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LES JUMELLES DE CLAIRE DOUGLAS

 

Parution :19 octobre 2016 –HarperCollins NoirPrix broché : 17,90€ – Prix poche : 7,50€ – Prix Numérique : 3,49€ – Pages : 352 – Genre : Thriller-psychologique-romance

 

Avec ce titre, HarperCollins lance en octobre 2016 sa nouvelle collection HarperCollins noir, qui oscille entre thriller et romance, mais une romance un peu différente de celles que nous connaissons, un brin tordue… Malsaine…

Claire Douglas, nous entraine dans un monde qui fascine : la gémellité, traitée sous l’angle du thriller psychologique et même si c’est étrange, on tente de suivre l’auteur dans son récit, qui se veut parfois trop répétitif, ce qui gâche vraiment la lecture.

Malgré une couverture digne d’intérêt ainsi qu’un résumé assez alléchant, j’avais un peu peur que la romance prenne le pas sur l’intrigue. Alors même si romance il y a, on fait comme moi et on lit avec détachement… Parce que pour les scènes d’amour, on repassera, trop téléguidée à mon goût… Bon en même temps, je ne suis pas bon public…

Pas mal de personnages secondaires, assez bien construits, que l’auteur arrive à faire intervenir d’une manière ou d’une autre, en leur donnant un rôle selon leur degré d’intervention

Sans être un livre inoubliable, ça se laisse lire, grâce aux comportements complètement ambivalents de certains personnages, qui sont difficiles à cerner. Dommage, que certaines longueurs, viennent ajouter un manque de cohérence….

Les rapports humains, dans ce qu’il peuvent avoir de plus malsains, sont décortiqués, mais il m’a manqué le petit plus que l’on peut trouver dans un thriller psychologique bien glauque, qui permet d’avoir de l’empathie ou du dégoût.

Je ne me suis attachée à aucun des protagonistes, sauf peut-être la meilleure amie (dont je ne me souviens plus du prénom…) qui en fin de compte est la seule à avoir assez de recul pour se poser les bonnes questions.

Malgré, la manipulation dont semble être victime Abi, entre la disparition de ses médicaments, des bijoux, des lettres… On joue avec sa santé mentale, pourtant je n’ai pas ressenti l’angoisse que cela procure, même lorsqu’elle reçoit pour son anniversaire un bouquet offert par sa sœur morte…

Pourtant l’auteur, tente de brouiller les pistes, en orientant son lecteur, mais quand on est fana de thriller, les ficelles sont trop grosses.

Malgré toutes les interrogations que le lecteur peut avoir, l’intrigue reste plate, linéaire, sans aucune tension, même quand l’auteur écrit que la tension est à son comble… Les scènes sentimentales, qui auraient pu faire basculer le roman vers une romance avec la manipulation qui aurait pris le pas, n’arrive pas à tirer son épingle du jeu.

« Quand il relève la tête, un élan de désir parcourt mon corps », « Comme il se met à retirer mes vêtements, je lui demande s’il est sûr de ce qu’il fait et il répond que oui. »

Malgré un final inattendue, on se pose pas mal de question tout le long du livre, ce n’est pas une explosion, il semble écrit à la hâte, comme s’il avait été trouvé sur un coin de table, sans avoir été travaillé.

Un côté trop rapide,  qui peut laisser penser que l’auteur hésitait entre romance et thriller… Le choix n’a pas semblé facile et cela se ressent.

Une histoire convenue avec un environnement romanesque, le tout reste d’une bonne qualité pour un premier roman, mais un roman, Young Adult plus que Adulte… Qui plairait certainement à un public plus jeune que moi et surtout moins connaisseurs. Ça reste un thriller, tout en étant léger, sans développement trop compliqué, accessible à un public non averti.

Je remercie les éditions HarperCollins ainsi que NetGalley pour cette lecture.

Pendant quinze ans, Claire Douglas a été journaliste pour la presse féminine et des quotidiens nationaux. Mais c’est à une carrière d’écrivain qu’elle se destine depuis toujours. Une ambition qui se concrétise lorsqu’elle remporte, avec Les jumelles, le concours du premier roman organisé par Marie Claire UK. Claire Douglas vit à Bath, en Angleterre avec son mari et leurs deux enfants.

