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La fille à la peau pâle et frêle de Jennifer Del Pino

 

Parution : 24 octobre 2017 – IS Éditions Collection Sueurs glaciales Prix papier : 13,90€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 160 – Genre : Thriller

 

Un roman atypique, proposé par IS Edition, « La fille à la peau pâle et frêle » entraine le lecteur dans l’esprit d’Élise une psychopathe de 25 ans, dérangée, je dirais même complètement barge, a un comportement étrange, puisqu’elle torture et tuent…

C’est un choix narratif original puisque nous faisons la connaissance d’une psychopathe, ce qui est assez déroutant. En effet, la majorité des psychopathes présentés dans les thrillers sont des hommes et j’ai trouvé très original de plonger les méandres d’un cerveau féminin, complètement tordu et malade… Surtout qu’elle assume cette nana !! Oui, elle assume et raconte avec détachement tout ce qu’elle a pu faire de plus horrible, au point parfois de ce demander si elle ne tire pas une certaine jouissance à se raconter…

Dans un premier temps, le personnage principal devient narratrice, elle se décrit, fait son propre portrait et en même temps le lecteur profite des pensées de sa dernière victime…

J’ai été impressionnée par le choix de l’auteur, de faire parler cette jeune femme qui explique pourquoi elle agit ainsi… Aucun regret, bien au contraire elle n’essaie pas de résister à ses pulsions…

Dans une deuxième partie, le lecteur va se voir raconter, aux différentes manières dont elle va faire mal… Elle aime ça… Elle en a besoin… C’est viscéral, au point d’en devenir incontrôlable… Une vengeance… Qui va prendre des proportions qu’elle n’avait peut-être pas mesuré…

Des extraits d’un carnet secret sont des uppercuts que l’auteur balance à son lecteur… Comme un électrochocs pour lui faire comprendre, qu’on ne devient pas psychopathe gratuitement… Que rien ne se fait sans raison…. Un enfant confronté au mal absolu… Dérive et bascule dans l’horreur…

Malgré une intrigue courte, ce livre a la construction atypique et dérangeante permet de passer un très bon moment en compagnie de « la fille à la peau pâle et frêle » même si j’ai parfois eu peur qu’elle m’entraine dans sa folie… Élise garde la tête froide et sait très bien qu’elle n’est pas comme tout le monde… Mais elle assume… Elle aime faire mal, elle aime tuer…

Merci à IS Editions pour cette lecture et pour la confiance qu’elle m’accorde.

Après un premier ouvrage publié sous pseudonyme et dont l’identité et le titre resteront secrets (éditions Mille Plumes, 2012), puis La vie et la mort des âmes blessées (éditions ABCD’r, 2016), La fille à la peau pâle et frêle est son premier thriller, publié chez IS Edition. Parmi ses titres publiés figurent également : Sophro-Aromathérapie (Mon petit éditeur, 2016), Huiles essentielles, bibliothèque des maux et remèdes (Editons Vie, 2017)

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Tu vas mourir – Récits de l’assassin de Daniel Panizzoli

 

Parution : 29 septembre 2017 – IS Éditions Collection sueurs glacialesPrix papier : 13€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 116 – Genre : Thriller-psychologique

 

Un récit atypique ! 

L’auteur nous embarque dans 25 minis situations, qui peuvent se lire indépendamment et qui ne semblent avoir aucun lien entre elles sauf de mourir de manière parfois loufoque mais sans que l’auteur ne réussisse à embarquer son lecteur… 

L’auteur se sert de son alter égo, pour régler ses comptes et cela au détriment d’une intrigue digne de ce nom ou d’un fil conducteur permettant de créer un lien avec son lecteur. 

Jusqu’à la fin j’ai cherché à comprendre et trouver une justification à ces meurtres, à ces situations, malheureusement je ne suis pas friande des jugements de valeur ou des généralisations toutes faites, même si parfois l’auteur donne une justification qui peut sembler plausible, cela m’a plus énervé…

Les jugements surfaits sont malheureusement trop courants pour adhérer. 

