Archives du mot-clé challenge ABC 2018 Policier/thriller

Sauvez-moi de Jacques EXPERT

Parution : 14 juin 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller psychologique

C’est mon premier Expert… Et je ne suis vraiment pas déçue !

J’ai été assez déstabilisée au départ.  en effet, je n’arrivais pas à accrocher à l’intrigue, je trouvais qu’elle mettait du temps à s’installer et j’avais peur de m’ennuyer… Pourtant, l’auteur a réussi à me ferrer et lui et moi on a fait un petit bout de chemin ensemble… Quelques heures, particulièrement rudes.

Rudes, car avec « sauvez-moi » on est dans une intrigue quelque peu différente, puisque les personnages les plus tordues et les plus malsains ne sont pas toujours ceux que l’on pourrait imaginer l’être… Ici c’est l’envers du décor… L’envers de nos persuasions… L’auteur va chambouler vos certitudes dans un monde où d’un côté il y a les méchants et de l’autre les gentils…

Sauf que, même si on sait que la frontière est très mince… Floue… Parfois, l’humanité et la bienveillance ne se trouve pas là où on devrait l’attendre…

La corruption de l’homme… Ou de la femme ne tient pas à grand chose et certaines personnes n’ont pas besoin que le destin les force trop… Enfin… Disons que certaines personnes sont prêtes à tout pour réussir…

Les sentiments du lecteur sont malmenés par cette plume fluide et incisive portant une intrigue bien glauque qui montre toute la noirceur dont l’être humain est capable…

Des personnages qui pensent avoir tous les droits mais surtout toutes les réponses… Et qui n’hésitent jamais à foncer, malgré les doutes qui les traversent… Pourtant les détails sont visibles et surtout flagrants.

Des hommes et des femmes en mal de reconnaissance qui n’hésitent pas à flouer les droits et les devoirs les plus élémentaires… Au nom d’une pseudo justice qui n’en a plus que le terme.

Une justice en laquelle plus personne, ne croit, ou n’osent croire… Pour ne pas se différencier mais surtout pour se croire investit d’une mission.

Sauf, quand dans cette jungle du chacun pour soi, certaines personnes osent se différencier et dire « non » et c’est le grain de sable salvateur, qui va envoyer tout valdinguer mais surtout remettre les pendules à l’heure et redéfinir les limites à ne pas franchir et à ne pas accepter. Et ce quelque soit la personne qui mène la danse.

Une intrigue que l’auteur construit sur des bases simples, mais tout est étudié, millimétré pour que le récit soit d’une rare qualité. La plume décortique avec minutie, pour terminer sa course folle sur un final conforme à la moral et à la justice.

Parfois les regrets, nous font prendre conscience du chemin à suivre et permet de corriger le futur et le passé… Mais certaines personnes, ne sont pas prêtes à assumer leurs erreurs, persuadées d’avoir fait les bons choix et que leur intime conviction est la bonne

L’auteur pose à travers son intrigue la question de l’intime conviction et de sa valeur. Mais également une vraie question sous-jacente sur la justice et ceux qui doivent faire appliquer la loi. Cette justice est malmenée, mais pour pointer les failles qui existent. Sous ses aires de thriller, l’auteur pose son intrigue qui pourrait se trouver dans notre journal dans la rubrique faits divers.

Sous ses aires de thriller, l’auteur pose son intrigue qui pourrait se trouver dans notre journal dans la rubrique faits divers.

Un fait divers… Des faits divers… Dont on ne souhaiterait pas être témoin… Mais que ferions-nous si nous y étions confrontés ? Quel choix s’imposerait à nous ?

