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Un cri sous la glace de Camilla Grebe

Parution : 1er février 2017 – Editeur :  Edition Calmann-LevyCollection : suspense crime – Prix broché : 21,90€ – Prix Poche : 7,70€ – Prix Numérique : 7,99€ – Pages : 448 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

Waouh !!! L’intrigue est vraiment incroyable ! Si vous croyez avoir tout lu dans le genre psychologique, avec une intrigue rondement menée et même si l’histoire en elle-même a un goût de déjà vu, Camilla Grebe va vous démontrer que l’on peut encore faire plus tordu…

Si, je vous dis que le corps d’une femme, décapitée, est retrouvé, chez un homme d’affaires, très sulfureux… Que lui-même disparait, le soir de ses fiançailles. Si en plus, je vous dis que sa fiancée, est une de ses employées, mais que leur liaison doit rester secrète… Vous croyez, que vous allez tomber sur un bon polar, mais à l’intrigue assez classique… Mettez de côté tous vos préjugés et votre assurance… L’auteur va vous manipuler… Comme elle manipule ses personnages.

Une équipe de choc, pour découvrir le fin mot de cette histoire. Peter , du bureau des Homicides, va devoir travailler avec Hanne, une profileuse, avec qui il a travaillé dix ans auparavant,  sur un meurtre très similaire , toujours non résolu. 10 ans… Qu’ils ne se sont pas vus… 10 ans que les choses se sont mal terminées entre eux…

La plume de l’auteur est tellement agréable que la lecture se fait toute seule. On est pris dans ses filets, jusqu’à la toute fin sans jamais avoir envie de poser son livre. Un page-turner, comme savent si bien les faire ces écrivains nordiques dont le talent, n’est plus à mettre en doute.

Premier roman en solo de Camilla Grebe, après avoir  publié une saga policière avec sa sœur, un cri sous la glace est une vraie réussite.

Les personnages sont très bien campés et leur psychologie est finement détaillée. Le suspense est entier, jusqu’aux derniers chapitres, même si on croit deviner, l’auteur, par un rebondissement, va balayer toutes vos certitudes…

L’enquête se déroule  au rythme de la vie personnelle de chacun des protagonistes, pour prendre de la consistance au fur et à mesure qu’ils se dévoilent… Leurs failles en font, des enquêteurs hors pairs… Comme souvent, me direz-vous… Oui, il faut un flic meurtri, une histoire un peu glauque justement, pour donner corps à ces personnages atypiques, qui ne peuvent être efficaces, que si l’horreur a été leur amie… C’est comme dans la vie….

Trois écorchés vifs, déçus par la vie… Déçus par l’amour. Un flic solitaire, qui a du mal à s’engager, une profileuse dont la vie est sur le point de basculer… Et cette jeune femme qui vient d’être larguée sans ménagement, sans explications. On peut parfois penser que l’auteur se perd dans trop d’explications, dans trop de détails… Il m’est arrivée de sauter quelques passages, pour en fin de compte y revenir… Car les détails qui peuvent nous sembler anodins et sans intérêts, sont au contraire, bien placés… Tellement bien placés, que l’on comprend que l’auteur nous a bien manipulé, pour nous tromper. On pense détenir la solution, mais c’est sans compter sur le talent de l’écrivain, qui nous livre un final inattendu.

Une lecture qui vous happe, vous perd dans différentes hypothèses… Mais une lecture que l’on dévore pour notre plus grand plaisir.

Je remercie les éditions Calmann-Lévy ainsi que NetGalley. Ce titre attendait sagement depuis plusieurs mois, j’avais un peu peur que l’engouement autour, ne prenne pas avec moi… Je me méfie toujours des retours trop élogieux… Et pourtant, c’est largement mérité.

Romancière suédoise. Titulaire d’un master en administration des affaires (MBA) de Handelshögskolan i Stockholm, une école de commerce, elle fonde la maison d’éditions Storyside, spécialisée dans le livre audio. Elle y cumule les fonctions de directrice du marketing et de directrice générale, puis dirige une société de conseil. En 2009, elle écrit, en collaboration avec sa sœur Åsa Träff (1970), psychiatre spécialisée dans les troubles neuropsychiatriques et de l’anxiété, « Ça aurait pu être le paradis » (Någon sorts frid), un roman policier qui se déroule dans le milieu des cliniques psychiatriques. En 2015, elle a publié « Un cri sous la glace » (Älskaren från huvudkontoret), son premier roman en solo. Avant, elle a écrit cinq polars avec sa soeur, et trois autres avec l’un de ses amis, Paul Leander-Engström.