« La fiction représente une partie de la réalité et tous ces hommes n’ont pas été choisis au hasard : tous représentent à ses yeux une plaie pour la société « 

L’auteur règle ses comptes… Aussi bien avec le père noël qu’avec des représentants de religions…. L’immigré venu profiter du système … Le député…. Le proc’ qui ne condamne pas comme il devrait… Le PDG d’hypermarché qui profite sur le dos des petits producteurs….

Comme le dit l’alter Ego de l’auteur 

« toutes ces informations ne représentent que les pensées de l’Auteur, son propre avis sur des idées personnelles ou en rapport avec certaines expériences vécues ou constatées. »

Nous sommes ici en présence d’un récit court, par lequel l’auteur « tire » sur tout ceux qu’il jugent contreproductifs et surtout que lui juge mauvais. Mais ce que lui pense ne peut être une généralité comme il le présente ou comme il a pu y être confronté… 

Comme je ne porterais de jugement sur le vécu de l’auteur… J’aurais souhaité que lui ne mettent pas tout le monde dans le même sac… Et je dois dire que J’aurais préféré ne pas lire les explications emplies de jugements de valeurs sur telle ou telle catégories…

Comme si l’auteur voulait faire payer ceux qui l’ont jugé et balancer ses récriminations pour justifier ses propres fautes….

L’auteur critique une société à travers chaque chapitre sur lesquels il revient en nous donnant ses explications… Malgré ses explications, je n’ai pas adhéré, certainement que son point de vue est bien différent du mien… Et les clichés jalonnent trop ce récit pour que je puisse y trouver mon compte, car coller des étiquettes est trop facile… Le plus difficile étant de s’extraire de tout cela et de vouloir comprendre et aller vers l’autre…

J’ai apprécié que l’auteur se serve d’un alter égo l’Auteur, l’idée est très intéressante et habilement travaillée.

Je sais qu’il faudrait prendre les choses au second degré, malheureusement mes convictions profondes ne peuvent me faire adhérer à ces jugements et clichés, même au second degré.

Merci à IS Editions pour cette lecture et pour la confiance renouvelée.

Daniel Panizzoli a grandi dans un quartier peu fréquentable avec un père violent, une mère renfermée sur elle-même, et un frère de 3 ans son ainé qui l’ignore.

Livré à lui-même, il va passer sa jeunesse dans la rue entre délinquance, drogues, et alcool, entrainant des péripéties incroyables qu’il narrera dans « Michto ou la haine crescendo » (2012), son premier livre.

Aujourd’hui parfaitement inséré dans la société, il nous fait partager son amour de l’écriture par ses écrits, racontés avec passion et une bonne dose d’humour.

La nuit les loups de Vernet Hanna

 

Parution : 24 novembre 2017 – IS Éditions Collection Romans Prix papier : 12€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 104 – Genre : Thriller-psychologique

 

A la vie à la mort… Quand la noirceur de la vie laisse son emprunte indélébile sur toi… Dans ta mémoire, qui pour faire face décide de « buguer » pour survivre… Ça donne un livre avec ce titre qui semble étrange… Mais qui prendra tout son sens…

L’auteur, Hanna Vernet retrace avec une plume précise, l’histoire de ce couple à la dérive… Un couple dont la vie à deux est parsemée de doutes, de questionnement, qui peu à peu ne se connaissent plus… Enfin ont-ils seulement appris à se connaitre ? Ont-ils voulu s’apprivoiser ? Se confier ?

C’est une lecture très intéressante sur la communication, sur les mensonges que l’on peut faire consciemment ou par omission… Mais pas seulement… Il arrive parfois que la vie nous écrase avec ce qu’elle a mis sur nos routes et parfois notre cerveau n’a qu’une envie… Se mettre en pause… Mais sans compter sur le subconscient et là l’auteur arrive avec talent à faire surgir tout ce qui a pu être refouler par l’un des personnages.

