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Clara et Alex, tome 2 : Des monstres à l’école de Santi ANAYA

Parution : 21 septembre 2017 – Prix papier :  5,50€ – Pages : 48 – Genre : BD-jeunesse

Mon fils et moi-même avons pu lire cette petite BD destinée aux 6-8 ans, grâce à la masse critique de Babelio.

Même si celle-ci ne faisait pas partie de mes demandes, mon fils de 10 ans l’a trouvé agréable.

Son avis :

J’ai beaucoup aimé les bulles et les dialogues. La présentation de l’histoire et les illustrations sont vraiment. C’est court et rapide à lire, j’aime bien quand c’est comme ça.

Comment tu as trouvé les personnages ?

Clara : elle a des pouvoirs et des cheveux de feu. Quand elle s’énerve ses cheveux explosent. Elle lance des flammes, mais elle ne sait pas viser

Alex : ou FulgurAlex est très rapide et a une combinaison pour se protéger du feu à cause de Clara. Il entend super bien à au moins 1000m.

Le Format : il est trop bien, même avec une main je tiens bien le livre.

Mon avis de maman :

Une première petite BD qui va plaire. Elle est parfaite pour aborder les premières lectures. La tranche d’âge 6-8 ans me paraît trop large. Plus adpatée pour les 6/7 ans. Mais cela dépend beaucoup de l’enfant et de sa capacité de lecture. Le format est petit, parfait pour offrir à la période de noël au moment où un enfant de 6 ans, commence à appréhender la lecture.

Plusieurs tomes de disponibles :

 

 

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Martin Luther King : J’ai fait un rêve

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 Scénario :  Teitelbaum, Michael  - Helfand, Lewis 
Dessin : Kumar, Naresh 
 Couleurs : Sherawat, Pradeep  - Sharma, Vijay 
 Editeur : 21g 
 Collection : Destins d'histoire 
 Planches : 109 
 Parution : 30/10/2014

Cela paraît impossible à croire aujourd’hui, mais il y a moins de 50 ans, le Sud des Etats-Unis vivait encore dans un système ségrégationniste où les Noirs ne pouvaient pas bénéficier des même droits que les Blancs. Fils d’un pasteur baptiste et pasteur lui-même, MLK Jr. rêvait d’une nation où chacun serait jugé selon ses qualités et non selon la couleur de sa peau. Son discours devant le Mémorial Lincoln en Août 1963, resté célèbre par la formule « I have a dream – j’ai fait un rêve » en fait le principal artisan de la prise de conscience de tout un peuple. Disciple de Gandhi et de sa philosophie de la lutte non-violente, il prend la tête du combat pour les Droits Civiques et obtient du Président Lyndon B Johnson la reconnaissance des droits égaux pour les Noirs dans tous les Etats-Unis. Son assassinat à Menphis en avril 1968 déclencha des émeutes dans tout le pays. Depuis 1983, le troisième lundi de Janvier est férié aux USA en son honneur.

Jamais la liberté n’est accordée par l’oppresseur, elle doit être conquise par l’opprimé.

Une BD très bien documentée et instructive. Les auteurs reviennent sur les grands moments et les figures emblématiques de la lutte contre la ségrégation raciale, de Rosa Parks , du boycott des bus de Montgomery, de l’élection en 2008 de Barack Obama à la présidence, l’assassinat d’Emmett Till ou le « Bloody Sunday ».

Parsemée d’un certain nombre de photographies représentants le pasteur à la tribune, ainsi que des extraits de ses célèbres discours : celui de 1964 à Oslo alors qu’il recevait le Prix Nobel de la Paix ; celui de la lettre dite « de la prison de Birmingham » ; celui de Washington le 28 août 1963.

De son enfance aux côtés d’un père très engagé à son ascension en tant que leader de la lutte contre la ségrégation, cette BD dévoile tous les grands moments de Martin Luther King. On apprend ainsi qu’il était un admirateur de Gandhi, que c’était un orateur dès le lycée, qu’il était farouche opposant à la guerre au Vietnam.

Au-delà de son parcours politique et de sa vie de famille, cette BD nous montre ses différents combats : contre la ségrégation raciale dans les transports et lieux publics d’abord, puis pour garantir l’accès au vote des électeurs noirs ou pour améliorer le sort des Noirs des quartiers pauvres des états du nord.

La lutte pour le droit des éboueurs de Memphis à un meilleur salaire sera son dernier combat : le 4 avril 1968 Martin Luther King est victime d’un assassinat perpétré par un ségrégationniste blanc armé d’un fusil.

Au dernier chapitre on voit l’héritage laissé par le pasteur : les émeutes raciales qui suivent sa mort, la poursuite du combat mené par sa femme et ses enfants…

Une dizaine de pages nous montre la chronologie de l’émancipation des noirs aux États-Unis et propose une interview d’un père et sa fille, tous deux Noirs et nés aux Etats-Unis, qui reviennent sur les conséquences qu’ont eu pour eux les combat de Martin Luther King des années 1964 à aujourd’hui.

 

Bd django unchained de Quentin Tarantino

Django Unchained, le film de Quentin Tarantino, a remporté un très grand succès au niveau du public et des critiques en 2013.

Dès janvier 2014, la BD fait son entrée dans le prolongement du film, puisque c’est Tarantino en personne la scénarise avec plusieurs illustrateur qui assurent le dessin.

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Django, ancien esclave s’associe avec le Dr. Schultz en tant que chasseurs de prime. Les deux hommes vont développer une belle amitié et tenter de sauver Bromhilda, l’épouse de Django, vendue comme esclave à l’un des plus vils « négriers » du Mississippi…

Un film que j’ai beaucoup aimé, avec le très bon casting de Jamie Fox à De Caprio en passant par  Christoph Waltz dans le rôle du docteur Shultz.