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Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez

 

Parution : 3 mai 2018 – Fleuve éditionsPrix papier : 21,90€ – Prix Numérique : 17,99€ – Pages : 528 – Genre : Polar – Thriller

 

Rhoo punaise ! Rien à faire, je suis une accro à Thilliez et il me faut ma dose ! Y-a-t-il quelque chose à faire ? Pourquoi voudrais-je me désintoxiquer, puisqu’à chaque fois c’est un plaisir ? Même si je n’ai pas encore fini de lire tous les livres de l’auteur… Ça c’est une autre histoire…Revenons à nos moutons …

L’auteur a une telle capacité à se renouveler, à nous entrainer dans des intrigues toutes aussi folles les unes que les autres, que cela frôle le génie ! Quoi ? Vous n’êtes pas d’accord ? Bon en même temps c’est mon avis, je fais qu’est-ce que je veux !

Sérieusement… Franck Thilliez arrive à m’épater, presque à chaque fois… Mais là, il m’a complètement bluffé.

En même temps, il ne ment pas à ses lecteurs, puisqu’il avait annoncé que surprendre ses lecteurs,  était de plus en plus difficile mais qu’il avait essayé de les manipuler encore une fois en raisonnant différemment, en se mettant à leur place, pour que la surprise soit toujours au rendez-vous même chez les plus fidèles de ses fans. C’est chose faite !

Ce bouquin est un vrai page-Turner, sans temps mort, avec deux histoires dont on ne voit pas le lien apparent et pourtant lorsque les révélations se font, on a le cerveau complètement retourné. Tellement retourné, d’ailleurs, qu’on analyse de plus en plus, pour tenter de lire entre les lignes, tenter de démêler la trame de l’histoire. Bref on veut comprendre !

Cherchez pas, l’auteur va vous embrouiller l’esprit et c’est franchement incroyable tellement c’est bon. Les jeux de mots, le parallélisme entre les personnages, comme fait exprès pour que chacun puisse avoir son double opposé. L’amnésique en opposition au flic Hypermnésique. Deux flics V & V. Léane et son pseudo Enaël.  Deux enquêtes qui vont n’en former qu’une…

Un jeu de quille dans lequel le lecteur sera forcément le perdant.

Mais ce qui encore plus paradoxale, par rapport à ses autres livres, c’est qu’on sent que l’auteur s’éclate à nous mener en bateau et c’est communicatif, car malgré la noirceur du récit, avec des scènes durs et chers à l’auteur, le livre reste lumineux par sa construction sans jamais atteindre le fond de la noirceur. Pourtant la noirceur humaine est toujours présente, même encore plus machiavélique ! Et même si vous croyez avoir tout compris de l’auteur, il arrivera à encore à vous entrainer vers le fond.

C’est bon, très bon, ça se dévore tout seul et on en redemande !

N’ayant pas l’esprit logique, je suis certainement passée à côté d’indices très intéressants et c’est bien la première fois que j’ai envie de relire un bouquin, juste pour le décortiquer !

Avec le manuscrit inachevé, on sent comme une plume plus aboutie, une certaine sérénité dans la narration qui ne fait que donner encore plus de profondeur livrant ici son meilleur roman à ce jour.

528 pages qu’on dévore, dont on aimerait trouver tous les mystères, mais qui pourtant, malgré un final en apothéose, titille l’esprit longtemps après l’avoir refermé, tellement la construction est magistrale.

Merci à ma fille chérie, qui ne lit jamais mon blog, mais qui suit sa mère dans ses délires et qui se demande parfois je suis pas un peu folle…

Passionné de cinéma, il devient ingénieur spécialisé dans les nouvelles technologies et l’informatique. Il allie cette passion à son goût pour les thrillers pour donner naissance à son premier roman, « Train d’enfer pour Ange rouge » (La Vie du Rail, « Rail Noir », 2003), qui a été nominé au Prix SNCF du polar français 2004.  Le succès rencontré depuis « La Chambre des morts » lui a permis de cesser son travail d’informaticien pour se consacrer exclusivement à son travail d’écriture.

Dans un communiqué publié sur son site internet et relayé par Deadline, Franck Thilliez annonce que le producteur des films de Wes Anderson, Indian Paintbrush, a acquis les droits de la série de livres mettant en scène les personnages Franck Sharko et Lucie Henebelle, soit cinq ouvrages, « La Chambre des morts », « La mémoire fantôme », « Le Syndrome E », « Gataca » et « Atomka. »

Premier acte de ces adaptations à venir, celle du « Syndrome E » paru en 2010.