Des personnalités complexes et chaque trait décrit les rend familier et on ne peut que vouloir comprendre, si les rêves, au sens réel du terme, de l’un, ne seront pas la perte de l’autre….

Malgré tout ce qui oppose ces deux êtres, qui se trahissent, se détestent parfois, mais restent ensemble… Comme une domination de l’un sur l’autre… Jusqu’au jour où la séparation inéluctable sera révélatrice des blessures de l’autre…

L’auteur nous entraine dans une atmosphère assez glauque, entre rêve et réalité, la frontière est parfois mince et au lecteur de trouver le ton… Entre les hallucinations, les souvenirs et les secrets, entre passé et présent…

La trame utilisée par l’auteur peu être déstabilisante, mais prend peu à peu sens et on en arrive à craindre cette fin qui arrive… Qu’on devine… Mais, qu’on pense impossible… Pourtant si l’auteur nous balance, sans fioriture, un uppercut que je n’ai pas vu venir… Avec une précision saisissante, elle illustre la perte de repère, la peur de cette vérité que l’on devine, l’impossible construction après un choc psychologique.

Le cerveau humain a cette capacité de nier l’évidence, au point que cela peut-être déconcertant… On refuse parfois de se souvenir, non par choix, mais pour se protéger de l’horreur que l’on a vécu… La noirceur de la vie est pourtant toujours tapie aux tréfonds de nous , prête à surgir et à nous dévorer, comme le ferait un loup…

Le parallèle que l’auteur fait entre le refoulement et les loups est une image très parlante, surtout pour un lecteur dont la vie aura été parsemée de chocs et pour qui les loups sont venus hurler dans la nuit… Le déni ne peut rester sous-jacent une vie entière et il faut parfois affronter ses démons, ses loups… Pour avancer et se construire…

L’être humain ne peut avancer avec les blessures que son âme n’aura pas apprivoisé, pour apprivoiser son moi profond et surtout le loup qui sommeil en lui…

Nous avons tous notre loup et si nous voulons avancer, construire, aimer le mieux est d’apprendre à le dompter… Pour se comprendre, mais surtout pour aider l’autre à comprendre notre personnalité, nos silences, nos peurs…

Avec un récit court mais dense, avec des personnages meurtris, l’auteur aborde la résilience, le déni et la capacité qui se trouve en chacun de nous de trouver sa voix profonde et écouter ces blessures pour les apprivoiser et apprendre à vivre avec… Et ne surtout pas rester sourd aux loups qui hurlent en chacun de nous…

Merci à IS Editions et à Babelio, pour cette lecture. Je suis déjà fan de cette maison d’édition et ce récit ne fait que confirmer mon sentiment.

Hanna VERNET est née en 1989, à Toulon. Après une licence de Lettres et un master de recherche en Imaginaires et Genèses littéraires à l’Université, elle prépare actuellement une thèse en littérature comparée.
Parallèlement, Hanna Vernet est chargée de cours en licence de Lettres Modernes à l’Université et travaille sur les droits des femmes et le féminisme en organisant régulièrement des conférences-débats autour de la question. Hanna Vernet signe également des chroniques dans diverses revues culturelles.
Après de multiples publications universitaires, Hanna Vernet revient à ses premières amours, la littérature, en publiant « Les rêves en noir et blanc », son premier roman.

Reconstitution de Thierry Moral

Parution : 28 juillet  2017 –  IS Éditions Collection Sueurs glaciales Prix papier :  14€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 136 – Genre : Thriller psychologique

Une couverture intrigante… un titre tout aussi intrigant… Une histoire totalement folle mais tellement crédible que les pages se lisent toute seule ! Un excellent thriller sur le fond de ruines d’une cité en décrépitude… A l’image de cet homme chef d’orchestre d’un jeu macabre dans lequel il trouve la jouissance qu’il ne peut trouver que dans le pouvoir qu’il exerce sur des êtres faibles… Des êtres qu’il décide d’avilir au point que leur animalité prend le pas sur leur humanité….