J’ose espérer que l’appel au secours serait entendu…

Malgré le flou du départ, l’auteur m’a pris dans ses filets, pour me recracher complètement sonnée. Le lecteur est poussé dans ses retranchements et ses convictions sont ébranlées au même titre que ses personnages. Chacun sortira différent, le lecteur aussi…

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

Journaliste à Radio Caraïbes International en 1981, puis grand reporter à France Inter et France Info couvrant notamment l’affaire Grégory. En 1994, il devient rédacteur en chef de Coyote. En 1998, il devient directeur des magazines de M6 et directeur des programmes de Paris Première en 2001. En 2012, il est nommé directeur des programmes de RTL. « La Femme du monstre » (Prix des Romancières 2008), fruit d’une longue enquête, est son premier roman, paru en 2007. Suivront notamment « La théorie des six » (2008), « Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils » (2010) qui a été adapté à la télévision par Pierre Aknine en 2013, « Adieu » (2011), « Qui ? » (2013) ou encore « Hortense » (2016)

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Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez

 

Parution : 3 mai 2018 – Fleuve éditionsPrix papier : 21,90€ – Prix Numérique : 17,99€ – Pages : 528 – Genre : Polar – Thriller

 

Rhoo punaise ! Rien à faire, je suis une accro à Thilliez et il me faut ma dose ! Y-a-t-il quelque chose à faire ? Pourquoi voudrais-je me désintoxiquer, puisqu’à chaque fois c’est un plaisir ? Même si je n’ai pas encore fini de lire tous les livres de l’auteur… Ça c’est une autre histoire…Revenons à nos moutons …

L’auteur a une telle capacité à se renouveler, à nous entrainer dans des intrigues toutes aussi folles les unes que les autres, que cela frôle le génie ! Quoi ? Vous n’êtes pas d’accord ? Bon en même temps c’est mon avis, je fais qu’est-ce que je veux !

Sérieusement… Franck Thilliez arrive à m’épater, presque à chaque fois… Mais là, il m’a complètement bluffé.

En même temps, il ne ment pas à ses lecteurs, puisqu’il avait annoncé que surprendre ses lecteurs,  était de plus en plus difficile mais qu’il avait essayé de les manipuler encore une fois en raisonnant différemment, en se mettant à leur place, pour que la surprise soit toujours au rendez-vous même chez les plus fidèles de ses fans. C’est chose faite !

Ce bouquin est un vrai page-Turner, sans temps mort, avec deux histoires dont on ne voit pas le lien apparent et pourtant lorsque les révélations se font, on a le cerveau complètement retourné. Tellement retourné, d’ailleurs, qu’on analyse de plus en plus, pour tenter de lire entre les lignes, tenter de démêler la trame de l’histoire. Bref on veut comprendre !

Cherchez pas, l’auteur va vous embrouiller l’esprit et c’est franchement incroyable tellement c’est bon. Les jeux de mots, le parallélisme entre les personnages, comme fait exprès pour que chacun puisse avoir son double opposé. L’amnésique en opposition au flic Hypermnésique. Deux flics V & V. Léane et son pseudo Enaël.  Deux enquêtes qui vont n’en former qu’une…

Un jeu de quille dans lequel le lecteur sera forcément le perdant.

Mais ce qui encore plus paradoxale, par rapport à ses autres livres, c’est qu’on sent que l’auteur s’éclate à nous mener en bateau et c’est communicatif, car malgré la noirceur du récit, avec des scènes durs et chers à l’auteur, le livre reste lumineux par sa construction sans jamais atteindre le fond de la noirceur. Pourtant la noirceur humaine est toujours présente, même encore plus machiavélique ! Et même si vous croyez avoir tout compris de l’auteur, il arrivera à encore à vous entrainer vers le fond.

C’est bon, très bon, ça se dévore tout seul et on en redemande !

N’ayant pas l’esprit logique, je suis certainement passée à côté d’indices très intéressants et c’est bien la première fois que j’ai envie de relire un bouquin, juste pour le décortiquer !

Avec le manuscrit inachevé, on sent comme une plume plus aboutie, une certaine sérénité dans la narration qui ne fait que donner encore plus de profondeur livrant ici son meilleur roman à ce jour.

528 pages qu’on dévore, dont on aimerait trouver tous les mystères, mais qui pourtant, malgré un final en apothéose, titille l’esprit longtemps après l’avoir refermé, tellement la construction est magistrale.