 

 

Là où rien ne meurt de Franck Calderon et Hervé de Moras

Parution : 15 mars 2018 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 20,00€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 368 – Genre : Thriller romantique

  

Vers l’infini et l’au-delà… Ce livre tout en nuance entraine le lecteur dans une histoire profondément humaine où le hasard a toute sa place…

La collection la bête noire promet très souvent des découvertes assez intéressantes et je dois dire qu’avec ce titre, cela se confirme. « Là où rien ne meurt » est unique de par son style, puisque deux genres, qui peuvent sembler opposer,  arrivent à se côtoyer, mais surtout à fusionner pour le plus grand bonheur du lecteur !

Imaginez une intrigue policière, doublée de mystère, avec un zeste de fantastique le tout saupoudrée de romance … Vous Avez dit ROMANCE ! Oui, vous avez bien lu… Et j’ai aimé ! Non mais attention, ce n’est pas la romance gnangnan qui me hérisse les cheveux sur la tête ! Non c’est une romance douce, qui s’installe lentement mais qui est délivrée avec parcimonie. Pas de rentre dedans, pas de scènes de léchouilles qui n’en finissent plus…

Bref, la romance au service d’un très bon thriller et qui apporte une certaine fraîcheur à une intrigue qui aurait été plus classique sans cette petite touche.

Un homme ordinaire qui va vivre des choses belles et dont le passé a conditionné le présent. Nîmes qui vibre sous les inondations qui vont être le catalyseur de cette intrigue, point banale.

L’allégorie avec les intempéries, les inondations, avec ce passé  douloureux est très bien construite et donne un rythme rapide à cette lecture à l’image des eaux qui ravagent tout sur leur passage. Un évènement peut-être d’une rare violence sur le futur et être destructeur…

Pour autant le récit, prend du temps à démarrer, lui permettant à l’intrigue de se construire et au lecteur de croiser les différents éléments pour enfin parvenir à s’accélérer, donnant un rythme dense et prendre le lecteur dans ses filets, puisqu’il ne pourra plus  poser le livre.

Des allers retours entre passé et présent très bien construits, comme une toile d’araignée, dont on va peu à peu extraire les réponses. Une quête qui va osciller entre le besoin de comprendre et la recherche de la vérité, salvatrice, même si elle est douloureuse.

Une écriture à quatre mains qui tourne autour de l’éternité, de l’alchimie, de la magie… Qui semble frôler le fantastique, mais dont les auteurs brouillent les pistes pour le plus grand plaisir du lecteur, embarqué dans une intrigue digne d’un scénario. Le tout est très visuel, sans que les descriptions ne soient noyées dans le trop, même si parfois, un goût de trop peu nous effleure.

Pourquoi trop peu, me direz-vous ? Mais parce que c’est tellement bon à lire, qu’on aimerait continuer, qu’on aimerait que les auteurs racontent plus longuement. Il y a un côté poétique à cette histoire, qui tout en étant un thriller de très bonne facture, ne verse aucune goutte de sang…

Et même si je suis fana de gore et de choses bizarres, mettre en off mes neurones et me laisser porter par un récit magnifique, s’avère reposant tout en étant jouissif.

Un petit bijou, une pépite dont les auteurs sont les tailleurs de talent !

Je remercie la collection La Bête Noire et NetGalley pour cette très belle lecture.

Note des auteurs :

« Michel de Moras, le papa de l’un des auteurs, Hervé de Moras, est décédé le 18 décembre 2001. Son cercueil a été emporté 8 mois plus tard dans les inondations qui ont frappé la région nîmoise. Peu de temps avant, un astronome japonais pensait avoir repéré dans le ciel une trace de la comète Biela 3D, disparue depuis presque 150 ans. Ces histoires vraies nous ont inspiré ce roman. Tout le reste n’est que pure fiction. »

Franck Calderon est producteur et scénariste de télévision et a produit ou écrit de gros succès d’audience pour les principales chaînes (il a notamment travaillé à TF1 Production).
Il écrit avec son ami d’enfance Hervé de Moras qui est enseignant à Nîmes.