Le 15 août 2008, date à laquelle la vie de JL bascule… 6 jeunes sont embarqués dans un jeu dont ils ne savent rien… Un jeu dont seul JL sort indemne…

Le parallèle entre la vie de JL qui bascule et cette Tour dans la cité des Hérons, à la veille de l’explosion est très intéressant et bien amené. Ces murs deviennent le témoin improbable qui se raconte… Et qui nous raconte … Ce qui s’est passé… Ces murs deviennent un personnage à part entière… Et apporte un autre regard sur certains faits…

Ce livre est complètement dingue ! Je ne m’attendais pas à une histoire comme celle là! Une histoire qui te montre à quel point un homme t’entraîne dans sa folie… A quel point un homme peut prendre le dessus… Un homme dont tu pensais t’affranchir pour faire face à tes démons… 

Tu croyais lui échapper… Mais tu ne peux pas échapper au Boss… Le boss voit tout.. Le boss t’avait dit de ne pas parler… Le boss va devenir ton maître… Et fera de toi son élève….

Un thriller psychologique d’une grande maîtrise, des personnages bien travaillés avec une psychologie que j’aurais souhaité plus poussée, mais cela tient au format assez court… 

L’auteur, malgré ce récit court, balade son lecteur, le trompe, le malmène au rythme des points de vue des protagonistes… Ce qui donne un rythme dense sans que l’ennuie ne se pointe…

Une intrigue très originale, sombre, tellement réelle qu’elle en est dérangeante… Car elle touche à nos croyances en l’humanité… Mais l’être humain est à l’image de ce que nous observons… Mauvais, arrogant… 

Les plus gros mangent les plus petits… Jamais cette phrase n’aura pris autant son sens qu’avec ce livre…

Merci à IS Edition pour cette lecture et la confiance qu’elle m’accorde.

Diplômé en ingénierie culturelle, Thierry Moral exerce pendant quelques années le métier de médiateur culturel dans une compagnie théâtrale pour ensuite devenir artiste professionnel. Il passe de metteur en scène à comédien, conteur et auteur. Artiste de proximité avant tout, il joue, raconte, s’exprime dans des lieux aussi diversifiés que des salles des fêtes, des bistros, la rue, des granges, des salles d’exposition, des caves voûtées, des médiathèques et même des théâtres. 

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Intelligences de Jean-Luc Espinasse

Parution : 5 mai 2017Édition : IS Editions Collection Asiclarow 

Pages : 240 – Genre : science fiction, anticipation

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un livre de science fiction et pour le coup, j’étais curieuse de découvrir « Intelligences » de Jean-Luc Espinasse, proposé par IS Edition

L’auteur nous entraîne dans une lecture peu commune, qui n’est pas sans rappeler « les âmes vagabondes » de Stéphanie Meyer, publié en 2009 et qui a fait l’objet d’un téléfilm. Le parallèle s’arrête aux entités immatérielles qui décident d’entrer dans l’esprit de l’être humain.

Une très belle construction dans le récit, avec cet « Intelligence » totalement immatérielle, qui traverse l’univers en quête d’un nouvel endroit où implanter une colonie, pour assurer pacifiquement sa survie. La planète Terre sera son refuge, puisqu’elle y perçoit une forme de vie. Elle met fin à son voyage et échoue au cœur de la cité « Hautefort » à Marseille.

C’est le début d’une rencontre peu commune entre l’esprit de Tom, un jeune attardé mental qui subit les violences et brimades et l’Intelligence, qui va s’immiscer dans l’enveloppe corporelle de Tom, son unique chance pour se développer et survivre dans un monde fait de matérialité dont elle ignore tout. Cette « immersion » va peu à peu faire disparaître la maladie de Tom, décupler ses capacités intellectuelles et permettre à l’entité d’assurer la survie des siens.