Merci à ma fille chérie, qui ne lit jamais mon blog, mais qui suit sa mère dans ses délires et qui se demande parfois je suis pas un peu folle…

Passionné de cinéma, il devient ingénieur spécialisé dans les nouvelles technologies et l’informatique. Il allie cette passion à son goût pour les thrillers pour donner naissance à son premier roman, « Train d’enfer pour Ange rouge » (La Vie du Rail, « Rail Noir », 2003), qui a été nominé au Prix SNCF du polar français 2004.  Le succès rencontré depuis « La Chambre des morts » lui a permis de cesser son travail d’informaticien pour se consacrer exclusivement à son travail d’écriture.

Dans un communiqué publié sur son site internet et relayé par Deadline, Franck Thilliez annonce que le producteur des films de Wes Anderson, Indian Paintbrush, a acquis les droits de la série de livres mettant en scène les personnages Franck Sharko et Lucie Henebelle, soit cinq ouvrages, « La Chambre des morts », « La mémoire fantôme », « Le Syndrome E », « Gataca » et « Atomka. »

Premier acte de ces adaptations à venir, celle du « Syndrome E » paru en 2010.

 

 

Sekt : L’origine du venin de Vincent Ravalec

Parution : 6 avril 2018 – Editions TohuBohuCollection : Roman – Prix papier : 22€ – Pages : 470 – Genre : Thriller ésotérique

Voilà un livre qui divise quelque peu… En effet, il s’avère difficile d’intégrer l’équipe du MIOLDS… La plume de l’auteur a ceci de particulier, qu’il faut du temps, peut-être un peu trop, pour que le lecteur arrive enfin à rentrer dans l’intrigue.

Cette difficulté, aurait pu être un réel obstacle, mais l’auteur a réussi à m’entrainer avec ses personnages, dans cette intrigue particulière, au bout de 160 pages, j’avoue que je commençais à désespérer…

Je suis contente de m’être accrochée, soit je me suis habituée à la plume particulière de l’auteur, soit l’histoire a éveillé ma curiosité… Certainement un peu des deux…

C’est une plume singulière que l’on découvre, qui va osciller entre le floue et un style parfois pompeux… Comme si l’auteur se perdait dans sa construction, pour autant, une fois qu’on s’approprie la plume, on arrive à visualiser la trame, mais cela reste quelque peu en façade. En même temps, la plume cadre bien avec cette sensation de floue diffus, puisque l’auteur nous entraine à la limite du réel et de l’irréel… Ou du fantasmé… Du coup, on se demande justement, si cette opacité, n’est pas voulue, pour que le lecteur soit perdu…

N’oublions pas que nous sommes dans les bases d’une première enquête du MIOLDS, qui vient de se constituer, pour lutter contre les dérives sectaires et que parfois notre quotidien peut se révéler parsemé de détails incompréhensibles… Cette incompréhension ne voulant pas dire que la chose n’existe pas…

Les deux personnages principaux, même s’ils sont parfois caricaturés, sont assez crédibles dans leurs interrogations, leurs sentiments… Serge, le flic se retrouve largué au MIOLDS après avoir perdu du galon… Marie-Hélène, a perdu la reconnaissance de ses pairs lorsqu’elle a fait libérer un tueur. Une possibilité pour eux de garder un pied dans leur boulot, mais surtout une possibilité de se racheter. Le MIOLDS, avant d’être une mission ministérielle est la possibilité de consécration pour un gars qui a les dents longues et qui ne veut qu’une chose, faire sa place en politique…

Même si au départ, l’enquête démarre de manière classique, les différents croisements, vont les mener que les traces d’une organisation bien particulière, qui va mettre en exergue, certaines pratiques occultes, qu’elles soient démoniques ou simplement liées à une élite qui souhaite atteindre les plus hautes sphères…

Le lecteur se projette dans cette enquête où des forces mystérieuses semblent décider à influencer le cours des choses et à décider du sort du monde…

L’intrigue est très intéressante, sensible et actuelle, puisque l’on se demande souvent, si certaines actions ne sont pas faites au détriment de l’intérêt général… Chacun tire la couverture à soi… Mais surtout les ficelles qui lui seront le plus profitable…

J’ai beaucoup aimé, les révélations qui renvoient à notre quotidien, à la politique, tout en finesse et cela sous couvert d’une enquête qui frôle le fantastique, mais qui ne relève, pour moi, que de la suggestion, permettant au lecteur de s’interroger.

