Archives pour la catégorie Maisons d’éditions

Le puits de Marie Sexton

Parution : 21 novembre 2017 – Editeur : MxM BookmarkCollection : Mystère Prix Broché :  16,00€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 300 – Genre : Policier – Paranormal – Romance gay

Lorsque j’ai vu passer ce livre sur NetGalley, je n’ai pas hésité une seconde à faire la demande de lecture, la couverture m’a attirée et le résumé, je ne l’ai lu qu’en travers… J’ai du coup été assez surprise, car je ne suis pas fan de romance et encore moins d’homo-romance…

Ce n’est qu’une fois la lecture commencée que j’ai compris dans quoi j’embarquais… Je ne connaissais pas non plus l’auteur, Marie Sexton, qui écrit principalement des romances…

Alors pour le coup, quand on parle de sortir de sa zone de confort, là je suis en plein dedans, « le Puits » est un mélange de thriller et de romance gay.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas apprécié, ce serait mentir, si on s’attache à l’intrigue en elle-même, le roman se base sur la disparition d’une jeune femme : Élise, cousine du personnage principal Haven. Deux intrigues en une, puisque 12 ans séparent les évènements.

12 ans plus tôt, Élise toujours la première à délirer et faire peur aux autres, embarque cinq ados avec elle pour une séance de spiritisme, dans une maison soit disant hantée. Ce moment de délire se transforme en cauchemar quand tout le monde s’aperçoit,le lendemain matin, qu’Élise a disparue…

La lecture démarre bien, l’intrigue nous plonge dans l’ambiance paranormal et le mystère autour d’Élise nous entraine dans une bon thriller doublé de quelques passages paranormaux…

L’alternance entre passé et présent est intéressante pour tenter de résoudre cette disparition mystérieuse…

La romance gay, en fin de compte qu’une place secondaire, puisqu’elle est suggérée plus que détaillée… Elle est secondaire et c’est tant mieux, car c’est un bon thriller paranormal dont le rythme aurait été cassé.

Un thriller avec une dose de paranormal, sympa qui se lit facilement, si on fait abstraction de la romance.

Pour les fans de romance gay, la romance est en filigrane, pour les fans de thrillers, ne vous attendez pas à une écriture et une intrigue trop complexe… Sans être de la grande littérature ça se lit sans être complètement désagréable.

Elle vit dans le Colorado. Elle est fan de tout ce qui implique des jeunes hommes musclés Elle aime en particulier les Denver Broncos et prend plaisir à assister à leurs matches avec son mari. Ses amis imaginaires la suivent souvent. Elle a une fille, deux chats et un chien.

10 chroniques de livre

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L’empire de sable de Kayla Olson

 

Parution : 21 septembre 2017 – ÉditionRobert LaffontCollection R – Prix papier : 17,90€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 486 – Genre : Dystopie – Yong Adult

 

J’aime beaucoup les Dystopies et clairement ce qui m’a attiré ici c’est l’accroche : «La dystopie écologique qui a conquis Léonardo Di Caprio». J’étais curieuse de voir ce que ce livre avait de plus ? Pour attirer un réalisateur, et le côté dystopie écologique est une nouveauté dans ce genre.

« L’empire de sable » est un livre qui démarre vite, puisque l’auteur plonge directement son lecteur au cœur de l’intrigue. L’action est présente dès le départ et cela donne un rythme assez rapide à une lecture qui ne laisse pas place à la respiration, au même titre que pour les personnages…

L’intrigue débute deux ans après la révolution qui a mené les Loups au pouvoir. Une majorité de la population subit les conséquences du changement climatiques alors qu’une minorité continue de vivre sans être inquiétée. Certaines personnes se regroupent pour combattre ces inégalités persistantes, même lorsque le monde est au bord de l’agonie…

Après avoir remporté cette révolution, les plus aisés sont envoyés dans des camps de travail et les contestataires exécutés.

Ce qui m’a beaucoup gêné c’est que l’auteur distille ces informations au fur et à mesure de la lecture, on est dans le floue… Elle ne prend pas le temps de poser son monde et ainsi le lecteur a du mal à entrer dans l’intrigue.

Nous faisons la connaissance avec Eden, le jour de son évasion qu’elle peaufine depuis deux ans. Mais les choses vont se précipiter lorsqu’une explosion va déclencher la fuite de 3 autres jeunes filles.

