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KIRSTEN de Sébastien Prudhomme-Asnar

 

 

Parution : 28 avril 2017 – Auto-édité – Prix ebook : 3.99€ –

236 Pages  – Genre : horreur, surnaturel

Voilà bien un voyage au plus profond de l’âme humaine

Un voyage avec kirsten à travers les contrés de l’avilissement de l’Homme… aux tréfonds de l’horreur, avec un roman surnaturel tout en poésie !

Oui, j’ai bien dis poésie ! L’auteur a une plume qui t’embarque complètement dans un monde merveilleux, horrible à souhait avec l’horreur au coin de la rue…

Berifos le Dom, pas d’enfants, l’argent n’a aucune valeur et les gens ne vieillissent pas…Totalement coupé du monde… Quelques touristes y atterrissent parfois, mais on se demande bien comment ils échouent dans ce trou paumé… Comme attirés peut-être par… Le Mal… Puissant vecteur qui veille au grain… Jonathan et Frédéric, arrivent dans ce village au moment où une adolescente a été kidnappée…

Là commence l’horreur, mais attention pas bâclée ni rapide … Le tout se fait lentement, de manière crescendo pour atteindre l’horreur ultime… Le tout avec une écriture fluide et addictive.

L’horreur et le sexe liés, sans aucune pudeur et des personnages complètement barges ! Mais tendant vers le but ultime… On s’enfonce dans la fange et dans un bain de sang.

Je ne voyais pas trop comment l’auteur allait conclure, j’ai pensé à une secte avec un gourou magicien, mais je ne m’attendais pas à Kirsten…

Oui, Kirsten, celle par qui le Mal arrive !!! Bon elle est facile ! C’est encore une femme…Oui, mais il faut reconnaître qu’une femme en personnage maléfique ça match bien ! Le même roman avec un homme n’aurait pas été pareil… Elle est terrible, elle est belle ! Oui malgré la description de l’auteur, je l’ai trouvé belle et attachante … Dans tout ce qu’elle a de plus horrible… Ne vous fiez pas aux beaux atours… Ici vous serez dans ce que l’homme a de plus bas et de plus vil, mais aidé par le Mal, le tout prend une ampleur encore plus grande pour nous entrainer dans un page-turner complètement addictif !

Impossible de lâcher ce livre, même tard dans la nuit tellement, j’étais en apnée et en reprenant mon souffle de temps en temps, histoire de pas crever asphyxiée !

Non seulement le tout est poétique, mais en plus on sent l’artiste peintre ! Les descriptions sont telles qu’on se balade dans LE tableau de Sébastien Prudhomme-Asnar ! Un tableau d’une grande noirceur mais haut en couleur !

Un final en apothéose au comble de l’horreur, de la cruauté… Qui m’a hypnotisé, sans me faire peur. Je suis fana de ce genre gore, mystique, surnaturel…

Un petit mot sur cette couverture envoutante, flippante et magnifique, de Laurent Fièvre tout simplement superbe.

Pour les fans de belles plumes, de noirceur avec une pincée d’ésotérisme et un soupçon de thriller Horrifique Kirsten est fait pour vous 🙂

Merci à l’auteur pour cette découverte, merci de sa confiance. Je suis certaine de lire les prochains et de suivre l’auteur avec attention.

Challenge ABC 2017 auto-édition

Guitariste, enseignant de musique, et artiste peintre, Sébastien est revenu à sa première vocation, l’écriture, il y a deux ans. Son recueil de nouvelles fantastiques, « L’âme au fond », est paru en 2015 aux Éditions du Menhir (sélection du prix Masterton). « Kirsten » est son premier roman. Son prochain livre sera un thriller-polar. Parution en 2018

Une si jolie maison de Cassandra Bouclé

Parution : 26 mai 2017 – Édition : RroyzzEdition Prix  broché : 18€

Pages : 274  – Genre : Thriller horrifique

L’auteur présente avec « une si jolie maison » une histoire qui tient plutôt d’un bon thriller horrifique que de l’épouvante. Étant férue de de ce genre de littérature, je sais qu’il m’en faut beaucoup pour avoir peur ! Mais cela ne remet en rien le talent de narration de l’auteur, ni la construction du livre.

