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LES JUMELLES DE CLAIRE DOUGLAS

 

Parution :19 octobre 2016 –HarperCollins NoirPrix broché : 17,90€ – Prix poche : 7,50€ – Prix Numérique : 3,49€ – Pages : 352 – Genre : Thriller-psychologique-romance

 

Avec ce titre, HarperCollins lance en octobre 2016 sa nouvelle collection HarperCollins noir, qui oscille entre thriller et romance, mais une romance un peu différente de celles que nous connaissons, un brin tordue… Malsaine…

Claire Douglas, nous entraine dans un monde qui fascine : la gémellité, traitée sous l’angle du thriller psychologique et même si c’est étrange, on tente de suivre l’auteur dans son récit, qui se veut parfois trop répétitif, ce qui gâche vraiment la lecture.

Malgré une couverture digne d’intérêt ainsi qu’un résumé assez alléchant, j’avais un peu peur que la romance prenne le pas sur l’intrigue. Alors même si romance il y a, on fait comme moi et on lit avec détachement… Parce que pour les scènes d’amour, on repassera, trop téléguidée à mon goût… Bon en même temps, je ne suis pas bon public…

Pas mal de personnages secondaires, assez bien construits, que l’auteur arrive à faire intervenir d’une manière ou d’une autre, en leur donnant un rôle selon leur degré d’intervention

Sans être un livre inoubliable, ça se laisse lire, grâce aux comportements complètement ambivalents de certains personnages, qui sont difficiles à cerner. Dommage, que certaines longueurs, viennent ajouter un manque de cohérence….

Les rapports humains, dans ce qu’il peuvent avoir de plus malsains, sont décortiqués, mais il m’a manqué le petit plus que l’on peut trouver dans un thriller psychologique bien glauque, qui permet d’avoir de l’empathie ou du dégoût.

Je ne me suis attachée à aucun des protagonistes, sauf peut-être la meilleure amie (dont je ne me souviens plus du prénom…) qui en fin de compte est la seule à avoir assez de recul pour se poser les bonnes questions.

Malgré, la manipulation dont semble être victime Abi, entre la disparition de ses médicaments, des bijoux, des lettres… On joue avec sa santé mentale, pourtant je n’ai pas ressenti l’angoisse que cela procure, même lorsqu’elle reçoit pour son anniversaire un bouquet offert par sa sœur morte…

Pourtant l’auteur, tente de brouiller les pistes, en orientant son lecteur, mais quand on est fana de thriller, les ficelles sont trop grosses.

Malgré toutes les interrogations que le lecteur peut avoir, l’intrigue reste plate, linéaire, sans aucune tension, même quand l’auteur écrit que la tension est à son comble… Les scènes sentimentales, qui auraient pu faire basculer le roman vers une romance avec la manipulation qui aurait pris le pas, n’arrive pas à tirer son épingle du jeu.

« Quand il relève la tête, un élan de désir parcourt mon corps », « Comme il se met à retirer mes vêtements, je lui demande s’il est sûr de ce qu’il fait et il répond que oui. »

Malgré un final inattendue, on se pose pas mal de question tout le long du livre, ce n’est pas une explosion, il semble écrit à la hâte, comme s’il avait été trouvé sur un coin de table, sans avoir été travaillé.

Un côté trop rapide,  qui peut laisser penser que l’auteur hésitait entre romance et thriller… Le choix n’a pas semblé facile et cela se ressent.

Une histoire convenue avec un environnement romanesque, le tout reste d’une bonne qualité pour un premier roman, mais un roman, Young Adult plus que Adulte… Qui plairait certainement à un public plus jeune que moi et surtout moins connaisseurs. Ça reste un thriller, tout en étant léger, sans développement trop compliqué, accessible à un public non averti.

Je remercie les éditions HarperCollins ainsi que NetGalley pour cette lecture.

Pendant quinze ans, Claire Douglas a été journaliste pour la presse féminine et des quotidiens nationaux. Mais c’est à une carrière d’écrivain qu’elle se destine depuis toujours. Une ambition qui se concrétise lorsqu’elle remporte, avec Les jumelles, le concours du premier roman organisé par Marie Claire UK. Claire Douglas vit à Bath, en Angleterre avec son mari et leurs deux enfants.

