quand tu tiens une arme à feu dans ta main, c’est comme si Dieu avait un flingue !
— Moi, je veux pas tirer sur des proies innocentes !
— Mais Babinsky ! Tu manges bien de la viande et du poisson, non ? Et tu crois qu’ils arrivent comment dans ta putain d’assiette ?
— Je les vois pas souffrir.
— Ça change quoi ?
— Ça change tout.
— Mais qu’est-ce que ça peut te foutre, la souffrance
d’un écureuil, bordel ?! »

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David Zaoui né en 1977 en banlieue parisienne, a travaillé comme réalisateur et producteur dans le cinéma pendant plusieurs années aux USA. Il a beaucoup voyagé, suivi le cours Florent pendant 4 ans où a découvert la mise en scène et le métier de comédien. Il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

les survivants d’Aglot de Delphine Biaussat

 

 

Parution : 17 mai 2017 – Édition : ÉvidenceCollection  I-Mage-In-Air

Pages : 128 – Genre : fantastique

Proposé par les éditions Evidence « Les survivants d’Aglot » de Delphine Biaussat nous entraîne vers une catastrophe à la suite de laquelle les morts se relèvent ! L’histoire débute avec un duo atypique, Anthony, nouveau gardien à la prison de la ville et Émilie, l’une des détenues, vont devoir coopérer pour survivre.

Ceux qui me suivent, savent que je suis assez friande de lecture de ce genre et les zombies m’attirent comme un aimant ! Et je dois dire que cette couverture m’a intrigué. Le thème des zombies est un thème largement utilisé ces dernières années, ce qui va faire la différence, c’est la plume de l’auteur et comment il a décidé de le traiter !

Pour le coup, Delphine Biaussat, présente une idée somme toute, originale tout en ancrant le récit dans notre temps ! Ici point de manipulation génétique ou de fuite de virus… Ce qui donne un côté fantastique au récit…

Pour une fois, les zombies, ne riment pas avec survies… Mais avec Pourquoi ??? Enfin si, nos héros devront survivre pour trouver LA réponse ? Ils vont essayer de comprendre, de trouver une solution, plutôt que de trouver une nouvelle façon de vivre.

Un récit court, qui embarque facilement le lecteur avec des personnages bien campés. Malgré leur incompréhension des évènements, leur personnalité va s’étoffer au fur et à mesure des découvertes.

Un roman pas tout à fait abouti et qui laisse le lecteur sur sa faim. Une écriture simple, un peu familière, mais néanmoins agréable.

L’auteur, Delphine Biaussat, présente une lecture originale et revisite le genre et ce n’est pas pour me déplaire, même si je reste une grande fan de l’hémoglobine des zombies…

Vers onze ans, elle s’est lancée dans deux histoires, juste pour le plaisir, dont une enquête policière. Ses études l’ont tenu éloigné de l’écriture et au fil des ans, l’envie de reprendre sa plume la titillait.  Depuis deux-trois ans, Elle se laisse complètement aller et a des projets d’écriture plein la tête. « Meurtre au manoir des fées » (2015) est son premier roman.

Intelligences de Jean-Luc Espinasse

Parution : 5 mai 2017Édition : IS Editions Collection Asiclarow 

Pages : 240 – Genre : science fiction, anticipation

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un livre de science fiction et pour le coup, j’étais curieuse de découvrir « Intelligences » de Jean-Luc Espinasse, proposé par IS Edition

L’auteur nous entraîne dans une lecture peu commune, qui n’est pas sans rappeler « les âmes vagabondes » de Stéphanie Meyer, publié en 2009 et qui a fait l’objet d’un téléfilm. Le parallèle s’arrête aux entités immatérielles qui décident d’entrer dans l’esprit de l’être humain.

Une très belle construction dans le récit, avec cet « Intelligence » totalement immatérielle, qui traverse l’univers en quête d’un nouvel endroit où implanter une colonie, pour assurer pacifiquement sa survie. La planète Terre sera son refuge, puisqu’elle y perçoit une forme de vie. Elle met fin à son voyage et échoue au cœur de la cité « Hautefort » à Marseille.