« Zedi l’avait perçue… Une intelligence faible… incroyablement ténue. Plus tard, lorsqu’elle se fût familiarisée avec les objets de notre monde, elle compara ce qu’elle avait décelé à cet instant à la flamme fragile et tremblotante d’une allumette. Mais mieux, il y avait encore autre chose… une seconde Intelligence qui semblait presque fusionnée à la première… ou en tout cas dépendante… encore plus chétive… à peine un souffle. »

C’est le début de la vie pour Tom… Le début de la découverte de la nature humaine par l’Intelligence…

Tom va s’ouvrir à la vie, comme une fleur qui découvre qu’elle peut s’épanouir… Sa soif de connaissances en fera un être doué et un être à part, avec des capacités décuplées grâce à « Zedi« 

Jean-Luc Espinasse aborde plusieurs thème dans un livre court, mais d’une densité incroyable ! 240 pages qu’on avale, qu’on dévore, tellement c’est passionnant…

A travers ce récit, l’auteur nous pousse à la réflexion, avec des analyses plus philosophiques, politiques sur l’évolution de notre monde tel qu’il est aujourd’hui. Cette « immersion » va mettre en avant la nature humaine et ses mauvais côtés… ses dysfonctionnements et c’est criant de vérité… C’est réaliste, car l’auteur se sert de l’actualité comme trame de cette « invasion »…

« Les modèles de pseudo-démocratie que vous connaissez ne sont-ils pas en réalité des simulacres ? Des illusions de démocratie dont les bases sont précisément construites sur une pensée unique relayée par les médias qui paralysent l’analyse et la liberté de penser ? »

Chaque personnage a une place et s’imbrique dans le récit sans jamais être de trop.

Ahmed, représente le gamin de cité désœuvré mais pas mauvais, qui ne sait pas quoi faire de ses journées, va se trouver transfigurer par la rencontre avec Tom, sa bonne volonté, l’envie de faire quelque chose de bien, le pousseront à être meilleur… Il représente ce qu’il y a de bon dans ces cités…

Farid, son frère est tout son opposé, il en veut au monde entier, il cherche des coupables à son mal être et ne se remet jamais en question… Il est manipulé et manipulable à souhait… Comme ces jeunes fatalistes qui se laissent avaler par la vie de la cité parce que c’est plus facile que de s’en sortir…

Djamila, leur sœur, représente la réussite de ces familles issues de l’immigration, elle ne lâche rien et a soif de réussite, tout en représentant la condition des femmes soumises aux diktats des hommes…

« Tom croisait souvent ces jeunes, nombreux à défier les statistiques de l’échec et à carburer à l’enthousiasme. Ces rencontres avaient modifiés sa vision des habitants de la cité et l’avaient conforté dans l’idée que Hautefort conservait l’espoir d’un futur. Il restait des chômeurs, bien sûr, mais pour essayer de s’en sortir, tous s’activaient dans une économie souterraine foisonnante…. »

A travers un récit de science fiction, l’auteur nous entraine dans une histoire qui colle à notre réalité, qui colle à notre société avec ses travers et  tout ce qu’elle peut nous montrer de mauvais.

La nature humaine est ainsi faite, qu’elle pervertie tout, même ce qu’il y a de plus noble et de plus pur…

Le final un brin fataliste porte un regard sur l’être humain qui n’est pas tendre. Un être humain qui perverti, un être humain qui peut malgré tout être l’artisan de sa réussite et qui a les armes de sa réussite, comme celle de sa fin…

« …Emile Durkheim, un sociologue français du 19ème siècle, qui employa le premier le mot « anomie » dans son livre « le suicide ». Il l’utilisa pour décrire une situation sociale entraînée par la perte de valeurs morales, religieuses, civiques…et le sentiment associé d’aliénation et d’irrésolution. Le recul des valeurs conduit toujours à la destruction et à la diminution de l’ordre social. Lorsque les lois et les règles ne peuvent plus garantir la régulation sociale, cet état amène l’individu à la peur et à l’insatisfaction… Ce qui peut conduire au suicide »

Une très belle lecture, qui à travers un récit de science fiction, aborde les thèmes d’actualité qui nous préoccupe tous et qui donne des solutions sur un possible devenir, des changements possibles, que l’homme pourrait atteindre par sa seule volonté d’abandonner l’individualisme et de penser au groupe et cela quelque soit son origine… J’ai eu le plaisir de replonger dans mes connaissances en économie, de retrouver des idées oubliées…

Après une carrière dans la publicité et la presse quotidienne en tant que Directeur Marketing, il décide de s’adonner à sa passion puisqu’il a déjà publié 3 romans par le passé.