 

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Possession de Paul Tremblay

 

Parution : 22 mars 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 336 – Genre : Thriller- horrifique –

 

Un titre, une couverture, l’auteur joue sur nos peurs les plus profondes…

Sans être un gage de réussite, la petite phrase de Stephen King, fait son effet… Pour peu que l’on commence sa lecture, en pleine nuit…

Nuit, noire et profonde… Et on commence à flipper…

Je recherche désespérément LE livre qui arrivera à me faire peur… Cette peur qui te prend aux tripes, qui te prend dans ses griffes… Il y a bien longtemps que je ne l’ai pas ressenti… Du coup avec ce titre, j’espérais…

Marjorie Barrett, une adolescente américaine de 14 ans se met à avoir un comportement bizarre. Ses parents l’emmènent consulter un psy, mais la situation empire et devient incontrôlable…. Ils se tournent vers un prêtre… N’arrivant plus à joindre les deux bouts, entre le chômage du père, les frais médicaux… La famille  accepte de faire partie d’une télé réalité allant jusqu’à filmer l’exorcisme de leur fille…

Punaise, rien que ça c’est glauque… Une histoire de possession à notre époque…

La première partie est une plongée dans l’angoisse, la peur. L’auteur, nous rend spectateur de l’histoire de cette famille qui va vivre l’horreur.

Le tout raconté par les yeux d’une gamine de 8 ans…

Les faits sont exposés, pour rendre la lecture très visuelle et ça match bien, puisque de lecteur on devient spectateur, comme dans un bon film d’horreur… D’ailleurs le roman est parsemé de références à des films d’horreur cultes et pour les amateurs du genre c’est un vrai plaisir.

Dans la deuxième partie, même si l’horreur est présente, elle change de camps et là je dois dire que l’auteur a complètement retourné la situation, pour en faire un exposé décortiqué.

La téléréalité en prend pour son grade et le lecteur jubile de découvrir les dessous d’une émission à sensation… Car c’est de ça qu’il est question… Faire de l’audimat sur le dos du malheur des gens… Comment les images, les différents témoignages, peuvent être orientés pour que l’émission fasse sensation..

On se fiche pas mal de cette gamine possédée, d’ailleurs l’auteur brouille les pistes et c’est carrément flippant. Car le plus flippant, n’est pas le démon qui se tapi dans l’ombre…

Et là, chapeau à l’auteur, qui en partant d’une histoire d’horreur arrive à changer son fusil d’épaule et nous propose un excellent thriller. Mais pas du thriller dont on l’habitude !

Avec une plume très visuelle, l’auteur arrive à nous faire peur en construisant une narration bien flippante par la voix de la petite sœur… A travers son regard, le lecteur découvre l’horreur dans ce qu’elle a de plus tangible et de plus glacial…

L’auteur aurait pu se contenter, d’une pâle imitation de l’exorciste… Pourtant, il construit pour ensuite déconstruire en épluchant chaque scène et permettre au lecteur de s’approprier complètement cette histoire qui devient bien glauque.

Un thriller-horrifique jubilatoire, tellement bon et digne d’intérêt, même si le lecteur s’attend à tout autre chose, c’est tellement surprenant qu’il est scotché.

La construction est machiavélique, à l’ère de la télé-réalité et des médias, l’horreur change de camp. Le lecteur aura le choix entre plusieurs interprétations, ce qui lui permet de s’approprier encore plus l’intrigue, permettant une réflexion, même plusieurs jours après avoir refermé le livre.

Je ne dévoile rien de l’intrigue, de la trame construite par l’auteur, il faut le lire pour s’en imprégner, et vivre les rebondissements qui en valent vraiment la peine.

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

Considéré comme le nouveau Stephen King, Paul Tremblay est né en 1971 dans le Colorado. Lauréat du prix Bram Stoker, Possession est son premier roman publié en France. Les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés dès la sortie du livre par Robert Downey Jr.

Paul Tremblay est né aux États-Unis en 1971. Membre du jury du prix Shirley-Jackson qui récompense la littérature d’horreur, il est auteur et éditeur de romans de science-fiction, d’horreur et de fantasy.
Après avoir étudié les mathématiques à l’université du Vermont, il enseigne dans une école privée proche de Boston. En parallèle, il écrit des romans, des nouvelles et des essais, dont l’angoissant Possession, son premier roman traduit en français et publié chez Sonatine Éditions.