Elles décident de rejoindre « Sanctuary », une île qui serait encore neutre… Mais l’île est loin d’être un paradis, elle est parsemée de pièges mortels.

J’ai trouvé cette partie beaucoup trop longue, les descriptions de l’auteur ne permettent pas une fluidité du récit et cela même si le fait de suivre ces jeunes filles dans leurs découvertes étaient intéressant. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages aux réactions assez infantiles…

C’est assez long… Mais l’auteur relance l’intrigue avec l’arrivée nouveau groupe sur l’île.

A partir de ce moment, j’ai perdu le fil, j’ai été complètement larguée. Le manque de suspens, l’intrigue devient linéaire et perd complètement de son volume. Une dernière partie qui manque de construction et qui aurait pu être plus travaillée pour permettre de vraiment donner du cachet et un fil conducteur à l’intrigue.

J’ai du mal à comprendre pourquoi, le genre Young Adult, colle toujours une romance, surtout qu’ici elle est complètement avortée qu’elle n’apporte rien que des longueurs qui ralentissent et font perdre la trame principale de l’intrigue.

Malgré une accroche prometteuse,  une lecture qui ne m’a pas emballée, malgré la jolie plume de Kayla Olson et qui ne se démarque pas des dystopies déjà existantes L’intrigue paraissait intéressante, pour autant l’aspect écologique est très peu développé pour ne pas dire absent…

Kayla Olson habite au Texas avec sa famille. Elle adore la plage, mais détesterait échouer sur une île déserte. Si cela devait toutefois lui arriver, ses essentiels pour la survie comporteraient une cafetière à piston (et le café qui va avec), le chocolat le plus noir possible, et une flopée de stylos surligneurs. L’Empire de sable paraît en 2017 aux Éditions Robert Laffont et est en passe d’être adapté au cinéma par Leonardo DiCaprio en partenariat avec la Paramount. (Source Robert Laffont)

Challenge un pavé par mois                                                        Challenge polar 2017-2018

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Les chiens de Detroit de Jérôme Loubry

 

Parution : 11 octobre 2017 – Edition Calmann-Levy – Collection : suspense crime Prix papier : 18,90€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 306 – Genre : Thriller-roman noir-

 

Deux enquêtes à des années d’intervalles qui vont se télescoper et Jérome Loubry nous télescope dans une histoire classique avec des enlèvements d’enfants, mais avec une intrigue aux caractéristiques différentes et très bien amenée.

1998. Sept enfants sont assassinés, les journaux nomment le tueur « le Géant de brume », une légende locale. Stan Mitchell, qui mène l’enquête n’arrive pas à la mener à bien. Le tueur reste en liberté. Mais les meurtres s’arrêtent.

2013. Des enfants disparaissent, mais les corps sont introuvables. Stan Mitchell se retrouve aux côtés de Sarah Berkhamp pour mener l’enquête.

L’intrigue commence en mars 2013, par l’arrestation de Simon Duggan soupçonné d’être le Géant de brume.

L’auteur alterne les deux enquêtes avec des flashbacks entre le passé et le présent, jusqu’à ce que les deux périodes se croisent.

Une construction narrative, particulièrement réussie, qui se lit sur les chapeaux de roues. Un vrai page-turner, avec une plume fluide et directe Aucune fioritures, les chapitres sont courts et donnent à la lecture un rythme soutenu.

Les personnages sont très bien travaillés, leur complexité les rend humains et proches. Comme souvent, dans ce genre, ils sont torturés et là ils le sont particulièrement et le tout match bien…

La ville de Détroit est un personnage à part entière, puisque les descriptions sont tellement réelles que l’on se voit se balader dans ce Détroit glauque, pluvieux et triste… Cette ville, le rêve américain dans ce qu’il a de plus grand, n’est plus qu’un lointain souvenir, torturée, désertée par ses habitants. A l’image des personnages torturés…

La force de ce thriller, est ce parallèle que l’auteur crée entre cette ville meurtrie par le chômage, par ces meurtres et les personnages, ces deux flics que la vie n’a pas épargnée mais aussi ce Géant des Brumes, une légende urbaine… Mais qui prend vie…

Le lecteur fait une immersion dans ce Détroit gris et aura du mal à en sortir indemne, au même titre que les personnages que Jérôme Loubry malmène, torture et rend proches du lecteur…

Stan Mitchell flic alcoolique, violent, ne s’est jamais pardonné l’échec de la première enquête.