Je ne dirais pas que c’est un page-turner, car la plume reste difficile à appréhender, avec une certaine lenteur. Pour autant, j’ai terminé ma lecture il y a plusieurs semaines et je dois dire que je ne pouvais dégager mon ressenti, alors que aujourd’hui, j’ai réussi à prendre du recul et surtout à voir où l’auteur voulait m’emmener… J’ai digéré les informations, je me suis appropriée le livre et l’intrigue a fait son chemin dans mon cerveau torturé…

C’est un livre qui se digère, dont l’intrigue doit se reposer pour prendre son sens.

Je remercie Charlotte de la maison d’édition Tohu-Bohu pour sa confiance et pour le plaisir que j’ai pris avec cette lecture.

Ecrivain, réalisateur, scénariste et producteur, Vincent Ravalec a choisi le train comme résidence principale. Il y travaille dans le calme à ses multiples projets. Tous genres confondus, Vincent Ravalec a publié une cinquantaine de titres depuis Un pur moment de rock’n’roll et Cantique de la racaille au début des années 1990.

Que la guerre est jolie de Christian Roux

 

Parution : 7 février 2018 – Rivages EditionsPrix papier : 19,50€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 300 – Genre : Policier

 

Bizarre ce titre ? Un peu… Intriguant ? Beaucoup…

La référence à Guillaume Apollinaire est le fil conducteur de cette intrigue ancrée dans notre présent.

« Ah Dieu ! que la guerre est jolie Avec ses chants, ses longs loisirs. »

Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918), Calligrammes, « L’Adieu du cavalier » (1918)

Ancienne ville ouvrière, Larmon se retrouve au centre d’un imbroglio qui oscille entre le grand banditisme, les petites frappes et des politiciens véreux, en passant par les barbus qui souhaitent en faire leur terrain de jeu…

Une réalité sociale et urbaine qui déroute, que l’on connaît, mais que l’on ne souhaite pas nécessairement approfondir, histoire de ne pas avoir envie de vomir… Une intrigue bien dans son temps, sans concession et armée d’une plume vive et visuelle.

Dès le premier chapitre on sait qu’on part en guerre… Mais une guerre qui aura un sens différent pour chacun des protagonistes. Une guerre, une lutte de tout les instants pour tenter de sauver ce qui peut l’être ou détruire ce qui doit l’être…

Les tranchées sont à nos portes, sont au cœur de Larmon et pas seulement un vague rappel historique. Elles ont juste changé de visages et ceux qui les creusent ne le font pas pour les mêmes raisons…

Avec une plume âpre, l’auteur trace la route de ses personnages qui naviguent dans une réalité déconcertante. Sous couvert d’un polar, leur quotidien est décrit avec une rare sincérité, empreinte d’empathie.

On sent le vécu, la noirceur des êtres qui ne pensent qu’au profit, qui ne pensent qu’à assoir leur suprématie au détriment des gens simples qui ne demandent qu’une chose, qu’on leur foute la paix. Mais la paix n’est qu’un souhait… Que certains tuent dans l’œuf histoire de bien exploser tout le monde.

Les personnages sont très bien travaillés, permettant au lecteur de s’identifier ou d’identifier les comportements, les propos de chacun. Chacun a la parole, qui se veut crue et sans détour. Leurs combats, leurs envies, leurs idéaux sont palpables, sans aucun jugement de l’auteur qui se contente de décrire avec une certaine empathie le quotidien d’une ville en décrépitude, mais dont les habitants souhaitent faire un nid douillet pour certains, une terrain de jeu ou une zone de guerre pour d’autres…

La lecture est parsemée de souvenirs de guerres, d’Irak, de Syrie… Comparaison fort bien à propos avec Larmon. Même si le pari est osé, l’auteur en tire une intrigue très bien construite, menée avec brio.

En refermant ce livre, on a le cœur lourd, mais en même temps léger. Lourd d’avoir pris en pleine face une réalité que l’on tente de ne pas voir, léger d’avoir découvert une intrigue rondement menée et une plume empreinte d’empathie de douleurs qui démontre que la vie est belle et qu’il faut se battre pour la vivre.