Même si la BD se laisse lire, j’ai été déçue dans l’ensemble.

La transposition du script d’origine de Tarantino, avec les scènes coupées promettait d’être superbe ! Mais je n’ai pas ressenti de plaisir particulier !

La reproduction est trop identique au film, sans se démarquer, alors que le support BD, donne une liberté d’action, c’est en fin de compte une transposition du script d’origine, du coup je me suis ennuyée…

Le Dr Shultz n’a aucun charisme ! L’attitude plutôt cool de Django a disparu et la BD perd tout l’attrait que le film avait.

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J’ai trouvé dommage que les dessins soient trop ressemblants aux visages des acteurs du film, au lieu de partir sur des nouveaux en accentuant peut être leurs traits de caractère, en plus les visages sont vraiment ratés (enfin pour moi)

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Danijel Zezelj est le seul qui se démarque et dont j’ai aimé les dessins, il n’a pas essayé de copier le film et ça fait u bien.

Pour un western, il y a une absence quasi douloureuse de décors ! Ce qui donne une BD quasiement ans âmes.

Malgré quelques planches très sympa, cette BD n’apporte rien de nouveaux.

peut être suis-je influencée par le film, peut être qu’une personne qui ne l’a pas vu aura un oeil nouveau et trouvera à cette BD l’âme qui lui manque !

Pourtant Tarantino s’est entouré de pas moins de 4 talents, ce qui entraine différents coups de crayon propre à chacun et peut perturber la lecture.

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Scénario :  Tarantino, Quentin – Dessin : Cowan, Denys , LaTour, Jason , Zezelj, Danijel, Guéra, R.M. Couleurs : Brusco, Giulia, Villarrubia, José – Editeur : Urban Comics – Collection : Vertigo Deluxe Planches : 272 – Parution : 01/2014

1858, sud des États-Unis. Le Dr King Schultz, ancien dentiste devenu chasseur de primes, fais l’acquisition de Django, un esclave à qui il propose un marché : l’aider à capturer les frères Brittle en échange de sa liberté. Tandis que les deux hommes entament leur traque, Django ne perd pas pour autant de vue sa principale préoccupation. Dès qu’il sera libre, il partira à la recherche de sa femme, vendue comme esclave à un riche propriétaire terrien du Mississippi.

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« Zahra’s paradise » de Amir & Khalil

Zahra’s paradise a d’abord été publié sur internet en une douzaine de langues : le farsi, l’arabe, le hollandais, le français, l’espagnol, l’italien, l’anglais, le coréen, l’hébreu, le portugais, l’allemand et le suédois. », une planche à la fois, tous les trois jours. Face au succès, le roman graphique a pris le relais.

Ce roman graphique porte le nom du plus grand cimetière en périphérie de Téhéran. L’ayatollah Rouhollah Khomeini, père de la révolution islamique, y est enterré.

C’est une fiction, directement inspirée de nombreux témoignages de disparitions réelles, lors de la répression des manifestants qui ont défilé dans les rues de Téhéran en contestation aux résultats des élections présidentielles iraniennes de 2009.

En fin d’ouvrage une explication sur l’origine de ce projet, l’élection présidentielle de 2009, les déclencheurs du printemps arabe et notamment un texte de Paulo Coelho sur Neda, cette jeune femme dont la mort, filmée, a fait le tour du monde.

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J’ai été très émue, en larmes, notamment lors des 14 dernières pages qui recensent les noms des 16901 personnes exécutées, assassinées ou abattues dans des manifestions depuis l’instauration de la République islamiste.

Les mots « république » « démocratie » ne sont que des mots notés dans une constitution fantôme, l’Iran pays de la censure et des droits de l’homme bafoués.

Avant de lire Zahra’s Paradise, je ne connaissais pas, la pendaison par grue, concept inventé en Iran. Elles ont deux fonctions : construire les bâtiments et pendre des êtres humains… Quel paradoxe !

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Les auteurs, pour des raisons politiques, ont choisi de rester anonymes et ont pris des noms d’emprunt, Amir et  Khalil. L’un est journaliste, militant des droits de l’homme, qui a quitté l’Iran vers l’âge de 12 ans, peu après la révolution de 1979. L’autre, dessinateur, est arabe et côtoie de nombreux iraniens. Il s’est senti fortement concerné par les évènements qui se sont déroulés en Iran en 2009.

Depuis la Révolution de 1979, l’Iran est une république islamique, théocratique qui repose sur la souveraineté du peuple mais surtout sur la volonté divine. Le chef de l’Etat est le Guide de la révolution, appelé Guide Suprême, nommé à vie, a tous les pouvoirs, . C’est le plus haut responsable politique et religieux du pays.
Le peuple a beau élire le président de la République, mais tout est contrôlé par les organes religieux, surtout le parlement, supervisé par le Conseil des gardiens de la Révolution.

Le 12 juin 2009, le président sortant Mahmoud Ahmadinejad est réélu avec 63% des votes mais les résultats sont très vite contestés par des nombreux iraniens et les autres candidats. Des  manifestations en masse s’ensuivent à Téhéran et dans tout le pays.

« Où est mon vote ? » se demandent des millions de manifestants. Une répression sans commune mesure s’en suit, que les médias étrangers n’ont pas le droit de diffuser ! Mais c’est sans compter sur les nouvelles technologies qui permettent de déjouer la censure et de diffuser la répression à l’extérieur de l’Iran.

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Ces manifestations sont certainement les plus importantes en Iran depuis la Révolution de 1979.