 

Ragdoll de Daniel COLE

Parution : 9 mars 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix papier : 21,00€ – Prix Poche : 8,10€ – Prix Numérique : 8,99€ – Pages : 464 – Genre : Polar-Thriller-psychologique

  

Ragdoll ? Késako ? Des bouts de chiffons assemblés, pour former une tête et un corps de poupée. Des petites poupées bien mignonnes qui font rêver les petites filles… Mais ici, c’est du sordide, de l’horreur à l’état brut.. ! Ici Ragdoll, c’est une poupée de chair et de sang, une poupée composée de six personnes différentes… Un corps, six victimes…

Tout commence d’une manière assez classique avec des meurtres, une enquête et les flics qui vont avec ! Oui mais ici, l’auteur a décidé de se jouer du lecteur… Les cartes distribuées au départ vont se révéler bien différentes en fin de partie…

On a ce flic un peu borderline dont la vie a basculée… Et cette équipe constituée de bons éléments… Chacun avec ses failles tente de déjouer les plans d’un meurtrier inventif et qui les mène en bateau…

En lisant la quatrième de couverture, je m’attendais à une lecture sanglante avec moult détails bien gores, mais ce ne fut pas le cas.

L’intrigue est centrée sur le suspense et le compte à rebours dans lequel le tueur entraine les flics…

On ne peut pas dire que l’auteur mette du temps à nous immerger dans son intrigue, ça démarre fort, pour peu à peu se retrouver dans une course contre la montre…

Les minutes, les heures, s’égrainent au fil de la lecture, le tueur a sa feuille de route, avec une liste de victimes associée à des jours précis. Il faut déjouer ses plans, mais il faut surtout savoir comment il va s’y prendre.

La psychologie des personnages est décortiquée pour laisser place aux questions… Le tout est mener d’une main de maître avec une plume ciselée, des phrases nerveuses, courtes et une atmosphère frôlant la folie…

Je me suis laissée embarquée, aussi bien par l’intrigue, que par le rythme effréné, sans pouvoir reprendre mon souffle, tellement les évènements s’enchainent.

L’auteur a une écriture très visuelle, qui permet de totalement vivre les différents rebondissements, mais surtout d’être mené par le bout du nez, par une enquête intense au final brillant !

Né en 1984, a été ambulancier dans une vie antérieure. Guidé par un besoin irrépressible de sauver les êtres, il a également été membre actif de la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, l’équivalent anglais de notre SPA. Plus récemment il a travaillé pour la Royal National Lifeboat Institution, une association dédiée au sauvetage en mer le long des côtes britanniques. Cet altruisme est-il la manifestation de sa mauvaise conscience quant au nombre de personnes qu’il assassine dans ses écrits ? Il vit sous le soleil de Bournemouth, au Royaume-Uni, et on le rencontre souvent sur la plage.

Que la guerre est jolie de Christian Roux

 

Parution : 7 février 2018 – Rivages EditionsPrix papier : 19,50€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 300 – Genre : Policier

 

Bizarre ce titre ? Un peu… Intriguant ? Beaucoup…

La référence à Guillaume Apollinaire est le fil conducteur de cette intrigue ancrée dans notre présent.

« Ah Dieu ! que la guerre est jolie Avec ses chants, ses longs loisirs. »

Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918), Calligrammes, « L’Adieu du cavalier » (1918)

Ancienne ville ouvrière, Larmon se retrouve au centre d’un imbroglio qui oscille entre le grand banditisme, les petites frappes et des politiciens véreux, en passant par les barbus qui souhaitent en faire leur terrain de jeu…

Une réalité sociale et urbaine qui déroute, que l’on connaît, mais que l’on ne souhaite pas nécessairement approfondir, histoire de ne pas avoir envie de vomir… Une intrigue bien dans son temps, sans concession et armée d’une plume vive et visuelle.

Dès le premier chapitre on sait qu’on part en guerre… Mais une guerre qui aura un sens différent pour chacun des protagonistes. Une guerre, une lutte de tout les instants pour tenter de sauver ce qui peut l’être ou détruire ce qui doit l’être…

Les tranchées sont à nos portes, sont au cœur de Larmon et pas seulement un vague rappel historique. Elles ont juste changé de visages et ceux qui les creusent ne le font pas pour les mêmes raisons…

Avec une plume âpre, l’auteur trace la route de ses personnages qui naviguent dans une réalité déconcertante. Sous couvert d’un polar, leur quotidien est décrit avec une rare sincérité, empreinte d’empathie.

On sent le vécu, la noirceur des êtres qui ne pensent qu’au profit, qui ne pensent qu’à assoir leur suprématie au détriment des gens simples qui ne demandent qu’une chose, qu’on leur foute la paix. Mais la paix n’est qu’un souhait… Que certains tuent dans l’œuf histoire de bien exploser tout le monde.

