Archives du mot-clé ABC 2018 Policier/Thriller

Ragdoll de Daniel COLE

Parution : 9 mars 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 21,00€ – Prix Poche : 8,10€ – Prix Numérique : 8,99€ – Pages : 464 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

  

Ragdoll ? Késako ? Des bouts de chiffons assemblés, pour former une tête et un corps de poupée. Des petites poupées bien mignonnes qui font rêver les petites filles… Mais ici, c’est du sordide, de l’horreur à l’état brut.. ! Ici Ragdoll, c’est une poupée de chair et de sang, une poupée composée de six personnes différentes… Un corps, six victimes…

Tout commence d’une manière assez classique avec des meurtres, une enquête et les flics qui vont avec ! Oui mais ici, l’auteur a décidé de se jouer du lecteur… Les cartes distribuées au départ vont se révéler bien différentes en fin de partie…

On a ce flic un peu borderline dont la vie a basculée… Et cette équipe constituée de bons éléments… Chacun avec ses failles tente de déjouer les plans d’un meurtrier inventif et qui les mène en bateau…

En lisant la quatrième de couverture, je m’attendais à une lecture sanglante avec moult détails bien gores, mais ce ne fut pas le cas.

L’intrigue est centrée sur le suspense et le compte à rebours dans lequel le tueur entraine les flics…

On ne peut pas dire que l’auteur mette du temps à nous immerger dans son intrigue, ça démarre fort, pour peu à peu se retrouver dans une course contre la montre…

Les minutes, les heures, s’égrainent au fil de la lecture, le tueur a sa feuille de route, avec une liste de victimes associée à des jours précis. Il faut déjouer ses plans, mais il faut surtout savoir comment il va s’y prendre.

La psychologie des personnages est décortiquée pour laisser place aux questions… Le tout est mener d’une main de maître avec une plume ciselée, des phrases nerveuses, courtes et une atmosphère frôlant la folie…

Je me suis laissée embarquée, aussi bien par l’intrigue, que par le rythme effréné, sans pouvoir reprendre mon souffle, tellement les évènements s’enchainent.

L’auteur a une écriture très visuelle, qui permet de totalement vivre les différents rebondissements, mais surtout d’être mené par le bout du nez, par une enquête intense au final brillant !

Né en 1984, a été ambulancier dans une vie antérieure. Guidé par un besoin irrépressible de sauver les êtres, il a également été membre actif de la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, l’équivalent anglais de notre SPA. Plus récemment il a travaillé pour la Royal National Lifeboat Institution, une association dédiée au sauvetage en mer le long des côtes britanniques. Cet altruisme est-il la manifestation de sa mauvaise conscience quant au nombre de personnes qu’il assassine dans ses écrits ? Il vit sous le soleil de Bournemouth, au Royaume-Uni, et on le rencontre souvent sur la plage.

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Sauvage de Jane Harper

Parution : 4 avril 2018 – Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix papier : 21,90€ – Prix Numérique : 15,99€ – Pages : 432 – Genre : Thriller

  

Après avoir eu le plaisir de découvrir la plume de l’auteur avec Canicule, j’avais hâte de la retrouver dans une intrigue prenant sa source dans les paysages australiens qu’elle décrit de manière très visuelle.

Sauvage, est dans la même veine que Canicule et l’auteur confirme son talent pour les intrigues bien construites avec des personnages aux personnalités bien travaillées. En arrière-plan, il y a toujours ces fabuleux paysages qu’elle affectionne  et décrit de manière sublime. C’est tellement visuel, que l’on ne peut s’empêcher d’aller zieuter sur le net pour voir de belles photos…

L’environnement, toujours aussi « Sauvage » va servir de toile de fond à une intrigue bien très bien ficelée avec des personnages diablement construits. Une construction narrative en entonnoir, comme on peut les apprécier, permettant au suspense de monter crescendo.