C’est le début d’une rencontre peu commune entre l’esprit de Tom, un jeune attardé mental qui subit les violences et brimades et l’Intelligence, qui va s’immiscer dans l’enveloppe corporelle de Tom, son unique chance pour se développer et survivre dans un monde fait de matérialité dont elle ignore tout. Cette « immersion » va peu à peu faire disparaître la maladie de Tom, décupler ses capacités intellectuelles et permettre à l’entité d’assurer la survie des siens.

« Zedi l’avait perçue… Une intelligence faible… incroyablement ténue. Plus tard, lorsqu’elle se fût familiarisée avec les objets de notre monde, elle compara ce qu’elle avait décelé à cet instant à la flamme fragile et tremblotante d’une allumette. Mais mieux, il y avait encore autre chose… une seconde Intelligence qui semblait presque fusionnée à la première… ou en tout cas dépendante… encore plus chétive… à peine un souffle. »

C’est le début de la vie pour Tom… Le début de la découverte de la nature humaine par l’Intelligence…

Tom va s’ouvrir à la vie, comme une fleur qui découvre qu’elle peut s’épanouir… Sa soif de connaissances en fera un être doué et un être à part, avec des capacités décuplées grâce à « Zedi« 

Jean-Luc Espinasse aborde plusieurs thème dans un livre court, mais d’une densité incroyable ! 240 pages qu’on avale, qu’on dévore, tellement c’est passionnant…

A travers ce récit, l’auteur nous pousse à la réflexion, avec des analyses plus philosophiques, politiques sur l’évolution de notre monde tel qu’il est aujourd’hui. Cette « immersion » va mettre en avant la nature humaine et ses mauvais côtés… ses dysfonctionnements et c’est criant de vérité… C’est réaliste, car l’auteur se sert de l’actualité comme trame de cette « invasion »…

« Les modèles de pseudo-démocratie que vous connaissez ne sont-ils pas en réalité des simulacres ? Des illusions de démocratie dont les bases sont précisément construites sur une pensée unique relayée par les médias qui paralysent l’analyse et la liberté de penser ? »

Chaque personnage a une place et s’imbrique dans le récit sans jamais être de trop.

Ahmed, représente le gamin de cité désœuvré mais pas mauvais, qui ne sait pas quoi faire de ses journées, va se trouver transfigurer par la rencontre avec Tom, sa bonne volonté, l’envie de faire quelque chose de bien, le pousseront à être meilleur… Il représente ce qu’il y a de bon dans ces cités…

Farid, son frère est tout son opposé, il en veut au monde entier, il cherche des coupables à son mal être et ne se remet jamais en question… Il est manipulé et manipulable à souhait… Comme ces jeunes fatalistes qui se laissent avaler par la vie de la cité parce que c’est plus facile que de s’en sortir…

Djamila, leur sœur, représente la réussite de ces familles issues de l’immigration, elle ne lâche rien et a soif de réussite, tout en représentant la condition des femmes soumises aux diktats des hommes…

« Tom croisait souvent ces jeunes, nombreux à défier les statistiques de l’échec et à carburer à l’enthousiasme. Ces rencontres avaient modifiés sa vision des habitants de la cité et l’avaient conforté dans l’idée que Hautefort conservait l’espoir d’un futur. Il restait des chômeurs, bien sûr, mais pour essayer de s’en sortir, tous s’activaient dans une économie souterraine foisonnante…. »

A travers un récit de science fiction, l’auteur nous entraine dans une histoire qui colle à notre réalité, qui colle à notre société avec ses travers et  tout ce qu’elle peut nous montrer de mauvais.