Sarah Berkhamp flic fragile, souffrant d’une petite schizophrénie avec hallucinations auditives.

Elle les appelle des impressions… Ces impressions qui peu à peu vont donner un côté étrange mais que l’auteur arrive à rendre très plausibles… Puisqu’elles nous guident vers la solution…

Les chiens de Détroit laissera une empreinte sur le lecteur, non pour ses personnages physiques, mais bien pour les descriptions de la ville. Des descriptions d’une grande qualité qui font de cette Ville un vrai personnage.

Né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il publie aujourd’hui son premier roman.

Challenge polar 2017-2018 –                  ABC 2017 _ Policier / Thriller

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La fille à la peau pâle et frêle de Jennifer Del Pino

 

Parution : 24 octobre 2017 – IS Éditions Collection Sueurs glaciales Prix papier : 13,90€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 160 – Genre : Thriller

 

Un roman atypique, proposé par IS Edition, « La fille à la peau pâle et frêle » entraine le lecteur dans l’esprit d’Élise une psychopathe de 25 ans, dérangée, je dirais même complètement barge, a un comportement étrange, puisqu’elle torture et tuent…

C’est un choix narratif original puisque nous faisons la connaissance d’une psychopathe, ce qui est assez déroutant. En effet, la majorité des psychopathes présentés dans les thrillers sont des hommes et j’ai trouvé très original de plonger les méandres d’un cerveau féminin, complètement tordu et malade… Surtout qu’elle assume cette nana !! Oui, elle assume et raconte avec détachement tout ce qu’elle a pu faire de plus horrible, au point parfois de ce demander si elle ne tire pas une certaine jouissance à se raconter…

Dans un premier temps, le personnage principal devient narratrice, elle se décrit, fait son propre portrait et en même temps le lecteur profite des pensées de sa dernière victime…

J’ai été impressionnée par le choix de l’auteur, de faire parler cette jeune femme qui explique pourquoi elle agit ainsi… Aucun regret, bien au contraire elle n’essaie pas de résister à ses pulsions…

Dans une deuxième partie, le lecteur va se voir raconter, aux différentes manières dont elle va faire mal… Elle aime ça… Elle en a besoin… C’est viscéral, au point d’en devenir incontrôlable… Une vengeance… Qui va prendre des proportions qu’elle n’avait peut-être pas mesuré…

Des extraits d’un carnet secret sont des uppercuts que l’auteur balance à son lecteur… Comme un électrochocs pour lui faire comprendre, qu’on ne devient pas psychopathe gratuitement… Que rien ne se fait sans raison…. Un enfant confronté au mal absolu… Dérive et bascule dans l’horreur…

Malgré une intrigue courte, ce livre a la construction atypique et dérangeante permet de passer un très bon moment en compagnie de « la fille à la peau pâle et frêle » même si j’ai parfois eu peur qu’elle m’entraine dans sa folie… Élise garde la tête froide et sait très bien qu’elle n’est pas comme tout le monde… Mais elle assume… Elle aime faire mal, elle aime tuer…

Merci à IS Editions pour cette lecture et pour la confiance qu’elle m’accorde.

Après un premier ouvrage publié sous pseudonyme et dont l’identité et le titre resteront secrets (éditions Mille Plumes, 2012), puis La vie et la mort des âmes blessées (éditions ABCD’r, 2016), La fille à la peau pâle et frêle est son premier thriller, publié chez IS Edition. Parmi ses titres publiés figurent également : Sophro-Aromathérapie (Mon petit éditeur, 2016), Huiles essentielles, bibliothèque des maux et remèdes (Editons Vie, 2017)

 Challenge polar 2017-2018          –          ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Miss Zombie, détective décharnée de Delphine Dumouchel

Parution : 8 octobre 2016 – Édition : Séma Editions – Collection : Séma’gique – Prix Numérique : 3,99€ – Prix papier : 10€ – Pages : 162 – Genre : Fantastique – Littérature jeunesse – Zombies

La couverture de Lou Ardan et Philippe Sombreval est drôle et l’humour qui s’en dégage donne le ton bien avant de plonger dans cette lecture.

