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L’Impasse de Estelle Tharreau

Parution : 13 février 2017 – Éditions : TaurnadaCollection : le tourbillon des mots – Prix papier :  9,99€ – Prix Numérique : 4,99€ – Pages : 260 – Genre : Thriller

Deux familles, dont le seul point commun est d’habiter dans cette impasse. Un meurtre et tout bascule. L’enquête est menée par un flic, qui a grandi à Chanzy, ancienne ville minière et qui va devoir trouver le coupable…

Chanzy est à l’image de toutes ces villes en déclin, après la prospérité qu’elles ont connue. La pauvreté, le chômage ! De quoi te foutre les jetons, pour peu que tu sois hermétique au charme en décrépitude.

L’auteur, arrive à embarquer son lecteur, dès les premières pages, en plantant le décor très rapidement.

L’ambiance est pesante, à l’image de cette impasse de Chanzy, où deux familles que tout oppose vivent dans une promiscuité qui n’est pas pour plaire à tous… les Pélissier, famille très aisée et les Mazoyer, dont le père est un vrai rebut de l’humanité…

Cette impasse que l’on imagine très bien. Les descriptions, même si elles sont succinctes, laissent entrevoir une impasse sombre, humide qui transpire les secrets et les non-dits, au point, parfois, d’être oppressante à l’image de l’intrigue que l’auteur distille peu à peu.

Les personnages sont très bien travaillés, ce qui les rend plus réels et donne une dynamique au récit avec des chapitres courts et des secrets qui viennent pourrir une situation bien glauque !

Ce thriller nous tient en haleine jusqu’à la toute fin, qui se termine par un rebondissement inattendu ! L’auteur nous balade avec des révélations toutes plus saugrenues les unes que les autres et le lecteur croit toucher la vérité, mais il ne fait que l’effleurer, car la vérité dépasse tout entendement et ne peut même être envisageable… Et pourtant, la vérité se trouve bien dans cette impasse… Une vérité qui sera le secret de cette impasse… Sans issue et sans recours…

Un très bon thriller, une belle découverte, avec une intrigue rondement bien menée, une fin qui laisse le lecteur scotché aux pages avec un oh… Impossible à prononcer !

Merci à Joël pour cette lecture et pour la confiance qu’il m’accorde.

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

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Les larmes des cigognes de Lawren Schneider

Parution : 19 novembre 2017 – Prix papier :  18,00€ – Prix Numérique : 2,99€ – Pages : 325 – Genre : Polar- thriller

J’ai découvert l’auteur avec son premier opus « l’héritage de Lizzie » qui ne m’avait pas complètement convaincu… 

Pourtant, avec ce titre, cette couverture et ce quatrième de couv, j’ai été intriguée. La couverture simple, avec cette faux ensanglantée, ne pouvait qu’attiser ma curiosité et le titre « bizarre » selon mon fils est typiquement le genre qui me titille…

J’ai donc embarqué à bord des « larmes des Cigognes » et le voyage a été un grand plaisir. L’auteur s’éloigne du style « polar » ou « thriller » classique pour présenter au lecteur un livre qui mélange les genres et retrace avec maitrise tout un pan de l’histoire alsacienne, pour livrer une intrigue de qualité, avec un zest de paranormal…

Lawren Schneider fait le lien avec deux périodes, 1986 à Gambstett (Alsace) avec ces 4 ados dont la vie va basculer et Tambov (Russie) 1943, Louis, son passé qu’il traîne comme un fardeau et ces alsaciens déportés de force dans l’armée allemande…

J’ai été embarquée dans le récit, aussi bien par l’intrigue en elle-même, que par la trame historique, qui se révèle chargée d’informations et surtout lève le voile sur un pan de notre histoire, pour beaucoup (en tout cas pour moi) méconnue… On sent que l’auteur a fait des recherches pour que sa trame historique tienne la route, sans jamais tomber dans le la mièvrerie malgré l’horreur.

La part de paranormal glissée dans l’intrigue, trouve sa place dans ce thriller-historique, sans jamais le rendre illogique, j’ai trouvé que cela rendait l’histoire plus humaine… Du moins, elle n’entache en rien le souhait de l’auteur, qui est de rendre hommage à ces hommes, déchirés et enrôlés malgré eux.