Bref, revenons à ce roman graphique qui m’a beaucoup touché et qui m’a permis de faire pas mal de recherches !

Suite à son arrestation, Medhi a été emmené par les bassidji (milice à la solde du pouvoir islamiste), à Kahrizak, centre de détention illégal où sont envoyés tous ceux considérés comme opposants à l’ordre islamique.

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Des conditions inhumaines  de détention : tortures, viols, cellules infectes, « tabassages » en règle … De simples manifestants y ont séjourné, disparu… suite à la manifestation de 2009.

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Les Iraniens n’avaient jamais entendu parlé de ce centre, rapidement fermé par l’ayatollah Kamenei, sûrement pour éviter que le scandale n’éclabousse trop le pouvoir… Mais il était trop tard …

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On ne peut refermer ce livre, sans se dire que nous avons malgré tout de la chance !!!

Un livre qui devrait être mis entre toutes les mains, surtout en ces temps troubles où les idées d’extrême droite sont de plus en plus diffusées et cela sans honte et sans remords ! Je pense à ces réfugiés que la France accueil et à tous ces gens obligés de fuir leur pays pour survivre ! Quand j’entends, « mais ils ont tout en arrivant » : ils ont aussi tout perdu… « On ferait bien de fermer les frontières…. »

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A ces gens, j’ai envie de poser une question : « Et si cela arrivait en France et que cela soit à nous français de devoir tout quitter et de devoir nous réfugier dans un autre pays, ne seriez-vous pas contents que l’on nous aide sans nous juger, pour nous aider à survivre !!! Ne seriez-vous pas simplement contents d’être en vie !!! ? »

Quand je lis les commentaires qui foisonnent sur les réseaux sociaux, j’ai une envie de vomir de dégoût face à la bêtise humaine et surtout face à la haine qui n’engendre que la haine !!!

L’individualisme n’engendre que la haine !!!

Je peux comprendre certaines peurs, mais pas le rejet en bloc de ce que l’on ne connaît pas !

La force de l’être humain est sa pluralité et sa diversité c’est cela qui fait un vivre ensemble.

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Scénario :  Amir  Dessin : Khalil

Couleurs : N&B Traduction : Marion Tissot 

EditeurCasterman  Planches : 270

Situé en Iran, après l’élection présidentielle frauduleuse de 2009, Zahra’s Paradise est l’histoire fictive (mais fortement inspirée de nombreux témoignages réels) de la recherche de Medhi, un jeune manifestant qui a disparu dans les goulags de la République islamique. Seuls le courage d’une mère refusant d’abandonner son fils et la ténacité d’un père qui explore les méandres des prisons des ayatollahs se dresseront contre l’horreur et l’injustice d’une telle disparition. Zahra’s Paradise a d’abord été publié sur Internet en une douzaine de langues, dont l’anglais, l’arabe et le farsi. Cette histoire a ainsi été lue par des milliers de lecteurs partout dans le monde et a déjà reçu un accueil enthousiaste de la presse internationale. Une première pour un roman graphique.

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« Dans l’ombre de Charonne » de Alain et Désirée Frappier : pour ne pas oublier …

Maryse Douek-Tripier en a « marre d’être une rescapée », elle a gardé le silence sur le moment le plus douloureux de sa vie. Elle se confie à Désirée Frappier sur le massacre à la station de métro Charonne, le 8 février 1962.

La première bande dessinée des éditions Mauconduit est un document historique qui revient sur cet épisode tragique et peu connu.

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Un véritable travail d’historien de Désirée Frappier, qui a mené une enquête auprès de plusieurs personnes, présentes et témoins au moment du drame. Depuis la préface de Benjamin Stora :  « Le respect des faits historiquies et de l’émotion est un exercice toujours délicat », écrit-il « Mais tout cela est mis en scène finement, avec une sobriété bienvenue, un sens aigu des situations et ce goût du détail qui installe une atmosphère », jusqu’au témoignage de l’héroïne.

On vit aux côtés de Maryse au fil de pages, d’autres sujets sont abordées, comme l’exode des juifs égyptiens au moment de la guerre israélo-arabe, l’attente des papiers en France…, même le quotidien des lycéens français des années 60 est évoqué.

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Une leçon d’histoire sur chaque planche dessinée sans que l’on ne s’en rende compte.

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Férue d’histoire, je dois dire que cette BD m’a beaucoup apporté ! Elle a contribué à m’éclairer sur la guerre d’Algérie, la réaction en France de la population et des politiques… La France presque coupée en deux, les associations, les débats à l’école, dans les cafés…

Quand j’entendais parler de Charonne, cela faisait juste référence à un évènement de l’histoire de France, puisque ce que je l’avais appris lors de mes cours…

D’autres dates ont été évoquées lors du procès de Papon fin des années 90, notamment son implication lors de la manifestations des travailleurs algériens du 17 octobre 1961 contre le couvre-feu qu’il avait imposé en tant que préfet.

Mais je ne savais pas (honte à moi) que le 8 février 1962, des gens étaient morts écrasés dans les escaliers du métro. Que les policiers avaient jeté sur eux les grilles en fonte qui bordent les arbres.

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Pourtant je connais bien cet endroit, cette station… sans savoir … ces escaliers …. le 8 février 1962…

Une BD qui décrit, comme si on y était, l’appel à la dispersion de la manifestation dans le calme, la charge de la police, la furie, la panique, les corps piétinés et en panique qui cherchent à se réfugier dans la seule voie de secours qui s’offre à eux  : la bouche du métro Charonne…

Une manifestation sauvagement réprimée, qui fut un vrai choque à l’époque, ce qui a amené à s’interroger sur les pratiques de maintien de l’ordre en France…

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Une reconstitution historique très précise et documentée de manière sérieuse, sans être pesante.