La nature humaine est ainsi faite, qu’elle pervertie tout, même ce qu’il y a de plus noble et de plus pur…

Le final un brin fataliste porte un regard sur l’être humain qui n’est pas tendre. Un être humain qui perverti, un être humain qui peut malgré tout être l’artisan de sa réussite et qui a les armes de sa réussite, comme celle de sa fin…

« …Emile Durkheim, un sociologue français du 19ème siècle, qui employa le premier le mot « anomie » dans son livre « le suicide ». Il l’utilisa pour décrire une situation sociale entraînée par la perte de valeurs morales, religieuses, civiques…et le sentiment associé d’aliénation et d’irrésolution. Le recul des valeurs conduit toujours à la destruction et à la diminution de l’ordre social. Lorsque les lois et les règles ne peuvent plus garantir la régulation sociale, cet état amène l’individu à la peur et à l’insatisfaction… Ce qui peut conduire au suicide »

Une très belle lecture, qui à travers un récit de science fiction, aborde les thèmes d’actualité qui nous préoccupe tous et qui donne des solutions sur un possible devenir, des changements possibles, que l’homme pourrait atteindre par sa seule volonté d’abandonner l’individualisme et de penser au groupe et cela quelque soit son origine… J’ai eu le plaisir de replonger dans mes connaissances en économie, de retrouver des idées oubliées…

Après une carrière dans la publicité et la presse quotidienne en tant que Directeur Marketing, il décide de s’adonner à sa passion puisqu’il a déjà publié 3 romans par le passé.

Cet écrivain basé à Marseille publie chez IS Edition son quatrième ouvrage « L’Accident – Aux confins de l’Indicible », un livre énigmatique, ésotérique et surtout très angoissant dont il a le secret.

 

Enragés de Pierre Gaulon

 

 

Parution : 13 mai 2015 – Édition : Fleur sauvage Prix  broché : 16.80€

Pages : 240 – Genre : Thriller psychologique – Suspense

Les livres parlant de zombies m’attirent invariablement, comme un aimant ! C’est pour moi gage de passer un bon moment horrifique, gore et en général la sauce prend bien !

Enragés de Pierre Gaulon, ne déroge pas à ma règle… J’ai découvert l’auteur grâce à la campagne « fleur sauvage ne fanera pas » et j’en suis ravie.

Tout tourne autour de Louis et Lucas, complètement différents et qui ne se connaissent pas ! Leur seul point commun avoir survécu dans ce monde apocalyptique…

Louis, est très tôt mis devant un fait qui semble anodin au départ, un SDF qu’il est habitué à croiser a décidé de le mordre.

Lucas, assiste à une bagarre étrange mais ne s’attarde pas, trop préoccupé par sa nuit à venir en compagnie d’une jeune femme.

Ces deux personnages vont peu à peu prendre conscience du nouveau monde qui les entoure…

Le récit alterne entre les deux points de vus, jusqu’à ce que ces deux survivants se rencontrent….

Louis m’a énervé, je l’ai trouvé trop mou… Et Lucas, même s’il a un côté malsain, reflète pour moi l’être humain tel qu’il serait en cas de catastrophe ! Certainement pas gentil ! Bizarrement je me suis plus attachée à Lucas, alors que Louis est un gentil gars, qui découvre l’horreur et n’a pas un gramme de méchanceté, Lucas se révèle et devient ce qu’il a toujours été…

Louis reflète parfaitement, l’être humain lambda : il s’enferme chez lui, s’inquiète pour sa famille, a peur et ne sort que lorsqu’il y est finalement obligé, pour pouvoir se nourrir.

« Cet isolement forcé lui fit prendre conscience qu’il avait passé la majorité de sa vie enfermé, comme la plupart des gens. Une routine de l’emprisonnement volontaire devenue inconsciente. »

Lucas, est plus dans l’action : il a une arme qu’il n’ pas peur d’utiliser, vu qu’il pratique le tir à haut niveau, il possède un port d’arme. L’auteur par un tour de passe passe très crédible permet à ce personnage d’avoir une arme légalement.