Une alternance de deux intrigues en une, avec une autre en toile de fond, qui est là pour mettre en lumière l’hostilité de la région où tout se déroule.

La rivalité entre les personnages ne fait qu’accentuer le conflit sous-jacent et surtout fait émerger les jalousies qui vont indéniablement conduire à la violence latente. Une violence palpable, mais toujours maîtrisée. Cette violence qui trouve son écho dans les profondeurs de cette nature de plus en plus hostiles…

Plus les conflits et les jalousies sont exprimés, plus les paysages deviennent dangereux. Comme dans son premier livre, Jane Harper offre un parallèle saisissant entre ses personnages et la nature dans laquelle ils se trouvent. C’est un des points fort de l’auteur, qui dans chaque recoin de nature, trouve un point d’ancrage humain. Plus la colère monte plus les sons se font présents, la nature parle et gronde, hurle son mécontentement, comme ces femmes qui vont peu à peu exprimer leur haine…

La psychologie de ces femmes est extrêmement bien construite, les rendant difficiles à cerner par un lecteur qui sera à la fois touché et agacé par les comportements de chacune.

Une descente en enfer dans tous les sens du terme, puisqu’elles sont confrontés à la fois à la faim, la peur, à ces paysages magnifiques qui les enveloppent pour ne plus laisser respirer… mais surtout à cette peur de l’autre, à cette découverte de l’autre qui devient plus hostile que la nature…

La nature  en opposition avec la nature humaine… Pas tant que cela, puisqu’elles sont en osmose et vivent chacune au rythme de l’autre…

Malgré beaucoup de points positifs, j’ai trouvé que « Sauvage » était un cran en dessous de « Canicule » l’intrigue étant plus classique avec quelques passages plus lents, certainement dû au fait que l’alternance entre l’enquête et les jours qui précédent n’est pas toujours respectée, puisque certains chapitres nous permettent de mieux connaitre l’enquêteur emblématique de Jane Harper, mais « cassent » un peu le rythme de l’intrigue.

L’atmosphère est beaucoup moins oppressante que dans « Canicule » alors que l’auteur avait toutes les cartes en main. Elle a préféré se recentrer sur Aaron Falk que le lecteur apprend à mieux connaitre.

Malgré tout, j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir cette intrigue policière pourtant plus classique. J’espère que l’auteur, dans son prochain livre retrouvera cette puissance narrative dont elle le secret.

Je serais de toutes les façons au rendez-vous pour le prochain, Jane Harper étant un auteur dont j’apprécie la plume, la puissance de ses descriptions et surtout le parallèle qu’elle imagine entre l’Homme et la nature…

Je remercie les éditions Calmann-Lévy et NetGalley pour cette lecture

 Jane Harper étudie l’anglais et l’histoire à l’université du Kent à Canterbury. Elle travaille ensuite comme journaliste au Royaume-Uni et en Australie. En 2014, suite à la publication de l’une de ses nouvelles, elle décide de se consacrer à l’écriture romanesque. En 2015, son premier roman, The Dry (Canicule) est publié avec succès en Australie. Il est ensuite édité au Royaume-Uni et aux États-Unis, puis traduit en français et en allemand. Les droits de ce roman ont été achetés par la productrice américaine Reese Witherspoon.

Zaune de Jean-Hugues Oppel

Parution : 7 mars 2018 – Editions l’ArchipelPrix papier : 6,80€ – Prix Numérique : 6,49€ – Pages : 192 Genre : Thriller

 

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir….

Une course poursuite, un rythme effréné, sur 24h00 l’auteur nous entraîne dans la vie sordide de Zaune et Nanar. Zaune qui joue son rôle de grande sœur protectrice au point de mettre sa vie en danger. Elle a beau vivre dans la zone, elle aimerait bien que son imbécile de frère face autre chose que de se shooter à la coke…

L’intrigue se déroule dans une banlieue parisienne, que l’auteur ne situe pas de manière précise, permettant au lecteur de transposer l’histoire là où il veut.