On est plongé dans la vie d’une famille aisée, qui s’installe dans une nouvelle maison. La mère souhaite rompre la routine qui s’est installée depuis huit ans. Elle décide de chercher son rêve, près de Chinon ou Saumur, dans un village, avec une petite rivière et un beau terrain pour les enfants. Elle tombe littéralement amoureuse de cette bâtisse dans laquelle toute la famille va s’installer dès l’été.

Qui dit changement de maison, dit changement de vie … L’ainée, 10 ans, est propulsée dans une nouvelle école, le petit frère qui va fêter ses 4 ans, ne semble pas scolarisé et reste avec sa mère. Le papa très accaparé par son travail, n’est pas souvent présent, mais les liens sont forts et c’est une famille unie, qui a trouvé un équilibre parfait.

Quoi de mieux qu’un journal intime pour relater ce changement de vie ?

La tension monte peu à peu, mais sans étouffer le lecteur, qui se trouve plonger dans un huis clos. La maison serait hantée, un père qui ne dort plus, qui se met à boire… Une mère larguée qu’on imagine devenir dépressive…. Un enfant qui veut tout arranger… Et un enfant cible du mal… Ça ne vous rappel rien ? Oui, vous l’avez compris Stephen King est parmi nous…

Au départ, j’ai été déstabilisée par la tenue de ce journal intime. Enfin je m’explique, j’aime l’idée, mais le livre présente la journée racontée une fois par la mère et une fois par la fille, Camilla. Ainsi la narration présente deux personnes très différente sur le même jour. J’ai cru au départ que mère fille partageaient leur journal ! Mais en fin de compte on s’y fait très bien et j’ai trouvé cela très intéressant de visualiser les deux points de vue simultanément et j’ai bien vite compris que mère/fille ne partageaient pas leur journal…

Je regrette néanmoins que les différentes voix ne soient pas plus marquées, car lorsque certaines voix sont maléfiques on s’y perd et je trouve que cela perd de crédibilité dans le récit !

Malgré ces défauts, on lit avec plaisir, mais sans être oppressé par le Mal, que je n’ai pas trouvé si présent (encore une fois cela concerne mon ressenti, férue d’horreur, il m’en faut beaucoup) on ent bien que quelque chose ronge cette famille, mais cela semble une dépression… Tout est larvé…

Je me disais que cela allait finir en apothéose, malheureusement la fin est trop rapide, brutale et sans explications ou réelle confrontation…

Quitte à être trash, j’aurais souhaité que l’auteur le soit plus…

Malgré ces petits défaut, cette lecture a été agréable, un style franc et direct sans fioriture. Une plume intéressante qui ne peut que s’améliorer si l’auteur veut continuer dans ce genre horrifique.

Cassandra écrit des petites nouvelles depuis l’âge de 9 ans, mais elle a véritablement commencé à créer des romans vers 13 ans.
L’auteur qui l’inspire encore aujourd’hui est Stephen King, ainsi que K. A. Applegate, le créateur de la série « Animorphs » qu’elle a dévorée durant son adolescence.

Elle est titulaire dans B.T.S. Gestion et protection de la nature. De plus, elle travaille en collaboration avec une association de sauvegarde des animaux sauvages de la région Centre.

Bien sûr, sa passion ne s’arrête pas là. Elle adore également tout ce qui touche à l’art, comme le dessin, la peinture, ou encore la photographie. Son objectif serait de pouvoir toucher à toutes les formes d’arts existants au monde.0

Bienvenue de Davy Artero et Christophe Gallo

Edition des Tourments – 122 pages – Parution : 19/01/2017

Prix papier : 12,50€ – Prix ebook : 3,99€

Genre : Horreur

Je remercie infiniment les éditions  des Tourments pour ce service presse. Une lecture que j’ai apprécié et qui me donne envie de découvrir les autres livres édités par cette maison d’édition atypique.