Ces deux personnages sont assez réalistes en fin de compte et représentent, ce que chacun de nous, pourrait faire… Ou être… Deux héros, chacun s’adaptant à son rythme et qui ne sont pas déshumanisés par une adaptation trop rapide au monde des morts…

L’intrigue tarde à se mettre en place, j’ai trouvé que l’on tournait trop dans le descriptif et j’attendais que l’on entre dans le vif du sujet, le sang, le déchiquetage, l’horreur quoi ! C’est ce que j’attends d’un livres sur les zombies qu’il me fasse bader ! Bon en même temps il m’en faut beaucoup…

Le fait d’avoir tardé dans les méandres de Louis, dans ses tergiversations, j’y vais, j’y vais pas, m’a donné envie de le pousser dans le vif et qu’il se réveille, une envie de le secouer et de lui dire « eh mec réveille toi, la seule solution est devant toi et pas ce trou à rat »

« L’enfer ne sera pas complet avant que vous n’y soyez. »

J’ai beaucoup plus aimé la seconde partie où l’idée d’une contamination générale fait son chemin et là l’auteur a réussi à me repêcher, avant une noyade certaine ! L’idée est vraiment bonne, bien amenée.

Du coup, j’ai regretté que l’auteur ne développe pas plus cette partie, trop courte à mon goût.

Pour conclure, malgré un avis mitigé, c’est un roman plaisant à lire, l’idée de l’origine de cette épidémie est très intéressante et ça vaut le coup de le lire.

Si vous aimez les zombies, mais que le gore vous rebute Enragés est fait pour vous.

Après des études de lettres modernes spécialisées dans la littérature fantastique, et une expérience de professeur de français, Pierre Gaulon rédige son premier roman « La Mort en Rouge » (2014) qui finira finaliste de plusieurs prix littéraires. Son deuxième livre, « Noir Ego », se verra récompensé par le prix  » La ruche des mots 2015″ catégorie thriller. Avec « Blizzard » (2015), il signe une trilogie inspirée de ses lectures de jeunesse.

Une si jolie maison de Cassandra Bouclé

Parution : 26 mai 2017 – Édition : RroyzzEdition Prix  broché : 18€

Pages : 274  – Genre : Thriller horrifique

L’auteur présente avec « une si jolie maison » une histoire qui tient plutôt d’un bon thriller horrifique que de l’épouvante. Étant férue de de ce genre de littérature, je sais qu’il m’en faut beaucoup pour avoir peur ! Mais cela ne remet en rien le talent de narration de l’auteur, ni la construction du livre.

On est plongé dans la vie d’une famille aisée, qui s’installe dans une nouvelle maison. La mère souhaite rompre la routine qui s’est installée depuis huit ans. Elle décide de chercher son rêve, près de Chinon ou Saumur, dans un village, avec une petite rivière et un beau terrain pour les enfants. Elle tombe littéralement amoureuse de cette bâtisse dans laquelle toute la famille va s’installer dès l’été.

Qui dit changement de maison, dit changement de vie … L’ainée, 10 ans, est propulsée dans une nouvelle école, le petit frère qui va fêter ses 4 ans, ne semble pas scolarisé et reste avec sa mère. Le papa très accaparé par son travail, n’est pas souvent présent, mais les liens sont forts et c’est une famille unie, qui a trouvé un équilibre parfait.

Quoi de mieux qu’un journal intime pour relater ce changement de vie ?

La tension monte peu à peu, mais sans étouffer le lecteur, qui se trouve plonger dans un huis clos. La maison serait hantée, un père qui ne dort plus, qui se met à boire… Une mère larguée qu’on imagine devenir dépressive…. Un enfant qui veut tout arranger… Et un enfant cible du mal… Ça ne vous rappel rien ? Oui, vous l’avez compris Stephen King est parmi nous…

Au départ, j’ai été déstabilisée par la tenue de ce journal intime. Enfin je m’explique, j’aime l’idée, mais le livre présente la journée racontée une fois par la mère et une fois par la fille, Camilla. Ainsi la narration présente deux personnes très différente sur le même jour. J’ai cru au départ que mère fille partageaient leur journal ! Mais en fin de compte on s’y fait très bien et j’ai trouvé cela très intéressant de visualiser les deux points de vue simultanément et j’ai bien vite compris que mère/fille ne partageaient pas leur journal…

Je regrette néanmoins que les différentes voix ne soient pas plus marquées, car lorsque certaines voix sont maléfiques on s’y perd et je trouve que cela perd de crédibilité dans le récit !