Une belle initiative de devoir de mémoire dans le domaine de la BD.

 

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Alain Frappier est peintre, graphiste et illustrateur. Il s’allie avec Désirée Frappier et le duo signe « Dans l’ombre de Charonne » en 2012, « La vie sans mode d’emploi… » (2014) et « Le choix » en 2015 qui aborde la question de l’avortement.
site : http://www.alainfrappier.com/

Je comprends beaucoup mieux cette chanson de Renaud, après avoir lu cette BD.

Renaud « Hexagone » :

« Ils sont pas lourds, en février,

À se souvenir de Charonne,

Des matraqueurs assermentés

Qui fignolèrent leur besogne,

La France est un pays de flics,

À tous les coins d’rue y’en a 100,

Pour faire régner l’ordre public

Ils assassinent impunément. »

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Scénario :  Désirée Frappier – Dessin : Alain Frappier – Edition : Mauconduit – Planches : 136

Maryse, une jeune lycéenne de 17 ans, décide de participer avec ses copains de lycée à une manifestation contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Nous sommes à Paris, en 1962.

Après 8 ans de guerre, l’indépendance de l’Algérie devient inéluctable. L’OAS, regroupant dans ses rangs les fervents défenseurs du dernier bastion d’un empire colonial agonisant, multiplie les attentats à la bombe sur la capitale. Le 8 février, après 14 attentats, dont un blessant grièvement une petite fille de quatre ans, des manifestants se regroupent dans Paris aux cris de «OAS assassins», «Paix en Algérie». La manifestation organisée par les syndicats est interdite par le préfet Maurice Papon. La répression est terrible. La police charge avec une violence extrême. Prise de panique, Maryse se retrouve projetée dans les marches du métro Charonne, ensevelie sous un magma humain, tandis que des policiers enragés frappent et jettent des grilles de fonte sur cet amoncellement de corps réduits à l’impuissance. Bilan de la manifestation : 9 morts, dont un jeune apprenti, et 250 blessés.
50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, profondément marquée par ce drame dont elle est sortie miraculeusement indemne, livre son témoignage à Désirée Frappier. C’est une véritable histoire dans l’Histoire à laquelle nous invite l’auteur, restituant ce témoignage intime dans son contexte historique et tragique, tout en nous immergeant dans l’ambiance des années soixante : flippers, pick-ups, surboums, Nouvelle Vague, irruption de la société de consommation.

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L’Empoisonneuse de Barbara Yelin et Peter Meter

Le regard de cette femme sur la couverture m’a attiré, regard que je n’arrivais pas à déchiffrer… Triste ou malsain rien ne transparaît vraiment !

Donc il me fallait plonger dans ces planches,  dessinées au fusain et au crayon, ce qui donne un aspect encore plus sombre à l’histoire qui s’inspire de faits réels, du coup j’ai lu cette BD avec un autre regard et surtout plus d’attention.l-empoisonneuse-122739Comme l’héroïne, j’ai cherché à comprendre ce qui avait pu pousser Gesche Margarethe Gottfried, « L’ange de Brème », qui a tué pas moins de 15 personnes, à donner du “beurre à souris” (saindoux à l’arsenic) tartiné sur du pain à ses enfants, ses compagnons, ses amis, ses parents, ses voisins… tout en soignant certains, pour alléger leurs souffrances.planchea_109459Une telle contradiction dans le comportement est un tel mystère que cette femme ne pouvait être complètement saine d’esprit. Cette envie de comprendre et de donner une justification médicale est certainement liée à notre regard plus moderne et plus « psychologue » qu’à l’époque des faits, influencée par les préjugés, la bien séance et la religion.

Plusieurs personnages (le pasteur, l’avocat…) apparaissent plus ou moins fourbes, dans cette société brèmoise taxée d’être une société beaucoup plus « évoluée » à l’époque. Les habitants voient notre héroïne d’un mauvais œil, pour eux cette étrangère vient fouiner et veut ruiner la réputation de la ville.

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La ville est rongée par cette histoire d’empoisonnement trop longtemps dissimulée, l’ambiance en devient suffocante et son aspect paisible est bien loin de la réalité du moment. Les regards sont fuyants, furtifs, les chuchotements et les confidences, donnent, en fin de compte un aspect noire à cette ville et je me suis attachée à cette accusée, qui n’aura été entendu qu’à cause de ses meurtres…

Cette BD est à la fois fascinante et grave, l’atmosphère est sombre avec une tension palpable.

Une histoire qui mérite d’être plus connue et surtout, qui donne envie d’en savoir plus.

Suite à ses aveux et sa condamnation à mort, elle aura la tête tranchée sur la voie publique. Elle sera la dernière personne à être exécutée ainsi.

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Barbara YELIN

Née à Munich en 1977, Barbara Yelin a étudié l’illustration et la bande dessinée à Hambourg et vit désormais à Berlin.Ses deux premiers livres ont été publiés à l’An 2 : Le Visiteur en 2004 et Le Retard en 2006. Elle a participé en 2008 à deux albums collectifs : Les Bonnes Manières (Actes Sud – l’An 2) et Pommes d’amour (Delcourt). Elle fait partie du collectif de dessinatrices qui publie la revue Spring. Elle est ici pour la première fois associée à un scénariste.