C’est sombre, c’est gris, glauque … Tout est d’une noirceur palpable, que ce soit les lieux, les personnages même la météo semble coller au paysage ! La seule couleur, émane de Zaune, avec sa chevelure d’un roux flamboyant….

Pourtant il y a du bon, de l’entraide… Enfin deux hommes qui se sentent investis d’une mission dans cette banlieue où rien de bon ne peut sortir, mais surtout où l’espoir a disparu. Cet espoir qui  permet de ne pas sombrer et de trouver le chemin, même quand tu as perdu ta route !

Zaune sait ce qu’elle ne veut pas et se bat pour éviter les travers que la misère fait accepter facilement !

Prendre sa vie en main et ne pas accepter avec fatalité…

L’espoir est le moteur de l’être humain et Zaune a beau te foutre les jetons tu espères aussi qu’au bout de la route la lumière apparaîtra…

Je remercie les éditions l’Archipel pour l’envoi de ce livre de Jean-Hugues Oppel, à la plume acérée qui te transporte dans une atmosphère à couper au couteau.

Jean-Hugues Oppel est un écrivain français d’origine franco-helvétique, spécialisé dans les romans noirs. Il a fait ses études au lycée Charlemagne (Paris), puis à l’École Nationale d’Opérateurs Louis-Lumière. Il a travaillé comme deuxième assistant caméra pour des films comme Saxo d’Ariel Zeitoun (1987), Lacenaire de Francis Girod (1990), La Passion Béatrice (1987) et La Vie et rien d’autre (1988) de Bertrand Tavernier. Il a également été le premier assistant caméra de Roman Polanski pour « La jeune fille et la mort » (1994). Il est à présent écrivain à plein temps et vit en région parisienne avec ses quatre chats.

LES JUMELLES DE CLAIRE DOUGLAS

 

Parution :19 octobre 2016 –HarperCollins NoirPrix broché : 17,90€ – Prix poche : 7,50€ – Prix Numérique : 3,49€ – Pages : 352 – Genre : Thriller-psychologique-romance

 

Avec ce titre, HarperCollins lance en octobre 2016 sa nouvelle collection HarperCollins noir, qui oscille entre thriller et romance, mais une romance un peu différente de celles que nous connaissons, un brin tordue… Malsaine…

Claire Douglas, nous entraine dans un monde qui fascine : la gémellité, traitée sous l’angle du thriller psychologique et même si c’est étrange, on tente de suivre l’auteur dans son récit, qui se veut parfois trop répétitif, ce qui gâche vraiment la lecture.

Malgré une couverture digne d’intérêt ainsi qu’un résumé assez alléchant, j’avais un peu peur que la romance prenne le pas sur l’intrigue. Alors même si romance il y a, on fait comme moi et on lit avec détachement… Parce que pour les scènes d’amour, on repassera, trop téléguidée à mon goût… Bon en même temps, je ne suis pas bon public…

Pas mal de personnages secondaires, assez bien construits, que l’auteur arrive à faire intervenir d’une manière ou d’une autre, en leur donnant un rôle selon leur degré d’intervention

Sans être un livre inoubliable, ça se laisse lire, grâce aux comportements complètement ambivalents de certains personnages, qui sont difficiles à cerner. Dommage, que certaines longueurs, viennent ajouter un manque de cohérence….

Les rapports humains, dans ce qu’il peuvent avoir de plus malsains, sont décortiqués, mais il m’a manqué le petit plus que l’on peut trouver dans un thriller psychologique bien glauque, qui permet d’avoir de l’empathie ou du dégoût.

Je ne me suis attachée à aucun des protagonistes, sauf peut-être la meilleure amie (dont je ne me souviens plus du prénom…) qui en fin de compte est la seule à avoir assez de recul pour se poser les bonnes questions.