Christian Roux propose une intrigue sociétale en pleine confusion, qui fait échos à la notre et c’est tellement actuel que c’est déconcertant…

Je remercie Babelio ainsi que les éditions Rivages, sans qui je serais passée à côté d’un roman percutant de réalisme.

Né en 1963. Lauréat au concours général d’éducation musicale en 1981. Tout à tour instituteur, berger, employé de librairie, caissier, magasinier, coursier, déménageur de décor, machiniste constructeur, pianiste de bar, peintre en bâtiment… Il devient intermittent du spectacle en 1997 et parvient à ne plus se consacrer qu’à la musique et à l’écriture. Christian Roux s’était fait remarquer entre autres avec son roman Braquages. Après le discret Placards, il prouve avec Les ombres mortes qu’il fait plus que tenir ses promesses, entraînant son lecteur dans un machiavélique récit où le suspense fait écho au tragique dans un jeu de perpétuels rebondissements. Il n’oublie pas pour autant ses premiers amours : la musique. Il continue dans cette voie en illustrant musicalement une pièce de théâtre. Illustration qui obtient le prix de la critique.

 

 

Une autre histoire de Sarah J. NAUGHTON

Parution : 8 mars 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 416 – Genre : Thriller psychologique

 

Après plusieurs années d’absence Mags, retrouve son frère dans le coma suite à une chute de plus de dix mètres de hauteur, dans l’immeuble où il vit. Un immeuble dont les logements sont destinés, aux personnes fragiles, que ce soit mentalement ou financièrement.

Lorsque Mags apprend que la police pense au suicide, elle n’y croit pas.

« Une autre histoire » nous entraine donc dans la recherche de la vérité par Mags, sa quête de vérité… Mais à travers ses recherches, elle part à la découverte de ce frère qu’elle ne connait pas.

Les chapitres qui lui donnent la parole, sont jalonnés de réflexions intimes, mais surtout on va peu à peu apprendre à connaitre Abe et Mags, on va connaitre leur fragilité, leur vécu… Leur différence est flagrante : elle avocate à Las Vegas, lui aide soignant auprès de personnes âgées, fragiles… Deux caractères, deux vies, deux vécus…Mags en cherchant à prouver que son frère n’a pas pu se suicider est en quête de rédemption, en quête de cet amour fraternel, en quête d’elle-même, même si au départ elle ne le sait pas… Alcoolique notoire, elle a choisi d’être l’avocate des véreux, comme un pied de nez à son passé… Dont on apprend peu à peu les travers, comme des désillusions…

L’auteur construit ses personnages à la serpe, d’une manière incisive, crue et sans délicatesse, pour mettre en avant leur caractère, mais surtout les rendre palpable. Chacun aura la parole, par chapitre interposé et chacun apporte une réponse à l’accident d’Abe… Ils s’étoffent au fil de l’intrigue et c’est comme si l’auteur avait fait le choix de les faire « grandir » au rythme de son récit, pour enfin les dévoiler complètement aboutis.

Cette construction permet d’avoir une intrigue avec une dynamique et un rythme ne permettant pas au lecteur de s’ennuyer.

La début a été un peu laborieux à se mettre en place… Mais plus je lisais, plus je voulais continuer… Une construction en entonnoir, qui peut être assez déstabilisante, car chaque chapitre représente un personnage… Du moins un point de vue, une information…. Avec un aperçu de ce que chacun a traversé quand il était enfant, permettant de déceler un « déclencheur ».

Sarah J Naughto, jongle avec nos émotions, en explorant la psychologie humaine, mais également des thèmes très noirs, destructeurs…

L’auteur arrive à mener par le bout du nez le lecteur avec plusieurs rebondissements, même lorsque l’on pense avoir tout compris, elle nous entraine vers « une autre histoire »…

Le final est diablement bien amené, surprenant…

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

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Sarah Naughton est née dans le Dorset en 1975. Elle a travaillé une dizaine d’années comme publicitaire depuis la parution de son premier roman The Hanged Man Rises, en 2013 un thriller pour ado, elle se consacre à l’écriture et vit dorénavant à Londres avec sa famille. Une autre histoire, un thriller adulte, est son nouveau roman.