Malgré ces défauts, on lit avec plaisir, mais sans être oppressé par le Mal, que je n’ai pas trouvé si présent (encore une fois cela concerne mon ressenti, férue d’horreur, il m’en faut beaucoup) on ent bien que quelque chose ronge cette famille, mais cela semble une dépression… Tout est larvé…

Je me disais que cela allait finir en apothéose, malheureusement la fin est trop rapide, brutale et sans explications ou réelle confrontation…

Quitte à être trash, j’aurais souhaité que l’auteur le soit plus…

Malgré ces petits défaut, cette lecture a été agréable, un style franc et direct sans fioriture. Une plume intéressante qui ne peut que s’améliorer si l’auteur veut continuer dans ce genre horrifique.

Cassandra écrit des petites nouvelles depuis l’âge de 9 ans, mais elle a véritablement commencé à créer des romans vers 13 ans.
L’auteur qui l’inspire encore aujourd’hui est Stephen King, ainsi que K. A. Applegate, le créateur de la série « Animorphs » qu’elle a dévorée durant son adolescence.

Elle est titulaire dans B.T.S. Gestion et protection de la nature. De plus, elle travaille en collaboration avec une association de sauvegarde des animaux sauvages de la région Centre.

Bien sûr, sa passion ne s’arrête pas là. Elle adore également tout ce qui touche à l’art, comme le dessin, la peinture, ou encore la photographie. Son objectif serait de pouvoir toucher à toutes les formes d’arts existants au monde.0

Enquête aux Volets Bleus de Kate Oliver

Parution : 26 mai 2017

Édition : IS Editions Collection Romans Prix  broché : 14€

Pages : 144  – Genre : Thriller psychologique – Suspense

Un livre très frais, emprunt de cynisme et d’humour !

 » ai-je commis quelque crime pour être emprisonnée contre mon gré ? C’est vrai que parfois, j’ai tendance à  » m’oublier  » lors de fous rires mémorables. Et alors ? Je ne suis pas incontinente pour autant !  »

J’ai été touchée et très émue par Rosetta Bancale placée contre son gré en maison de retraite par sa fille unique pour un début d’Alzheimer. 

Bein oui c’est la merde Alzheimer ! Mais sa fille a sa vie…

 » Et toi ma fille chérie, mon bébé d’amour, j’ai passé tant de nuits blanches à veiller sur ton sommeil, à te consoler, à te bercer, toi pour qui j’ai sacrifié ma vie de femme. Je t’ai tant aimé… Tu te souviens ?

Un livre qui parle du ressenti d’être « abandonnée » dans une maison de retraite alors que tu pense que tes enfants seront présents dans ta vieillesse comme tu t’es occupé d’eux enfants…

Un livre plein de vie et de joie de vie ! Rosetta ressemble à ce que nous pourrions être : une dame bien vivante malgré ses 70 ans et toute sa tête ! Bein oui ! Espiègle à souhait, marrante au point de te faire rire, elle intègre un groupe de six « résistants » pratiquement abandonnés par leurs familles, mais à l’aise financièrement. Leur devise : rire, boire et bien manger, malgré les restrictions de l’établissement.

 » Apparemment, Annette s’est vite lassée ou plutôt, elle a flairé le bon filon : proposer ses services à des pensionnaires fortunés qui une bourse bien garnie -au sens propre, la bourse. Auriez-vous l’esprit mal tourné ? « 

Ce petit groupe dont on va suivre le quotidien, va transgresser les règles établies, se moquer avec délice du personnel ! 

 » dans mon groupe ne sont admis que ceux qui aiment rigoler, les farceurs et les déconneurs, car les adeptes du tea time ont le même esprit étriqué que leur tasse à fleurs roses : tronches du cake qui va avec et sourire en coin « 

Un livre qui parle de tout sans tabous ! Un livre qui te balance un hymne à la vie ! Un livre qui te dit que même si tu crois ta fin proche il te faut te délecter et rire chaque minute qu’il te reste !