 

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mange tes morts de Jack HEATH

Parution : 22 mars 2018 – Super 8 Editions Prix papier : 19€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller-Polar

 

Super 8 est une de ces maisons d’édition qui t’alpague rien qu’avec un titre et une couverture qui ne laisse rien entrevoir… Ou si peu…

Avec ce premier roman, Jack Heath auteur australien de livres pour enfants, change complètement de registre et autant vous dire qu’il ne fait pas dans la dentelle….

L’intrigue en elle-même est assez classique, mais là où l’auteur arrive à retourner le cerveau du lecteur, c’est lorsqu’il présente Timothy Blake, consultant aux capacités intellectuelles hors du commun, qui aide le FBI sur ses enquêtes les plus compliquées… Timothy a un flair infaillible pourtant il a une addiction, un petit secret…

Il a beau être un homme complètement en décalage avec notre réalité, avec qui je ne resterais certainement pas seule dans la même pièce, je me suis réellement attachée à lui ! Malgré sa tendance complètement psychotique, on ne peut pas le détester !

L’auteur, Jack Heath a construit son personnage d’une manière surprenante, c’est l’archétype du héros et pourtant il est tellement sympathique.

Son enfance, lui colle à la peau et sa vie d’adulte n’est pas meilleure… Il a été privé de ses parents, a vécu en foyer, dans la rue, il n’hésite pas à mentir, à voler, pour survivre..

Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins…

Outre le mystère qui entoure l’enquête de Timothy, l’auteur fait démarrer chaque chapitre par une énigme, ce qui est assez original et nous rappel constamment que résoudre les énigmes est l’activité principale qui permet à Timothy de gagner sa vie…

La plume de l’auteur est prenante, incisive et très visuelle, permettant au lecteur de facilement s’immerger dans cette enquête, beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît…

Mais surtout, c’est hyper addictif avec des rebondissements qui apportent une réelle dynamique au récit, avec des révélations qui éclairent aussi bien l’enquête que notre personnage principal… On plonge directement et je dois dire que c’est jouissif tellement c’est bon, sanglant, répugnant… Et pourtant Timothy Blake ne se défile pas, il est très lucide sur ce qu’il est et surtout sur son addiction, c’est un personnage ambigu, horrible mais tellement attachant ! C’est ce qui peut déstabiliser le lecteur, ne pas arriver à le détester !

C’est un homme complexe que l’auteur dépeint avec recul et empathie en nous expliquant le déclencheur de ses pulsions, mais surtout comment il en est arrivé à travailler avec le FBI.

L’agent Thistle, est son opposée, elle apporte une réalité à cette intrigue un peu barrée, puisqu’elle nous montre que le passé, même s’il peut déterminer notre avenir, peut aussi être différent suivant le chemin que l’on choisit.

Jack Heath avec Mange tes morts, nous entraine dans un thriller imprévisible et complètement addictif, dont on se plait à imaginer une suite…

Je remercie les éditions super 8 ainsi que NetGalley pour cette lecture.

Jack Heath est né en 1986 en Australie. Il peut déjà se prévaloir d’une imposante bibliographie jeunesse : une vingtaine de romans, régulièrement traduits et retenus pour le petit et le grand écran. Mange tes morts, son premier texte pour adultes, ne saurait être conseillé, de son propre aveu, aux moins de 18 ans. 

Possession de Paul Tremblay

 

Parution : 22 mars 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller- horrifique –

 

Un titre, une couverture, l’auteur joue sur nos peurs les plus profondes…

Sans être un gage de réussite, la petite phrase de Stephen King, fait son effet… Pour peu que l’on commence sa lecture, en pleine nuit…

Nuit, noire et profonde… Et on commence à flipper…

Je recherche désespérément LE livre qui arrivera à me faire peur… Cette peur qui te prend aux tripes, qui te prend dans ses griffes… Il y a bien longtemps que je ne l’ai pas ressenti… Du coup avec ce titre, j’espérais…

Marjorie Barrett, une adolescente américaine de 14 ans se met à avoir un comportement bizarre. Ses parents l’emmènent consulter un psy, mais la situation empire et devient incontrôlable…. Ils se tournent vers un prêtre… N’arrivant plus à joindre les deux bouts, entre le chômage du père, les frais médicaux… La famille  accepte de faire partie d’une télé réalité allant jusqu’à filmer l’exorcisme de leur fille…

Punaise, rien que ça c’est glauque… Une histoire de possession à notre époque…

La première partie est une plongée dans l’angoisse, la peur. L’auteur, nous rend spectateur de l’histoire de cette famille qui va vivre l’horreur.