Cet écrivain basé à Marseille publie chez IS Edition son quatrième ouvrage « L’Accident – Aux confins de l’Indicible », un livre énigmatique, ésotérique et surtout très angoissant dont il a le secret.

 

Sentinelle de Jean-Bernard Lemal

Parution : 16 juin 2017

Édition : IS Editions Collection Romans – A paraître

Pages : 188 – Genre : Thriller psychologique – Suspense – fantastique

Proposé par IS Edition, « Sentinelle » de Jean-Bernard Lemal présente deux histoires parallèle. Ce qui parfois peu déstabiliser ou faire perdre le fil, mais amène une belle dynamique, une curiosité, qui sans cela serait certainement une lecture comme tant d’autres…

Ici nous suivront Aka-Bô, l’un des derniers survivants d’un peuple, isolé qui refuse tout contact avec le reste du monde et qui Il lutte pour la survie des membres de sa tribu  sur l’île de Sentinelle, perdue au milieu de la mer d’Andaman.

La nature a une place très importante pour cette tribu qui se trouve à la merci des éléments, mais c’est leur vie… Les éléments se déchainent à travers un cyclone qui va apporter des ordures,  la « civilisation » sur les rivages de l’île et notamment un magasine avec la photo d’un homme que Aka-Bô, prend pour son dieu, Pugalat.

Walter Teagarden travail pour la société WIC et a une belle situation…

Le fantastique rejoint la réalité…

Ako-Bô qui va tout faire pour que son Dieu rejoigne son île, il va faire des sacrifices, entrer en transes et Walter Teagarden, va peu à peu entrer en transe lui aussi… Mais d’une autre manière… Il est à la recherche de son paradis et les évènements vont le pousser à le trouver…

Un homme qui va découvrir les secrets de sa société, des secrets bien gardés, mais qui font froid dans le dos… Cet homme va découvrir qu’il a des sentiments et qu’il peut aimer à en perdre la raison et sa raison il va la perdre et il va faire payer aux autres cette perte ! Toute la mascarade sera découverte et il sera le justicier armé…

La lecture est très dynamique et on a intérêt à ne pas perdre le fil, car l’auteur  dès le début, présente beaucoup de personnages, on s’y perd un peu, mais en fin de compte ce sont toujours les mêmes qui reviennent…

Au fil de la lecture on est immergé dans une histoire tordue bien glauque et très plausible qui est facilement transposable à notre quotidien…  L’intrigue est bien menée et monte crescendo, pour un final digne d’un bon thriller !

De psychopathe refoulé, Walter Teagarden se retrouve justicier… Un personnage qui devient attachant au fil des pages et une symbiose avec Aka-Bô très bien menée…

Une histoire inspirée de faits divers récents… Que je ne souhaite pas évoquer, pour ne pas vous en dire plus… Ce serait dommage d’avoir cette information qui est un vrai fil conducteur…

Né à Madagascar, Jean-Bernard Lemal apprend à lire et écrire avec sa grand-mère et commence à fréquenter l’école lors de son arrivée en France à l’age de neuf ans. On le retrouve musicien, technicien sur plateformes pétrolières, consultant sur des projets internationaux. Il est actuellement installé aux Etats-Unis où il représente des sociétés européennes.  Ayant visité plus de soixante-quinze pays, son projet d’écriture s’exprime par la mise en scène de ses nombreuses rencontres, au travers de récits basés sur une lecture différente de l’Histoire, de destins uniques, de lieux improbables et de milieux particuliers.