Missy est une Zombie depuis 4 ans, elle vit sous terre avec d’autres zombis, alors que les humains vivent au-dessus et tentent de survivre. Elle est plus intelligente, disons que son cerveau tourne plus vite que les autres zombies. Elle n’a pas la mémoire qui flanche comme la plupart des zombis, mais dans son malheur elle ne peut plus marcher depuis le soir de sa transformation… Elle se déplace à l’aide d’un skate…

Sa copine Carole ne veut qu’une seule chose, devenir la reine du bal… Mais elle a un gros soucis… Un œil qui ne tient plus et qu’elle doit se faire recoller régulièrement…

Deux jeunes filles, pleine de vie dans leur zombitude… Suivent des cours pour leur permettre d’être inoffensives et civilisées… Un zombi, savant fou est enlevé et une menace plane sur les humains, elles décident de mener l’enquête…

Si vous aimez les histoires déjantées cette lecture est parfaite pour vous ou même pour les enfants. Mon fils de 10 ans a beaucoup aimé.

L’intrigue est simple avec une écriture accessible, des scènes drôle avec un humour présent tout le long.

Une lecture qui apprend l’auto-dérision et aide à prendre du recul sur la vie et ses aléas…

Des illustrations qui permettent de visualiser le récit et donnent corps aux personnages.

Un livre qui se lit tout seul, tellement l’ennui est absent, et cla malgré un sujet qui aurait pu paraître triste, puisque Missy et Carole sont mortes… Pourtant c’est tellement drôle qu’on oubli qu’elles ne peuvent avoir une vie normale…

La fin laisse présager une suite que nous avons hâte de découvrir.

Après avoir enseigné pendant 10 ans l’art de monter à cheval, l’arrivée de son deuxième petit gnome lui a confirmé qu’il était temps de s’envoler vers d’autres horizons. Commençant d’abord par la littérature adulte, son goût pour l’imaginaire et le rêve l’a vite rattrapée et dirigée à s’essayer à la littérature jeunesse mais elle aime garder un pied chez les « grands » et revient régulièrement avec des écrits sur des thèmes qui lui tiennent à cœur. Intervenante dans les écoles, médiathèques et centres de loisirs, Delphine aime avant tout partager et à travers ses textes, ouvrir à la discussion.

Challenge de l’épouvante 2017-2018

Petites histoires à faire peur… Mais pas trop de Frederic Livyns

Parution : 27 mai 2017 – Édition : Séma Editions – Collection : Séma’gique – Prix Numérique : 2,99€ – Prix papier : 10€ – Pages : 84 – Genre : Fantastique – Littérature pour enfants

Un livre qui surfe sur les peurs enfantines, et qui permettra d’appréhender la peur et de la dédramatiser autour de 4 histoires à faire peur…mais pas trop !

Les illustrations de Préscilla Grédé reflètent parfaitement ces histoires et permettent aux enfants à mieux visualiser les tableaux que l’auteur brosse avec talent et des mots justes. En tout cas mon fils a beaucoup apprécié…

4 nouvelles qui seront autant apprécié par nos enfants que par des adultes, dont les peurs n’auraient pas disparues… Puisqu’elles nous renverrons à nos peurs et nos angoisses…

« Le bois de la sorcière »

Ayleen et son petit frère Léo décident d’emprunter un chemin interdit par les parents… Afin de cueillir des fleurs pour l’anniversaire de leur maman, mais la sorcière qui vit dans ce bois, fait peur… Fait peur aux adultes, car la sorcière arriverait à faire perdre le chemin à celui ou celle qui oserait s’y promener…. Mais les adultes qui ont peur, ont peut-être simplement peur de la différence… Ces deux enfants apprendront à se forger leur propre jugement… 

« sous le lit »

Rien que le titre, est évocateur et nous renvoie à nos peurs… Et mon fils a beaucoup aimé celle-ci. Le « monstre » construit par l’auteur est beau et l’idée est excellente. L’imagination est poussée à son paroxysme avec ces bruits et les questions que se pose Bastien… L’imagination est l’ennemi de la réalité et souvent on se demande ce qui se cache dans le noir… La peur est palpable tout le long de cette lecture.

« La cachette mystérieuse »

Décidément Aylenn et Léo n’écoutent pas les adultes… Ils vont encore suivre un chemin interdit… Pourtant la seule chose que les adultes veulent c’est les protéger… De toute façon ils veulent savoir … Mon fils a beaucoup apprécié cette histoire, c’est celle qu’il a préféré.