Un livre diablement bien construit, des personnages incroyables, maîtrisés, qu’on lit avec avidité, avec une pointe de déception lorsque l’on voit la fin arrivée… J’aurai souhaitée lire quelques chapitres supplémentaires… Pour en savoir plus… Pour comprendre…

Un livre qui rend hommage à l’Alsace, à ces hommes confrontés à l’horreur, un devoir de mémoire…

La plume de l’auteur a mûrie depuis son premier opus et je trouve que ce type d’intrigue et de récit est beaucoup plus réussit et travaillé.

Merci à l’auteur pour cette lecture et pour la confiance qu’il m’a accordé.

Réalités Invisibles de Eric Costa

Parution : 16 février 2017 – Prix papier :  9,99€ – Prix numérique : 2,99€ – Pages :143 – Genre : Fantastique, horreur, nouvelles,

Il n’est pas simple de faire un retour sur des nouvelles, c’est un exercice délicat, il faut prendre du recul et ne pas perdre de vu, qu’en peu de lignes l’auteur doit embarquer son lecteur rapidement.

Eric Costa, réussi bien ce pari, avec ces nouvelles. Pour ceux qui ont déjà vu la série la 4ème dimension, on retrouve cette ambiance bizarre, mais sans réelle réponse… C’est comme ça et il ne faut pas trop chercher… Au risque de se retrouver plonger dans une réalité différente de la sienne…

Avec une plume qui embarque facilement son lecteur, l’auteur présente 6 nouvelles.

Hôtel Wolff :

Théophile doit se rendre au chevet de sa mère malade, mais il s’arrête pour la nuit dans un hôtel. Ses désirs les plus fous se matérialise et une ambiance mystérieuse qui devient oppressante  au fil de la lecture. L’auteur maitrise parfaitement les codes de la nouvelle horrifique et le lecteur est scotché par ce final…

Solitaire :

Un homme injustement accusé, raconte le meurtre de sa femme. L’ambiance est assez glauque, on est perdu, comme Alex…  La chute est surprenante… Attention aux vœux que vous prononcez…

Éclosion :

C’est la nouvelle qui m’a le plus déstabilisée… Une jeune fille se prend d’affection pour une étrange chenille. N’étant pas fana de bestioles, j’ai plus été révulsée qu’autre chose… L’auteur décrit très bien cette chenille et sa transformation…

Le refuge :

La référence à Dracula est très présente. Alzius s’arrête dans un refuge pour passer la nuit. Il entend la voix de son fils, mort et sent des choses roder… J’ai beaucoup aimé cette nouvelle… Avec un final que l’on n’imagine pas comme ça…

Le manoir :

C’est la nouvelle que j’ai le moins apprécié ! Valmek se retrouve pris au piège d’un vieux manoir qui se transforme en un labyrinthe…

Fréquence 24 :

J’ai particulièrement apprécié cette nouvelle. Une maison isolée, une femme qui se retrouve seule, en pleine nuit, avec cette radio qui annonce des choses bien trop bizarres, pour ne pas nous faire flipper… Un huis clos qui fait froid dans le dos… Une superbe nouvelle !

Des nouvelles bien sympas à découvrir sans modération…

Merci à Eric Costa pour sa confiance et à Simplement Pro

Eric Costa a fait ses études de dramaturgie pendant trois ans. « Harem: Aztèques » (2017) a été récompensé par le prix du Jury Amazon KDP au salon du livre de Paris 2017. Son blog : ici

Le Tueur au miroir de Fabio M. MITCHELLI

Parution : 19 octobre 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix broché :  21€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 384 – Genre : Polar-Thriller


Une intrigue diablement bien construite, un rythme de folie, pour une enquête dense et rythmée.

Avec « une forêt obscure », j’étais ressortie mitigée, un goût d’inachevé avec quelques incohérences. Pourtant ici, j’ai trouvé que l’écriture de l’auteur avait pris en assurance et en maturité, pour livrer au lecteur un polar rondement mené qui accroche sans temps morts et sans incohérences.

On se retrouve un peu dans un jeu de construction, comme des poupées russes que l’on découvre peu à peu… Un effeuillage en douceur d’une intrigue qui tient en haleine.