Le tout raconté par les yeux d’une gamine de 8 ans…

Les faits sont exposés, pour rendre la lecture très visuelle et ça match bien, puisque de lecteur on devient spectateur, comme dans un bon film d’horreur… D’ailleurs le roman est parsemé de références à des films d’horreur cultes et pour les amateurs du genre c’est un vrai plaisir.

Dans la deuxième partie, même si l’horreur est présente, elle change de camps et là je dois dire que l’auteur a complètement retourné la situation, pour en faire un exposé décortiqué.

La téléréalité en prend pour son grade et le lecteur jubile de découvrir les dessous d’une émission à sensation… Car c’est de ça qu’il est question… Faire de l’audimat sur le dos du malheur des gens… Comment les images, les différents témoignages, peuvent être orientés pour que l’émission fasse sensation..

On se fiche pas mal de cette gamine possédée, d’ailleurs l’auteur brouille les pistes et c’est carrément flippant. Car le plus flippant, n’est pas le démon qui se tapi dans l’ombre…

Et là, chapeau à l’auteur, qui en partant d’une histoire d’horreur arrive à changer son fusil d’épaule et nous propose un excellent thriller. Mais pas du thriller dont on l’habitude !

Avec une plume très visuelle, l’auteur arrive à nous faire peur en construisant une narration bien flippante par la voix de la petite sœur… A travers son regard, le lecteur découvre l’horreur dans ce qu’elle a de plus tangible et de plus glacial…

L’auteur aurait pu se contenter, d’une pâle imitation de l’exorciste… Pourtant, il construit pour ensuite déconstruire en épluchant chaque scène et permettre au lecteur de s’approprier complètement cette histoire qui devient bien glauque.

Un thriller-horrifique jubilatoire, tellement bon et digne d’intérêt, même si le lecteur s’attend à tout autre chose, c’est tellement surprenant qu’il est scotché.

La construction est machiavélique, à l’ère de la télé-réalité et des médias, l’horreur change de camp. Le lecteur aura le choix entre plusieurs interprétations, ce qui lui permet de s’approprier encore plus l’intrigue, permettant une réflexion, même plusieurs jours après avoir refermé le livre.

Je ne dévoile rien de l’intrigue, de la trame construite par l’auteur, il faut le lire pour s’en imprégner, et vivre les rebondissements qui en valent vraiment la peine.

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

Considéré comme le nouveau Stephen King, Paul Tremblay est né en 1971 dans le Colorado. Lauréat du prix Bram Stoker, Possession est son premier roman publié en France. Les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés dès la sortie du livre par Robert Downey Jr.

Paul Tremblay est né aux États-Unis en 1971. Membre du jury du prix Shirley-Jackson qui récompense la littérature d’horreur, il est auteur et éditeur de romans de science-fiction, d’horreur et de fantasy.
Après avoir étudié les mathématiques à l’université du Vermont, il enseigne dans une école privée proche de Boston. En parallèle, il écrit des romans, des nouvelles et des essais, dont l’angoissant Possession, son premier roman traduit en français et publié chez Sonatine Éditions.

 

 

 

Tension Extrême de Sylvain Forge

Parution : 15 novembre 2017 – Prix papier :  8,90€ – Prix Numérique : 6,99€ – Pages : 408 – Genre : Polar- thriller

Si vous aimer la cybercriminalité et les nouvelles technologies, c’est une lecture pour vous. Ici pas de fiction, c’est tellement réel que ça fait froid dans le dos. Notre quotidien est Nous sommes tellement connecté que cette enquête est une plongée dans notre quotidien et c’est flippant !

Personne n’est à l’abri, et il suffit d’une seule, derrière un ordi pour que tout bascule…

Deux hommes meurent au même moment, à plusieurs kilomètres de distance… Mais le point commun de ces meurtres, va entrainer les flics dans une enquête qui va les mettre à mal…

Avec une intrigue rondement menée, une plume vive et addictive l’auteur nous entraine dans une enquête bien ancrée dans notre siècle. La cybercriminalité est décortiquée, réaliste et ça nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Il se joue de nous, de nos peurs et les chapitres courts et cela au rythme effréné avec des personnages tous aussi bien construits les uns que les autres accentue encore plus cette sensation d’angoisse, qui ne lâche pas le lecteur jusqu’à la toute dernière ligne…

Le lecteur n’est pas un simple spectateur, le fait de prendre un sujet aussi prégnant de notre quotidien, en fait un réel acteur, qui peut que se poser des questions sur notre manière de « consommer » les nouvelles technologies. Même si nous en subissons une partie, nous sommes acteurs de notre quotidien qui est hyper connecté. Comment s’en affranchir ? Peut-on seulement s’en affranchir maintenant que nous avons mis le doigt dedans ?