 » Maudy ne se parfume pas – hormis une savonnette à la lavande – ne se pomponne pas – pour qui au fond ? – Et ne lit jamais. Or, chacun sait que lire, c’est vivre plusieurs vies à la fois. Des fleurs ? Ça dure pas. Des chocolats ? Elle est déjà assez constipée comme ça ! « 

Doutiez vous que la vie peut vous apporter du bonheur ? Doutiez vous que en vieillissant on pouvait tomber amoureux, avoir le palpitant qui cogne tellement que vous risqueriez de passer l’arme à gauche ? Pensiez-vous que le fait d’être vieux vous prémunissait de la douleur,  des arnaqueurs, des mauvaises humeurs du personnel que vous pensiez Amour ? 

Laissez tomber tout vos préjugés sur les vieux et leur vie ! Avec Kate Oliver vous embarquez pour un voyage initiatique au cœur des « volets bleus ».

Un livre tout en pudeur, bourré d’humour où tout les clichés deviennent vrais ! Une plume qui vous embarque avec brio et vous entraîne dans la vie de ce groupe au point de que vous en faite partie ! Au point que les blagues et coups bas pourraient être les vôtres ! 

 » un paquet de chamallow – ça colle un peu aux dents mais c’est pas comme le caramel mous, aucun risque de desceller nos prothèses dentaires  »

Kate Oliver offre une palette d’émotion à son lecteur.

Dommage que la quatrième de couverture en dise trop. Et puis le mot « enquête » est exagéré même si elle existe, ne vous attendez pas à un thriller, mais à passer un bon moment drôle et tendre.

Une leçon sur le devenir et de ce que nous serions prêts à faire ou voudrions faire ! 

Comment serais-je avec mes parents ? Comment serons mes enfants avec moi ?

Des questions existentielles posées avec justesse, amour et empathie !

Merci pour ce roman, je me suis régalée !

 » Je suis une rebelle ? Et mon poing sur ton nez, il est rebelle ? « 

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ABC 2017 _ Policier / Thriller capture

Dotée d’une imagination incroyable, son goût pour la littérature historique, les voyages et les contes fantastiques l’ont conduite à écrire son premier roman, « Le fils du Diable est un Ange ».

Un récit fantastique publié chez IS Edition dans la collection « SF & Fantasy ».

A l’ombre du Baron de Fabienne Josaphat

 

 

 

 

 

 

 

Parution : 15 mars 2017

ÉditionCalmann-Lévy Prix  broché : 19,90€

Pages : 288 – Genre : Policier – historique – Suspense

« A l’ombre du Baron est un premier roman qui impressionne, une lettre d’amour à Haïti et son peuple » Miami Herald

Originaire d’Haïti, vivant aux États-Unis, Fabienne Josaphat, signe avec « À l’ombre du baron » une premier roman poignant, une ode à un peuple, une fiction mais tellement réelle qu’on est plongé à Haïti et tout comme les haïtiens, on aura du mal à s’extirper des « tontons macoutes » et du régime de Papa Doc…

On est transporté en 1965, François Duvalier, alias « Papa Doc » ou « Baron Samedi« , fait régner la terreur. Haïti, vit au rythme de la peur des dénonciations, parfois un simple soupçon et les tontons macoutes débarquent, rouent de coups sous n’importe quel prétexte ! Tout le monde soupçonne tout le monde.

Se dresser contre le dictateur, c’est signer, son incarcération dans la sinistre prison de Fort Dimanche, ou sa mise à mort…

Raymond, chauffeur de taxi, peine à joindre des deux bouts depuis l’instauration du couvre-feu, et fait tout pour que ses enfants et sa femme vivent dignement. Mais les repas se font rares, la peur, les questions existentielles… tout rappel que cela va mal !

Nicolas, son frère,  a une belle vie. Mais a une attitude condescendante avec son frère, se pensant supérieur parce qu’il a de l’argent et qu’il a fait des études. Lors d’un cours, il parle de droits de l’Homme mais surtout il écrit un livre sur des disparitions dont celle de Jacques Stephen Alexis (Écrivain haïtien connu pour sa résistance à la dictature de François Duvalier, son œuvre romanesque, ainsi que sa définition novatrice d’un réalisme merveilleux propre à la littérature de la Caraïbe.) Suite à dénonciation par un de ses étudiants il sera emprisonné à Fort Dimanche.

