Archives pour la catégorie Masse critique Bablio

Que la guerre est jolie de Christian Roux

 

Parution : 7 février 2018 – Rivages EditionsPrix papier : 19,50€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 300 – Genre : Policier

 

Bizarre ce titre ? Un peu… Intriguant ? Beaucoup…

La référence à Guillaume Apollinaire est le fil conducteur de cette intrigue ancrée dans notre présent.

« Ah Dieu ! que la guerre est jolie Avec ses chants, ses longs loisirs. »

Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918), Calligrammes, « L’Adieu du cavalier » (1918)

Ancienne ville ouvrière, Larmon se retrouve au centre d’un imbroglio qui oscille entre le grand banditisme, les petites frappes et des politiciens véreux, en passant par les barbus qui souhaitent en faire leur terrain de jeu…

Une réalité sociale et urbaine qui déroute, que l’on connaît, mais que l’on ne souhaite pas nécessairement approfondir, histoire de ne pas avoir envie de vomir… Une intrigue bien dans son temps, sans concession et armée d’une plume vive et visuelle.

Dès le premier chapitre on sait qu’on part en guerre… Mais une guerre qui aura un sens différent pour chacun des protagonistes. Une guerre, une lutte de tout les instants pour tenter de sauver ce qui peut l’être ou détruire ce qui doit l’être…

Les tranchées sont à nos portes, sont au cœur de Larmon et pas seulement un vague rappel historique. Elles ont juste changé de visages et ceux qui les creusent ne le font pas pour les mêmes raisons…

Avec une plume âpre, l’auteur trace la route de ses personnages qui naviguent dans une réalité déconcertante. Sous couvert d’un polar, leur quotidien est décrit avec une rare sincérité, empreinte d’empathie.

On sent le vécu, la noirceur des êtres qui ne pensent qu’au profit, qui ne pensent qu’à assoir leur suprématie au détriment des gens simples qui ne demandent qu’une chose, qu’on leur foute la paix. Mais la paix n’est qu’un souhait… Que certains tuent dans l’œuf histoire de bien exploser tout le monde.

Les personnages sont très bien travaillés, permettant au lecteur de s’identifier ou d’identifier les comportements, les propos de chacun. Chacun a la parole, qui se veut crue et sans détour. Leurs combats, leurs envies, leurs idéaux sont palpables, sans aucun jugement de l’auteur qui se contente de décrire avec une certaine empathie le quotidien d’une ville en décrépitude, mais dont les habitants souhaitent faire un nid douillet pour certains, une terrain de jeu ou une zone de guerre pour d’autres…

La lecture est parsemée de souvenirs de guerres, d’Irak, de Syrie… Comparaison fort bien à propos avec Larmon. Même si le pari est osé, l’auteur en tire une intrigue très bien construite, menée avec brio.

En refermant ce livre, on a le cœur lourd, mais en même temps léger. Lourd d’avoir pris en pleine face une réalité que l’on tente de ne pas voir, léger d’avoir découvert une intrigue rondement menée et une plume empreinte d’empathie de douleurs qui démontre que la vie est belle et qu’il faut se battre pour la vivre.

Christian Roux propose une intrigue sociétale en pleine confusion, qui fait échos à la notre et c’est tellement actuel que c’est déconcertant…

Je remercie Babelio ainsi que les éditions Rivages, sans qui je serais passée à côté d’un roman percutant de réalisme.

Né en 1963. Lauréat au concours général d’éducation musicale en 1981. Tout à tour instituteur, berger, employé de librairie, caissier, magasinier, coursier, déménageur de décor, machiniste constructeur, pianiste de bar, peintre en bâtiment… Il devient intermittent du spectacle en 1997 et parvient à ne plus se consacrer qu’à la musique et à l’écriture. Christian Roux s’était fait remarquer entre autres avec son roman Braquages. Après le discret Placards, il prouve avec Les ombres mortes qu’il fait plus que tenir ses promesses, entraînant son lecteur dans un machiavélique récit où le suspense fait écho au tragique dans un jeu de perpétuels rebondissements. Il n’oublie pas pour autant ses premiers amours : la musique. Il continue dans cette voie en illustrant musicalement une pièce de théâtre. Illustration qui obtient le prix de la critique.