 

 

 

Tension Extrême de Sylvain Forge

Parution : 15 novembre 2017 – Prix papier :  8,90€ – Prix Numérique : 6,99€ – Pages : 408 – Genre : Polar- thriller

Si vous aimer la cybercriminalité et les nouvelles technologies, c’est une lecture pour vous. Ici pas de fiction, c’est tellement réel que ça fait froid dans le dos. Notre quotidien est Nous sommes tellement connecté que cette enquête est une plongée dans notre quotidien et c’est flippant !

Personne n’est à l’abri, et il suffit d’une seule, derrière un ordi pour que tout bascule…

Deux hommes meurent au même moment, à plusieurs kilomètres de distance… Mais le point commun de ces meurtres, va entrainer les flics dans une enquête qui va les mettre à mal…

Avec une intrigue rondement menée, une plume vive et addictive l’auteur nous entraine dans une enquête bien ancrée dans notre siècle. La cybercriminalité est décortiquée, réaliste et ça nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Il se joue de nous, de nos peurs et les chapitres courts et cela au rythme effréné avec des personnages tous aussi bien construits les uns que les autres accentue encore plus cette sensation d’angoisse, qui ne lâche pas le lecteur jusqu’à la toute dernière ligne…

Le lecteur n’est pas un simple spectateur, le fait de prendre un sujet aussi prégnant de notre quotidien, en fait un réel acteur, qui peut que se poser des questions sur notre manière de « consommer » les nouvelles technologies. Même si nous en subissons une partie, nous sommes acteurs de notre quotidien qui est hyper connecté. Comment s’en affranchir ? Peut-on seulement s’en affranchir maintenant que nous avons mis le doigt dedans ?

Même l’utilisation d’une simple machine à café, d’un simple appareil ménager est connectée. Sous prétexte de nous faciliter la vie, ne sommes nous pas en quelque sorte prisonniers de notre manière de consommer ?

Nous avons tendance à oublier, que le fait d’être « des esclaves » nous rend sensibles et vulnérables et cela part du bas de la pyramide jusqu’en haut.

Le fait de proposer une cyber attaque dans un commissariat permet d’envisager les choses d’un autre œil et même si nous le savons, on ne peut pas dire que nous ne sommes pas prévenus.

Il y a un côté alarmiste dans cette intrigue mais en même temps le bien est toujours du côté des gentils… Il faut juste réaliser certaines choses et peut-être envisager une utilisation raisonnée.

Même s’il nous en fou plein la tronche en nous faisant peur on sait que c’est une fiction, très bien ficelée on en sort lessivée par la menace de notre quotidien qui pourrait devenir notre pire cauchemar…

Un polar à la construction classique mais avec une intrigue démente, ancrée dans un quotidien hyper connecté qui même s’il nous fragilise apporte un certain confort et permet également de lutter contre la cybercriminalité.

Tuer le mal par le mal… C’est aussi ça…

Son premier livre, « La ligne des rats », paru en mai 2009 aux éditions Odin (Nantes), est un thriller écologique sur les pesticides. Sylvain Forge est aussi amateur d’histoire ; ancien guide touristique, il a signé avec « Le vallon des Parques » (éditions du Toucan) un deuxième opus dont les péripéties se déroulent à Vichy en 1943. L’auteur a bouclé un troisième roman paru fin 2013 « La trace du silure » dont l’intrigue se déroule à Nantes. Il a reçu le Prix 2018 du quai des Orfèvres au nouveau siège de la PJ parisienne pour son roman « Tension extrême ».

Agatha es-tu là ? de Nicolas Perge et François Rivière

Parution : 2 janvier 2017 – Editions du Masque   Prix broché : 18,50€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 288 – Genre : Polar-Thriller


Deux monstres sacrés de la littérature, Arthur Conan Doyle, qui se lance sur les traces d’Agatha Christie qui a « disparu ». Deux monstres sacrés, qui seraient opposés dans la vie… Normal me direz-vous ! Chacun a pour enfant un enquêteur de renom. Sherlock Holmes et Hercule Poirot !

Quel plaisir ce genre de bouquin, qui repose les neurones et se laisse lire avec le sourire en coin.

Les deux auteurs développent une intrigue parfaitement construite et plausible, en partant d’un fait réel, puisque Agatha Christie a toujours gardé le secret sur son « escapade » Les interrogations sans réponses tangibles, permettent aux écrivains de donner libre cour à leur imagination, en s’infiltrant dans la brèche.