Même l’utilisation d’une simple machine à café, d’un simple appareil ménager est connectée. Sous prétexte de nous faciliter la vie, ne sommes nous pas en quelque sorte prisonniers de notre manière de consommer ?

Nous avons tendance à oublier, que le fait d’être « des esclaves » nous rend sensibles et vulnérables et cela part du bas de la pyramide jusqu’en haut.

Le fait de proposer une cyber attaque dans un commissariat permet d’envisager les choses d’un autre œil et même si nous le savons, on ne peut pas dire que nous ne sommes pas prévenus.

Il y a un côté alarmiste dans cette intrigue mais en même temps le bien est toujours du côté des gentils… Il faut juste réaliser certaines choses et peut-être envisager une utilisation raisonnée.

Même s’il nous en fou plein la tronche en nous faisant peur on sait que c’est une fiction, très bien ficelée on en sort lessivée par la menace de notre quotidien qui pourrait devenir notre pire cauchemar…

Un polar à la construction classique mais avec une intrigue démente, ancrée dans un quotidien hyper connecté qui même s’il nous fragilise apporte un certain confort et permet également de lutter contre la cybercriminalité.

Tuer le mal par le mal… C’est aussi ça…

Son premier livre, « La ligne des rats », paru en mai 2009 aux éditions Odin (Nantes), est un thriller écologique sur les pesticides. Sylvain Forge est aussi amateur d’histoire ; ancien guide touristique, il a signé avec « Le vallon des Parques » (éditions du Toucan) un deuxième opus dont les péripéties se déroulent à Vichy en 1943. L’auteur a bouclé un troisième roman paru fin 2013 « La trace du silure » dont l’intrigue se déroule à Nantes. Il a reçu le Prix 2018 du quai des Orfèvres au nouveau siège de la PJ parisienne pour son roman « Tension extrême ».

Agatha es-tu là ? de Nicolas Perge et François Rivière

Parution : 2 janvier 2017 – Editions du Masque   Prix broché : 18,50€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 288 – Genre : Polar-Thriller


Deux monstres sacrés de la littérature, Arthur Conan Doyle, qui se lance sur les traces d’Agatha Christie qui a « disparu ». Deux monstres sacrés, qui seraient opposés dans la vie… Normal me direz-vous ! Chacun a pour enfant un enquêteur de renom. Sherlock Holmes et Hercule Poirot !

Quel plaisir ce genre de bouquin, qui repose les neurones et se laisse lire avec le sourire en coin.

Les deux auteurs développent une intrigue parfaitement construite et plausible, en partant d’un fait réel, puisque Agatha Christie a toujours gardé le secret sur son « escapade » Les interrogations sans réponses tangibles, permettent aux écrivains de donner libre cour à leur imagination, en s’infiltrant dans la brèche.

La trame est très réaliste avec des personnages raccords avec l’époque et surtout cadrent bien avec une intrigue potentiellement créée par de nos deux monstres sacrés ! En effet, il y a bien un mystère à résoudre, de fausses-pistes et puis surtout les mœurs de la société sont très bien retranscris, notamment la place de la femme où l’homme a tout les pouvoirs, même celui de tromper sa femme, sans que celle-ci y trouve à redire…

J’ai eu un goût d’inachevé, comme s’il me manquait des éléments de réponses… Dommage que la fin soit trop rapide et que certaines questions restent en suspens… On ne sait pas comment Agatha Christie se sort du pétrin… Ni comment les flics arrivent… Pour autant j’ai passé un très bon moment.

Merci à NetGalley et aux Éditions du Masque.

 

Spécialiste de littérature policière, François Rivière est l’auteur de biographies d’Agatha Christie, Patricia Highsmith et Frédéric Dard.



Nicolas Perge s’illustre depuis plusieurs années dans divers domaines : la télévision, le cinéma expérimental, l’art et plus récemment l’écriture. Il a signé une première bande dessinée avec Benjamin Blackstone.