Il y a bien une enquête principale qui lie le lecteur à ce tueur au miroir… Mais l’auteur nous livre une autre intrigue qui vient construire et agrémentée, en arrière plan, une histoire beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Et c’est là où l’auteur a réussi à m’embarquer complètement, au point d’avoir du mal à lâcher mon bouquin !

Cette seconde trame en toile de fond, donne de l’épaisseur au récit et permet de découvrir un polar doublé d’un excellent thriller. Un simple polar ne m’aurait peut être pas complètement emballé, alors qu’avec cette construction les personnages sont palpables, vivants…

On a de l’empathie pour Louise qui est limite borderline, dont j’ai adoré découvrir l’intimité et les blessures.. Carrie est plus effacée mais permet de maintenir la barque à flot en restant droites dans ses pompes…

Ce tueur complètement barge dont on devine la folie… Que l’auteur construit sans concession, sans lui trouver d’excuses… Pour ne pas donner la possibilité au lecteur d’avoir de l’empathie pour lui… Souvent les tueurs en série sont flanqués d’une histoire bien glauque et inconsciemment on leur trouve toujours des excuses… Ici point d’excuse…. Permettant ainsi au lecteur d’avoir un esprit plus critique…

Plus les pages se tournent plus nous allons de révélation en révélation… Et même si j’ ai deviné dans quoi m’embarquait l’auteur, je n’ai pas boudé mon plaisir lorsque les révélations se font…

Justement parce que l’auteur a pris le temps de décortiquer, analyser en prenant le recul nécessaire pour nous annoncer l’impensable.

Une intrigue beaucoup plus recherchée, fine et travaillée, avec ce recul palpable dans les descriptions… Comme un narrateur qui décide de s’effacer pour laisser ses personnages vivres pleinement cette intrigue à la chute inimaginable… Un final magistral pour une construction et une intrigue magistrale !

Bravo à l’auteur qui a su se renouveler tout en restant dans le genre qu’il affectionne, et a conquis une lectrice qui partait réticente…

Merci à NetGalley et aux Éditions Laffont.

Fabio M.Mitchelli, né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, romans et nouvelles. Il a signé « La trilogie des verticales » parue aux éditions Ex-aequo entre 2010 et 2012, dont La verticale du fou. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du Diable (éditions Fleur Sauvage – 2014), surnommé Le Livre Bleu, inspiré par la vie de Jeffrey Dahmer. Il est fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXème siècle.

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Dans ma peau de Yael Adler

Parution : 9 février 2017 – Editions Solar  – Prix papier :  19€ – Pages : 352 – Genre : Thriller-psychologique


Elle nous entoure de toutes parts, mesure près de deux mètres carrés et enveloppe tout ce que nous portons en nous. La peau est notre lien avec le monde extérieur. Notre antenne. Elle peut émettre et recevoir. Elle nourrit nos sens. Elle est objet de désir, elle est notre zone frontière, le fascinant réceptacle de toute notre vie, et en même temps une gigantesque terre d’accueil pour les bactéries, les champignons, les virus et les parasites.

Pourtant, peu d’entre nous savent vraiment ce qu’est cet organe, comment il fonctionne et surtout quelles missions vitales il accomplit pour nous.

L’auteur, Yael Adler, dermatologue, phlébologue et nutritionniste, aborde un thème très intéressant, sans langue de bois, malgré quelques longueurs, un livre qui se laisse lire, instructif, pour tout ceux soucieux de comprendre.

Elle aborde notamment les choses dont nous n’aimons pas parler ou que nous trouvons écœurantes : pellicules, cérumen, boutons, sébum, sueur, les maladies vénériennes, ces choses qui ont tendance à nous écœurer, au point de faire la chasse à la saleté, en utilisant des produits très abrasif.

« Les plis sont des endroits très particuliers de l’épiderme, car ces petites niches sombres et mal ventilées abritent de nombreux germes cutanés. Les aisselles, le dessous des seins, le pli fessier, les plis de l’aine et parfois même, si l’on a de généreuses poignées d’amour, les plis du ventre, voire du dos, présentent des conditions idéales pour les agents pathogènes : humidité, chaleur et peu de lumière. Dans cette douillette atmosphère du genre tas de compost, on vit sans gêne et on se reproduit sans façon (…) »

« Ne me dites pas que vous ne jetez pas un œil dans votre mouchoir pour voir ce que vous venez de produire ! »

«Quel soulagement, quand on est débarrassé d’une crotte de nez séchée !»