Un livre écrit à quatre mains  par Davy Artero et Christophe Gallo.

On est projeté immédiatement dans l’histoire qu’on lit en apnée jusqu’à la dernière page.

« Courbée en deux, les pieds humides de ses souillures, elle n’ose envisager ce qu’est la tenture rosâtre fixée par des clous sur le sol. Elle ferme les yeux et même si elle s’était décidée de ne pas craquer, de rester forte malgré cette situation absurde et inexpliquée, la scène qui lui fait face ne lui laisse aucun choix.
Un long hurlement s’extirpe de sa bouche et lui déchire la gorge. »

Ne vous fiez pas à ce format court, l’écriture est d’une très belle qualité avec l’horreur en trame de fond, des descriptions très bien travaillées et précises avec une angoisse palpable tout le long du récit.

Une lecture horrifique à souhait.

Le personnage principal, Solange, se réveille dans une pièce toute blanche avec un lit en ferraille et une table de chevet. Sur la table, un vase de fleurs avec ce simple mot sur un carton « Bienvenue ».

Solange, pour échapper au calvaire, va devoir se défendre et utiliser les moyens en son pouvoir pour y parvenir. Du coup on en prend plein les mirettes avec du sang dans tous les sens … Mais même si on ferme les yeux de temps en temps, la lecture n’en est que plus addictive, avec un scénario digne d’un film !

Vers la fin, on pense que les auteurs nous entraînent vers un final gentillet, après avoir vécu l’horreur ! Mais c’est sans compter sur leur talent pour nous foutre une belle claque…

Tout est réuni pour passer un bon moment horrible avec des personnages horribles que l’on ne souhaite pas avoir à croiser, du sang en veux-tu en voilà,  avec une angoisse qui monte crescendo pour un final surprenant !

J’ai hâte de pouvoir découvrir d’autres titres de cette maison d’édition et pourquoi pas un autre titre de Davy Artero et Christophe Gallo.

Christophe Gallo vit à Narbonne où il enseigne le japonais en lycée. Elenya Éditions et ses concours de nouvelles lui ont, pour ainsi dire, mis le pied à l’étrier. C’est ainsi que 2013 marqua ses véritables débuts dans l’activité littéraire. Il affectionne tout particulièrement les ambiances sombres et japonisantes. Ses personnages sont en marge, fragilisés, fissurés et connaissent la plupart du temps des fins tragiques. Car il pense que la noirceur fait couler de l’encre.

Davy Artero est un auteur de romans fantastiques. II se lance fin 2009 dans l’écriture de son premier roman horrifique Quatre saisons, œuvre en quatre actes à la structure cinématographique, qu’il publiera en février 2010 en autoédition.

Il enchaîne aussitôt avec un deuxième roman Heptagon, publié en avril 2010. Il publie Heptagon Acte II en 2011. Après avoir participé au recueil de nouvelles sombres Requiem pour les Éditions des Tourments, il dévoile fin 2013 le dernier tome de la trilogie Heptagon. Au début de l’année 2014, il propose un ouvrage horrifique, Lyza, illustré par Laurent Castille, aux Éditions des Tourments, suivi d’un recueil de dix nouvelles terrifiantes, Terreurs Nocturnes.

Le Fils de l’Homme de Alfonso Cuarón

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Réalisateur : Alfonso Cuarón – Date de sortie : 18/10/2006
Nationalité : Britannique, Américain – Durée : 1h50
Genre : Science fiction, Thriller, Drame – Acteurs : Clive Owen, Clare-Hope Ashitey, Julianne Moore

Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l’annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte – un fait qui ne s’est pas produit depuis une vingtaine d’années – et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection…

 

Je ne sais combien de fois j’ai vu ce film, mais je sais une chose, il ne m’a pas révélé tous ses secrets et mon plaisir est grand à chaque fois, c’est pour moi, le meilleur film d’anticipation de sa génération ! Une réflexion sur les dérives annoncées de l’humanité.

