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Buczko de Loana Hoarau

 

 

Parution : 22 mars 2015 chez  ÉLP éditeur 161 Pages  –

Prix format numérique : 4,99€ – Genre : Thriller, pédophilie

Je savais qu’en plongeant dans ce livre, je serais proche de la nausée ! Mais, je ne me doutais pas que cela serait à ce point ! J’ai mis du temps à évacuer cette crasse qui me collait à la peau ! J’ai mis du temps à ne plus voir les scènes d’une rare cruauté ! J’ai mis du temps à ne pas avoir la rage au ventre ! J’ai mis du temps à me remettre …

L’auteur, grâce à une écriture fluide, incisive et sans fioritures, nous embarque au cœur de la vie d’un pédophile ! Un monstre avec qui nous vivons, quelques pages d’une violence, distillée au rythme des prises de drogues. Un sociopathe qui va déployer ses ailes et dévoiler sa folie.

Buczko est un maniaque, qui tente de contrôler ses travers avec son goût de la propreté… Cette propreté lui permet d’échapper à ses propres démons… De contrôler ces émotions… Mais à quel prix !

« Je suis le nombril inconnu du monde. Car le monde voleur se prosterne devant ma déviance exacerbée, mon cerveau maladif, mon visage séducteur. Et il l’ignore. Là est toute la subtilité »

Sous ses apparences de monsieur tout le monde, c’est un violeur et tueur de petites filles. Un prédateur qui dans sa folie, enchaîne les fillettes, les habille comme des poupées. Une fois « abîmées », il traque la suivante… Jusqu’au jour où il fait la connaissance de Caroline, 8 ans…

« Un jour peut-être… comprendra que je ne cherche pas à lui causer du mal, mais que tout ce que je lui fais subir est pour mon bien ! »

Buczko est un livre étouffant qui donne la nausée, c’est glauque, c’est d’une violence difficilement descriptible. Malgré ça, l’auteur arrive à nous faire sourire… On a, par moment de, l’empathie pour ce prédateur, torturé… Qui tombe amoureux… C’est cet amour qui le perdra… La machine, si bien huilée, va se dérégler… Jusqu’à le mener à sa perte…

Pour notre grand soulagement ! Au clap de fin, on reprend notre souffle et on se dit, c’est enfin terminé ! Sauf que l’auteur a un tel talent, que Buczko laisse des traces, laisse son empreinte nauséabonde sur notre esprit… Et il faudra du temps pour effacer ses traces…. C’est un récit court, mais dense qu’on lit en apnée tout le long.

« je marque une pause, prends une voix encore plus douce. Je rassure, pour mieux contrôler. Toujours mieux contrôler !  » j’ai pas envie de te faire du mal, mon ange »

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La balade électrique d’Emily Archer de Jof Brigandet

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Editions du CaïmanParution : 08/12/2016 Pages : 160 ♦ Prix : 11,00€  Genre : thriller humaniste

Les éditions du Caïman, présentent un texte atypique, court et d’une grande qualité, comme souvent d’ailleurs….

Merci à l’auteur Jof Brigandet pour sa confiance et ce service presse.

Un livre d’une rare poésie, emprunt de noirceur…

J’ai kiffé ! Un rythme soutenu, sans temps morts qui entraîne dans son sillage…

Avec ces 160 pages, « La balade électrique d’Emily Archer » projette,  son lecteur tout de suite dans le vif du sujet, on ne tourne pas autour du pot… Sam Scott est un tueur « unlisted » selon les critères du FBI : pas de motivations particulières et des modes opératoires différents et imprévisibles. A l’aise financièrement, son souhait c’est d’agrandir son appartement grâce à celui inoccupé qui jouxte le sien… Entre en jeu les Archer, qui vont lui souffler ce qu’il convoitait. Sam Scott décide de leur faire payer cet affront…

L’auteur nous entraîne dans une manipulation très intéressante que l’on ne voit pas venir (j’étais dans le métro lorsque je suis tombée sur cette révélation…. Et autant vous dire que je suis assez expressif… (Mon voisin d’en face a noté le titre 😉 ) …