« La couleur de la croûte trahit la nature du problème qui pourrait se cacher dessous »

Pour aller plus loin

« Pour des oreilles saines, le lavage à l’eau chaude suffit largement. Bien des gens ont du mal à renoncer aux cotons-tiges, malheureusement, et se curer les oreilles devient pour certains un geste quasiment érotique. Farfouiller dans l’oreille procure d’agréables sensations, mais peut donner envie de tousser car on excite alors en passant le nerf qui déclenche le réflexe de la toux. »

Dermatologue, phlébologue et nutritionniste, elle a travaillé longtemps dans la recherche avant d’ouvrir son propre cabinet de dermatologie à Berlin, en 2007. Son talent inné pour expliquer des faits médicaux complexes de manière simple, concrète et pleine d’humour n’a d’égal que le plaisir qu’elle prend à partager son savoir. Ses nombreuses conférences et ses interventions à la télévision, à la radio et dans la presse écrite en témoignent régulièrement. Aujourd’hui, elle nous offre le fruit de ses recherches et de son expérience en matière de santé et de beauté dans un livre original qui va nous faire voir la peau d’un autre œil.

Il et moi de Philippe Setbon

Parution : 12 janvier 2018 – Tohu-Bohu Editions Prix papier :  19€ – Pages : 272 – Genre : Thriller-psychologique


Avec « Il et moi » je découvre la plume d’un auteur dont je n’avais lu aucun livre et surtout une finesse dans la description psychologique du personnage principal dont on suit la déchéance pas à pas.

Une magnifique couverture, qui prend tout son sens lorsque l’on referme le livre et qui en devient encore plus parlante. Un titre à double sens avec ce « S »… Il et moi – Il est moi… Qui laisse au lecteur le plaisir de se triturer les méninges jusqu’à ce qu’il comprenne …

Court mais intense, court mais te fou une claque magistrale tellement il est bien construit, tellement il t’embarque dans une histoire bien tordue, une mauvaise blague, comme on pourrait en faire une, histoire de faire payer celui qui nous fou les boules ! C’est typiquement le genre de choses que je pourrais faire… La blague, pas le reste… Je n’ai pas encore basculé du côté obscure… Quoi que…

Avec un récit sans fioritures et sans concession, l’auteur nous entraine dans l’histoire de cet homme dont la vie va prendre un virage inattendu… Un virage qui lui fera perdre la raison au point de ne plus distinguer le bien du mal, de ne plus distinguer la réalité… Cette réalité que le lecteur a parfois du mal à percevoir, tellement la folie est palpable… Une construction en entonnoir qui donne un rythme dense, une lecture que l’on ne peut poser tellement on est pris par le récit.

L’histoire d’une folie qui se construit, qui se vit au rythme des pages que l’on tourne, pour atteindre son paroxysme. Un personnage qui ne va plus rien maitriser, que la raison a abandonné, malgré quelques soubresauts, il est trop tard…

La frontière entre réalité et fiction est parfois tellement mince que basculer d’un côté ou de l’autre est un vrai jeu d’équilibre.

Costa est un acteur engagé. Engagé au point de laisser son personnage prendre le dessus. Une mauvaise farce qui tourne à l’indéfinissable…

Il suffit parfois de peu de choses pour les rouages bien huilés d’une vie s’enrayent… Pour péter un câble… Au point parfois de ne pas se réveiller…

Je suis fana de thrillers psychologiques, l’être humain dans ce qu’il de de plus tordu me fascine et me révulse en même temps, il oblige le lecteur à se positionner et renvoie à nos convictions les plus profondes.

Je remercie la maison d’édition Tohu-Bohu pour sa confiance et pour le plaisir que j’ai pris avec cette lecture.

Philippe Setbon, né en 1957, débute comme auteur et dessinateur de de B.D dans les revues Pilote et Métal Hurlant avant de bifurquer vers le cinéma. Il signe les scénarios de plusieurs longs métrages comme Détective de Jean-Luc Godard, ou Mort un dimanche de pluie, réalise Mister Frost puis se consacre à la télévision. Il écrit de nombreux téléfilms et séries dont Les Enquêtes d’Héloïse Rome, Fabio Montale, Franck Riva, etc… Il en réalise lui-même une vingtaine dont la minisérie à succès Ange De Feu.
Il est également l’auteur d’une douzaine de romans chez Rivages, Flammarion, Buchet-Chastel et aux Éditions du Caïman.