 

Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Imaginaire – Sublimation de Bastien Pantalé

Parution : 3 décembre 2016 – Auto-édité – Prix Numérique : 3,99€Prix Papier : 15,99€326 PagesGenre : Polar-Thriller psychologique

 

Ce livre a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que je vous invite à découvrir Ici ou ici ou encore

Je suis toujours contente de pouvoir découvrir un nouvel auteur dans un registre que j’apprécie particulièrement. C’est pour ça que je n’ai pas beaucoup hésité, à sélectionner « Sublimation ».

Malgré une intrigue, qui fait une immersion dans le monde de l’art, l’auteur n’arrive pas à tirer son épingle du jeu en se démarquant, alors même que les meurtres sont mystérieux et étranges. Les personnages sont trop caricaturaux pour avoir leur propre personnalité et créer leur propre emprunte dans le monde du polar.

Un flic, Bonhoure, comme on en voit beaucoup, tête brûlée, dont la vie privée est quelque peu chaotique, se retrouve parachuté sur cette enquête dont il se passerait bien… Dont les rapports avec sa hiérarchie ne sont pas différents de ce que l’on a déjà pu lire chez d’autres auteurs…

Ceux qui sont sur le terrain, connaissent le boulot, ceux dans les bureaux ne pensent qu’au résultat… Ok c’est certainement vrai… Mais c’est du déjà lu et j’ai eu l’impression de tourner en rond, car l’auteur lui-même tourne en rond avec des réflexions trop personnelles qui transparaissent et dénaturent l’intrigue.

L’auteur prête à son personnage principal ses pensées, notamment sur les attentats ou sur le malaise des français et cela m’a gêné ! Les jugements ou idées personnelles dénaturent le récit ne lui donnant pas plus de profondeur, au contraire, cela ne permet pas de dégager une réflexion propre à ce flic qui aurait pu avoir une personnalité complètement isolée de celle de son auteur.

J’ai été très gênée, horripilée par la répétition successive de l’origine ethnique de tel ou tel personnage. Si le lecteur n’a pas compris que la nana est éthiopienne, c’est qu’il est vraiment aveugle.

Je ne comprends pas pourquoi l’auteur a insisté sur ces origines… En tout cas, j’ai vraiment été lassée et parfois frustrée de devoir le lire une énième fois…

Bastien Pantalé, aurait pu tirer son épingle du jeu avec la jolie fliquette spécialisée dans le trafic d’art et relancer son intrigue avec ce duo prometteur, mais la vie privée de Bonhoure prend trop de place, alors qu’elle aurait pu simplement évoquée, au détriment des autres et pour laisser l’enquête prendre son essor. Il y a un manque d’équilibre avec les coéquipiers qui sont pourtant dignes d’intérêt.

L’urgence de retrouver ce meurtrier ne transparaît pas… Au contraire, à travers son flic, même s’il ne légitime pas les meurtres, il les comprend…

Point de suspense, puisque l’on devine vite comment les choses vont évoluer… Ce qui aurait pu être une histoire différente tombe comme un soufflet, d’autant plus que c’est un genre que j’apprécie particulièrement. L’auteur reste dans les clous en proposant une intrigue classique qui ne se démarque pas.

L’aspect, qui aurait pu apporter un plus, l’assaut de ces visions qu’un des personnages subit, malgré une explication scientifique cohérente, n’arrive pas à démarquer l’intrigue et malheureusement la mayonnaise n’a pas pris.

Pour autant, on sent que l’auteur a fait un réel travail de recherche sur l’art, pour rendre l’ensemble crédible et pour les novices, c’est un point qui peut être plaisant. L’aspect scientifique avec la gémellité, qui reste aujourd’hui un mystère encore non exploré, est amorcé de manière intéressante, mais pas assez poussée à mon sens pour que cela accroche vraiment le lecteur….

Auteur fureteur, curieux de tout ce qui pourra le nourrir, Bastien Pantalé revendique sa volonté de s’essayer à divers genres littéraires. Un moyen de trouver, si ce n’est la gloire, son style propre.
Polar, thriller, science-fiction, romance, témoignage, érotisme… une palette qu’il complète au fil de ses explorations.
Itinérant culturel, esprit voyageur, cœur prêt à bondir…
Son credo ? Partager ce qui le compose !