Emily Archer est gravement handicapée et clouée dans un fauteuil…

Sam Scott, que révulse ce genre de personne, décide alors de faire durer le plaisir avec cette proie facile et sans défense. Sam Scott n’est pas un personnage que nous avons l’habitude dans les thrillers, il est attachant, séduisant, parfois naïf  …

L’écriture m’a surprise, déstabilisée au départ, mais peu à peu,elle prend des envolées quasi lyriques, poétiques, malgré un sujet très noir, glauque… Sam Scott s’adresse au lecteur, se dépeint, pour ensuite se détacher complètement et parler de lui à la troisième personne, comme pour observer et analyser ses actes… Il prend le lecteur comme témoin de ses actes, en fin de compte il rend service en se débarrassant de la lie de la société… ceux qu’il pense être comme tel …

« Tel est pris qui croyait prendre »….

La description des sentiments de Sam Scott, de sa haine, de sa sensibilité que l’on découvre peu à peu… Le contact avec Emily Archer marquera sa vie…

J’ai trouvé très intéressante, l’image donnée par l’auteur, d’une personne handicapée… Bravo!!!

Notre comportement face à un handicapé est soit condescendant soit on applique la fuite … J’avoue, comme l’auteur le dit si bien, ne pas savoir pourquoi je peux réagir ainsi… La fuite, la peur de l’inconnu…

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Pourquoi ce roman ?

Dans notre comportement face au handicap, prédominent généralement deux attitudes :

l’ attention/gentillesse exacerbée, ou l’ évitement gêné et maladroit…

Je ne sort pas de la norme, je suis comme tout le monde, et même plutôt dans la seconde catégorie, celle des lâches, celle de ceux qui préfèrent changer de trottoir, incapable d’identifier cette peur revenue d’on ne sait où qui les saisie à l’angle d’une rue ou au supermarché.

Sans qu’elle le demande, nous sommes prêt à aider cette dropfinjolie brune qui vient d’échapper le contenu de son sac à main, mais eux… les aider à monter dans le bus, c’est une contrainte…

Alors j‘ai eu besoin d’elle, j’ai eu besoin d’ une Emily Archer qui fasse exploser tout ça, d’ une teigne, d’ une vraie dure qui ne supporterait aucun de ces regards, qui n’aurait peur de rien ni de personne; une Emily Archer dangereuse, qui déciderait seule de qui mérite de vivre dans son monde, ou pas… une Emily… tellement femme en fait…

Elle a débarqué un beau matin dans mon imaginaire et s’y est installée. Je ne le regrette pas, comme moi vous l’aimerez, et vous n’y pourrez rien…

Le regard que nous avons sur les personnes handicapées sera transformé après cette lecture ! Jof Brigandet amène son lecteur, avec noirceur, douceur et poésie à changer sa manière d’être, l’image parfois faussée des choses et à réaliser la normalité faite être humain…

Merci Jof Brigandet, pour cette poésie, cette leçon de vie, ce regard apporté… Merci de m’avoir tantôt fait sourire, tantôt horrifié, tantôt prendre en pleine face ma réalité et le changement que nous devons apporter à nos comportements discriminatoires…

Merci aux éditions du Caïman de reconnaître les talents et de le mettre en avant…

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Jof Brigandet par ses soins :

« Publié sept fois en trois ans, et sur deux continents… mais qu’est ce que l’on s’en fout en fait… Chaque livre paru, c’est un peu de la vie de son auteur qui s’est enfuit, pourquoi vouloir y revenir ? L’actualité d’un écrivain, ses projets, sont beaucoup plus intéressants. Mais promis, à partir d’aujourd’hui je commence ma bio… »

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La fille d’avant de J-P DELANEY

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Editeur : Mazarine Parution : 08/02/2017 ♦ Pages : 432 ♦ Prix : 21,90€ Genre : Thriller psychologique

La manipulation est au cœur de ce livre !

L’auteur, J.P. Delaney, nous propose avec la fille d’avant, un condensé sur la vie humaine et les sentiments contradictoires qui peuvent en découler…

Comment la manipulation s’installe et peut influencer le quotidien d’une personne.

Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Elle découvre « One Folgate Street » et  est conquise par cette maison ultra moderne, chef d’œuvre de l’architecture minimaliste, parfaite. Pour pouvoir y vivre, elle doit se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs.

Quel drame peut entraîner l’être humain à s’auto-punir en acceptant consciemment la manipulation ?

La maison est pensée pour transformer celui qui y vie, Jane en est persuadée. Jusqu’au jour où elle apprend qu’Emma, la locataire précédente, qui lui ressemble …. y a trouvé la mort…

Pour prendre un nouveau départ le mieux c’est encore de changer de lieu de vie, de décor et parfois d’amis… donc pour accéder à la perfection de « One Folgate Street »,  maison ultra-moderne et connectée, dessinée par un architecte adepte du minimalisme, … il faut en payer le prix… Ce n’est pas toi qui décides que tu vas vivre un nouveau départ, c’est le propriétaire qui décide si tu le mérites ou pas… et pour vivre dans cette maison il faut ressembler à cette maison… Il faut la vivre, la sentir, s’en imprégner…

Les chapitres s’alternent et ne ressemblent pas ! J’ai beaucoup apprécié la succession des chapitres qui naviguent entre Jane, la fille de maintenant et Emma la fille d’avant, qui a vécu dans ces murs.

C’est incroyable de constater la similitude des choix qu’elles font.

Elles se ressemblent physiquement et leurs actes sont quasi identiques, malgré les 3 ans qui séparent la vie de ces deux femmes.

Le passé d’Emma rejoint et croise le présent de Jane, les rendant plus proche que jamais au point d’en devenir troublant…

La maison est un personnage à part entière, une maison connectée, qui contrôle ton poids, qui te pose des questions et ne rebranche le tout qu’une fois que ton questionnaire est validé… Cet endroit te possède peu à peu, au point que tu es fait à son image, minimaliste, épuré.

Un excellent thriller psychologique avec une construction déroutante, c’est presque un huis clos oppressant… La manipulation à l’état pur. Tout le monde manipule tout le monde et même la maison devient manipulatrice …

Je tiens à remercier les éditions Mazarine et NetGalley pour cette découverte en avant-première.

Bravo à l’auteur qui a su distiller avec parcimonie le doute, l’obsession, la manipulation. Le suspense est travaillé de main de maître et s’installe peu à peu, à l’image de la maison qui prend peu à peu possession de toi… Le mystère s’épaissit autour de ces deux femmes pour un final d’une excellente qualité et que je n’ai pas vu venir ! Un auteur à suivre c’est certain.

La fille d’avant fait l’objet d’une adaptation par le réalisateur Ron Howard, c’est dire la qualité de ce thriller psychologique dont le cœur est la manipulation…

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Les filles des autres de Amy Gentry

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Editeur : Robert Laffont Collection : la Bête NoireParution : 19/01/2017 ♦ Pages : 336 ♦ Prix : 19,50€ Genre : Suspense, Thriller psychologique

ÊTES-VOUS BIEN CERTAINE DE CONNAÎTRE VOTRE FILLE ?
D’AILLEURS, EST-CE VRAIMENT LA VÔTRE ?

À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.
Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…

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Cette seule phrase : « ÊTES-VOUS BIEN CERTAINE DE CONNAÎTRE VOTRE FILLE ? D’AILLEURS, EST-CE VRAIMENT LA VÔTRE ? » a attiré mon attention ! Le retour d’Yvan a fait le reste…

« Les filles des autres », premier roman d’Amy Gentry vend du suspense sur la couverture et ce n’est pas un mensonge que la Bête Noire nous vend ! Un vrai suspense doublé d’un très bon thriller psychologique

On est embarqué dans une histoire familiale douloureuse, avec l’enlèvement huit ans plus tôt de Julie. Drame qui se déroule au sein même de la maison et dont le seul témoin est Jane, alors âgée de dix ans. L’auteur, nous propulse huit ans plus tard… Tout de suite le ton est donné, la famille est disloquée mais tente tant bien que mal de rester soudé… D’espoir il n’y avait plus… Un corps à enterrer aurait permis de faire le deuil… Mais, contre toute attente, Julie revient… Elle a vingt et un an… Elle est sonnée, pâle et amaigrie …

Julie est de retour….