Les personnages sont très bien travaillés, permettant au lecteur de s’identifier ou d’identifier les comportements, les propos de chacun. Chacun a la parole, qui se veut crue et sans détour. Leurs combats, leurs envies, leurs idéaux sont palpables, sans aucun jugement de l’auteur qui se contente de décrire avec une certaine empathie le quotidien d’une ville en décrépitude, mais dont les habitants souhaitent faire un nid douillet pour certains, une terrain de jeu ou une zone de guerre pour d’autres…

La lecture est parsemée de souvenirs de guerres, d’Irak, de Syrie… Comparaison fort bien à propos avec Larmon. Même si le pari est osé, l’auteur en tire une intrigue très bien construite, menée avec brio.

En refermant ce livre, on a le cœur lourd, mais en même temps léger. Lourd d’avoir pris en pleine face une réalité que l’on tente de ne pas voir, léger d’avoir découvert une intrigue rondement menée et une plume empreinte d’empathie de douleurs qui démontre que la vie est belle et qu’il faut se battre pour la vivre.

Christian Roux propose une intrigue sociétale en pleine confusion, qui fait échos à la notre et c’est tellement actuel que c’est déconcertant…

Je remercie Babelio ainsi que les éditions Rivages, sans qui je serais passée à côté d’un roman percutant de réalisme.

Né en 1963. Lauréat au concours général d’éducation musicale en 1981. Tout à tour instituteur, berger, employé de librairie, caissier, magasinier, coursier, déménageur de décor, machiniste constructeur, pianiste de bar, peintre en bâtiment… Il devient intermittent du spectacle en 1997 et parvient à ne plus se consacrer qu’à la musique et à l’écriture. Christian Roux s’était fait remarquer entre autres avec son roman Braquages. Après le discret Placards, il prouve avec Les ombres mortes qu’il fait plus que tenir ses promesses, entraînant son lecteur dans un machiavélique récit où le suspense fait écho au tragique dans un jeu de perpétuels rebondissements. Il n’oublie pas pour autant ses premiers amours : la musique. Il continue dans cette voie en illustrant musicalement une pièce de théâtre. Illustration qui obtient le prix de la critique.

 

 

Une autre histoire de Sarah J. NAUGHTON

Parution : 8 mars 2018 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 416 – Genre : Thriller psychologique

 

Après plusieurs années d’absence Mags, retrouve son frère dans le coma suite à une chute de plus de dix mètres de hauteur, dans l’immeuble où il vit. Un immeuble dont les logements sont destinés, aux personnes fragiles, que ce soit mentalement ou financièrement.

Lorsque Mags apprend que la police pense au suicide, elle n’y croit pas.

« Une autre histoire » nous entraine donc dans la recherche de la vérité par Mags, sa quête de vérité… Mais à travers ses recherches, elle part à la découverte de ce frère qu’elle ne connait pas.

Les chapitres qui lui donnent la parole, sont jalonnés de réflexions intimes, mais surtout on va peu à peu apprendre à connaitre Abe et Mags, on va connaitre leur fragilité, leur vécu… Leur différence est flagrante : elle avocate à Las Vegas, lui aide soignant auprès de personnes âgées, fragiles… Deux caractères, deux vies, deux vécus…Mags en cherchant à prouver que son frère n’a pas pu se suicider est en quête de rédemption, en quête de cet amour fraternel, en quête d’elle-même, même si au départ elle ne le sait pas… Alcoolique notoire, elle a choisi d’être l’avocate des véreux, comme un pied de nez à son passé… Dont on apprend peu à peu les travers, comme des désillusions…

L’auteur construit ses personnages à la serpe, d’une manière incisive, crue et sans délicatesse, pour mettre en avant leur caractère, mais surtout les rendre palpable. Chacun aura la parole, par chapitre interposé et chacun apporte une réponse à l’accident d’Abe… Ils s’étoffent au fil de l’intrigue et c’est comme si l’auteur avait fait le choix de les faire « grandir » au rythme de son récit, pour enfin les dévoiler complètement aboutis.

Cette construction permet d’avoir une intrigue avec une dynamique et un rythme ne permettant pas au lecteur de s’ennuyer.

La début a été un peu laborieux à se mettre en place… Mais plus je lisais, plus je voulais continuer… Une construction en entonnoir, qui peut être assez déstabilisante, car chaque chapitre représente un personnage… Du moins un point de vue, une information…. Avec un aperçu de ce que chacun a traversé quand il était enfant, permettant de déceler un « déclencheur ».