 

 

Dark Net de Benjamin PERCY

Parution : 7 septembre 2017 – Super 8 Editions – Prix broché :  21,00€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller horrifique


Alors là ! S’il y a bien un livre qui trompe son monde c’est bien celui-ci ! Avec un titre pareil, je pensais lire un thriller connecté genre espionnage avec les dessous d’internet… Je me suis faite avoir et même si j’ai été déstabilisée par la tournure que prenait ma lecture, j’ai vraiment pris mon pied ! Bon en même temps, les démons et compagnie j’adore, donc je suis bon public… Et je ne regrette pas de ne pas avoir lu la quatrième de couverture, car elle en dit trop à mon goût et ma surprise aurait été gâchée…

Comme quoi, un titre et une couverture et l’imagination du lecteur est lancée! Chacun influencé par ses propres lectures, son caractère ou son vécu…

Quatre personnes, aussi différentes l’une que l’autre vont affronter l’envers du décor d’internet et se préparer à combattre les ténèbres… Les démons ont fait leur nid dans le Dark Net et veulent posséder l’esprit des gens connectés pour les transformer en tueurs… Les démons sont partout, le mal est partout, ils sont derrière nos écrans, pénètrent dans nos têtes, et investissent notre corps.

Lela, journaliste technophobe largué au cœur d’une histoire, dont personne ne veut… Une sale histoire…

Hannah, sa nièce, se retrouve mêlée à une chasse aux démons, après avoir été équipée d’une prothèse d’un nouveau genre…

Cheston, un hacker qui passe une partie de son temps sur internet, mais pas celui sur lequel nous simple mortel surfons ! Non lui son domaine c’est le Dark Net, un lieu sans foi ni loi.

Mike Juniper dirige un refuge «le Repos du Voyageur» où il y accueille les sans- abri de Portland. Sarin, une femme quasi immortelle

J’ai été complètement embarquée par l’intrigue surnaturelle et apocalyptique, que l’auteur a mis en place. Une ambiance de fin de monde, glaçante.

L’auteur se sert de notre environnement quotidien pour une intrigue bien flippante, avec des scènes parfois choquantes, on flirt avec le satanisme et les possessions le tout habillement mené par un auteur qui construit son intrigue sur fond de meurtres, de sang. Le tout avec une plume nerveuse qui donne un rythme effréné au récit.

L’auteur, fait un parallèle avec la faiblesse du système qui régit notre quotidien, tout est connecté et même si on a du mal à y échapper, la mise en garde est présente.

Lors de « l’attaque » j’ai trouvé intéressant le parallèle que l’auteur fait avec le regard vague, lorsque nous sommes sur nos écrans… La possession que nous subissons… Nous sommes les zombis modernes…

Un livre original avec un savant dosage entre surnaturel, thriller et technologie.

Merci à NetGalley et aux Éditions Super 8.

 

Benjamin Percy a été couronné par plusieurs prix. « Sous la bannière étoilée » a été adaptée en bande dessinée par Danica Novgorodoff, et est en cours d’adaptation au cinéma. Il enseigne à l’Université de Marquette, Wisconsin.

 

 

 

 

La femme à la fenêtre de A.J. FINN

Parution : 8 février 2018 – Editeur : Presses de la cité Prix broché :  21,90€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 528 – Genre : Polar-Thriller


N° 1 des ventes aux États-Unis et au Royaume-Uni depuis sa parution, avant de créer l’évènement lors de la Foire de Francfort où ses droits se sont vendus dans plus de 38 pays en un temps record, avec son premier livre, A.J. Finn entre par la grande porte dans le monde du thriller. La Fox est déjà en train de l’adapter pour le cinéma.

Anna existe derrière les portes et les fenêtres fermées de sa maison, les couleurs qui peuplent ses journées sont sombres et mornes. Elle est à la fois recluse à à l’intérieur et l’extérieur, puisque Anna souffre d’agoraphobie, ce qui la maintient enfermée comme prisonnière de sa propre maison et de son propre esprit.

Ses seules interactions avec le monde extérieur sont les visites hebdomadaires à domicile de son psychiatre, son physiothérapeute et son locataire au sous-sol, David. Anna est séparée de son mari, Ed, et de leur jeune fille, Olivia, ce qui entraîne une existence solitaire et suffocante. Les appels téléphoniques quotidiens ne semblent tout simplement pas remplir le vide.