La trame est très réaliste avec des personnages raccords avec l’époque et surtout cadrent bien avec une intrigue potentiellement créée par de nos deux monstres sacrés ! En effet, il y a bien un mystère à résoudre, de fausses-pistes et puis surtout les mœurs de la société sont très bien retranscris, notamment la place de la femme où l’homme a tout les pouvoirs, même celui de tromper sa femme, sans que celle-ci y trouve à redire…

J’ai eu un goût d’inachevé, comme s’il me manquait des éléments de réponses… Dommage que la fin soit trop rapide et que certaines questions restent en suspens… On ne sait pas comment Agatha Christie se sort du pétrin… Ni comment les flics arrivent… Pour autant j’ai passé un très bon moment.

Merci à NetGalley et aux Éditions du Masque.

 

Spécialiste de littérature policière, François Rivière est l’auteur de biographies d’Agatha Christie, Patricia Highsmith et Frédéric Dard.



Nicolas Perge s’illustre depuis plusieurs années dans divers domaines : la télévision, le cinéma expérimental, l’art et plus récemment l’écriture. Il a signé une première bande dessinée avec Benjamin Blackstone.

 

 

Dark Net de Benjamin PERCY

Parution : 7 septembre 2017 – Super 8 Editions – Prix broché :  21,00€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller horrifique


Alors là ! S’il y a bien un livre qui trompe son monde c’est bien celui-ci ! Avec un titre pareil, je pensais lire un thriller connecté genre espionnage avec les dessous d’internet… Je me suis faite avoir et même si j’ai été déstabilisée par la tournure que prenait ma lecture, j’ai vraiment pris mon pied ! Bon en même temps, les démons et compagnie j’adore, donc je suis bon public… Et je ne regrette pas de ne pas avoir lu la quatrième de couverture, car elle en dit trop à mon goût et ma surprise aurait été gâchée…

Comme quoi, un titre et une couverture et l’imagination du lecteur est lancée! Chacun influencé par ses propres lectures, son caractère ou son vécu…

Quatre personnes, aussi différentes l’une que l’autre vont affronter l’envers du décor d’internet et se préparer à combattre les ténèbres… Les démons ont fait leur nid dans le Dark Net et veulent posséder l’esprit des gens connectés pour les transformer en tueurs… Les démons sont partout, le mal est partout, ils sont derrière nos écrans, pénètrent dans nos têtes, et investissent notre corps.

Lela, journaliste technophobe largué au cœur d’une histoire, dont personne ne veut… Une sale histoire…

Hannah, sa nièce, se retrouve mêlée à une chasse aux démons, après avoir été équipée d’une prothèse d’un nouveau genre…

Cheston, un hacker qui passe une partie de son temps sur internet, mais pas celui sur lequel nous simple mortel surfons ! Non lui son domaine c’est le Dark Net, un lieu sans foi ni loi.

Mike Juniper dirige un refuge «le Repos du Voyageur» où il y accueille les sans- abri de Portland. Sarin, une femme quasi immortelle

J’ai été complètement embarquée par l’intrigue surnaturelle et apocalyptique, que l’auteur a mis en place. Une ambiance de fin de monde, glaçante.

L’auteur se sert de notre environnement quotidien pour une intrigue bien flippante, avec des scènes parfois choquantes, on flirt avec le satanisme et les possessions le tout habillement mené par un auteur qui construit son intrigue sur fond de meurtres, de sang. Le tout avec une plume nerveuse qui donne un rythme effréné au récit.

L’auteur, fait un parallèle avec la faiblesse du système qui régit notre quotidien, tout est connecté et même si on a du mal à y échapper, la mise en garde est présente.

Lors de « l’attaque » j’ai trouvé intéressant le parallèle que l’auteur fait avec le regard vague, lorsque nous sommes sur nos écrans… La possession que nous subissons… Nous sommes les zombis modernes…

Un livre original avec un savant dosage entre surnaturel, thriller et technologie.

Merci à NetGalley et aux Éditions Super 8.

 

Benjamin Percy a été couronné par plusieurs prix. « Sous la bannière étoilée » a été adaptée en bande dessinée par Danica Novgorodoff, et est en cours d’adaptation au cinéma. Il enseigne à l’Université de Marquette, Wisconsin.