 

 

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La nuit les loups de Vernet Hanna

 

Parution : 24 novembre 2017 – IS Éditions Collection Romans Prix papier : 12€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 104 – Genre : Thriller-psychologique

 

A la vie à la mort… Quand la noirceur de la vie laisse son emprunte indélébile sur toi… Dans ta mémoire, qui pour faire face décide de « buguer » pour survivre… Ça donne un livre avec ce titre qui semble étrange… Mais qui prendra tout son sens…

L’auteur, Hanna Vernet retrace avec une plume précise, l’histoire de ce couple à la dérive… Un couple dont la vie à deux est parsemée de doutes, de questionnement, qui peu à peu ne se connaissent plus… Enfin ont-ils seulement appris à se connaitre ? Ont-ils voulu s’apprivoiser ? Se confier ?

C’est une lecture très intéressante sur la communication, sur les mensonges que l’on peut faire consciemment ou par omission… Mais pas seulement… Il arrive parfois que la vie nous écrase avec ce qu’elle a mis sur nos routes et parfois notre cerveau n’a qu’une envie… Se mettre en pause… Mais sans compter sur le subconscient et là l’auteur arrive avec talent à faire surgir tout ce qui a pu être refouler par l’un des personnages.

Des personnalités complexes et chaque trait décrit les rend familier et on ne peut que vouloir comprendre, si les rêves, au sens réel du terme, de l’un, ne seront pas la perte de l’autre….

Malgré tout ce qui oppose ces deux êtres, qui se trahissent, se détestent parfois, mais restent ensemble… Comme une domination de l’un sur l’autre… Jusqu’au jour où la séparation inéluctable sera révélatrice des blessures de l’autre…

L’auteur nous entraine dans une atmosphère assez glauque, entre rêve et réalité, la frontière est parfois mince et au lecteur de trouver le ton… Entre les hallucinations, les souvenirs et les secrets, entre passé et présent…

La trame utilisée par l’auteur peu être déstabilisante, mais prend peu à peu sens et on en arrive à craindre cette fin qui arrive… Qu’on devine… Mais, qu’on pense impossible… Pourtant si l’auteur nous balance, sans fioriture, un uppercut que je n’ai pas vu venir… Avec une précision saisissante, elle illustre la perte de repère, la peur de cette vérité que l’on devine, l’impossible construction après un choc psychologique.

Le cerveau humain a cette capacité de nier l’évidence, au point que cela peut-être déconcertant… On refuse parfois de se souvenir, non par choix, mais pour se protéger de l’horreur que l’on a vécu… La noirceur de la vie est pourtant toujours tapie aux tréfonds de nous , prête à surgir et à nous dévorer, comme le ferait un loup…

Le parallèle que l’auteur fait entre le refoulement et les loups est une image très parlante, surtout pour un lecteur dont la vie aura été parsemée de chocs et pour qui les loups sont venus hurler dans la nuit… Le déni ne peut rester sous-jacent une vie entière et il faut parfois affronter ses démons, ses loups… Pour avancer et se construire…

L’être humain ne peut avancer avec les blessures que son âme n’aura pas apprivoisé, pour apprivoiser son moi profond et surtout le loup qui sommeil en lui…

Nous avons tous notre loup et si nous voulons avancer, construire, aimer le mieux est d’apprendre à le dompter… Pour se comprendre, mais surtout pour aider l’autre à comprendre notre personnalité, nos silences, nos peurs…

Avec un récit court mais dense, avec des personnages meurtris, l’auteur aborde la résilience, le déni et la capacité qui se trouve en chacun de nous de trouver sa voix profonde et écouter ces blessures pour les apprivoiser et apprendre à vivre avec… Et ne surtout pas rester sourd aux loups qui hurlent en chacun de nous…

Merci à IS Editions et à Babelio, pour cette lecture. Je suis déjà fan de cette maison d’édition et ce récit ne fait que confirmer mon sentiment.