Tous les espoirs sont permis… Tout le monde voudrait se réjouir et rattraper le temps perdu, reconstruire les liens, malgré les doutes qui assaillent rapidement Anna, la mère.

La maternité est largement mise en avant, l’auteur nous emmène dans les doutes et les questions d’Anna… Comment construire ou reconstruire avec un être que tu ne connais plus… Anna forcément n’est pas différente, elle se demande qu’a pu vivre sa fille, comment a-t-elle survécue. Tout peut nous échapper, confronté à ce genre de situation, la construction d’un lien parental rompu, n’est pas des plus facile, tu te pose des questions, auxquelles tu n’auras pas forcément de réponses… Mais souhaite-tu réellement avoir les réponses, qui peuvent être encore plus douloureuses que le mal en lui-même…

Julie a survécu, Julie est revenue parmi sa famille, Julie s’est construite sur le mal qu’elle a vécu… Et son arrivée, remet en question les huit années à vivre à côté de ses pompes!!! Car Anna, n’a pas su, ou par peur, n’a pas voulu créer de lien avec son autre fille Jane… Comment donner de l’amour à l’enfant qui reste, alors que tu es toit-même larguée, comment aimer, quand toi-même tu te déteste ?

Ce livre ne peut laisser indifférent ! Amy Gentry malmène son lecteur et l’embarque dans une histoire d’une rare cruauté mais tout en douceur… Elle brouille les pistes …

Le récit est magnifiquement construit, les chapitres s’alternent entre présent et ce que semble avoir vécu plusieurs personnes… On se demande d’ailleurs pourquoi l’auteur nous entraine dans le sillage de ces personnages… des personnages meurtris, Charlotte, Gretchen, Violet… Qui sont-elles ? Je me suis demandée dans quoi l’auteur m’embarquait… Mais tout prend son sens avec ce final en apothéose !!!

Waouhhh quelle construction, quel talent, partant d’un thème largement utilisé, l’auteur arrive, pour un premier roman, à présenter un petit bijou !

Ne vous y trompez pas ! Avec « les filles des autres » vous serez malmenés, noyés dans ce que l’Humain a de plus mauvais et de plus bas… Comment se reconstruire… Ou se construire quand tu as vécu l’horreur… La force de caractère des personnages est vraiment une belle leçon et l’auteur nous surprend…

Julie a grandit, Julie s’est construite dans la douleur… Mais parfois il faut guérir le mal par le mal…

Une vraie étude sur la psychologie humaine, sur la construction de soi dans la douleur, sur les rapports entre les parents et les enfants, sur le manque d’attention envers l’enfant qui est présent.

Difficile de garder les idées claires, quand tout semble perdu, quand une partie de soi a disparu… Mais comment faire pour sauvegarder un lien, de plus en plus ténu avec cet enfant que l’on ne vois plus, car trop centré sur sa douleur ! L’auteur nous démontre à quel point, les sentiments, les doutent peuvent atteindre les enfants, qui observent et se construisent à travers leurs parents…

Un vrai thriller psychologique, d’une très grande qualité et d’une construction magistrale ! Un auteur à suivre, sans aucun doute.

Merci aux éditions Robert Laffont et à NetGalley 🙂

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avt_amy-gentry_4494Amy Gentry est titulaire d’un doctorat (PhD) d’anglais de l’Université de Chicago en 2011.

Chroniqueuse littéraire pour le Chicago Tribune, ses chroniques apparaissent également dans Salon, la LA Review of Books ainsi que dans l’anthologie Best Food Writing of 2014.