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Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Imaginaire – À ma vie, à ta mort de Sandra Triname

Parution : 7 mars 2017 – Editions : Plume BlanchePrix Numérique : 7,99€ – Prix Papier : 21,90€ – 371 PagesGenre : Thriller fantastique

 

Ce livre a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que je vous invite à découvrir Ici ou ici ou encore     

Lors des sélections, j’avais été particulièrement emballée par la couverture et le résumé, qui me promettait une jolie découverte livresque… Et puis les 10 premières pages avaient terminé le job… J’étais ferrée… J’avais hâte de découvrir ce thriller-fantastique !

Recouvert de symboles grecs faisant référence à Hadès, un corps mutilé et désormais inidentifiable, est retrouvé dans une cave à New York. Jeune flic fraichement sorti de l’école de police, Mike Sullivan se retrouve chargé de cette affaire….

Imagines ! Dès les premières lignes, l’auteur te fou un uppercut avec une immersion dans les pensées d’une jeune femme qui vit ses derniers instants sous la torture… La torture est tellement horrible, tellement bien décrite, que c’était forcement un livre pour moi…

Une enquête qui démarre bien sous la houlette d’un duo efficace, Harvey et Sullivan, le vieux flic qui se voit obligé de prendre sous son aile le nouveau, qui va découvrir le grand cœur derrière la grande gueule… Un Schéma qui peut sembler trop « stéréotypé » mais que j’ai trouvé bien construit. Ces deux personnages sont attachants et deviennent la pierre angulaire de l’intrigue. L’auteur leur insuffle un vrai caractère à travers leur construction psychologique et c’est certainement ce qui sauve en grande partie cette lecture…

Un duo pas tellement atypique pour une enquête qui l’est vraiment…

L’enquête que construit l’auteur est rondement menée et cela aurait pu être un très bon thriller-psychologique, si la partie fantastique n’était venue entachée le récit…

Autant j’ai vraiment accroché avec la première partie, autant la deuxième partie m’a vraiment ennuyée… Alors que j’attendais avec impatience de découvrir comment l’auteur allait approfondir l’aspect de la faucheuse et de la Mort…

Beaucoup de longueurs avec, parfois un côté morale, des sous-entendus mais sans jamais rien de concret… L’auteur tourne autour du pot, mais sans jamais accrocher son lecteur…

J’ai parfois eu l’impression d’être complètement larguée, comme si l’auteur ne savait pas où elle allait… Une certaine confusion palpable dans l’écriture, que j’ai trouvé moins attractive, avec un détachement qui pousse le lecteur à prendre ses distances… Aussi bien avec l’intrigue, qu’avec Ambre, cette faucheuse, complètement larguée…. Pour qui je n’ai eu aucune empathie…

Ambre au Pays des Dieux n’a pas trouvé sa place et le lecteur se retrouve malmené entre ses réflexions, parfois trop moralisatrice… Et sa naïveté exaspérante…

La troisième partie, est bien plus intéressante avec la reprise de cette enquête au meurtrier sanglant et à l’imagination débordante… Ça tient la route et notre duo match toujours aussi bien et même la partie fantastique prend un côté beaucoup plus sympa en prenant du recul par rapport au monde des Morts…

Le portrait du tueur est très bien travaillé, sa construction est fine et je dois dire que sur cette partie l’auteur m’a vraiment surprise, car tout s’emboite à merveille et la construction de son récit prend son sens avec un final qui arrive à lier le fantastique et le thriller avec talent.

L’intrigue est inégalement répartie et c’est vraiment dommage car l’idée est vraiment très intéressante.

Ce qui qui est le plus dérangeant, ce n’est pas tant les personnages, leur construction, le récit, car nous touchons au subjectif… Ça match ou pas ! Ce qui est le plus dérangeant c’est le nombre de fautes qui reste…

Je ne parle pas simple petites coquilles… Une vraie relecture s’impose, pour supprimer les répétitions, fautes d’accords, mots faisant contresens, obligeant le lecteur à faire une gymnastique avec ses neurones, n’aidant certainement pas dans la confusion que l’on peut ressentir à la lecture de certains passages…