« L’épouvantable »

Charlie et son petit frère Steven, sont dans une vieille ferme avec leur père pour les vacances. Steven croit voir des choses… Devant lui… Devant la maison… Dans les champs… Lorsqu’il est croit que la chose se rapproche de la maison. Mais qu’elle est cette chose ? L’imagination, la nuit, le noir, sont encore bien présents dans cette histoire…

Les adultes sont toujours représentés dans un rôle de protecteur et la présence des enfants dans les récits, permet aux jeunes lecteurs de se projeter et de s’identifier.  L’imagination des enfants est beaucoup plus fertile que celle des adultes, donc leurs peurs seront décuplées…

Chaque histoire se termine bien avec une explication à cette peur sous-jacente et au mystère qui l’entoure… Avec une jolie morale qui amène une réflexion que ce soit pour l’enfant ou l’adulte, permettant de démystifier les peurs enfantines.

Merci à mon partenaire Séma Edition pour sa confiance 🙂

Né en Belgique en 1970, Frédéric Livyns est très tôt attiré par le fantastique et s’y adonne avec passion depuis de nombreuses années. Il est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles, tant pour les adultes que pour un lectorat plus jeune.


Challenge de l’épouvante 2017-2018

Mon amie Adèle de Sarah Pinborough

 

Parution : 24 août 2017 – Éditions PréludesPrix papier : 16,90€ – Prix Numérique : 11,99€ – Pages : 448 – Genre : Thriller-Psychologique – Fantastique – Suspense

 

Un excellent page-turner qui ne laissera aucun lecteur indifférent… Un thriller-psycho-fantastique qui accroche le lecteur, tant par sa construction narrative que par son intrigue atypique.

Le tout commence comme un thriller psychologique classique, peu à peu l’auteur tisse les liens entre les personnages… Ces liens sont étranges, ce huis clos complètement atypique, va se fondre dans un thriller machiavélique, avec un triangle amoureux qui laisse entrevoir des relations bien tordues…

Tordues… J’aime ces relations qui reflètent ce qu’un être humain peut être amené à faire par amour… Par peur de perdre l’être aimé… Faire de son ennemie sa meilleure amie… Quelle drôle d’idée… Et pourtant l’auteur réussi le pari d’embrouiller le lecteur, au point parfois qu’il se demandera s’il ne s’est pas perdu dans les méandres de la folie… Mai qui est le plus fou des trois…

L’auteur sème le doute, en nous entrainant dans la tête des personnages, avec des chapitres courts qui sont tour à tour l’esprit de Louise et celui d’Adèle…

Adèle est LE personnage le plus intéressant, le plus abouti, dont la création a certainement demandé un travail important. J’ai adoré plongé dans son esprit et les chapitres la concernant sont des bijoux tellement la psychologie et la manipulation sont abordées avec finesse.

L’auteur, nous embraque dans une excellente intrigue, dans laquelle le lecteur pense tout comprendre, pense enfin avoir les réponses à ses questions que l’on n’ose poser de peur d’avoir compris trop tôt… Mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur qui nous retourne complètement le cerveau, en nous entrainant sur une autre piste…

Au-delà du thriller et du côté fantastique que l’auteur arrive à donner, c’est une lecture qui fait écho à l’infidélité,  qui montre l’obsession qu’elle peut entrainer lorsque l’on vit l’infidélité… C’est la marque au fer rouge qu’elle entraine, c’est la folie dans laquelle on peut facilement basculer, c’est toutes ces questions que l’on va se poser sur le pourquoi, le comment au point que la folie pointe le bout de son nez… Qui n’a pas été trompé et ne s’est pas posé ces questions ?

« Je pense au fait que celui ou celle qui est trompé reste dans l’ignorance et que, si on y réfléchit bien, la vie des gens n’est en général qu’un empilage de secrets et de mensonges. Sous la peau, on ne peut jamais véritablement voir qui est l’autre. »

Je remercie les éditions Préludes pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre atypique et addictif.

 

Sarah Pinborough est scénariste pour la BBC et écrit également pour les adolescents. En 2009, elle remporte le British Fantasy Award dans la catégorie Meilleure nouvelle, et en 2014 dans la catégorie Meilleure novella. L’auteure signe avec Mon amie Adèle son premier thriller, numéro 1 des ventes dès sa sortie dans le Sunday Times et en cours de traduction dans une quinzaine de pays.