 

Le voyage de Kirikoustra

Parution : 15 mars 2017 – Prix papier :  4,99€ – Prix Numérique : 0,99€ – Pages : 74 – Genre : Réflexions philosophiques

 

« lui qui se voulait devenir, se verra peut-être lu par vous cet autre qui dans vos mains détenez un fragment de son histoire, de notre Histoire. »

Lorsque j’ai découvert l’auteur Kirikoustra à travers les réseaux sociaux, j’ai été intrigué par le recul qu’il prenait en parlant de lui à la 3ème personne… Cela m’a rappelé ces auteurs du 17/18ème siècle… Un brin décalé dans l’univers du modernisme…

J’avais toujours un petit sourire en tombant sur un de ses posts et je me disais que cette personne vivait son personnage et je trouvais originale cette dissociation que l’auteur fait entre sa personnalité et celle de son personnage, pour justement lui permettre de vivre et surtout se faire découvrir.

Donner la parole à sa création et s’effacer en tant qu’auteur est assez culotté et j’aime bien.

Lorsque j’ai vu, que l’auteur le proposais en SP sur SimplementPro, j’ai eu envie de découvrir ce que Kirikoustra avait à me dire… Et j’ai été encore plus intriguée lorsque l’auteur n’a pas essayé de me vendre sa sauce, mais bien au contraire. D’après lui ce n’était pas mon genre… Et je risquais de ne pas apprécier…

Et pourtant….

Effectivement, je suis une fana de thrillers, dystopies, horreur… Mais je suis aussi une fana de littérature classique et j’en ai lu pas mal avant de me fixer… Dis-moi ce que tu lis, je te dirais ce que tu peux apprécier… Ne pas se fier aux apparences… Bon, un peu quand même, je n’aime pas la romance !

Kirikoustra est un ovni dans l’univers de l’écriture, ce qui en fait un écrit décalé, ce n’est pas tant les réflexions qui le jalonnent, mais c’est l’époque à la quelle il paraît.

C’est un livre étrange qui dénote et c’est ce qui donne envie de le découvrir. C’est court 74 pages, donc rapide à lire… Enfin pas si rapide, car on revient sur certains passages, pour comprendre ce que l’auteur tente d’expliquer…

L’avant propos laisse encore la possibilité au potentiel lecteur de se revenir en arrière, dissuade le lecteur de s’embarquer dans ce qui le perturber… Le déranger…

« Cet ouvrage est déconseillé aux personnes adeptes de normes et autres conventions. Dépourvu de toute logique, il vous laissera soit dans l’indifférence la plus totale, soit dans un état quelque peu perplexe »

Kirikoustra embarque le lecteur dans ses réflexions, sans but précis, des réflexions sur tout et rien à la fois… Un brin de folie que l’on a du mal à cerner, mais qui nous entraine malgré nous vers sa plume qu’il personnifie… Sa plume, à qui il donne vie, arrive à faire visualiser ce que l’auteur souhaite dire…

Kirikoustra pousse le lecteur à se pencher sur ses propres réflexions, sur ses pensées, sur plusieurs sujets… Une introspection… Qui peut être dérangeante parfois… Un brin anticonformiste…

C’est un livre difficile à définir, à cerner, qu’on apprécie ou pas, mais qui ne laisse pas indifférent.

 

Challenge ABC 2017 auto-édition

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Ne réveille jamais un ours qui dort : L’ordre de Saint-Michel – Tome 1 de Olivier Michael Kim

Parution : 14 mai 2017 – Prix papier :  18,99€ – Prix Numérique : 2,99€ – Pages : 695 – Genre : Polar

Ce qui m’a attiré en premier, c’est cette couverture et ce titre, qui laissaient présager un bon moment de lecture.

1985, banlieue parisienne, Francis Balard dit « Balou » et son copain Amjad sont poursuivis par la police… Balou leur échappe grâce à l’aide d’un homme.

Vingt ans plus tard, le ministre de l’intérieur est tué lors d’un attentat. Un indice accuse Balou. Cette affaire va réveiller un passé qu’il souhaitait occulter. Ancien membre d’une mystérieuse organisation appelée l’Ordre de Saint-Michel, il cache des secrets qui font trembler le sommet de l’État.