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Peer METER

Le scénariste, Peer Meter, est né à Brème en 1956. En 1976, il fonde une petite revue de BD, Com-Mix. Depuis 1986, il est rédacteur et écrivain indépendant, entre autres pour la revue littéraire Stint. Proche du milieu théâtral, il a travaillé sur des oeuvres de Fassbinder, Beckett, Büchner. En 1988, il commence à s’intéresser au cas Gesche Gottfried, et en tire une pièce de théâtre, créée en 1995, à Flensbourg. Il publie la même année le livre-enquête Gesche Gottfried. Ein langes Warten auf den Tod, premier bilan de ses recherches sur ce fait criminel. Il écrit d’autres scénarios de bande dessinée à propos de meurtriers célèbres, notamment pour la dessinatrice Isabel Kreitz.

 

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Scénario :  Meter Peer – Dessin : Yelin Barbara – Couleurs : N&B

Traduction : Paul Derouet – EditeurActes Sud – L’An 2 – Planches : 190

Une jeune femme, qui fait profession d’écrire, arrive à Brème, dans le Nord de l’Allemagne, par bateau. Nous sommes au début du XIXe siècle. Venue pour rédiger une description touristique, elle ignore que toute la ville est en proie à une étrange fièvre, parce que l’on se prépare à exécuter en place publique une femme accusée d une quinzaine d’assassinats par empoisonnement. Son propre destin va se trouver mêlé à l’histoire de cette meurtrière. Ce drame historique est basé sur une histoire vraie, celle de Gesche Margarethe Gottfried (1785-1831), surnommée «l’Ange de Brème». En mars 1828, la ville de Brème fut secouée par la découverte d’une affaire criminelle sans précédent. Il avait fallu quinze ans pour que fût démasquée Gesche Gottfried, tueuse en série qui confessa avoir empoisonné, depuis 1813, quelque quinze personnes : ses parents, ses deux maris, son fiancé, ses enfants, sa propriétaire et quelques amis ! Elle fut la dernière personne à être exécutée publiquement dans la ville de Brème.

 

Mon ami Dahmer de Derf Backderf

Derf Backderf a passé son enfance à Richfield, petite ville de l’Ohio située non loin de Cleveland. En 1972, il entre au collège, où il fait la connaissance de Jeffrey Dahmer, un enfant solitaire au comportement un peu étrange. Les deux ados se lient d’amitié et font leur scolarité ensemble jusqu’à la fin du lycée. Jeffrey Dahmer deviendra par la suite l’un des pires serial killers de l’histoire des États-Unis. Son premier crime a lieu à l’été 1978, tout juste deux mois après la fin de leur année de terminale. Il sera suivi d’une série de seize meurtres commis entre 1987 et 1991. Arrêté en 1991, puis condamné à 957 ans de prison, Dahmer finira assassiné dans sa cellule en 1994. Mon Ami Dahmer est donc l’histoire de la jeunesse de ce tueur, à travers les yeux de l’un de ses camarades de classe. Précis et très documenté, le récit de Derf Backderf (journaliste de formation) décrit la personnalité décalée de Dahmer qui amuse les autres ados de cette banlieue déshumanisée typique de l’Amérique des années 1970. Dahmer enfant vit dans un monde à part, ses parent le délaissent, il est submergé par des pulsions morbides, fasciné par les animaux morts et mortifié par son attirance pour les hommes. Personnage fascinant, voire attachant car presque victime de son environnement, Dahmer vit une implacable descente aux enfers vers une folie irréversible.

Scénario :  Backderf, Derf – Dessin : Backderf, Derf – Couleurs : N&B

Lettrage : Duhamel Hélène – Traduction :  Soubiran, Fanny

Editeur : çà et là – Planches : 177

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Une BD sur l’un des pires tueur en série  des Etats-Unis le « cannibale de Milwaukee ». Il a commis 17 meurtres entre 1978 et 1991, dont seize entre 1987 et son arrestation en 1991.

Battu à mort en 1994, par un codétenu suite à sa condamnation à perpétuité. Il a été un des rares tueurs en série à exprimer des remords par rapport à ses actes. En effet les meurtres commis pas Dahmer sont d’une rare cruauté, viols, démembrements, nécrophilie et cannibalisme.

La BD n’évoque pas ces meurtres, sauf celui commis à l’été 1978, deux mois après la fin de la scolarité de Dahmer, qui est l’aboutissement de la transformation d’un ado à l’esprit dérangé en un véritable psychopathe.

Derf Backderf nous raconte les prémices de Dahmer, à travers le récit de son adolescence dans un lycée plus que banal de l’Ohio, un coin perdu des Etats-Unis.En effet il a passé une partie de ses années de lycée dans la même classe que Jeffrey Dahmer ! Il était d’ailleurs un de ses rares camarades, même s’il le trouvait suffisamment bizarre et effrayant pour ne jamais oser l’inviter à la maison.

Backderf a eu l’idée de consacrer cette BD avoir appris l’arrestation de Dahmer, mais ce projet mettra vingt ans à aboutir, car il voulait faire « quelque chose d’irréprochable ».

Ce roman graphique ne se base pas seulement sur ses souvenirs, mais aussi sur une importante documentation, comme le prouvent les multiples pages de notes à la fin du livre.

En lisant « Mon ami Dahmer », j’ai ressenti un grand malaise, car  les signes indiquant que  Dahmer était en grande souffrance sont très nombreux :

– Il disséquait des animaux morts pour les dissoudre dans de l’acide,

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– Il imitait régulièrement les crises d’épilepsie de sa mère (ce qui faisait beaucoup rire ses camarades)

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– Il buvait de grandes quantités d’alcool dès 8 heures du matin,

– Surtout, il manquait très souvent les cours.

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Malgré ces nombreux signes, personne n’a jamais tiré la sonnette d’alarme face à ces comportements. Ni les enseignants, ni ses propres parents (bien trop occupés par leur disputes et leur divorce pour se rendre compte que leur fils était en train de devenir un véritable monstre).