Malgré, la manipulation dont semble être victime Abi, entre la disparition de ses médicaments, des bijoux, des lettres… On joue avec sa santé mentale, pourtant je n’ai pas ressenti l’angoisse que cela procure, même lorsqu’elle reçoit pour son anniversaire un bouquet offert par sa sœur morte…

Pourtant l’auteur, tente de brouiller les pistes, en orientant son lecteur, mais quand on est fana de thriller, les ficelles sont trop grosses.

Malgré toutes les interrogations que le lecteur peut avoir, l’intrigue reste plate, linéaire, sans aucune tension, même quand l’auteur écrit que la tension est à son comble… Les scènes sentimentales, qui auraient pu faire basculer le roman vers une romance avec la manipulation qui aurait pris le pas, n’arrive pas à tirer son épingle du jeu.

« Quand il relève la tête, un élan de désir parcourt mon corps », « Comme il se met à retirer mes vêtements, je lui demande s’il est sûr de ce qu’il fait et il répond que oui. »

Malgré un final inattendue, on se pose pas mal de question tout le long du livre, ce n’est pas une explosion, il semble écrit à la hâte, comme s’il avait été trouvé sur un coin de table, sans avoir été travaillé.

Un côté trop rapide,  qui peut laisser penser que l’auteur hésitait entre romance et thriller… Le choix n’a pas semblé facile et cela se ressent.

Une histoire convenue avec un environnement romanesque, le tout reste d’une bonne qualité pour un premier roman, mais un roman, Young Adult plus que Adulte… Qui plairait certainement à un public plus jeune que moi et surtout moins connaisseurs. Ça reste un thriller, tout en étant léger, sans développement trop compliqué, accessible à un public non averti.

Je remercie les éditions HarperCollins ainsi que NetGalley pour cette lecture.

Pendant quinze ans, Claire Douglas a été journaliste pour la presse féminine et des quotidiens nationaux. Mais c’est à une carrière d’écrivain qu’elle se destine depuis toujours. Une ambition qui se concrétise lorsqu’elle remporte, avec Les jumelles, le concours du premier roman organisé par Marie Claire UK. Claire Douglas vit à Bath, en Angleterre avec son mari et leurs deux enfants.

 

Chacun sa vérité de Sara LÖVESTAM

Parution : 3 novembre 2016 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 19,00€ – Prix Poche : 6,95€ – Prix Numérique : 7,99€ – Pages : 304 – Genre : Thriller-psychologique

  

Construire une intrigue qui saura se démarquer se révèle parfois être un vrai challenge pour l’auteur, surtout quand ce même auteur n’avait ni l’intention, ni l’impression d’écrire un polar…

Pourtant son bouquin a obtenu un franc succès, en Suède avec le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.

Je ne classerais pas ce livre dans la catégorie des Polars…

L’auteur arrive à planter son intrigue en partant d’une histoire, assez banale, mais qui peut faire basculer la vie des protagonistes, construits avec brio par l’auteur.

D’un côté, on a Kouplan, un détective privé, sans vraiment l’être, qui ne veut qu’une chose, passer inaperçu aux yeux de la police… La seule chose qu’il attend, c’est d’avoir ses papiers…

De l’autre côté, on a cette maman, Pernilla qui perd sa fille Julia, six ans, lors d’une virée au centre commercial. Pourquoi elle ne prévient pas la police ?

L’intrigue va peu à peu se mettre en place, sous la plume de l’auteur qui va entrainer son lecteur dans la réalité des sans-papiers mais pas seulement… La psychologie des personnages est extrêmement bien décortiquée pour laisser place aux questions que le lecteur ne peut que poser…

En se lançant dans son enquête, Kouplan va parcourir tout Stockholm, côtoyer des criminels, pour qui les clandestins sont des proies faciles. Entre le jeune homme qui se sent traqué et cette mère fragilisée, la confiance se construit et va mettre en lumière certaines zones d’ombres…

C’est cette relation qui donne vie à ce livre, car l’histoire en elle-même est assez banale, mais elle devient touchante sous la plume de l’auteur avec des phrases nerveuses et courtes qui transpirent d’émotion.