Tous les services de l’Etat traquent ce présumé tueur… Ses secrets sont bien trop importants et ne doivent pas être divulgués… Au prix de la vie de Balou, mort ou vif…

Une lecture qui se fait sur un rythme effréné, au même titre que l’intrigue. Une intrigue très bien ficelée et qui happe le lecteur qui est pris au jeu des découvertes et divulgations qui sont parsemées au fil des pages.

Un page-turner très bien construit, un polar qui se lit facilement malgré ses 695 pages. Je dois dire que ce gros pavé, me faisait un peu peur au départ. Non pas le nombre de page, mais je me demandais ce que l’auteur avait pu concocter comme intrigue pour réussir à tenir son lecteur en haleine.

Et je n’ai pas du tout été déçue ! L’auteur arrive à nous embarquer peu à peu dans une histoire très bien construite, très bien ficelée, qu’on lit de manière addictive, tellement c’est bien fait. Le tout se déroule comme un film avec un très bon scénario. Un peu comme un « Jason Bourne », Balou est trahi et pourtant, il garde espoir dans la possibilité de faire éclater la vérité et surtout il a envie de vivre et de prouver à sa femme que c’est un homme bien, malgré son passé…

Le bouquin est bien foutu et se lit presque d’une traite, les rebondissements sont multiples et les personnages sont bien construits, même les plus pourris ont leurs raisons… Et chacun défend ses idées, défend l’unité à laquelle il appartient… Une lutte de pouvoir… La traque d’un homme par les flics, les gendarmes, la DGSE, la DST… L’auteur nous entraine au cœur des services de l’État, au cœur du pouvoir, puisque le Président fait son apparition… Au cœur des intrigues mais pas que…

La politique frôle parfois la limite de la légalité et ça match bien, car malgré ses 695 pages, lorsque le livre se ferme, on se plait à vouloir découvrir la suite.

Merci à l’auteur pour cette lecture et pour la confiance qu’il m’a accordé.

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Sous son toit de Nicole Neubauer

Parution : 19 octobre 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix broché :  20€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 432 – Genre : Polar


Une intrigue assez classique qui n’arrive pas à se démarquer, avec des flics et un coupable à trouver, une victime… Rose Benninghoff, retrouvée morte dans son appartement à Munich, la gorge tranchée, Oliver Baptiste Junior, quatorze ans retrouvé dans le sous-sol de l’immeuble, les mains couvertes de sang. Le père, un homme que la victime a fréquenté, Oliver prétend n’avoir aucun souvenir de la soirée qui a précédé le crime.

Oliver, gamin perturbé, un père antipathique, ont une relation étrange que je n’ai pas réussi à trouver intéressante, que je n’ai pas compris et pour cause, l’auteur n’arrive pas à trouver les bons mots pour l’expliquer, ça tourne en rond et même à la fin on reste sans réponse… Dommage que cette histoire conflictuelle entre le père et le fils n’ait pas été plus exploitée. Quand à la victime, Rose Benninghoff, elle était lisse de son vivant, sans amis… Et sa mort, n’arrive pas à la rendre plus sympathique que ça, même quand on en apprend plus sur elle et son passé…

L’enquête tourne en rond et lente… Lente et sans rebondissements ni suspense et n’arrive donc pas à décoller. L’auteur n’approfondit pas l’intrigue pour l’étoffer pour lui donner du piment et n’arrive pas à la faire décoller, même lorsque le passé ressurgit…

Malgré ces défauts, l’auteur a travaillé de manière très intéressante l’équipe qui mène l’enquête : le commissaire Waechter, le Taiseux, Hannes et Elli… Même si parfois on s’embrouille un peu quand l’auteur parle d’eux… Elle a réussi à construire des personnages avec du caractère et une personnalité propre. Ils sont humains avec leurs failles et leurs travers et c’est en ça qu’ils sont intéressants, car le lecteur arrive à s’identifier facilement à l’un ou l’autre.

Chacun est confronté à sa réalité, tout en faisant son boulot… Chacun doit trouver son équilibre, que ce soit en fuyant face ses responsabilités, en refusant un passé douloureux ou en prenant à la dérision les aspects qui gênent.