Si on ajoute à ça ses pulsions morbides couplées à un refoulement de son homosexualité, on aboutit à la création du « monstre » Dahmer.

Dahmer n’a souvent pas de regard sous les traits de Backderf, les yeux effacés derrière son imposante paire de lunettes, sûrement une manière de prendre du recul et de déshumaniser ce copain de lycée !

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On assiste ici à la naissance de l’un des plus grands tueurs en série du XXème siècle.

« Jeffrey Dahmer aime ses victimes et désire les garder auprès de lui, car il se sent très seul. »

Sans trouver des excuses aux actes de Dahmer, l’auteur nous permet de mieux comprendre ses actes et sa descente aux enfers. Son récit est très dur, tout comme ses dessins noir et blanc, mais son témoignage est fascinant et  sans jugement.

Une vie sinistre dès la naissance…

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John « Derf » Backderf est né en 1959 à Richfield, une petite ville de l’Ohio où il passera toute son enfance. Après un bref passage dans une école d’art, il retourne chez lui et travaille un an comme éboueur, avant de recevoir une bourse pour l’université de l’Ohio où il suivra un cursus en journalisme tout en réalisant des illustrations pour le journal local. Une fois diplômé, Derf Backderf devient journaliste pour un quotidien de Floride, puis abandonne cette carrière pour se lancer dans la réalisation d’un strip, « The City », qui durera vingt-deux ans et sera publiés dans plus de 50 hebdomadaires américains.
Le premier roman graphique de Derf Backderf, « Punk Rock & Mobile Homes » (publié en 2014 chez çà et là), a été consacré comme l’un des meilleurs romans graphiques de 2010 par le magazine Booklist. En 1994, Derf Backderf avait commencé à travailler sur la réalisation de « Mon ami Dahmer » ; le livre sera finalement publié en 2012 aux États-Unis, puis en 2013 en France. « Mon Ami Dahmer » a reçu le Prix Polar SNCF 2014, le Prix Révélation du Festival d’Angoulême 2014 et le Prix littéraire des lycéens de la région PACA 2015. Le troisième roman graphique de Derf Backderf, « Trashed », a été publié en 2015 en France et aux États-Unis. Le livre a reçu le Prix Tournesol 2016 de la bd écolo de l’année et a été sélectionné pour le Prix BD Fnac 2016.
Derf Backderf a été nominé pour deux Eisner Awards et a reçu de très nombreuses récompenses pour son travail de dessinateur de presse, dont le prestigieux Robert F. Kennedy Journalism Award du dessin politique en 2006. Il vit à Cleveland (Ohio) avec sa femme Sheryl Harris (journaliste lauréate du Prix Pulitzer) et leurs deux enfants.

Olympe de Gouges – BD de Catel et Bocquet

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Scénario :  Bocquet, José-Louis
Dessin : Catel
Editeur : Casterman
Planches : 400 planches de BD et 39 notices biographiques
Parution : 2012

Mariée et mère à 18 ans, veuve aussitôt après, Marie Gouzes décide ensuite de vivre librement. Elle se fera désormais appeler Olympe de Gouges. Femme de lettres, fille des Lumières, libertine et républicaine, Olympe a côtoyé la plupart de ceux qui ont laissé leur nom dans les livres d’histoire au chapitre de la Révolution : Voltaire, Rousseau, Mirabeau, Lafayette, Benjamin Franklin, Philippe Egalité, Condorcet, Théroigne de Méricourt, Desmoulins, Marat, Robespierre… En 1791, quand elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe demande l’égalité entre les sexes et le droit de vote; des propositions qui resteront révolutionnaires
jusqu’au XXe siècle.

Auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges est une pionnière du combat féministe. Catel et Bocquet croquent son portrait, en BD.

J’ai chanté, j’ai dansé ♫♫*♥*♫♫ Être une femme libérée tu sais c’est pas si facile, Ne la laisse pas tomber, Elle est si fragile, Être une femme libérée tu sais c’est pas si facile ♫♫*♥*♫♫ en lisant cette BD.

Olympe de Gouges qualifiait le mariage religieux de « tombeau de la confiance et de l'amour ».

Une reconstitution historique minutieuses DE la vie d’Olympe, née de noblesse adultérine, dès son enfance elle est séduite par les livres, les poèmes et le théâtre. Veuve et mère à 18 ans, elle s’installe à Paris en 1773, sous la protection de Jacques Biétrix, son amant.

Olympe de Gouges ne tarde pas à afficher des convictions surprenantes pour l’époque. Elle est libertine, prône l’égalité entre les sexes, se dresse contre l’esclavage, élève elle-même son fils au lieu de le confier à une nourrice.

Son chemin croise celui de Rousseau, Voltaire, Mirabeau, Lafayette, Benjamin Franklin, Marat – qu’elle traite « d’avorton » -, Robespierre, qualifié « de vil conspirateur »..

Olympe de Gouges affiche des convictions détonantes pour l'époque.

Sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne reste son plus célèbre écrit, dans lequel elle affirme et réclame l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes. L’article 10 proclame notamment : «  la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune ». Donc de faire de la politique…

A la mi-septembre 1791, Olympe de Gouges, adresse à la reine Marie-Antoinette sa Déclaration des droits des droits de la femme et de la citoyenne.

Arrêtée, elle écrira : « Mon corps est prisonnier, mais mon esprit est libre ».

Elle sera guillotinée le 3 novembre 1793, juste après une dernière lettre écrite à son fils : « Je meurs innocente ».