 

 

 

 

Iboga de Christian Blanchard

Parution : 25 janvier 2018 –  Editions Belfond Prix broché :  19€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages :304 – Genre : Polar-Thriller

Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir…

Avec cette intrigue qui tourne autour de Jefferson Petitbois, dernier homme condamné à mort, gracié quelques mois après et dont la peine est commuée en réclusion à perpétuité…

Tout au long des pages, le lecteur est invité à suivre Jefferson, mais peu à peu il va se retrouver enfermé entre les murs glauques, froid et sans humanité… Attention, on ne va pas lui trouver d’excuses, il est là pour une bonne raison et il paie pour les crimes qu’il a commis.

Le monde carcéral est présenté dans ce qu’il a de plus rude et de plus dur sur quelques décennies avec les matons, leurs points de vus et ils ne sont pas tendres… Enfin il ne sont pas là pour ça ! Certains sont abjects, d’autres sont humains mais gardent une distance salvatrice… Mais parfois certains voient autre chose qu’un meurtrier derrière un numéro… Tentent de percevoir l’être humain et de comprendre…

En lui tendant la main, un des surveillants va le ramener vers l’humanité, vers l’espoir non pas de sortie, mais une sorte de rédemption… Une psy va tenter de le faire parler, pour qu’il prenne conscience de ses actes et pourquoi pas avoir l’espoir de sortir… Même si la sortie, il n’y croit pas trop, Jefferson se laisse guider et va peu à peu redécouvrir son humanité et tenter de comprendre ce qui a pu se passer… Ce qui l’a poussé au crime…

La vie te donne parfois un jeu de cartes avec des dés pipés dès le départ… Et pourtant il suffirait de tomber sur une seule personne qui tende la main, pour que les choses soient différentes….

Jefferson n’a pas eu la chance de tomber sur la bonne… Sa rencontre avec Max, qui va être comme un père pour lui, va le faire basculer en lui donnant goût à l’iboga, une drogue puissante, qu’il utilise dans le rituel Bwiti , mais il va mais surtout, lui apprendre à tuer…

L’auteur opère un savant dosage entre une alternance de passages sur la vie, les réflexions de Jefferson, la vie qui s’écoule lentement et un retour en arrière, avant son arrestation et là on prend une grande bouffée d’air histoire de ne pas terminer laminé par les révélations…

On oscille entre empathie et dégoût pour cette homme enfermé entre ces murs, mais on découvre aussi un homme enfermé dans les murs de sa vie… Les crimes sont peu à peu dévoilés, au rythme de l’introspection de Jefferson, les descriptions sont horribles et diablement réalistes. Une violence omniprésente, que ce soit des gardiens ou dans les souvenirs de cette vie jalonnée de rejets, de haine…

La description du milieu carcéral est tellement bien décrite que tout est visuel et palpable, aussi bien les sensations de froid d’humidité que la douleur…

L’évolution du personnage au fil des années est saisissante, l’introspection, l’analyse qu’il accepte de faire, vont le faire évoluer en lui permettant d’accepter certaines choses. L’auteur lui permet tout autant de prendre son envol que de se faire pardonner, une manière aussi de se pardonner à lui-même et de prendre conscience de ses actes…

Auteur de thrillers et romans noirs. Il a été inspecteur, conseiller en formation, proviseur adjoint d’un lycée professionnel. En 2004, il démissionne de l’Éducation nationale pour crée une petite maison d’édition : Les éditions du Barbu, fermée en décembre 2011.  Désormais il se consacre à temps plein à l’écriture. Il est l’auteur de « Parasite » (2012, sélectionné pour le prix intramuros), « Les loups gris » (2013), « Curriculum Vitae » (finaliste du prix du polar francophone de Cognac 2014), « Pulsions salines » (finaliste du prix du polar francophone de Cognac 2015) et « L’Immortelle qui pleurait les morts », parus aux éditions du Palémon. « La salamandre de Kerpape » (2014) est paru aux Éditions Chemin Faisant.

 

La femme à la fenêtre de A.J. FINN

Parution : 8 février 2018 – Editeur : Presses de la cité Prix broché :  21,90€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 528 – Genre : Polar-Thriller


N° 1 des ventes aux États-Unis et au Royaume-Uni depuis sa parution, avant de créer l’évènement lors de la Foire de Francfort où ses droits se sont vendus dans plus de 38 pays en un temps record, avec son premier livre, A.J. Finn entre par la grande porte dans le monde du thriller. La Fox est déjà en train de l’adapter pour le cinéma.