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Enquête aux Volets Bleus de Kate Oliver

Parution : 26 mai 2017

Édition : IS Editions Collection Romans Prix  broché : 14€

Pages : 144  – Genre : Thriller psychologique – Suspense

Un livre très frais, emprunt de cynisme et d’humour !

 » ai-je commis quelque crime pour être emprisonnée contre mon gré ? C’est vrai que parfois, j’ai tendance à  » m’oublier  » lors de fous rires mémorables. Et alors ? Je ne suis pas incontinente pour autant !  »

J’ai été touchée et très émue par Rosetta Bancale placée contre son gré en maison de retraite par sa fille unique pour un début d’Alzheimer. 

Bein oui c’est la merde Alzheimer ! Mais sa fille a sa vie…

 » Et toi ma fille chérie, mon bébé d’amour, j’ai passé tant de nuits blanches à veiller sur ton sommeil, à te consoler, à te bercer, toi pour qui j’ai sacrifié ma vie de femme. Je t’ai tant aimé… Tu te souviens ?

Un livre qui parle du ressenti d’être « abandonnée » dans une maison de retraite alors que tu pense que tes enfants seront présents dans ta vieillesse comme tu t’es occupé d’eux enfants…

Un livre plein de vie et de joie de vie ! Rosetta ressemble à ce que nous pourrions être : une dame bien vivante malgré ses 70 ans et toute sa tête ! Bein oui ! Espiègle à souhait, marrante au point de te faire rire, elle intègre un groupe de six « résistants » pratiquement abandonnés par leurs familles, mais à l’aise financièrement. Leur devise : rire, boire et bien manger, malgré les restrictions de l’établissement.

 » Apparemment, Annette s’est vite lassée ou plutôt, elle a flairé le bon filon : proposer ses services à des pensionnaires fortunés qui une bourse bien garnie -au sens propre, la bourse. Auriez-vous l’esprit mal tourné ? « 

Ce petit groupe dont on va suivre le quotidien, va transgresser les règles établies, se moquer avec délice du personnel ! 

 » dans mon groupe ne sont admis que ceux qui aiment rigoler, les farceurs et les déconneurs, car les adeptes du tea time ont le même esprit étriqué que leur tasse à fleurs roses : tronches du cake qui va avec et sourire en coin « 

Un livre qui parle de tout sans tabous ! Un livre qui te balance un hymne à la vie ! Un livre qui te dit que même si tu crois ta fin proche il te faut te délecter et rire chaque minute qu’il te reste !

 » Maudy ne se parfume pas – hormis une savonnette à la lavande – ne se pomponne pas – pour qui au fond ? – Et ne lit jamais. Or, chacun sait que lire, c’est vivre plusieurs vies à la fois. Des fleurs ? Ça dure pas. Des chocolats ? Elle est déjà assez constipée comme ça ! « 

Doutiez vous que la vie peut vous apporter du bonheur ? Doutiez vous que en vieillissant on pouvait tomber amoureux, avoir le palpitant qui cogne tellement que vous risqueriez de passer l’arme à gauche ? Pensiez-vous que le fait d’être vieux vous prémunissait de la douleur,  des arnaqueurs, des mauvaises humeurs du personnel que vous pensiez Amour ? 

Laissez tomber tout vos préjugés sur les vieux et leur vie ! Avec Kate Oliver vous embarquez pour un voyage initiatique au cœur des « volets bleus ».

Un livre tout en pudeur, bourré d’humour où tout les clichés deviennent vrais ! Une plume qui vous embarque avec brio et vous entraîne dans la vie de ce groupe au point de que vous en faite partie ! Au point que les blagues et coups bas pourraient être les vôtres ! 

 » un paquet de chamallow – ça colle un peu aux dents mais c’est pas comme le caramel mous, aucun risque de desceller nos prothèses dentaires  »

Kate Oliver offre une palette d’émotion à son lecteur.