Adaptation du roman éponyme de P.D. James, « Les Fils de l’homme » est une grande réussite, aussi brillant qu’effrayant, le film d’Alfonso Cuarón peint une sombre vision de ce que nous réserve l’avenir, avec ce qu’il y a de plus terrifiant, l’humanité condamnée à l’infertilité.

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En 2027, cela fait 18 ans, qu’aucun bébé n’a vu le jour, ce qui engendre un chaos planétaire. Les immigrés sont stigmatisés et traqués, les rebelles lâchent des bombes dans le but de faire plier des gouvernements de plus en plus sécuritaires.

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Dans ce monde où les kits de suicides sont distribués à la population, un espoir renaitra en la présence d’une immigrée clandestine porteuse d’un enfant. Chacun cherchera à se l’approprier pour son propre intérêt et Théo se retrouve, le protecteur du dernier espoir de l’humanité. Le tout dosé avec talent et vérités assénées tout le long du film !

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Les scènes se succèdent les une après les autres, dans un brio remarquable, caméra à l’épaule, comme un reportage de guerre, d’une grande réalité, des plans-séquences qui se succèdent magistralement pour notre grand bonheur, d’une grande maîtrise, notamment la  scène « de la voiture » et celle de la rébellion finale.

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Le tout nous maintient dans un stress continu, une tension permanente, pour notre plus grand plaisir.

Le jeu des acteurs est superbe. Clive Owen campe avec grande classe le personnage de Théo, qui peu à peu  réveille le militant qui est en lui, sans grand discours mais avec une grande simplicité dans ses actes. Michael Caine, est génial en néo baba-cool. Je regrette juste l’absence de Julianne Moore, d’une grande partie du film.

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Lorsque le film se termine, on ne pourra qu’être touché par cette tristesse perceptible tout le long et l’on retiendra le message final avec cette lueur d’espoir.

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La musique a été choisie avec talent et donne une bande son époustouflante : King Crimson, Radiohead, Aphex Twin.

Brillant !

Comme c’est le mois d’halloween je participe au challenge 😉

 

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Challenge Halloween 2016

 

 

The door de Johannes Roberts

581102.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxRéalisateur : Johannes Roberts
Date de sortie : 01/06/2016
Nationalité : Britannique, Indien
Durée : 1h36
Genre : Épouvante-horreur

Acteurs : Sarah Wayne Callies, Jeremy Sisto, Suchitra Pillai-Malik, Javier Botet…

Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu’à ce qu’un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu’un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu’à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l’avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l’équilibre entre les deux mondes.

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Johannes Roberts, le réalisateur, nous emmène en Inde, pays emprunt de mysticisme. La culture indienne sert de contexte à ce long métrage, donc il y a un vrai travail de recherche sur la religion et les croyances multiples de ce pays, ce qui laissait présager, avec cette base intéressante, un bon film.

Une mère qui a perdu son fils dans un tragique accident de voiture (Sarah Wayne Callies) aux prises avec des forces occultes qu’elle est allée réveiller dans un vieux temple aux pouvoirs magiques. Selon une mythologique ancestrale, le lieu permet de parler une dernière fois avec les disparus, à condition de ne pas ouvrir la porte, qui nous sépare du monde des morts.

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En fin de compte c’est la seule chose de bien dans ce film, que j’ai trouvé prévisible ! Quelle personne, n’ouvrirait pas cette fameuse porte ? L’intrigue n’est pas assez travaillée, les scènes d’épouvantes n’ont rien d’épouvantables et cela n’apporte aucune nouveauté au genre horrifique.