Sarah J Naughto, jongle avec nos émotions, en explorant la psychologie humaine, mais également des thèmes très noirs, destructeurs…

L’auteur arrive à mener par le bout du nez le lecteur avec plusieurs rebondissements, même lorsque l’on pense avoir tout compris, elle nous entraine vers « une autre histoire »…

Le final est diablement bien amené, surprenant…

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

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Sarah Naughton est née dans le Dorset en 1975. Elle a travaillé une dizaine d’années comme publicitaire depuis la parution de son premier roman The Hanged Man Rises, en 2013 un thriller pour ado, elle se consacre à l’écriture et vit dorénavant à Londres avec sa famille. Une autre histoire, un thriller adulte, est son nouveau roman.

 

Zaune de Jean-Hugues Oppel

Parution : 7 mars 2018 – Editions l’ArchipelPrix papier : 6,80€ – Prix Numérique : 6,49€ – Pages : 192 Genre : Thriller

 

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir….

Une course poursuite, un rythme effréné, sur 24h00 l’auteur nous entraîne dans la vie sordide de Zaune et Nanar. Zaune qui joue son rôle de grande sœur protectrice au point de mettre sa vie en danger. Elle a beau vivre dans la zone, elle aimerait bien que son imbécile de frère face autre chose que de se shooter à la coke…

L’intrigue se déroule dans une banlieue parisienne, que l’auteur ne situe pas de manière précise, permettant au lecteur de transposer l’histoire là où il veut.

C’est sombre, c’est gris, glauque … Tout est d’une noirceur palpable, que ce soit les lieux, les personnages même la météo semble coller au paysage ! La seule couleur, émane de Zaune, avec sa chevelure d’un roux flamboyant….

Pourtant il y a du bon, de l’entraide… Enfin deux hommes qui se sentent investis d’une mission dans cette banlieue où rien de bon ne peut sortir, mais surtout où l’espoir a disparu. Cet espoir qui  permet de ne pas sombrer et de trouver le chemin, même quand tu as perdu ta route !

Zaune sait ce qu’elle ne veut pas et se bat pour éviter les travers que la misère fait accepter facilement !

Prendre sa vie en main et ne pas accepter avec fatalité…

L’espoir est le moteur de l’être humain et Zaune a beau te foutre les jetons tu espères aussi qu’au bout de la route la lumière apparaîtra…

Je remercie les éditions l’Archipel pour l’envoi de ce livre de Jean-Hugues Oppel, à la plume acérée qui te transporte dans une atmosphère à couper au couteau.

Jean-Hugues Oppel est un écrivain français d’origine franco-helvétique, spécialisé dans les romans noirs. Il a fait ses études au lycée Charlemagne (Paris), puis à l’École Nationale d’Opérateurs Louis-Lumière. Il a travaillé comme deuxième assistant caméra pour des films comme Saxo d’Ariel Zeitoun (1987), Lacenaire de Francis Girod (1990), La Passion Béatrice (1987) et La Vie et rien d’autre (1988) de Bertrand Tavernier. Il a également été le premier assistant caméra de Roman Polanski pour « La jeune fille et la mort » (1994). Il est à présent écrivain à plein temps et vit en région parisienne avec ses quatre chats.

mange tes morts de Jack HEATH

Parution : 22 mars 2018 – Super 8 Editions Prix papier : 19€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 400 – Genre : Thriller-Polar

 

Super 8 est une de ces maisons d’édition qui t’alpague rien qu’avec un titre et une couverture qui ne laisse rien entrevoir… Ou si peu…

Avec ce premier roman, Jack Heath auteur australien de livres pour enfants, change complètement de registre et autant vous dire qu’il ne fait pas dans la dentelle….

L’intrigue en elle-même est assez classique, mais là où l’auteur arrive à retourner le cerveau du lecteur, c’est lorsqu’il présente Timothy Blake, consultant aux capacités intellectuelles hors du commun, qui aide le FBI sur ses enquêtes les plus compliquées… Timothy a un flair infaillible pourtant il a une addiction, un petit secret…

Il a beau être un homme complètement en décalage avec notre réalité, avec qui je ne resterais certainement pas seule dans la même pièce, je me suis réellement attachée à lui ! Malgré sa tendance complètement psychotique, on ne peut pas le détester !

L’auteur, Jack Heath a construit son personnage d’une manière surprenante, c’est l’archétype du héros et pourtant il est tellement sympathique.