Sa rare source de plaisir, vient de la surveillance de ses voisins à travers l’objectif de son appareil photo… Une manière d’aller vers le monde extérieur, de le faire venir à elle…

C’est un thriller psychologique qui se lit bien, assez lent sur une grande partie, mais dont les diverses interrogations accrochent le lecteur.

La claustrophobie de l’emprisonnement traumatique est palpable, l’amour de l’écrivain pour les films classiques ajoute à l’atmosphère tendue où les références et les dialogues brouillent la réalité avec une présence « hitchcockienne » quasi constante.

Même si le livre donne la sensation d’avoir beaucoup emprunté à d’autres thrillers ainsi qu’à quelques-uns des vieux films qu’Anna regarde, on est pris dans le suspense et on veut découvrir la fin mot de cette intrigue.

Pour autant, celle-ci est un peu longue à se mettre en place. On a tendance parfois à s’embrouiller entre les différents états psychotiques d’Anna, sa paranoïa palpable et intense.

L’auteur, A.J Finn, a réussi à m’entraîner dans le monde d’Anna, ressentant sa terreur et vivant ses pensées, mais certaines d’entre elles sont devenues répétitives au point d’être lassantes…

Malgré quelques incohérences, notamment avec la quantité de pilules et de merlot qu’Anna consomme, elle devrait être écroulée… Cela ne gâche pas trop la lecture. En effet, le personnage d’Anna est vraiment intéressant, l’auteur prend le temps de le construire et devient plus attachant que sa propre histoire trop, convenue, et prévisible…

L’auteur distille les indices avec parcimonie pour accrocher son lecteur. Un bon scénario, avec des rebondissements prévisibles, mais qui se lit bien. Avec un final que l’on n’imagine pas. On referme le livre avec un sentiment de soulagement de quitter cette maison où on se retrouve enfermé au même titre qu’Anna.

Une centaine de page en moins aurait permis d’élaguer les passages trop longs, pour autant l’intrigue est fluide et se laisse lire malgré les points négatifs on ne s’ennuie pas… L’écriture a une plume simple, directe avec un style simple mais assez visuel, maitrisé. On sent que l’auteur maitrise les codes de l’écriture, vu qu’il a travaillé dans une maison d’édition, mais il n’a pas non un style qui se démarque et sans être le plus travaillé, il fait son job pour raconter son histoire.

Merci à NetGalley et aux Éditions Presses de la cité.

A.J. Finn a collaboré à de nombreux titres de presse, comme le Los Angeles Times, le Washington Post, et le supplément littéraire du Times. Natif de New York, Finn a vécu dix ans en Angleterre avant de retourner s’installer dans la Grosse Pomme.

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Le Tueur au miroir de Fabio M. MITCHELLI

Parution : 19 octobre 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix broché :  21€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 384 – Genre : Polar-Thriller


Une intrigue diablement bien construite, un rythme de folie, pour une enquête dense et rythmée.

Avec « une forêt obscure », j’étais ressortie mitigée, un goût d’inachevé avec quelques incohérences. Pourtant ici, j’ai trouvé que l’écriture de l’auteur avait pris en assurance et en maturité, pour livrer au lecteur un polar rondement mené qui accroche sans temps morts et sans incohérences.

On se retrouve un peu dans un jeu de construction, comme des poupées russes que l’on découvre peu à peu… Un effeuillage en douceur d’une intrigue qui tient en haleine.

Il y a bien une enquête principale qui lie le lecteur à ce tueur au miroir… Mais l’auteur nous livre une autre intrigue qui vient construire et agrémentée, en arrière plan, une histoire beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Et c’est là où l’auteur a réussi à m’embarquer complètement, au point d’avoir du mal à lâcher mon bouquin !