Un récit, court mais intense qui entraine le lecteur vers un final, que l’on devine, en partie, mais qui se termine par une révélation inattendue… Et c’est là que le talent de l’auteur réside ! Elle met un point final qui explique la construction d’un personnage…

Sara Lovestam décrit l’immigration et le ressenti des réfugiés sans fioritures et de manière touchante. On sent que l’auteur veut faire évoluer le regard de la société et je dois dire que c’est cohérent, bien construit et extrêmement bien mené.

Un polar qui n’en est pas un… Un livre qui trompe, mais un livre où chacun a sa vérité…

Née en 1980, considérée comme l’une des nouvelles voix littéraires suédoises, Sara Lövestam est déjà l’auteur de trois romans parus aux éditions Actes Sud, dont En route vers toi (publié le 5 octobre 2016). Grâce à des personnages souvent en marge ou en quête d’identité, elle réussit à mettre subtilement en lumière les enjeux de société actuels, et amène ses lecteurs à questionner le statu quo. Son talent est salué par la critique, unanime, et par son public, toujours plus fervent.
Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.

 

Tension Extrême de Sylvain Forge

Parution : 15 novembre 2017 – Prix papier :  8,90€ – Prix Numérique : 6,99€ – Pages : 408 – Genre : Polar- thriller

Si vous aimer la cybercriminalité et les nouvelles technologies, c’est une lecture pour vous. Ici pas de fiction, c’est tellement réel que ça fait froid dans le dos. Notre quotidien est Nous sommes tellement connecté que cette enquête est une plongée dans notre quotidien et c’est flippant !

Personne n’est à l’abri, et il suffit d’une seule, derrière un ordi pour que tout bascule…

Deux hommes meurent au même moment, à plusieurs kilomètres de distance… Mais le point commun de ces meurtres, va entrainer les flics dans une enquête qui va les mettre à mal…

Avec une intrigue rondement menée, une plume vive et addictive l’auteur nous entraine dans une enquête bien ancrée dans notre siècle. La cybercriminalité est décortiquée, réaliste et ça nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Il se joue de nous, de nos peurs et les chapitres courts et cela au rythme effréné avec des personnages tous aussi bien construits les uns que les autres accentue encore plus cette sensation d’angoisse, qui ne lâche pas le lecteur jusqu’à la toute dernière ligne…

Le lecteur n’est pas un simple spectateur, le fait de prendre un sujet aussi prégnant de notre quotidien, en fait un réel acteur, qui peut que se poser des questions sur notre manière de « consommer » les nouvelles technologies. Même si nous en subissons une partie, nous sommes acteurs de notre quotidien qui est hyper connecté. Comment s’en affranchir ? Peut-on seulement s’en affranchir maintenant que nous avons mis le doigt dedans ?

Même l’utilisation d’une simple machine à café, d’un simple appareil ménager est connectée. Sous prétexte de nous faciliter la vie, ne sommes nous pas en quelque sorte prisonniers de notre manière de consommer ?

Nous avons tendance à oublier, que le fait d’être « des esclaves » nous rend sensibles et vulnérables et cela part du bas de la pyramide jusqu’en haut.

Le fait de proposer une cyber attaque dans un commissariat permet d’envisager les choses d’un autre œil et même si nous le savons, on ne peut pas dire que nous ne sommes pas prévenus.

Il y a un côté alarmiste dans cette intrigue mais en même temps le bien est toujours du côté des gentils… Il faut juste réaliser certaines choses et peut-être envisager une utilisation raisonnée.

Même s’il nous en fou plein la tronche en nous faisant peur on sait que c’est une fiction, très bien ficelée on en sort lessivée par la menace de notre quotidien qui pourrait devenir notre pire cauchemar…

Un polar à la construction classique mais avec une intrigue démente, ancrée dans un quotidien hyper connecté qui même s’il nous fragilise apporte un certain confort et permet également de lutter contre la cybercriminalité.