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La Vallée des ombres de Xavier-Marie Bonnot

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 Edition : Belfond
 Parution : 03/11/2016
 Pages : 304 
 Prix : 18,00€        
Genre : Thriller

René Vasseur est une machine, un être au cuir épais qui a fait la guerre, qui a changé de nom. René Vasseur est un légionnaire. Après vingt ans d’absence, la haine au cœur, il revient dans son village natal, au fond d’une vallée industrielle dévastée par la crise. Peu à peu, surgissent les ombres du passé : la femme qu’il a aimée, l’ennemi d’enfance devenu flic, l’ami qui a basculé dans le grand banditisme, son père, ancien patron de la CGT locale, tyrannique et désabusé… Et le drame qui a bouleversé sa vie : la mort de son frère, Rémy, dix-huit ans, assassiné lors des grèves de décembre de 1986.
René est-il venu venger son frère ? Pourquoi ne l’a-t-il pas secouru alors qu’il en était capable ? Pourquoi a-t-il rejoint la Légion ?

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« Après sa mort, j’ai rompu les amarres. Je suis devenu un type redoutable. Les unités d’élites de la Légion étrangère m’ont transformé. J’ai souffert, j’ai saigné. J’ai tué. J’en avais besoin. Je suis descendu au fond de la vie. Tout au bout des remords. Mais mon ombre est toujours là, ma fausse identité. Aucune guerre, aucun combat ne l’a estompée. Je n’ai jamais su vraiment qui j’étais.
Tout peut changer sauf vous-même. Sauf votre passé. »

« Mon père estimait que ses enfants devaient connaître le pensionnat pour devenir des hommes. J’ai vécu les angoisses de la nuit avec les autres, les moqueries des petits durs de dortoir. Pas un pion pour comprendre, ni un adulte pour écouter les petites brisures qui finissent par démolir un enfant. « 

« La vérité, c’est une agonie qui ne finit pas. La vérité de ce monde, c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi.
Louis-Ferdinand Céline « 

« En prison une seconde dure un siècle mais les années passent à une vitesse vertigineuse. « 

« La vie ça use, à faire peur. »

« J’ai peur. J’ai toujours eu peur. C’est peut-être pour cela que je suis dangereux. »

« On ne rêve et on ne désire jamais assez. »

« Les occasions ne manquent jamais de devenir un salaud. »

« Une victime est toujours coupable, n’est-ce pas ? »

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Je ne savais pas trop sur quel genre de livre j’allais tomber, vu que ne je ne connaissais pas l’auteur ! Et j’ai eu une vraie claque, un vrai coup de coeur  pour ce roman  !

Une vallée enclavée, noire comme le charbon, noire comme une société complètement à la dérive, un village qui vit et subit le chômage de plein fouet, meurtri par la crise ! Alors j’ai quand même pris un ptit coup de vieux, car la Vallée des ombres est aussi une étude sur ces grèves des années 80, dont je me souviens, même si j’étais jeune, sur le syndicalisme engagé. Une partie de la population a été licenciée par cette usine qui a rejeté les habitants de la vallée sans concessions et sans remords. Tous les thèmes sont là pour donner vie au tragique.

Je me suis attachée aux personnages, à René, à son père qui sous es airs bourrus est un tendre qui a mis de côté sa famille et son bonheur pour être au service des autres. Syndicaliste dans l’âme, il y croyait,  à ces hommes et ces femmes qui se battent pour une vie meilleure, malgré le noirceur et la grisaille qui les entoure !

René a fuit cette vallée 20 ans plus tôt, incapable d’affronter la perte de son frère et surtout le regard accusateur de son père, son retour fera ressurgir les blessures et les souvenirs les plus profonds…

On va de rebondissement en découvertes, René sera confronté à ses questions, il devra pardonner pour avancer ! Car dans ce livre il est bien question de pardon.

L’auteur a une écriture tellement fluide, tellement agréable et traite avec grande justesse les petites et grandes blessures.

Un livre qui parle, qui émeut, avec de l’émotion, de l’amour, du sombre, du pardon, du tragique … C’est le reflet de l’être humain en somme !

Merci aux éditions Belfond et à NetGalley pour cette lecture.