Cette seconde trame en toile de fond, donne de l’épaisseur au récit et permet de découvrir un polar doublé d’un excellent thriller. Un simple polar ne m’aurait peut être pas complètement emballé, alors qu’avec cette construction les personnages sont palpables, vivants…

On a de l’empathie pour Louise qui est limite borderline, dont j’ai adoré découvrir l’intimité et les blessures.. Carrie est plus effacée mais permet de maintenir la barque à flot en restant droites dans ses pompes…

Ce tueur complètement barge dont on devine la folie… Que l’auteur construit sans concession, sans lui trouver d’excuses… Pour ne pas donner la possibilité au lecteur d’avoir de l’empathie pour lui… Souvent les tueurs en série sont flanqués d’une histoire bien glauque et inconsciemment on leur trouve toujours des excuses… Ici point d’excuse…. Permettant ainsi au lecteur d’avoir un esprit plus critique…

Plus les pages se tournent plus nous allons de révélation en révélation… Et même si j’ ai deviné dans quoi m’embarquait l’auteur, je n’ai pas boudé mon plaisir lorsque les révélations se font…

Justement parce que l’auteur a pris le temps de décortiquer, analyser en prenant le recul nécessaire pour nous annoncer l’impensable.

Une intrigue beaucoup plus recherchée, fine et travaillée, avec ce recul palpable dans les descriptions… Comme un narrateur qui décide de s’effacer pour laisser ses personnages vivres pleinement cette intrigue à la chute inimaginable… Un final magistral pour une construction et une intrigue magistrale !

Bravo à l’auteur qui a su se renouveler tout en restant dans le genre qu’il affectionne, et a conquis une lectrice qui partait réticente…

Merci à NetGalley et aux Éditions Laffont.

Fabio M.Mitchelli, né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, romans et nouvelles. Il a signé « La trilogie des verticales » parue aux éditions Ex-aequo entre 2010 et 2012, dont La verticale du fou. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du Diable (éditions Fleur Sauvage – 2014), surnommé Le Livre Bleu, inspiré par la vie de Jeffrey Dahmer. Il est fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXème siècle.

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Dans ma peau de Yael Adler

Parution : 9 février 2017 – Editions Solar  – Prix papier :  19€ – Pages : 352 – Genre : Thriller-psychologique


Elle nous entoure de toutes parts, mesure près de deux mètres carrés et enveloppe tout ce que nous portons en nous. La peau est notre lien avec le monde extérieur. Notre antenne. Elle peut émettre et recevoir. Elle nourrit nos sens. Elle est objet de désir, elle est notre zone frontière, le fascinant réceptacle de toute notre vie, et en même temps une gigantesque terre d’accueil pour les bactéries, les champignons, les virus et les parasites.

Pourtant, peu d’entre nous savent vraiment ce qu’est cet organe, comment il fonctionne et surtout quelles missions vitales il accomplit pour nous.

L’auteur, Yael Adler, dermatologue, phlébologue et nutritionniste, aborde un thème très intéressant, sans langue de bois, malgré quelques longueurs, un livre qui se laisse lire, instructif, pour tout ceux soucieux de comprendre.

Elle aborde notamment les choses dont nous n’aimons pas parler ou que nous trouvons écœurantes : pellicules, cérumen, boutons, sébum, sueur, les maladies vénériennes, ces choses qui ont tendance à nous écœurer, au point de faire la chasse à la saleté, en utilisant des produits très abrasif.

« Les plis sont des endroits très particuliers de l’épiderme, car ces petites niches sombres et mal ventilées abritent de nombreux germes cutanés. Les aisselles, le dessous des seins, le pli fessier, les plis de l’aine et parfois même, si l’on a de généreuses poignées d’amour, les plis du ventre, voire du dos, présentent des conditions idéales pour les agents pathogènes : humidité, chaleur et peu de lumière. Dans cette douillette atmosphère du genre tas de compost, on vit sans gêne et on se reproduit sans façon (…) »

« Ne me dites pas que vous ne jetez pas un œil dans votre mouchoir pour voir ce que vous venez de produire ! »

«Quel soulagement, quand on est débarrassé d’une crotte de nez séchée !»

« La couleur de la croûte trahit la nature du problème qui pourrait se cacher dessous »

Pour aller plus loin

« Pour des oreilles saines, le lavage à l’eau chaude suffit largement. Bien des gens ont du mal à renoncer aux cotons-tiges, malheureusement, et se curer les oreilles devient pour certains un geste quasiment érotique. Farfouiller dans l’oreille procure d’agréables sensations, mais peut donner envie de tousser car on excite alors en passant le nerf qui déclenche le réflexe de la toux. »

Dermatologue, phlébologue et nutritionniste, elle a travaillé longtemps dans la recherche avant d’ouvrir son propre cabinet de dermatologie à Berlin, en 2007. Son talent inné pour expliquer des faits médicaux complexes de manière simple, concrète et pleine d’humour n’a d’égal que le plaisir qu’elle prend à partager son savoir. Ses nombreuses conférences et ses interventions à la télévision, à la radio et dans la presse écrite en témoignent régulièrement. Aujourd’hui, elle nous offre le fruit de ses recherches et de son expérience en matière de santé et de beauté dans un livre original qui va nous faire voir la peau d’un autre œil.