Pourtant j’ai bien cru que cela allait décoller, avec cette chose derrière la porte…

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The Door n’a d’horrifique que son scénario.

Malgré un épilogue intéressant, si vous voulez avoir peur ce film n’est pas pour vous !

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Challenge Halloween 2016

 

 

Zone, chronique d’un dernier jour de Steeve Hourdé

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Titre : Zone, chronique d’un dernier jour

Auteurs : Steeve Hourdé

Éditeur : auto-édition

Pages : 508
Parution : 2014
Prix : 16,90€

Septembre 2009, Ullapool, 6 morts. Octobre 2011, Mer du Nord, 38 morts. Août 2013, Skägen, 72 morts. 8 Septembre 2015, Folkestone. Les troupes du Major Kieran Wallace prennent position. Personne n’entre, personne ne sort. Zone est un thriller sombre construit sous la forme d’un huis-clos à la mécanique implacable, dans lequel un ensemble de personnage sera confronté à une catastrophe terrifiante. Un seul choix: survivre. Une seule question: comment ? OSEREZ-VOUS PÉNÉTRER DANS LA ZONE ?

En apprendre un peu sur les auteurs

Steeve Hourdé est né en 1986, c’est un auteur français qui vit dans le sud de la France avec sa femme et ses trois enfants. Après avoir suivi un cursus littéraire à l’Université Sud de Toulon (Var), il a travaillé dans les domaines de la grande distribution et de la Formation pour adultes. Sa véritable passion, c’est l’écriture. C’est en novembre 2014 qu’il publie son premier roman : « ZONE : Chroniques d’un dernier jour » tome 1 de la saga ZONE qui sera suivi du tome 2 et dont vous retrouvez mon avis sur le blog. Au mois de mai 2015, il publie son second roman « Résilience » , puis son troisième au mois de décembre 2015, « BUILDING »

Avis

Dès le début de ma lecture j’ai été intrigué ! cela faisait un moment que je voulais lire ce livre de Steeve Hourdé . Le genre d’horreur que j’aime, les monstres, l’être humain face à ses peurs… Bref tous les ingrédients qui font que je vais plonger dans l’univers d’un auteur ! Et là la sauce a bien pris ! Même si l’entrée en matière a été assez floue pour moi, je me suis demandée à quelle sauce j’allais être mangé et à quoi j’allais être confronté ?

J’ai été prise au piège avec ces personnages et impossible pour moi de m’extraire de l’horreur !

« Personne n’entre, personne ne sort. » – Kieran Wallace

J’ai vite compris que l’auteur ne me laissait pas beaucoup d’espoir de sortir indemne de cette lecture, j’ai été tout autant malmenée que ses personnages face à leur  combats sans merci. Un huis clos horrifique dans toute sa splendeur.

A l’intérieur de la Zone c’est le carnage, la panique, la détresse lorsque l’ont sait que l’on va mourir et surtout les ténèbres ont enveloppé aussi bien les personnages que la Zone. Oui ce roman est noir à souhait ! Pas seulement à cause des créatures, mais surtout  lorsque certains personnages montrent leur vrai visage.

L’auteur distille les informations et m’a rendu accro, il a joué avec mes nerfs et j’ai été sur le qui vive d’un bout à l’autre, tour à tour je me suis attachée à certains personnages et je me suis prise à espérer leur survie face à leurs monstres et ses monstres, pour l’instant d’après être complètement désappointé par le comportement qu’il vont avoir. On peut donc s’attacher à un personnage et le détester quelques pages plus loin! L’auteur joue avec nos sentiments et cela est un délice ! La psychologie de chaque personnage a été travaillée avec talent, leur donnant vie et réalisme. « L’homme est un loup pour l’homme » prend tout son sens. L’être humain, est mauvais et c’est ce que démontre l’auteur.