Tuer le mal par le mal… C’est aussi ça…

Son premier livre, « La ligne des rats », paru en mai 2009 aux éditions Odin (Nantes), est un thriller écologique sur les pesticides. Sylvain Forge est aussi amateur d’histoire ; ancien guide touristique, il a signé avec « Le vallon des Parques » (éditions du Toucan) un deuxième opus dont les péripéties se déroulent à Vichy en 1943. L’auteur a bouclé un troisième roman paru fin 2013 « La trace du silure » dont l’intrigue se déroule à Nantes. Il a reçu le Prix 2018 du quai des Orfèvres au nouveau siège de la PJ parisienne pour son roman « Tension extrême ».

Agatha es-tu là ? de Nicolas Perge et François Rivière

Parution : 2 janvier 2017 – Editions du Masque   Prix broché : 18,50€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 288 – Genre : Polar-Thriller


Deux monstres sacrés de la littérature, Arthur Conan Doyle, qui se lance sur les traces d’Agatha Christie qui a « disparu ». Deux monstres sacrés, qui seraient opposés dans la vie… Normal me direz-vous ! Chacun a pour enfant un enquêteur de renom. Sherlock Holmes et Hercule Poirot !

Quel plaisir ce genre de bouquin, qui repose les neurones et se laisse lire avec le sourire en coin.

Les deux auteurs développent une intrigue parfaitement construite et plausible, en partant d’un fait réel, puisque Agatha Christie a toujours gardé le secret sur son « escapade » Les interrogations sans réponses tangibles, permettent aux écrivains de donner libre cour à leur imagination, en s’infiltrant dans la brèche.

La trame est très réaliste avec des personnages raccords avec l’époque et surtout cadrent bien avec une intrigue potentiellement créée par de nos deux monstres sacrés ! En effet, il y a bien un mystère à résoudre, de fausses-pistes et puis surtout les mœurs de la société sont très bien retranscris, notamment la place de la femme où l’homme a tout les pouvoirs, même celui de tromper sa femme, sans que celle-ci y trouve à redire…

J’ai eu un goût d’inachevé, comme s’il me manquait des éléments de réponses… Dommage que la fin soit trop rapide et que certaines questions restent en suspens… On ne sait pas comment Agatha Christie se sort du pétrin… Ni comment les flics arrivent… Pour autant j’ai passé un très bon moment.

Merci à NetGalley et aux Éditions du Masque.

 

Spécialiste de littérature policière, François Rivière est l’auteur de biographies d’Agatha Christie, Patricia Highsmith et Frédéric Dard.



Nicolas Perge s’illustre depuis plusieurs années dans divers domaines : la télévision, le cinéma expérimental, l’art et plus récemment l’écriture. Il a signé une première bande dessinée avec Benjamin Blackstone.

 

 

Block 46 de Johana Gustawsson

Parution : 21 octobre 2016 – Edition BragelonneCollection : Thriller – Prix papier : 7,90€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 480 – Genre : Polar/Thriller

  

Il fallait oser superposer les scènes de crimes aux scènes du camp de concentration de Buchenwald. J’ai été épatée par le défi de l’auteur ! Même si en lisant la quatrième de couverture on se demande comment elle va construire son intrigue, elle réussi le pari audacieux de mélanger les genres et sa match du tonnerre !

Avec une rare dextérité, elle nous colle un uppercut en nous entrainant dans l’inconcevable, dans ce que l’homme a de plus sombre et de plus horrible.

Elle mène la danse d’une main de maître, sans jamais tomber dans la facilité. Ses recherches sont très bien documentées et autant le dire tout de suite, petite fille de déportés elle apporte à son intrigue une part de légitimité dans l’horreur et aborde un sujet bien réel tout en étant tabou…

Même si au départ, j’ai trouvé que les personnages de la profileuse Emily Roy et de l’écrivain Alexis Castells, dont le crédo est les tueurs en série, étaient assez clichés, l’auteur a réussi à en faire un duo qui match bien et qui va devenir peu à peu attachant.