Anna existe derrière les portes et les fenêtres fermées de sa maison, les couleurs qui peuplent ses journées sont sombres et mornes. Elle est à la fois recluse à à l’intérieur et l’extérieur, puisque Anna souffre d’agoraphobie, ce qui la maintient enfermée comme prisonnière de sa propre maison et de son propre esprit.

Ses seules interactions avec le monde extérieur sont les visites hebdomadaires à domicile de son psychiatre, son physiothérapeute et son locataire au sous-sol, David. Anna est séparée de son mari, Ed, et de leur jeune fille, Olivia, ce qui entraîne une existence solitaire et suffocante. Les appels téléphoniques quotidiens ne semblent tout simplement pas remplir le vide.

Sa rare source de plaisir, vient de la surveillance de ses voisins à travers l’objectif de son appareil photo… Une manière d’aller vers le monde extérieur, de le faire venir à elle…

C’est un thriller psychologique qui se lit bien, assez lent sur une grande partie, mais dont les diverses interrogations accrochent le lecteur.

La claustrophobie de l’emprisonnement traumatique est palpable, l’amour de l’écrivain pour les films classiques ajoute à l’atmosphère tendue où les références et les dialogues brouillent la réalité avec une présence « hitchcockienne » quasi constante.

Même si le livre donne la sensation d’avoir beaucoup emprunté à d’autres thrillers ainsi qu’à quelques-uns des vieux films qu’Anna regarde, on est pris dans le suspense et on veut découvrir la fin mot de cette intrigue.

Pour autant, celle-ci est un peu longue à se mettre en place. On a tendance parfois à s’embrouiller entre les différents états psychotiques d’Anna, sa paranoïa palpable et intense.

L’auteur, A.J Finn, a réussi à m’entraîner dans le monde d’Anna, ressentant sa terreur et vivant ses pensées, mais certaines d’entre elles sont devenues répétitives au point d’être lassantes…

Malgré quelques incohérences, notamment avec la quantité de pilules et de merlot qu’Anna consomme, elle devrait être écroulée… Cela ne gâche pas trop la lecture. En effet, le personnage d’Anna est vraiment intéressant, l’auteur prend le temps de le construire et devient plus attachant que sa propre histoire trop, convenue, et prévisible…

L’auteur distille les indices avec parcimonie pour accrocher son lecteur. Un bon scénario, avec des rebondissements prévisibles, mais qui se lit bien. Avec un final que l’on n’imagine pas. On referme le livre avec un sentiment de soulagement de quitter cette maison où on se retrouve enfermé au même titre qu’Anna.

Une centaine de page en moins aurait permis d’élaguer les passages trop longs, pour autant l’intrigue est fluide et se laisse lire malgré les points négatifs on ne s’ennuie pas… L’écriture a une plume simple, directe avec un style simple mais assez visuel, maitrisé. On sent que l’auteur maitrise les codes de l’écriture, vu qu’il a travaillé dans une maison d’édition, mais il n’a pas non un style qui se démarque et sans être le plus travaillé, il fait son job pour raconter son histoire.

Merci à NetGalley et aux Éditions Presses de la cité.

A.J. Finn a collaboré à de nombreux titres de presse, comme le Los Angeles Times, le Washington Post, et le supplément littéraire du Times. Natif de New York, Finn a vécu dix ans en Angleterre avant de retourner s’installer dans la Grosse Pomme.

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Le Tueur au miroir de Fabio M. MITCHELLI

Parution : 19 octobre 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix broché :  21€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 384 – Genre : Polar-Thriller


Une intrigue diablement bien construite, un rythme de folie, pour une enquête dense et rythmée.

Avec « une forêt obscure », j’étais ressortie mitigée, un goût d’inachevé avec quelques incohérences. Pourtant ici, j’ai trouvé que l’écriture de l’auteur avait pris en assurance et en maturité, pour livrer au lecteur un polar rondement mené qui accroche sans temps morts et sans incohérences.

On se retrouve un peu dans un jeu de construction, comme des poupées russes que l’on découvre peu à peu… Un effeuillage en douceur d’une intrigue qui tient en haleine.