Son enfance, lui colle à la peau et sa vie d’adulte n’est pas meilleure… Il a été privé de ses parents, a vécu en foyer, dans la rue, il n’hésite pas à mentir, à voler, pour survivre..

Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins…

Outre le mystère qui entoure l’enquête de Timothy, l’auteur fait démarrer chaque chapitre par une énigme, ce qui est assez original et nous rappel constamment que résoudre les énigmes est l’activité principale qui permet à Timothy de gagner sa vie…

La plume de l’auteur est prenante, incisive et très visuelle, permettant au lecteur de facilement s’immerger dans cette enquête, beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît…

Mais surtout, c’est hyper addictif avec des rebondissements qui apportent une réelle dynamique au récit, avec des révélations qui éclairent aussi bien l’enquête que notre personnage principal… On plonge directement et je dois dire que c’est jouissif tellement c’est bon, sanglant, répugnant… Et pourtant Timothy Blake ne se défile pas, il est très lucide sur ce qu’il est et surtout sur son addiction, c’est un personnage ambigu, horrible mais tellement attachant ! C’est ce qui peut déstabiliser le lecteur, ne pas arriver à le détester !

C’est un homme complexe que l’auteur dépeint avec recul et empathie en nous expliquant le déclencheur de ses pulsions, mais surtout comment il en est arrivé à travailler avec le FBI.

L’agent Thistle, est son opposée, elle apporte une réalité à cette intrigue un peu barrée, puisqu’elle nous montre que le passé, même s’il peut déterminer notre avenir, peut aussi être différent suivant le chemin que l’on choisit.

Jack Heath avec Mange tes morts, nous entraine dans un thriller imprévisible et complètement addictif, dont on se plait à imaginer une suite…

Je remercie les éditions super 8 ainsi que NetGalley pour cette lecture.

Jack Heath est né en 1986 en Australie. Il peut déjà se prévaloir d’une imposante bibliographie jeunesse : une vingtaine de romans, régulièrement traduits et retenus pour le petit et le grand écran. Mange tes morts, son premier texte pour adultes, ne saurait être conseillé, de son propre aveu, aux moins de 18 ans. 

Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Imaginaire – Sublimation de Bastien Pantalé

Parution : 3 décembre 2016 – Auto-édité – Prix Numérique : 3,99€Prix Papier : 15,99€326 PagesGenre : Polar-Thriller psychologique

 

Ce livre a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que je vous invite à découvrir Ici ou ici ou encore

Je suis toujours contente de pouvoir découvrir un nouvel auteur dans un registre que j’apprécie particulièrement. C’est pour ça que je n’ai pas beaucoup hésité, à sélectionner « Sublimation ».

Malgré une intrigue, qui fait une immersion dans le monde de l’art, l’auteur n’arrive pas à tirer son épingle du jeu en se démarquant, alors même que les meurtres sont mystérieux et étranges. Les personnages sont trop caricaturaux pour avoir leur propre personnalité et créer leur propre emprunte dans le monde du polar.

Un flic, Bonhoure, comme on en voit beaucoup, tête brûlée, dont la vie privée est quelque peu chaotique, se retrouve parachuté sur cette enquête dont il se passerait bien… Dont les rapports avec sa hiérarchie ne sont pas différents de ce que l’on a déjà pu lire chez d’autres auteurs…

Ceux qui sont sur le terrain, connaissent le boulot, ceux dans les bureaux ne pensent qu’au résultat… Ok c’est certainement vrai… Mais c’est du déjà lu et j’ai eu l’impression de tourner en rond, car l’auteur lui-même tourne en rond avec des réflexions trop personnelles qui transparaissent et dénaturent l’intrigue.

L’auteur prête à son personnage principal ses pensées, notamment sur les attentats ou sur le malaise des français et cela m’a gêné ! Les jugements ou idées personnelles dénaturent le récit ne lui donnant pas plus de profondeur, au contraire, cela ne permet pas de dégager une réflexion propre à ce flic qui aurait pu avoir une personnalité complètement isolée de celle de son auteur.

J’ai été très gênée, horripilée par la répétition successive de l’origine ethnique de tel ou tel personnage. Si le lecteur n’a pas compris que la nana est éthiopienne, c’est qu’il est vraiment aveugle.