Hanna VERNET est née en 1989, à Toulon. Après une licence de Lettres et un master de recherche en Imaginaires et Genèses littéraires à l’Université, elle prépare actuellement une thèse en littérature comparée.
Parallèlement, Hanna Vernet est chargée de cours en licence de Lettres Modernes à l’Université et travaille sur les droits des femmes et le féminisme en organisant régulièrement des conférences-débats autour de la question. Hanna Vernet signe également des chroniques dans diverses revues culturelles.
Après de multiples publications universitaires, Hanna Vernet revient à ses premières amours, la littérature, en publiant « Les rêves en noir et blanc », son premier roman.

La Nature des choses de Charlotte Wood

Parution : 6 septembre  2017 Éditions du Masque  Prix papier :  20,90€ – Prix Numérique : 14,90€ – Pages : 288 – Genre : Thriller

Premier roman de l’auteur à être publié en France par les éditions du Masque que je remercie pour ce livre arrivé dans mon escarcelles grâce à Babelio que je remercie également.

J’étais ravie de découvrir ce livre qui promettait un bon moment de lecture avec une 4ème de couverture intrigante…

Au début on plonge facilement dans l’histoire de ces dix femmes emprisonnées au milieu du désert australien. L’intrigue plante un décor noir, dans un bush australien aride, sec à l’image de la sécheresse et la rudesse humaine à laquelle sont confrontée ces femmes, dont le seul tord est d’être femme indépendante, dans un monde dominé par les hommes, par l’image que la société a des femmes qui ont la mauvaise idée d’assumer leur sexualité… Aventure avec un homme politique, participante à l’émission « The Voice » séduite par le producteur, « Escort girl »…

Ces femmes, qui se veulent sur un pied d’égalité avec les hommes, mais que la société juge… Car ce qui n’est pas choquant pour un homme, l’est pour une femme… Le qualificatif est toujours négatifs vis à vis d’une femme qui aura eu une aventure sans lendemain… Ou aura eu une aventure avec un homme marié… Elles sont punies pour ces comportements… Du moins, c’est ce qu’elles pensent.

Le thème en lui-même est très intéressant et pose une vraie question sociétale…. Pour autant, ce livre qui a remporté plusieurs prix en Australie, a également causé de vifs débats…

J’ai été assez déstabilisée par les choix de l’auteur qui, sans jamais dévoiler le comment, distille une histoire intrigante, entièrement dans la suggestion… Le lecteur est mis à contribution et son imagination est titillée car plusieurs suggestions sont proposées à travers les pensées de ces femmes, mais sans jamais apporter une réponse claire…

Une lecture qui oblige le lecteur à ne pas être passif, à ingurgiter les informations… Le cerveau est en ébullition et on ressort de là un peu vidé.

Vidée, frustrée de ne pas en savoir plus sur ces femmes, mais épatée par la description que l’auteur fait des sentiments humains et surtout du désir de vivre coûte que coûte…

Les descriptions sont parfois à la limite du supportable mais mettent l’accent sur l’état d’esprit des protagonistes qui vont se retrouver enfermés, tout autant ces femmes que leurs geôliers… Et les rapports de force vont s’inverser…

Je m’attendais à un thriller mais je me suis trouvée embarquée dans un huis clos déstabilisant tout en suggestion et dans lequel la nature humaine est montrée telle qu’elle est… Dure, noire et animale…

Charlotte Wood est l’auteur de cinq romans et de deux documents. Elle est titulaire d’un BA de l’Université Charles-Sturt, d’un master de l’Université technologique de Sydney et d’un doctorat de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud. « La Nature des choses » (The Natural Way of Things, 2015), son cinquième roman et le premier traduit en français, a connu un succès retentissant en Australie en remportant de nombreux prix littéraires dont le prestigieux Stella Prize en 2016. Il sera publié dans neuf pays et une adaptation cinématographique est en cours. Charlotte Wood vit à Sydney.

Challenge polar 2017-2018 – ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Nini Zombie, tome 1 : Celle qui n’existait plus de Lisette Morival et Fabrizio Borrini

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Nini est morte. Ce pourrait être la fin mais c’est le début d’une nouvelle aventure pour la jeune fille devenue un zombie. Mais rien n’est simple dans sa nouvelle vie. En renaissant, Nini a perdu la mémoire et ne se souvient que d’une chose : elle est dessinatrice. Mais qui est-elle vraiment ? Pourquoi le professeur Spirit l’a-t-il ramenée à la vie ? Et qui est Zékiel, ce feu follet qui se prétend éperdument amoureux d’elle ? En partant à la recherche de son passé, Nini va prendre de gros risques. En effet, un lourd secret plane sur sa famille et de nombreuses personnes souhaiteraient qu’elle reste amnésique. Et puis surtout, la mort rôde et elle est prête à tout pour récupérer l’âme perdue de « celle qui n’existe plus ».