Arrêtée le 20 juillet 1793, elle est condamnée à mort et guillotinée le 3 novembre 1793, à l'âge de 45 ans..

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L’attentat – BD de Loïc Dauvillier et Glen Chapron d’après le roman de Yasmina Khadra

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Scénario :  Loïc DAUVILLIER
Dessin et couleur : Glen CHAPRON
Editeur : Glénat
Planches : 160
Parution : 2012

Amine, chirurgien israélien d’origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d’origine et son peuple d’adoption, et s’est entièrement consacré à son métier et à sa femme, Sihem, qu’il adore. Jusqu’au jour où, au cœur de Tel Aviv, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant, semant la mort et la désolation. Toute la journée, Amine opère les victimes de l’attentat, avec pour tout réconfort l’espoir de trouver le soir l’apaisement dans les bras de Sihem. Mais quand il rentre enfin chez lui, au milieu de la nuit, elle n’est pas là. C’est à l’hôpital, où le rappelle son ami Naveed, un haut fonctionnaire de la police, qu’il apprend la nouvelle terrifiante : non seulement il doit reconnaître le corps mutilé de sa femme mais on l’accuse elle, Sihem, d’être la kamikaze… Amine ne peut tout d’abord admettre que sa femme, qui n’a jamais manifesté un attachement particulier à la cause palestinienne, ait pu commettre un acte aussi barbare. Pourtant, il doit se résoudre à accepter l’impossible quand il reçoit le mot qu’elle lui a laissé. Alors, pour comprendre comment elle a pu en arriver à une telle extrémité, il s’efforce de rencontrer tous ceux qui l’ont poussée à ce geste fou. Et doit écouter sans répit une vérité qu’il ne peut pas entendre.

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A sa lecture, Loïc Dauvillier apprécie le roman de Yasmina Kahdra,  vendu à plus de 600 000 exemplaires en France et traduit dans plus de 20 pays. Une rencontre avec Glen Chapron et le projet est lancé.

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Une quête en recherche de vérité, si celle-ci existe…

J’ai adoré le roman de Yasmina Khadra, ainsi que le film adapté du même livre. Lorsque j’ai vu cette BD passée sur le blog de Collectif polar  je ne pouvais pas passer à côté de cette découverte !

Yasmina Khadra a participé au suivi de ce roman graphique et les auteurs, Loïc Dauvillier et Glen Chapron se sont documentés pour en faire un récit de grande précision et plein d’émotion.

On est très vite dans le vif du sujet, pas plus d’une dizaine de planches pour que l’aventure d’Amine démarre.

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La tension est palpable et visuelle, le visage d’Amine évolue au fil des planches.

Amine va prendre des coups sans en donner.

On le traite de sale « bougnoule », sa maison est mise à sac.

Un découpage astucieux permet de délimiter des parties :

L’attentat en introduction. La première partie l’acceptation de reconnaissance du statut de kamikaze, sur presque 35 planches.

« Je n’arrive plus à savoir où finit le deuil et où commence le veuvage. »

La seconde partie, la tentative de compréhension.

La dernière partie, de même longueur que la précédente, le final.

Le récit entrecoupé de page blanche avec une pensée d’Amine, permettent de reprendre son souffle.

« Je n’ai pas l’intention de me venger ou de démanteler le réseau. Je veux juste comprendre comment la femme de ma vie m’a exclu de la sienne ».

L’histoire est dense et juste.

Un drame intime mais dans lequel l’aspect politique du conflit israélo-palestinien est prégnant.

Les termes islamiste, intégriste, sont définis comme il se doit et apportent une compréhension de qualité.

Cette BD suscite beaucoup de questions sans apporter de réelles réponses…

« Je ne comprendrai jamais pourquoi les survivants d’un drame se sentent obligés de faire croire qu’ils sont plus à plaindre que ceux qui y ont laissé leur peau. »

La situation du contexte est abordée avec talent ainsi que la douleur de chaque camp.

Les illustrations sont aussi juste que les paroles, franches et directes.

Au de-là de cette BD plusieurs réflexions s’imposent, notamment le respect des droits, la lutte de ces deux peuples meurtris.

Que penser du Mur de la honte ? Comment un peuple peut ressentir le besoin de s’enfermer au sein même de ses frontières ?

« Le juif erre parce qu’il ne supporte pas les murs. Ce n’est pas un hasard s’il a élevé un rempart pour se lamenter dessus. »

Que penser des palestiniens qui, pour manifester leur opposition et leurs souffrances, envoient leurs enfants se suicider ?…

« Une dernière remarque : A force de vouloir ressembler à tes frères d’adoption, tu perds le discernement des tiens. »

Je vous invite à découvrir cet BD.

« La difficulté commence quand ceux qui se la coulent douce viennent tirer l’oreille à ceux qui sont dans la merde jusqu’au cou… »

J’ai eu le même sentiment de frustration et les mêmes réflexions qu’en refermant le livre, cette BD ne m’a pas laissé indifférente et je me suis encore posée tout plein de questions !

« – Tout Juif de Palestine est un peu arabe et aucun arabe d’Israël ne peut prétendre ne pas être un peu Juif.
– Tout à fait d’accord avec toi. Alors pourquoi tant de haine dans une même consanguinité ? »

C’est une  » claque  » MAGISTRALE !

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Biographie des auteurs :

 

220px-1-2Loïc Dauvillier est né à Cambrai. Scénariste, scénographe et éditeur des éditions charette. En 2004 il se lance avec Marc Lizano au scénario, dans une première série jeunesse de trois tomes, La Petite Famille (Carabas). Depuis on a vu venir des récits jeunesse, une adaptation d’une nouvelle de Gogol, Le Portrait (Carabas), un Oliver Twist d’après Dickens (Delcourt), un Tour du monde en 80 jours d’après Jules Verne (Delcourt), mais aussi des livres plus sombres qui révèlent une autre facette d’un scénariste atypique et exigeant. En 2009 est paru Inès (Drugstore), en collaboration avec Jérôme d’Aviau au dessin. 