 

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Challenge polar 2017-2018 –                  ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Tu vas mourir – Récits de l’assassin de Daniel Panizzoli

 

Parution : 29 septembre 2017 – IS Éditions Collection sueurs glacialesPrix papier : 13€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 116 – Genre : Thriller-psychologique

 

Un récit atypique ! 

L’auteur nous embarque dans 25 minis situations, qui peuvent se lire indépendamment et qui ne semblent avoir aucun lien entre elles sauf de mourir de manière parfois loufoque mais sans que l’auteur ne réussisse à embarquer son lecteur… 

L’auteur se sert de son alter égo, pour régler ses comptes et cela au détriment d’une intrigue digne de ce nom ou d’un fil conducteur permettant de créer un lien avec son lecteur. 

Jusqu’à la fin j’ai cherché à comprendre et trouver une justification à ces meurtres, à ces situations, malheureusement je ne suis pas friande des jugements de valeur ou des généralisations toutes faites, même si parfois l’auteur donne une justification qui peut sembler plausible, cela m’a plus énervé…

Les jugements surfaits sont malheureusement trop courants pour adhérer. 

« La fiction représente une partie de la réalité et tous ces hommes n’ont pas été choisis au hasard : tous représentent à ses yeux une plaie pour la société « 

L’auteur règle ses comptes… Aussi bien avec le père noël qu’avec des représentants de religions…. L’immigré venu profiter du système … Le député…. Le proc’ qui ne condamne pas comme il devrait… Le PDG d’hypermarché qui profite sur le dos des petits producteurs….

Comme le dit l’alter Ego de l’auteur 

« toutes ces informations ne représentent que les pensées de l’Auteur, son propre avis sur des idées personnelles ou en rapport avec certaines expériences vécues ou constatées. »

Nous sommes ici en présence d’un récit court, par lequel l’auteur « tire » sur tout ceux qu’il jugent contreproductifs et surtout que lui juge mauvais. Mais ce que lui pense ne peut être une généralité comme il le présente ou comme il a pu y être confronté… 

Comme je ne porterais de jugement sur le vécu de l’auteur… J’aurais souhaité que lui ne mettent pas tout le monde dans le même sac… Et je dois dire que J’aurais préféré ne pas lire les explications emplies de jugements de valeurs sur telle ou telle catégories…

Comme si l’auteur voulait faire payer ceux qui l’ont jugé et balancer ses récriminations pour justifier ses propres fautes….

L’auteur critique une société à travers chaque chapitre sur lesquels il revient en nous donnant ses explications… Malgré ses explications, je n’ai pas adhéré, certainement que son point de vue est bien différent du mien… Et les clichés jalonnent trop ce récit pour que je puisse y trouver mon compte, car coller des étiquettes est trop facile… Le plus difficile étant de s’extraire de tout cela et de vouloir comprendre et aller vers l’autre…

J’ai apprécié que l’auteur se serve d’un alter égo l’Auteur, l’idée est très intéressante et habilement travaillée.

Je sais qu’il faudrait prendre les choses au second degré, malheureusement mes convictions profondes ne peuvent me faire adhérer à ces jugements et clichés, même au second degré.

Merci à IS Editions pour cette lecture et pour la confiance renouvelée.

Daniel Panizzoli a grandi dans un quartier peu fréquentable avec un père violent, une mère renfermée sur elle-même, et un frère de 3 ans son ainé qui l’ignore.

Livré à lui-même, il va passer sa jeunesse dans la rue entre délinquance, drogues, et alcool, entrainant des péripéties incroyables qu’il narrera dans « Michto ou la haine crescendo » (2012), son premier livre.

Aujourd’hui parfaitement inséré dans la société, il nous fait partager son amour de l’écriture par ses écrits, racontés avec passion et une bonne dose d’humour.

La nuit les loups de Vernet Hanna

 

Parution : 24 novembre 2017 – IS Éditions Collection Romans Prix papier : 12€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 104 – Genre : Thriller-psychologique

 

A la vie à la mort… Quand la noirceur de la vie laisse son emprunte indélébile sur toi… Dans ta mémoire, qui pour faire face décide de « buguer » pour survivre… Ça donne un livre avec ce titre qui semble étrange… Mais qui prendra tout son sens…

L’auteur, Hanna Vernet retrace avec une plume précise, l’histoire de ce couple à la dérive… Un couple dont la vie à deux est parsemée de doutes, de questionnement, qui peu à peu ne se connaissent plus… Enfin ont-ils seulement appris à se connaitre ? Ont-ils voulu s’apprivoiser ? Se confier ?