Editions : Kennes Parution :Mai 2016 Pages : 165  Prix : 12,90

Dessins Fabrizio Borrini Scénarios Lisette Morival

La couverture moderne et fantastique, donne le ton à cette histoire de zombies. Un roman, avec cette thématique destiné à un jeune public est assez rare pour le souligner.

Nini Zombie est une une bonne surprise. L’intrigue est pleine de suspense d’actions et de rebondissements, ce qui donne un rythme assez dynamique doublée d’une écriture fluide.

Les évènements s’enchainent au retour de colonie de vacances de Nini et sa soeur Eloïse, lorsque les parents ne viennent pas les récupérer. Le lecteur est vite immergé dans la situation de ces deux jeunes filles, avec un récit court pour encourager les jeunes lecteurs et donner goût à la lecture.

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Je l’ai lu en une journée et je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer !

L’histoire est assez noire : des zombies, des savants fous, la Mort… mais le tout présenté d’une manière joviale et à aucun moment on tombe dans le glauque ou le morbide.Peut-être ce livre permet-il aussi d’aborder la mort…

Le livre est parsemé de petites illustrations représentant certaines scènes abordées, ce qui rend la lecture fluide et distrayante.

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Merci à Babelio et aux éditions Kennes pour l’envoi de ce roman jeunesse

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Comédienne, éditrice, écrivaine, ainsi qu’une scénariste française de bande dessinée, institutrice puis professeur de français, Lisette Morival aime par-dessus tout l’écriture. Elle a enseigné d’abord dans son pays natal, la France, puis décide de partir exercer aux États-Unis en 1983.
Elle reprend à 30 ans des études de journalisme et se consacre notamment à la création de magazines pour enfants au sein des plus grandes sociétés de presse françaises. Elle a été le 9ème rédacteur en chef du Journal de Mickey, succédant à Marion Desjardins. en février 2003, Lisette devient la rédactrice en chef du magazine de mode pour adolescente, W.i.t.c.h. Mag. En 2006, Lisette Morival scénarise deux histoires mettant en scène Winnie l’ourson et ses amis. En 2013, elle crée sa propre société d’édition, Didascalie.En parallèle, elle écrit des romans et des nouvelles dont deux recueils de souvenirs d’enfance coécrits avec Philippe Delerm. Elle est aussi l’auteur de nombreuses pièces de théâtre, jouées régulièrement sur les scènes parisiennes, et de pièces radiophoniques pour France Musique.

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Fabrizio Borrini est né à Liège le 14 avril 1960. D’aussi loin qu’il se souvienne, Fabrizio Borrini a toujours eu la fibre artistique. Dès ses quinze ans, il entre à l’Académie des Beaux-Arts de Liège où, à défaut de fréquenter assidûment les cours, il hante les couloirs, s’imprègne de l’atmosphère artistique des lieux et discute bande dessinée avec d’autres mordus.Son envie de faire de la BD est de plus en plus forte. Dans les années 80, Fabrizio Borrini publie « Suplex et Caltex » aux éditions Magic Strip. Ce premier album a un très bon accueil et lui ouvre les portes… de la publicité et du multimédia. Entre la réalisation de génériques pour la télé, de décors pour le théâtre et de publicités, Borrini n’a plus beaucoup de temps à consacrer à la BD. Ce n’est qu’en 1994 qu’il fait son retour dans le monde de la bande dessinée. À la demande du rédacteur en chef de l’époque, il entre dans la grande famille du Journal Spirou. Il animera tout d’abord la satire « Test à claques » avec Janssens au scénario. Toujours avec Janssens, il réalise par la suite une série d’histoires courtes. Viennent enfin les enquêtes délirantes de « L’inspecteur Zbu » qu’il anime avec Omond.