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Glen Chapron, né en Bretagne, apprend la gravure à l’école Estienne de Paris avant de s’orienter vers l’illustration. Il intègre les Arts-Décoratifs de Strasbourg, y rencontre les futurs membres du collectif Troglodyte et lance le fanzine trimestriel d’illustration et de bande dessinée Écarquillettes, où seront publiées les premières planches de Vents dominants (2009), une chronique sociale avec Julia Wauters au scénario (Sarbacane). Il a participé également à la série phare Les Autres Gens (Dupuis).

Bilan de lecture : juin 2016

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 Salut les p’tits loups 😉

L’heure du bilan arrive !

13 lectures – 3657 pages

 8 livres dont 5 pour le challenge  un pavé par mois

 

Derniers jours de Adam Nevill : Dans l’ensemble une lecture mitigée mais que je n’ai pu lâcher car je souhaitais connaître le fin mot de l’histoire, qui sans être extraordinaire a du cachet grâce à son personnage principal.

 

Un monde meilleur de Marcus Sakey  : On passe d’un thriller fantastique à un thriller catastrophe, ce qui pour certains peut rendre l’histoire moins interessante et peut expliquer l’absence d’adhésion. Etant férue de films ou livres catastrophe j’ai totalement adhérer.

 

La bête et la belle de Thierry Jonquet  : J’ai été bluffée par cette construction minutieuse de l’auteur ! J’ai relu deux fois ce livre, car certains passages prennent sens lorsqu’on arrive à la fin… Un humour noir d’une grande qualité, une construction totalement détournée, tout tient dans les deux dernières pages où le lecteur se retrouve comme un idiot.

J’ai adoré !

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Marche ou crève de Stephen King : J’ai vraiment aimé ce bouquin, la survie et la mort au rythme de cette marche lente et étouffante à la fois. J’ai trouvé tout cela tellement fou, irréaliste et tellement proche de ce que l’on voit parfois à la télé de nos jours ! Cette perversion, cette soif de voir l’autre vivre, cette soif de reconnaissance, cette connexion aux réseaux sociaux, qui laisse croire que la gloire arrive juste parce qu’on vous voit, ce livre offre de sacré similitudes avec notre époque !

 

Serenitas de Philippe Nicholson  : Un roman glaçant, qui nous pousse à la réflexion, bouleversant par son actualité car nous en lisons les prémices tous les jours dans nos journaux. J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre et me suis commandée Extramuros qui semble être une potentielle suite.

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Le Couloir des Ames de Julie Jkr : Un style prometteur ! Même si un manque de maturité se ressent parfois, l’auteur a une plume qui ne pourra que progresser. A suivre avec intérêt, dans le second opus en plein bouclage…

Les Brillants de Marcus Sakey : je n’ai pas trouvé ce livre captivant, l’intrigue se laisse lire, mais les réflexions politiques transposées à notre réalité sont très intéressantes.

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Histoire de Roque Rey DE Ricardo Romero : Je n’ai pas été emportée, Roque Rey m’a paru trop plat et sans intérêt. Je me suis tout bonnement ennuyée ! J’ai trouvé qu’il n’avait aucune personnalité, comme spectateur de sa propre vie, qu’il tente de prendre en main mais sans y parvenir. Le seul moment que j’ai apprécié c’est au moment où il prend vie en semblant tomber amoureux, mais dans cette histoire ce n’est pas Roque Rey que j’ai apprécié, mais les réactions de sa partenaire, pleine de vie qui finira par tout abandonner…. Comme si elle fuyait ce pauvre Roque Rey et sa vie morne et sans saveur…

 Un premier manga 

Q Mysteries – Tome 1 de  : Une belle réussite, avec son duo attachant, des enquêtes bien ficelées, avec un coup de crayon très sympa, Q Mysteries s’annonce comme un excellent titre pour les amateurs d’enquêtes…

Des BD très intéressantes

 

Dans la nuit – Tome 3 – Profondeurs : L’histoire est classique mais efficace et accrocheuse. On passe un bon moment de lecture avec une ambiance bien posée, on est immergé dans l’histoire qui reste bien maîtrisée, même si le dénouement peut décevoir, par une fin amenée trop rapidement.

 

Dans la nuit -Tome 2 – Troisième sous-solLe rythme imposé par les auteur est très prenant, les encrages de Denys superbes et Hubert adapte parfaitement sa palette de couleurs aux atmosphères sinistres.

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Transperceneige : Terminus de Jean-Marc Rochette : Une très belle bande-dessinée, dont le récit débute exactement là où s’est arrêté le film !  On part dans une direction totalement inattendue avec une très belle conclusion pleine d’espoir et vraiment imprévisible.

Zombillénium – tome 1 – Gretchen – de Arthur de Pins : Une BD très agréable a lire, pas trop de texte, dessins non surchargé, un humour sympa.Le thème de parc de Zombies est original, les zombies ont des sentiments et on les voit la transformation qui s’opère !

 Ce que j’ai vu :

Un message, une leçon de vie rarement aussi bien livrée au cinéma : il faut vivre sa vie sans jamais laisser le moindre obstacle se placer sur notre chemin. La musique de fin de Idir est un beau clin d’oeil à la Kabylie et cette musique ne fait que nous émouvoir encore plus fort.

BOF ! Chronique à venir …