« Nous ne sommes une priorité pour personne sauf nous. »

Sa date d’exécution est fixée rapidement, après avoir subi la pire des tortures, tout cela sans procès !

Les deux frères, pourtant deux étrangers l’un pour l’autre, vont être transformés par cette épreuve, leur vie va basculer…

« Les yeux dans le vide, il entendit les gardes transporter le corps dans le couloir. Puis il enfouit sa tête dans ses genoux. Y trouva l’obscurité, la sécurité, un refuge où se prendre les cheveux à deux mains et les arracher d’un crâne dans lequel la démence s’insinuait déjà. Il cessa de lutter et s’effondra, écoutant le ricanement moqueur qui caquetait sous les prières, le rire d’un Dieu farceur tapi dans les recoins de Fort Dimanche : la Mort, ajustant son chapeau claque, exhalant la fumée de son cigare, ondulant des hanches, dansant autour de leur cellules, bras grands ouverts dans un geste d’accueil. La Mort se payait sa tête. »

Un livre qui ne peut laisser indifférent, un devoir de mémoire qui rappel à quel point tout est encore d’actualité…

Il m’est très difficile d’exprimer avec des mots ce que j’ai pu ressentir en lisant « A l’ombre du Baron » J’étais persuadée de lire un thriller horrifique avec en toile de fond les traditions  vaudou et autre sorcellerie…. J’ai été émue, bouleversée et choquée des conditions décrites par l’auteur. A aucun moment je n’ai senti que nous étions en 1965, tellement le présent est palpable et tellement cela fait écho à la condition de vie de plusieurs citoyens de par le monde…

François Duvalier, surnommé « Papa Doc« , fut Président d’Haïti de 1957 à 1964 puis dictateur (« Président à vie« ) de 1964 à sa mort, en 1971. Son règne fut empreint de corruption et marqué par l’utilisation de milices privées, les tontons macoutes. J’ai été révoltée par ce climat de terreur dans lequel le peuple haïtien tente de survivre.

Mes morts dorment dans cette terre ; ce sol est rouge du sang de générations d’hommes qui portent mon nom ; je descends par deux fois, en lignée directe, de celui-là même qui fonda cette nation. Aussi ai-je décidé de rester ici et peut-être d’y mourir.  Jacques Stephen Alexis, écrivain (1922-1961) – Extrait d’une lettre à François Duvalier, 2 juin 1960

« Papa Doc », nommé ainsi lorsqu’il commence à pratiquer la médecine dans les régions rurales et qu’il s’attire les faveurs des populations, consolide son pouvoir, il réanime les traditions du vaudou, prétend  être un « hougan » : chef spirituel de la religion vaudou, organisateur des cérémonies, celui par lequel passent les esprits (lwas) qui désirent transmettre un message au monde des vivants. A la mort de John Fitzgerald Kennedy, il prétend que l’assassinat est dû  à un sort jeté par lui.

Duvalier a également modelé son image sur celui du « Baron Samedi », pour se rendre encore plus imposant. Il mettait souvent des lunettes de soleil et parlait avec un fort ton nasal associé au Loa.

L’auteur a su retranscrire avec talent les peurs, les sensations, les odeurs, les paysages… Bref tout est tellement beau et tellement noir en même temps ! A l’image de l’être humain et de la dictature que vit ce peuple. Bourreaux et victimes se côtoient. L’auteur a fait un vrai travail de recherches et cela se sent dans son récit. Beaucoup de haïtiens ayant fui leur pays, se recon5naitront dans cette histoire.

Ce roman a beau être une fiction, les faits rapportés sont bien réels, ainsi que la prison de Fort Dimanche et les conditions de vie.

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ABC 2017 _ Policier / Thriller capture

Originaire de Haïti, Fabienne Josaphat est diplômée de la Florida International University et vit aujourd’hui à Miami. La presse compare déjà ce premier roman
à La Brève et Merveilleuse Vie d’Oscar Wao de Junot Diaz et Au temps des papillons de Julia Alvarez.