Les crimes sont aussi sordides et horribles, le parallèle fait avec le camp de concentration avec ce qu’il s’y passe accentue l’atrocité des meurtres… C’est ce qui rend le récit encore plus percutant lui donnant une réalité insoutenable.

L’écriture est fluide, sans fioritures, l’intrigue est dense et bien rythmée au point de ne pouvoir arrêter la lecture !

L’auteur accroche son lecteur avec l’alternance des époques et des récits… Deux intrigues en une, qui semblent n’avoir aucun point commun mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur, qui ne l’oublions pas mène la danse et ne perd pas son fil directeur…

Johana Gustawsson livre les indices avec parcimonie jusqu’au point final, elle a joué avec mes nerfs, m’a manipulé pour enfin me recracher complètement lessivée, laminée par ses révélations.

Rien n’est laissé au hasard et tout s’emboite à merveille, jusqu’à la toute fin qui m’a complètement bluffé et que je n’ai ni vu venir ni même envisagée…

Elle participe à l’écriture d’une biographie de la comédienne Laetitia Milot, avec qui elle co-écrit le thriller On se retrouvera. Elle publie chez l’éditrice Lilas Seewald en 2015 Block 46, son premier roman policier qui mélange les genres policier et historique et a pour héroïnes Emily Roy et Alexis Castells, deux enquêtrices. Elle est invitée en 2016 au 8e Festival international des littératures policières de Toulouse, et présente à la Foire du Livre de Bruxelles en mars 2017 et à la 21e édition de Polar Lens. Elle anime également la même année un café littéraire à l’occasion de la 3e édition du salon du livre d'(‘H)ivers à Louvigné-du-Désert. Le deuxième titre des enquêtes de Emily Roy et Alexis Castells, Mör est publié en mars 2017.

 

La Puanteur des morts de Camille Bouchard

Parution : 15 février 2017 – Editeur : Presses de la cité Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 316  – Genre : Thriller historique

J’ai d’abord été très surprise par le choix de certains mots, mais en fin de compte on se laisse facilement transporter par cette enquête atypique et ce Cap’taine Hube, un homme au grand cœur qui pour l’époque se fou pas mal de la couleur de la victime. Il est révolté par le meurtre de cette petite fille, esclave noire, retrouvée assassinée, le corps recouvert de symboles vaudou…

La Nouvelle-Orléans est décrite d’une manière tellement incroyable, au point de se balader dans ses rues et de sentir les effluves qui s’en dégagent et malgré l’horreur, cela rend cette ville « humaine ».

La cause des esclaves est déterminante dans ce récit et l’intrigue tend à montrer que la lutte s’est faite aussi bien par les noirs que par des blancs, convaincus par une cause juste…

Malgré l’opposition de son supérieur, il se lance corps et âme dans cette enquête qui le mènera bien plus loin qu’une simple résolution… Une enquête qui met en exergue la guerre de Sécession se profile, l’affranchissement des esclaves. Mais aussi la place de la femme, à travers cette sorcière vaudou, par laquelle le destin se joue… Le destin d’une Nation… Le destin d’hommes de fois et d’honneurs…

Le lecteur se laisse facilement transporter par l’écriture très visuelle de l’auteur.

Les descriptions sont étayées, sans tomber dans des longueurs superflues, parsemées de reconstitutions historiques avec des scènes et des mots qui peuvent parfois choquer, mais cela cadre bien avec l’époque choisie. Cela rend la lecture encore plus précise sur l’esclavagisme et sa perception.

L’auteur a fait un travail de recherche d’une grande qualité pour en faire un livre d’une très bonne facture, pour qui s’intéresse à cette période historique et à l’esclavage.