« Le Major Wallace n’était pas là pour rétablir une situation, ni même pour la contrôler. Sa mission était d’être présent au moment où, de toute façon, ça allait dégénérer, et d’improviser. Ni plus, ni moins. Tout simplement, car il était la seule personne sur cette planète à posséder cette expérience si particulière. »

Les personnages sont mis à rude épreuve quelque soit le côté où ils se trouvent ! d’un côté ceux de la « zone »  livrés à eux-même et aux « monstres » et de l’autre ceux dans le camp militaire ou scientifique, qui doivent « régler » la situation. Les deux camps s’opposent, les deux camps ont des choix à faire et dans les deux camps j’ai senti du désarroi et des remises en cause de mes convictions.

« — J’en ai rien à battre de ce que vous pensez. Je me suis fait dessus, ça vous va ? Je suis qu’un être humain. Qu’est-ce que vous avez à me regarder !? »

Aucune réponse claire et précise n’est apportée par l’auteur qui fait le choix de laisser le lecteur libre de ses pensées et libre des choix qu’il aurait pu faire et pour moi cela n’a pas de prix ! Bravo à Steeve Hourdé qui m’a entrainé dans de questions aussi existentielles les unes que les autres, sans pour autant que je ne trouve une réponse satisfaisante à chacune d’elle. L’auteur a joué avec mes sentiments jusqu’au bout.

« Un cauchemar. Oui. C’était un horrible cauchemar. »

« comment je réagirais »? Serais-je mieux ou pire que ces humains, confrontés à la peur absolue » ?

L’écriture est très nerveuse et visuelle ce qui donne un rythme effréné au roman et maintient une tension tout le long de la lecture dont je suis ressortie essoufflée, scotchée, abasourdie mais en fin de compte aucun des personnages de m’aura marqué ! En cela l’auteur a l’art de manipuler son lecteur et de le malmener.

Pour conclure, si vous aimez les huis-clos, si vous aimez l’être humain dans ce qu’il a de plus horrible en plus des monstres qui peuplent nos cauchemars, je vous conseille fortement ce livre, véritable coup de coeur.

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Marche ou crève de Stephen King

imageAuteur : Stephen King
Éditeur : Livre de Poche
Date de parution Pages :1979
Pages  : 379
Prix : 7,10€

Mieux que le marathon… la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition… sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n’est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l’aboiement des fusils. Le pire c’est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu’il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L’aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l’odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout., Mais pour quelle victoire ?

Mon avis

Une dystopie d’anticipation, comme on peut les aimer, classé parmi les 100 meilleurs livres pour ado entre 1966 et 2000.

Stephen King a écrit ce roman en 1966-1967 alors qu’il était étudiant. L’idée lui est venu en faisant de l’auto-stop. C’est le premier roman que l’écrivain a réussi à terminer. Il l’a présenté à un concours du premier roman organisé par Random House, qui l’a rejeté. Finalement le roman est publié en 1979 sous le pseudonyme de Richard Bachman.

C’est grâce au club de lecture auquel je participe sur Facebook, que j’ai eu l’occasion de découvrir ce roman de Stephen King, qu’il a écrit sous le pseudo de Richard Bachman. J’ai pourtant lu certains King, mais celui-ci était passé à la trappe, ce qui en fin de compte n’est pas plus mal, car cette lecture se fait avec un regard neuf et plus mature 😉

Un titre qui colle parfaitement à la trame du bouquin, ce qui assez rare pour le souligner !

Garraty, fait partie des 100 participants à la « La Longue Marche », qui se déroule dans un futur indéterminé, une fois par an, le 1er mai, dont le fonctionnement est très simple : marcher sans interruption, à un rythme imposé de 6,5km/h. C’est un événement très attendu, retransmis à la télévision et suivi par des milliers de personnes. La marche ne s’arrête que lorsqu’il ne reste qu’une personne, le vainqueur, qui aura tenu plus que tous les autres.