Il y a bien une enquête principale qui lie le lecteur à ce tueur au miroir… Mais l’auteur nous livre une autre intrigue qui vient construire et agrémentée, en arrière plan, une histoire beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Et c’est là où l’auteur a réussi à m’embarquer complètement, au point d’avoir du mal à lâcher mon bouquin !

Cette seconde trame en toile de fond, donne de l’épaisseur au récit et permet de découvrir un polar doublé d’un excellent thriller. Un simple polar ne m’aurait peut être pas complètement emballé, alors qu’avec cette construction les personnages sont palpables, vivants…

On a de l’empathie pour Louise qui est limite borderline, dont j’ai adoré découvrir l’intimité et les blessures.. Carrie est plus effacée mais permet de maintenir la barque à flot en restant droites dans ses pompes…

Ce tueur complètement barge dont on devine la folie… Que l’auteur construit sans concession, sans lui trouver d’excuses… Pour ne pas donner la possibilité au lecteur d’avoir de l’empathie pour lui… Souvent les tueurs en série sont flanqués d’une histoire bien glauque et inconsciemment on leur trouve toujours des excuses… Ici point d’excuse…. Permettant ainsi au lecteur d’avoir un esprit plus critique…

Plus les pages se tournent plus nous allons de révélation en révélation… Et même si j’ ai deviné dans quoi m’embarquait l’auteur, je n’ai pas boudé mon plaisir lorsque les révélations se font…

Justement parce que l’auteur a pris le temps de décortiquer, analyser en prenant le recul nécessaire pour nous annoncer l’impensable.

Une intrigue beaucoup plus recherchée, fine et travaillée, avec ce recul palpable dans les descriptions… Comme un narrateur qui décide de s’effacer pour laisser ses personnages vivres pleinement cette intrigue à la chute inimaginable… Un final magistral pour une construction et une intrigue magistrale !

Bravo à l’auteur qui a su se renouveler tout en restant dans le genre qu’il affectionne, et a conquis une lectrice qui partait réticente…

Merci à NetGalley et aux Éditions Laffont.

Fabio M.Mitchelli, né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, romans et nouvelles. Il a signé « La trilogie des verticales » parue aux éditions Ex-aequo entre 2010 et 2012, dont La verticale du fou. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du Diable (éditions Fleur Sauvage – 2014), surnommé Le Livre Bleu, inspiré par la vie de Jeffrey Dahmer. Il est fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXème siècle.

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Le puits de Marie Sexton

Parution : 21 novembre 2017 – Editeur : MxM BookmarkCollection : Mystère Prix Broché :  16,00€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 300 – Genre : Policier – Paranormal – Romance gay

Lorsque j’ai vu passer ce livre sur NetGalley, je n’ai pas hésité une seconde à faire la demande de lecture, la couverture m’a attirée et le résumé, je ne l’ai lu qu’en travers… J’ai du coup été assez surprise, car je ne suis pas fan de romance et encore moins d’homo-romance…

Ce n’est qu’une fois la lecture commencée que j’ai compris dans quoi j’embarquais… Je ne connaissais pas non plus l’auteur, Marie Sexton, qui écrit principalement des romances…

Alors pour le coup, quand on parle de sortir de sa zone de confort, là je suis en plein dedans, « le Puits » est un mélange de thriller et de romance gay.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas apprécié, ce serait mentir, si on s’attache à l’intrigue en elle-même, le roman se base sur la disparition d’une jeune femme : Élise, cousine du personnage principal Haven. Deux intrigues en une, puisque 12 ans séparent les évènements.

12 ans plus tôt, Élise toujours la première à délirer et faire peur aux autres, embarque cinq ados avec elle pour une séance de spiritisme, dans une maison soit disant hantée. Ce moment de délire se transforme en cauchemar quand tout le monde s’aperçoit,le lendemain matin, qu’Élise a disparue…

La lecture démarre bien, l’intrigue nous plonge dans l’ambiance paranormal et le mystère autour d’Élise nous entraine dans une bon thriller doublé de quelques passages paranormaux…

L’alternance entre passé et présent est intéressante pour tenter de résoudre cette disparition mystérieuse…

La romance gay, en fin de compte qu’une place secondaire, puisqu’elle est suggérée plus que détaillée… Elle est secondaire et c’est tant mieux, car c’est un bon thriller paranormal dont le rythme aurait été cassé.