Je ne connaissais pas l’auteur, mais j’ai beaucoup aimé sa plume et cet auteur canadien a une carrière assez prolifique.

Camille Bouchard entraîne ses lecteurs, grands et petits, sur divers continents en de nombreuses époques. Auteur et aventurier, il écrit constamment et voyage inlassablement. Ses œuvres ont remporté de multiples et importantes récompenses. Il fut lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général en 2005, puis finaliste à six reprises, notamment pour Les Forces du désordre et pour Nouvelle-Orléans, publiés chez Québec Amérique.

 

 

Roma de Mirko ZILAHY

Parution : 17 mai 2017 – Editeur : Presses de la cité Prix broché :  21,90€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 432 – Genre : Polar-Thriller


Avec ce premier thriller, Mirko Zilahy propose un excellent bouquin avec une intrigue très bien ficelée. Un thriller qui te scotch du début à la fin tellement il est bon et addictif.

L’auteur ne se perd pas en mise en route trop longue, dès le début le ton est donné, avec Rome en toile de fond, sous une pluie battante, sans interruption, dans les rues, les monuments qui ont une importance pour ce tueur en série. Un véritable voyage même pour ceux qui n’ont jamais visité cette ville. C’est gris, froid, glauque… Comme les méandres du cerveau de ce tueur en série…

Les lieux sont tellement bien décrits, que le sentiment d’horreur est palpable… Les meurtres sont présentés sans état d’âme, comme on dissèque une souris pendant un cours de science… Mais attention, c’est sombre, c’est pesant, la noirceur te colle à la peau et il faut par moment  reprendre sa respiration pour continuer à glisser dans l’horreur.

Les personnages sont bien travaillés, mais l’auteur a donné une vraie consistance à ce flic meurtri par le chagrin, complètement désabusé par son métier, dont l’envie première et jusqu’à plus de la moitié du livre est de tout plaquer… Mais c’est sans compter sur son instinct et ses qualités… Il est entouré d’une équipe de choc, dont les personnages sont inégalement exploités. Pour autant Caterina, la photographe de la police criminelle et Giulia, juge d’instruction sont aboutis…

Les chapitres s’alternent entre l’enquête et ceux où le tueur se dévoile, mais sans se livrer, on se demande longtemps le pourquoi de ces meurtres, pourquoi cette haine et les réponses seront fournies par l’équipe qui dresse peu à peu un profil psychologique qui permet au lecteur de mieux appréhender et comprendre ce tueur.

Il aurait été intéressant que l’on puisse découvrir la psychologie du tueur avec ses mots à lui.

Le flic et le tueur ont des points communs mais chacun aura vécu et appréhender les choses de manière différente…Sont-ils si différents ?

Peu de rebondissements, mais c’est bien écrit et l’auteur a réussi à accrocher son lecteur du début à la fin avec cette histoire de vengeance. Même si le final est classique et ne se démarque pas du genre, il aurait été intéressant d’avoir une fin différente… Pour un aspect plus dramatique, vu le contexte de l’intrigue…

C’est vraiment dommage que ce livre n’ai pas eu plus de succès ! En même temps la version française, ne donne vraiment pas envie de le découvrir. Une couverture avec un titre quasiment illisible et ce rat mort, qui ne représente pas l’intrigue … Et même si cela se déroule à Rome, le titre d’origine est beaucoup plus parlant, E cosi che si uccide » à traduire par « C’est ainsi que l’on tue » en français… Une invitation à lire.

 

Mirko Zilahy étudie les Lettres Classiques et les langues à l’Université de Rome III. Il est titulaire d’un doctorat de Trinity College, à Dublin en Irlande, où il a enseigné la langue et littérature italienne.

Traducteur d’auteurs anglo-saxons tels que Bram Stoker, John Boyne ou Donna Tartt, en 2014, il signe avec « Roma » (È così che si uccide, 2016) son premier roman, un thriller bien accueilli par les critiques dont l’action se déroule dans Rome.