Cette Marche repose sur un principe simple : à chaque infraction, marcher sous la vitesse minimale, enfreindre une des règles de la marche, le marcheur  reçoit un avertissement. Une heure sans infraction permet d’effacer un avertissement.

L’élimination est définitive puisque le groupe est suivi par un half-track dans lequel se trouvent des soldats armés. Après trois avertissements, le marcheur est éliminé : « il reçoit son ticket »

« C’était dans le règlement. On vous donnait trois avertissements. La quatrième fois qu’on passait au-dessous des 6,5 à l’heure on était… Eh bien, on était éliminé de la Marche. »

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L’élimination c’est l’exécution ! Une balle dans la tête, Marche ou crève !

« Cent concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête »

L’auteur commence lentement son récit, pour arriver à son paroxysme dans l’horreur et la descente en enfer.

« Quand il fait froid, tu peux marcher plus vite et te réchauffer. Quand t’as trop chaud, tu peux marcher plus lentement…et t’es refroidi. »

Ray Garraty « de plus en plus détaché de la réalité » est poussé dans ses retranchements, ses sentiments sont de plus en plus aiguisés et il prend de plus en plus conscience de lui-même et du monde qui l’entoure.

« Ses pieds avaient la migraine, le sang s’y coagulait, les gonflait et transformait les veines en spaghettis al dente. »

La peur, la solitude, la terreur, l’épuisement, nous sommes tous au bord de ce gouffre de folie avec ce compte à rebours qui devient obsessionnel.

« Quelle profondeur a t’il atteinte, à l’intérieur de lui-même ? Des brasses ? Des kilomètres ? Des années-lumière ? Quelle profondeur et qu’elle obscurité ? Et la réponse lui vint : trop profond pour voir dehors. Il se cache là dans le fond, dans les ténèbres et c’est trop profond pour voir dehors. »

Cette Amérique futuriste, avec sa foule en délire qui harangue les marcheurs. Cette foule assoiffée de sang, qui en fin de compte fait penser aux jeux de téléréalité qui inondent notre société.

« Peu m’importe si vous gagnez ou vous perdez, du moment que vous gagnez. »

J’ai vraiment aimé ce bouquin, la survie et la mort au rythme de cette marche lente et étouffante à la fois. J’ai trouvé tout cela tellement fou, irréaliste et tellement proche de ce que l’on voit parfois à la télé de nos jours ! Cette perversion, cette soif de voir l’autre vivre, cette soif de reconnaissance, cette connexion aux réseaux sociaux, qui laisse croire que la gloire arrive juste parce qu’on vous voit, ce livre offre de sacré similitudes avec notre époque !

« La Foule ne les avait pas perçues mais elle devait comprendre, elle comprenait sûrement que la boucle de l’adoration de la mort et du désir de mort était bouclée pour une autre année et la Foule devenait complètement démente, se convulsait dans un paroxysme de plus en plus violent. »

J’ai beaucoup pensé à « Hunger Games » en le lisant !

« Les seigneurs et les dames français, ils baisaient après avoir vu guillotiner des gens. les romains se gavaient pendant les combats de gladiateurs. C’est une distraction, Garraty. »

« Ils ne regardent pas la foule, aucun des deux qui restaient.
C’était comme s’ils ne savaient même pas que la foule était là.
Ils ne regardaient que la route, ils boitaient, tous les deux, ils se traînaient.
A croire qu’ils avaient été crucifiés et descendus de la croix
et qu’ils étaient forcés de marcher avec les clous encore dans les pieds »

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Bio de l’auteur

Universellement reconnu comme le grand maître de l’épouvante (Simetierre, Shining, Ça), de la S-F et de la fantasy (Les Tommyknockers, La Tour Sombre), il sait aussi se faire le critique virulent de la société libérale américaine (Marche ou crève), évoquer les affres de l’adolescence (Carne) ou relever le défi du feuilleton (La ligne verte).