Un thriller avec une dose de paranormal, sympa qui se lit facilement, si on fait abstraction de la romance.

Pour les fans de romance gay, la romance est en filigrane, pour les fans de thrillers, ne vous attendez pas à une écriture et une intrigue trop complexe… Sans être de la grande littérature ça se lit sans être complètement désagréable.

Elle vit dans le Colorado. Elle est fan de tout ce qui implique des jeunes hommes musclés Elle aime en particulier les Denver Broncos et prend plaisir à assister à leurs matches avec son mari. Ses amis imaginaires la suivent souvent. Elle a une fille, deux chats et un chien.

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L’empire de sable de Kayla Olson

 

Parution : 21 septembre 2017 – ÉditionRobert LaffontCollection R – Prix papier : 17,90€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 486 – Genre : Dystopie – Yong Adult

 

J’aime beaucoup les Dystopies et clairement ce qui m’a attiré ici c’est l’accroche : «La dystopie écologique qui a conquis Léonardo Di Caprio». J’étais curieuse de voir ce que ce livre avait de plus ? Pour attirer un réalisateur, et le côté dystopie écologique est une nouveauté dans ce genre.

« L’empire de sable » est un livre qui démarre vite, puisque l’auteur plonge directement son lecteur au cœur de l’intrigue. L’action est présente dès le départ et cela donne un rythme assez rapide à une lecture qui ne laisse pas place à la respiration, au même titre que pour les personnages…

L’intrigue débute deux ans après la révolution qui a mené les Loups au pouvoir. Une majorité de la population subit les conséquences du changement climatiques alors qu’une minorité continue de vivre sans être inquiétée. Certaines personnes se regroupent pour combattre ces inégalités persistantes, même lorsque le monde est au bord de l’agonie…

Après avoir remporté cette révolution, les plus aisés sont envoyés dans des camps de travail et les contestataires exécutés.

Ce qui m’a beaucoup gêné c’est que l’auteur distille ces informations au fur et à mesure de la lecture, on est dans le floue… Elle ne prend pas le temps de poser son monde et ainsi le lecteur a du mal à entrer dans l’intrigue.

Nous faisons la connaissance avec Eden, le jour de son évasion qu’elle peaufine depuis deux ans. Mais les choses vont se précipiter lorsqu’une explosion va déclencher la fuite de 3 autres jeunes filles.

Elles décident de rejoindre « Sanctuary », une île qui serait encore neutre… Mais l’île est loin d’être un paradis, elle est parsemée de pièges mortels.

J’ai trouvé cette partie beaucoup trop longue, les descriptions de l’auteur ne permettent pas une fluidité du récit et cela même si le fait de suivre ces jeunes filles dans leurs découvertes étaient intéressant. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages aux réactions assez infantiles…

C’est assez long… Mais l’auteur relance l’intrigue avec l’arrivée nouveau groupe sur l’île.

A partir de ce moment, j’ai perdu le fil, j’ai été complètement larguée. Le manque de suspens, l’intrigue devient linéaire et perd complètement de son volume. Une dernière partie qui manque de construction et qui aurait pu être plus travaillée pour permettre de vraiment donner du cachet et un fil conducteur à l’intrigue.

J’ai du mal à comprendre pourquoi, le genre Young Adult, colle toujours une romance, surtout qu’ici elle est complètement avortée qu’elle n’apporte rien que des longueurs qui ralentissent et font perdre la trame principale de l’intrigue.

Malgré une accroche prometteuse,  une lecture qui ne m’a pas emballée, malgré la jolie plume de Kayla Olson et qui ne se démarque pas des dystopies déjà existantes L’intrigue paraissait intéressante, pour autant l’aspect écologique est très peu développé pour ne pas dire absent…

Kayla Olson habite au Texas avec sa famille. Elle adore la plage, mais détesterait échouer sur une île déserte. Si cela devait toutefois lui arriver, ses essentiels pour la survie comporteraient une cafetière à piston (et le café qui va avec), le chocolat le plus noir possible, et une flopée de stylos surligneurs. L’Empire de sable paraît en 2017 aux Éditions Robert Laffont et est en passe d’être adapté au cinéma par Leonardo DiCaprio en partenariat avec la Paramount. (Source Robert Laffont)

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