C’est une lecture très intéressante sur la communication, sur les mensonges que l’on peut faire consciemment ou par omission… Mais pas seulement… Il arrive parfois que la vie nous écrase avec ce qu’elle a mis sur nos routes et parfois notre cerveau n’a qu’une envie… Se mettre en pause… Mais sans compter sur le subconscient et là l’auteur arrive avec talent à faire surgir tout ce qui a pu être refouler par l’un des personnages.

Des personnalités complexes et chaque trait décrit les rend familier et on ne peut que vouloir comprendre, si les rêves, au sens réel du terme, de l’un, ne seront pas la perte de l’autre….

Malgré tout ce qui oppose ces deux êtres, qui se trahissent, se détestent parfois, mais restent ensemble… Comme une domination de l’un sur l’autre… Jusqu’au jour où la séparation inéluctable sera révélatrice des blessures de l’autre…

L’auteur nous entraine dans une atmosphère assez glauque, entre rêve et réalité, la frontière est parfois mince et au lecteur de trouver le ton… Entre les hallucinations, les souvenirs et les secrets, entre passé et présent…

La trame utilisée par l’auteur peu être déstabilisante, mais prend peu à peu sens et on en arrive à craindre cette fin qui arrive… Qu’on devine… Mais, qu’on pense impossible… Pourtant si l’auteur nous balance, sans fioriture, un uppercut que je n’ai pas vu venir… Avec une précision saisissante, elle illustre la perte de repère, la peur de cette vérité que l’on devine, l’impossible construction après un choc psychologique.

Le cerveau humain a cette capacité de nier l’évidence, au point que cela peut-être déconcertant… On refuse parfois de se souvenir, non par choix, mais pour se protéger de l’horreur que l’on a vécu… La noirceur de la vie est pourtant toujours tapie aux tréfonds de nous , prête à surgir et à nous dévorer, comme le ferait un loup…

Le parallèle que l’auteur fait entre le refoulement et les loups est une image très parlante, surtout pour un lecteur dont la vie aura été parsemée de chocs et pour qui les loups sont venus hurler dans la nuit… Le déni ne peut rester sous-jacent une vie entière et il faut parfois affronter ses démons, ses loups… Pour avancer et se construire…

L’être humain ne peut avancer avec les blessures que son âme n’aura pas apprivoisé, pour apprivoiser son moi profond et surtout le loup qui sommeil en lui…

Nous avons tous notre loup et si nous voulons avancer, construire, aimer le mieux est d’apprendre à le dompter… Pour se comprendre, mais surtout pour aider l’autre à comprendre notre personnalité, nos silences, nos peurs…

Avec un récit court mais dense, avec des personnages meurtris, l’auteur aborde la résilience, le déni et la capacité qui se trouve en chacun de nous de trouver sa voix profonde et écouter ces blessures pour les apprivoiser et apprendre à vivre avec… Et ne surtout pas rester sourd aux loups qui hurlent en chacun de nous…

Merci à IS Editions et à Babelio, pour cette lecture. Je suis déjà fan de cette maison d’édition et ce récit ne fait que confirmer mon sentiment.

Hanna VERNET est née en 1989, à Toulon. Après une licence de Lettres et un master de recherche en Imaginaires et Genèses littéraires à l’Université, elle prépare actuellement une thèse en littérature comparée.
Parallèlement, Hanna Vernet est chargée de cours en licence de Lettres Modernes à l’Université et travaille sur les droits des femmes et le féminisme en organisant régulièrement des conférences-débats autour de la question. Hanna Vernet signe également des chroniques dans diverses revues culturelles.
Après de multiples publications universitaires, Hanna Vernet revient à ses premières amours, la littérature, en publiant « Les rêves en noir et blanc », son premier roman.

Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith

 

Parution : 24 août 2017 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 450 – Genre : Thriller- Polar –

 

Aucun espoir de sortir de cette lecture indemne! Aucun espoir de reprendre son souffle, dans cette noirceur qui te colle à la peau dès les premières lignes… Dès les premières lignes tu sais que tu vas plonger dans un abîme de désespoir sans fond, sans possibilité de t’en sortir, au même titre que ces personnages complètement meurtris, que la vie n’a pas gâté, mais surtout que la vie pousse à faire des choix parfois contradictoires, mais nous, lecteur qu’aurions nous fait ? Qu’aurions nous proposer pour nous extirper de cette moiteur étouffante qui te colle à la peau ? Aurions-nous pu faire des choix différents ?

L’auteur nous entraine dans un récit lent, mais salvateur, au rythme des balades en pick-up de Russel, fraîchement sorti de prison après 11 années derrière les barreaux…. C’est peu à peu que l’on apprend pourquoi… C’est peu à peu que l’on comprend le désespoir de la vie qui bascule en une fraction de seconde… Sa sortie de prison ne sera pas de tout repos… En même temps Russel est-il prêt à se reposer ? Est-il prêt à laisser le fardeau de la culpabilité qu’il traine avec lui sur la route des kilomètres qu’il égéenne ?

« Le soir parfois je m’asseyais sur la véranda et ce que j’entendais c’était comme si la fin du monde avait eu lieu et qu’il y avait plus personne sur terre. »

Peut-être pense-il pouvoir le faire avec Maben… Maben qui se retrouve sur le chemin de Russel… Les hasards sont parfois tellement étranges, qu’on se demande si le Dieu écrivain ne manipule pas quelque peu son lecteur, pour l’entrainer encore plus dans la déchéance humaine… Une déchéance larvée, qui est présente à un virage… Un virage que la vie te fait prendre, sans que tu puisses le voir, l’appréhender… Un virage que tu prends parfois trop vite qui fait tout exploser en mille morceaux… Et là ta vie, git à tes pieds et tu ne peux que tenter de ramasser les morceaux… Tenter de recoller… Mais attention, même quand on recolle un vase, le vase n’est plus pareil… Ainsi va la vie… Ainsi va la vie de ces deux êtres dont les chemins se croisent…

C’est noir, c’est profond, c’est moite de cette chaleur qui étouffe, comme cette vie qui étouffe nos personnages… Fuir, fuir pour tenter d’aspirer cet air qui vient à manquer… L’air qui se raréfie, au rythme des lignes, des pages qui sont de plus en plus sombres…

Le lecteur se lie à sa lecture, d’amour et de haine tout à la fois… D’amour de ces lignes et de ce style narratif déstabilisant, que l’auteur emprunte… Comme pour faire un parallèle avec les dégâts de la vie… Une écriture incisive et tellement descriptive que le lecteur se prend une claque dans les deux sens du terme. La première, parce que cette écriture est inhabituelle et la seconde quand on comprend où l’auteur nous emmène… Il nous prend par la main doucement, avec précaution, pour ensuite balancer un uppercut à son lecteur qui comprend qu’il a été pris au piège… Comme les personnages… Pris au piège d’une vie sans issue… D’une vie morne… Noire… Et tellement laide…

On avance, on suit ces êtres malmenés, qui cherchent l’absolution… Le pardon… Cherchant la paix… Une lueur d’espoir… Car l’humain est ainsi fait, il garde l’espoir même dans les moments les plus sombres.

« Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir…. »

Le titre en anglais « Desperation Road – La route du désespoir » est très évocateur et retranscrit parfaitement l’ambiance. Michael Farris Smith nous entraine « nulle part sur la terre » pour nous montrer la route, le chemin et même si j’ai été saisie par quelques longueurs, l’auteur est arrivé à me faire comprendre que ces longueurs sont salvatrices, aussi bien pour moi dont la lecture se fait parfois en apnée… Que pour ses personnages fracassés par la vie, qui cherchent la lumière… Au bout de la route… L’espoir est là…

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

Michael Farris Smith est nouvelliste et romancier. Il est titulaire d’un doctorat (Ph.D.) de l’University of Southern Mississippi. Il a été professeur associé d’anglais au département de langues, littérature et philosophie à la Mississippi University for Women à Columbus. Après « Une pluie sans fin » (Rivers, 2013), « Nulle part sur la terre » (Desperation Road, 2017) est son deuxième roman. « The fighter » sortira en mars 2018.

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Challenge polar 2017-2018 – ABC 2017 _ Policier / Thriller

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