Dommage que la quatrième de couverture en dise trop. Et puis le mot « enquête » est exagéré même si elle existe, ne vous attendez pas à un thriller, mais à passer un bon moment drôle et tendre.

Une leçon sur le devenir et de ce que nous serions prêts à faire ou voudrions faire ! 

Comment serais-je avec mes parents ? Comment serons mes enfants avec moi ?

Des questions existentielles posées avec justesse, amour et empathie !

Merci pour ce roman, je me suis régalée !

 » Je suis une rebelle ? Et mon poing sur ton nez, il est rebelle ? « 

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Dotée d’une imagination incroyable, son goût pour la littérature historique, les voyages et les contes fantastiques l’ont conduite à écrire son premier roman, « Le fils du Diable est un Ange ».

Un récit fantastique publié chez IS Edition dans la collection « SF & Fantasy ».

Répercussions de Xavier Massé

 

Parution : 21 décembre 2016

Édition : IS Editions Collection Sueurs Glaciales Prix  broché : 18€

Pages : 200 – Genre : Thriller psychologique – Suspense

Lors de sa sortie, la couverture m’avait attiré comme un aimant, j’avais donc noté le titre, en attendant de pouvoir le lire. Sa lecture se sera faite beaucoup plus tôt que prévu, grâce à l’éditeur, l’auteur et  Lau Lo du blog Evadez-moi qui a souhaité nous faire connaître ce premier opus de Xavier Massé. En effet, ce livre voyage entre plusieurs blogs, pour notre plus grand plaisir,

Une lecture rythmée  avec une écriture dynamique et fluide, sans temps mort, avec des personnages bien travaillés dont la psychologie frôle le machiavélisme.

Kevin White amnésique partiel et séquentiel depuis l’enfance doit s’astreindre à une organisation minutée, à des penses bêtes, pour ne pas subir de préjudices et vivre presque normalement.  Chaque jour, à partir de 17h jusqu’au réveil le lendemain matin, il ne se souvient absolument de rien. Malgré toutes ses précautions, sa vie bascule, le jour où il se réveille dans la salle des coffres d’une banque fédérale ! Trois millions de dollars ont disparu alors que les portes de la banque sont restées fermées toute la nuit et qu’il n’y a ni témoin, ni braqueur.

Pour les deux enquêteurs, il est LE suspect tout désigné, malgré son handicap. Sans souvenirs, il devient à leurs yeux, le suspect numéro 1 de ce casse pour le moins insolite.

On va de révélation en révélation, de surprise en surprise au rythme des découvertes de Kevin dont on sent le cerveau sur le point d’exploser.

Le fil conducteur est beaucoup plus complexe que cela ne paraît et peu à peu les différents éléments prennent place pour arriver à une explication et une révélation très réussie.

Une thématique rarement utilisée alors qu’elle rend le personnage sympathique et dont on excuserait les oublis et les faux pas…

3 devises rythment cette lecture :

  • La fin ne vous sera pas dévoilée, même par un petit mot…
  • La fin, vous ne devinerez pas…
  • La fin ne vous aura jamais autant épatée…

Bon c’est vrai, je  joue à Maître Yoda… Mais j’ai le droit… Disons que j’ai été inspirée…

Un pan entier de l’intrigue aurait pu être plus développé pour justement apporter plus de profondeur à l’histoire, mais cela n’a certainement pas gâché mon plaisir.

Lire des thrillers les uns après les autres, me rend plus exigeante, mais j’ai trouvé que la fin était trop rapide et j’aurai voulu qu’elle soit plus détaillée, plus explicite. Il m’a manqué un je ne sais quoi, qui m’a laissé sur ma faim.

Un premier roman de qualité écrit par un auteur à suivre que je vous recommande avec grand plaisir.

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Né en 1977 à Roussillon, Xavier MASSÉ a très tôt été fan de fiction, et notamment de cinéma. Après des études en Génie civil, il entre à la SNCF où il est actuellement cadre. « Répercussions » est son premier roman publié, dans la collection « Sueurs glaciales » de IS Edition.