Sous son toit de Nicole Neubauer

Parution : 19 octobre 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix broché :  20€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 432 – Genre : Polar


Une intrigue assez classique qui n’arrive pas à se démarquer, avec des flics et un coupable à trouver, une victime… Rose Benninghoff, retrouvée morte dans son appartement à Munich, la gorge tranchée, Oliver Baptiste Junior, quatorze ans retrouvé dans le sous-sol de l’immeuble, les mains couvertes de sang. Le père, un homme que la victime a fréquenté, Oliver prétend n’avoir aucun souvenir de la soirée qui a précédé le crime.

Oliver, gamin perturbé, un père antipathique, ont une relation étrange que je n’ai pas réussi à trouver intéressante, que je n’ai pas compris et pour cause, l’auteur n’arrive pas à trouver les bons mots pour l’expliquer, ça tourne en rond et même à la fin on reste sans réponse… Dommage que cette histoire conflictuelle entre le père et le fils n’ait pas été plus exploitée. Quand à la victime, Rose Benninghoff, elle était lisse de son vivant, sans amis… Et sa mort, n’arrive pas à la rendre plus sympathique que ça, même quand on en apprend plus sur elle et son passé…

L’enquête tourne en rond et lente… Lente et sans rebondissements ni suspense et n’arrive donc pas à décoller. L’auteur n’approfondit pas l’intrigue pour l’étoffer pour lui donner du piment et n’arrive pas à la faire décoller, même lorsque le passé ressurgit…

Malgré ces défauts, l’auteur a travaillé de manière très intéressante l’équipe qui mène l’enquête : le commissaire Waechter, le Taiseux, Hannes et Elli… Même si parfois on s’embrouille un peu quand l’auteur parle d’eux… Elle a réussi à construire des personnages avec du caractère et une personnalité propre. Ils sont humains avec leurs failles et leurs travers et c’est en ça qu’ils sont intéressants, car le lecteur arrive à s’identifier facilement à l’un ou l’autre.

Chacun est confronté à sa réalité, tout en faisant son boulot… Chacun doit trouver son équilibre, que ce soit en fuyant face ses responsabilités, en refusant un passé douloureux ou en prenant à la dérision les aspects qui gênent.

Elli, qui choisi de tourner en dérision sa ligne, loin d’être svelte mais qu’elle met en avant, malgré les situations, du coup devient sympathique et le lecteur arrive très bien à visualiser les scènes de cet humour noir…

Le commissaire Waechter, certainement le personnage le plus fragile et le plus intéressant avec son passé qu’il a du mal à porter et qui continu à le hanter…

Hannes est celui qui a une vie bien rangée, avec femme et enfants… Du moins, il a une nouvelle famille, dans laquelle sa fille de 15 ans, débarque. Mais il ne veut pas d’elle sa vie… Elle le dérange. C’est le personnage le plus travaillé avec une conscience qui le bouscule et que l’auteur livre brut, sans fioriture, lorsqu’il refuse cet enfant qu’il n’arrive pas à aimer… Ou qu’il refuse d’aimer… Un sujet rarement abordé et que l’auteur nous livre comme une confidence que Hannes livre au lecteur.

Le Taiseux, porte bien son pseudo et même si rien n’est divulgué sur sa vie prive, sa manière d’être, son comportement prêtent à sourire et lui donne du caractère.

Même si je sors de cette lecture assez mitigée… Ce best-seller outre-Rhin n’a pas réussi totalement à m’embarquer… Néanmoins, pour un premier livre, il a des qualités indéniables que l’auteur arrivera certainement à corriger dans un prochain opus que je lirais avec plaisir.

Nicole Neubauer est née en 1972 à Ingolstadt et a étudié la philologie anglaise et le droit à Munich et à Londres. Elle travaille comme avocate dans un cabinet juridique. Sous son toit a été sélectionné par l’association littéraire Sœurs meurtrières, qui a pour ambition de faire connaître les jeunes talents féminins au public allemand.

 

 

 

10 chroniques de livre

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