Elli, qui choisi de tourner en dérision sa ligne, loin d’être svelte mais qu’elle met en avant, malgré les situations, du coup devient sympathique et le lecteur arrive très bien à visualiser les scènes de cet humour noir…

Le commissaire Waechter, certainement le personnage le plus fragile et le plus intéressant avec son passé qu’il a du mal à porter et qui continu à le hanter…

Hannes est celui qui a une vie bien rangée, avec femme et enfants… Du moins, il a une nouvelle famille, dans laquelle sa fille de 15 ans, débarque. Mais il ne veut pas d’elle sa vie… Elle le dérange. C’est le personnage le plus travaillé avec une conscience qui le bouscule et que l’auteur livre brut, sans fioriture, lorsqu’il refuse cet enfant qu’il n’arrive pas à aimer… Ou qu’il refuse d’aimer… Un sujet rarement abordé et que l’auteur nous livre comme une confidence que Hannes livre au lecteur.

Le Taiseux, porte bien son pseudo et même si rien n’est divulgué sur sa vie prive, sa manière d’être, son comportement prêtent à sourire et lui donne du caractère.

Même si je sors de cette lecture assez mitigée… Ce best-seller outre-Rhin n’a pas réussi totalement à m’embarquer… Néanmoins, pour un premier livre, il a des qualités indéniables que l’auteur arrivera certainement à corriger dans un prochain opus que je lirais avec plaisir.

Nicole Neubauer est née en 1972 à Ingolstadt et a étudié la philologie anglaise et le droit à Munich et à Londres. Elle travaille comme avocate dans un cabinet juridique. Sous son toit a été sélectionné par l’association littéraire Sœurs meurtrières, qui a pour ambition de faire connaître les jeunes talents féminins au public allemand.

 

 

 

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Le puits de Marie Sexton

Parution : 21 novembre 2017 – Editeur : MxM BookmarkCollection : Mystère Prix Broché :  16,00€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 300 – Genre : Policier – Paranormal – Romance gay

Lorsque j’ai vu passer ce livre sur NetGalley, je n’ai pas hésité une seconde à faire la demande de lecture, la couverture m’a attirée et le résumé, je ne l’ai lu qu’en travers… J’ai du coup été assez surprise, car je ne suis pas fan de romance et encore moins d’homo-romance…

Ce n’est qu’une fois la lecture commencée que j’ai compris dans quoi j’embarquais… Je ne connaissais pas non plus l’auteur, Marie Sexton, qui écrit principalement des romances…

Alors pour le coup, quand on parle de sortir de sa zone de confort, là je suis en plein dedans, « le Puits » est un mélange de thriller et de romance gay.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas apprécié, ce serait mentir, si on s’attache à l’intrigue en elle-même, le roman se base sur la disparition d’une jeune femme : Élise, cousine du personnage principal Haven. Deux intrigues en une, puisque 12 ans séparent les évènements.

12 ans plus tôt, Élise toujours la première à délirer et faire peur aux autres, embarque cinq ados avec elle pour une séance de spiritisme, dans une maison soit disant hantée. Ce moment de délire se transforme en cauchemar quand tout le monde s’aperçoit,le lendemain matin, qu’Élise a disparue…

La lecture démarre bien, l’intrigue nous plonge dans l’ambiance paranormal et le mystère autour d’Élise nous entraine dans une bon thriller doublé de quelques passages paranormaux…

L’alternance entre passé et présent est intéressante pour tenter de résoudre cette disparition mystérieuse…

La romance gay, en fin de compte qu’une place secondaire, puisqu’elle est suggérée plus que détaillée… Elle est secondaire et c’est tant mieux, car c’est un bon thriller paranormal dont le rythme aurait été cassé.

Un thriller avec une dose de paranormal, sympa qui se lit facilement, si on fait abstraction de la romance.

Pour les fans de romance gay, la romance est en filigrane, pour les fans de thrillers, ne vous attendez pas à une écriture et une intrigue trop complexe… Sans être de la grande littérature ça se lit sans être complètement désagréable.

Elle vit dans le Colorado. Elle est fan de tout ce qui implique des jeunes hommes musclés Elle aime en particulier les Denver Broncos et prend plaisir à assister à leurs matches avec son mari. Ses amis imaginaires la suivent souvent. Elle a une fille, deux chats et un chien.

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