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img_3704Né en 1962, Xavier-Marie Bonnot est écrivain et réalisateur de films documentaires. Il remporte avec son premier roman, La Première Empreinte (L’Écailler du Sud, 2002), le prix Rompol et le prix des Marseillais. Le Pays oublié du temps (Actes Sud, 2011) a été récompensé par le prix Plume de cristal et Premier homme (Actes Sud, 2013) par le prix Lion noir. Il est désormais traduit dans le monde entier. Après La Dame de pierre (Belfond, 2015), La Vallée des ombres est son huitième roman.

Le fossile d’acier de Philippe Saimbert

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 Auto-édition 
 Parution : août 2014 
 Pages : 203 
 Prix : 9,99€        
Genre : Thriller, Science Fiction

Un train emporte un groupe de voyageurs à la rencontre de mystérieux phénomènes, relatés par la presse locale d’un petit pays d’Europe centrale. En pleine nuit, leur wagon se détache : ils se retrouvent abandonnés au beau milieu d’une vaste forêt recouverte de brume. Dès lors, l’excursion tourne au cauchemar. Apparitions étranges et surnaturelles, puis morts brutales vont s’enchaîner tout au long du récit. S’agit-il d’une rencontre du troisième type ou de quelque chose de plus incroyable encore ?trait-rouge

 » Et si Dieu avait de la mémoire ?….. répéta-t-il, des sanglots dans la gorge.
Dans ce cas, ce serait dramatique pour vous, répondit-elle doucement. Mais vous pleurez, monsieur Domergue ,… Je ne pensais pas que cela fût possible de la part d’une personne de votre rang. Dieu n’aime pas les lâches. Croyez-moi. Il ne donne pas une seconde chance à ces derniers. Enfin…pas toujours…. »

 » Il devait y avoir une explication. Oui, il devait y en avoir une. Mais voulait-il vraiment la connaître?  »

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Des voyageurs en partance pour une excursion, organisée par M. Lohman plein d’entrain et d’énergie, à bord d’un wagon arrimé à un train à vapeur rénové pour l’occasion. L’ambiance est pesante dès le départ, avec ces personnages énigmatiques et un décor peu rassurant ! Une destination inconnue, mais dont le point de convergence semble cette brume, cet endroit qui a vu apparaître des phénomènes curieux, difficilement explicables… Qui depuis quelques semaines fait l’objet d’apparitions de lumières étranges aperçues dans le ciel, filmées ou encore photographiées par des touristes ayant fait l’excursion.

Certains pensent qu’il s’agit d’extra-terrestre qui ont décidé de se manifester, d’autres que ce n’est qu’une mise en scène pour attirer les touriste et gagner de l’argent.

Le wagon dans lequel ils se trouvent se détache de son convoi, le voyage devient cauchemardesque après un événement des plus troublants, il sont seuls au milieu de la forêt. Cette situation révélera le vrai visage de chaque personnage.

Lorsque j’ai été contacté par l’auteur, c’est la couverture et le titre qui m’ont attiré, le résumé a fait le reste. J’espérais que le livre soit à la hauteur et je dois dire que le roman est très prenant !

L’histoire est très intéressante, relativement simple mais devient captivante au fil des pages. Certaines scènes peuvent paraître assez choquantes mais le style de l’auteur leur donne une force dans ce qu’il y a de plus horrible !

Dommage que l’histoire n’est pas été plus approfondie, j’ai un goût d’inachevé, surtout avec cette fin qui  aurait mériter d’être plus longue avec plus de détails, tant le sujet est intéressant.

Du suspens mélangé au fantastique, un roman qui mène on ne sait où et qui surprend par sa fin complètement folle et spectaculaire.

Bravo à l’auteur, qui m’a bluffé avec la complexité et la subtilité de cette fin complètement inattendue qui a remis en question la trame du livre, tout ce sur quoi je pensais déboucher a été anéanti et cela de manière tragique, insupportable mais tellement bon…

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Philippe Saimbert est romancier et scénariste. Passionné de littérature, de BD, de rock et de cinéma, l’auteur a signé depuis 1999 plusieurs bandes dessinées et romans chez divers éditeurs (City, Asgard, Albin Michel BD, Delcourt).