Je ne comprends pas pourquoi l’auteur a insisté sur ces origines… En tout cas, j’ai vraiment été lassée et parfois frustrée de devoir le lire une énième fois…

Bastien Pantalé, aurait pu tirer son épingle du jeu avec la jolie fliquette spécialisée dans le trafic d’art et relancer son intrigue avec ce duo prometteur, mais la vie privée de Bonhoure prend trop de place, alors qu’elle aurait pu simplement évoquée, au détriment des autres et pour laisser l’enquête prendre son essor. Il y a un manque d’équilibre avec les coéquipiers qui sont pourtant dignes d’intérêt.

L’urgence de retrouver ce meurtrier ne transparaît pas… Au contraire, à travers son flic, même s’il ne légitime pas les meurtres, il les comprend…

Point de suspense, puisque l’on devine vite comment les choses vont évoluer… Ce qui aurait pu être une histoire différente tombe comme un soufflet, d’autant plus que c’est un genre que j’apprécie particulièrement. L’auteur reste dans les clous en proposant une intrigue classique qui ne se démarque pas.

L’aspect, qui aurait pu apporter un plus, l’assaut de ces visions qu’un des personnages subit, malgré une explication scientifique cohérente, n’arrive pas à démarquer l’intrigue et malheureusement la mayonnaise n’a pas pris.

Pour autant, on sent que l’auteur a fait un réel travail de recherche sur l’art, pour rendre l’ensemble crédible et pour les novices, c’est un point qui peut être plaisant. L’aspect scientifique avec la gémellité, qui reste aujourd’hui un mystère encore non exploré, est amorcé de manière intéressante, mais pas assez poussée à mon sens pour que cela accroche vraiment le lecteur….

Auteur fureteur, curieux de tout ce qui pourra le nourrir, Bastien Pantalé revendique sa volonté de s’essayer à divers genres littéraires. Un moyen de trouver, si ce n’est la gloire, son style propre.
Polar, thriller, science-fiction, romance, témoignage, érotisme… une palette qu’il complète au fil de ses explorations.
Itinérant culturel, esprit voyageur, cœur prêt à bondir…
Son credo ? Partager ce qui le compose !

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Le meurtre était écrit de David Guidat

 Parution : 4 octobre 2017- EditeurEvidence Edition – Prix papier :  20,00€ – Prix Numérique : 7,99€ – Pages : 480 – Genre : Policier

Le meurtre du favori à la présidentielle, lance le début d’un thriller à l’intrigue originale. Une descente dans les bas-fonds les plus sordides où l’éthique n’a pas sa place… Ou si peu…  Le système judiciaire américain est décortiqué à souhait. Des hommes politiques en constante représentation, mais qui demeurent des hommes, une fois que la caméra est coupée…

Plusieurs meurtres aussi sordides les uns que les autres, une enquête rondement menée qui mettra l’accent sur le caractère bestial, en les orientant vers l’élément déclencheur…  Qui va aussi bien horrifier les enquêteurs que les lecteurs…

L’auteur construit une intrigue digne d’intérêt avec des personnages tous aussi différents les uns que les autres… Même si je n’ai pas réussi à m’attacher à eux… En même temps, ils sont assez nombreux pour garder un recul nécessaire et ne pas avoir d’empathie… Sauf peut-être…. A vous de le découvrir…. Il y a bien un personnage et ce n’est pas celui que l’on pourrait imaginer pour lequel l’empathie s’insinue peu à peu dans le cerveau du lecteur… Des personnages tourmentés, malmenés par l’auteur qui ne leur épargne rien… Même le plus sordide…

Une intrigue qui fait ressortir le côté sombre de l’être humain, sa capacité à faire le mal… Juste pour le plaisir…

L’auteur a fait des recherches et cela se sent pour cadrer avec l’implantation de son récit.

Malgré une intrigue très intéressante, la construction narrative aurait pu être quelque peu élaguée d’une centaine de pages. Trop de longueurs perdurent, ce qui gâche le rythme de lecture… Je ne parle pas de descriptions, mais bien de longueurs dans certains dont l’auteur aurait pu s’affranchir… Cela aurait donné plus de fluidité au récit.

C’est le 3ème livre que je lis de cette maison d’édition et je dois dire que c’est la troisième fois que je pointe les mêmes défauts, qui ne sont donc pas inhérents à l’auteur. En effet, une ME doit pouvoir accompagner son auteur et cela en mettant toutes les chances de son côté, surtout quand la qualité de l’intrigue est au rendez-vous.

Il y a encore pas mal de coquilles, de répétitions et de tournures de phrases maladroites, qu’une relecture beaucoup plus poussée aurait pu éviter, pour apporter une fluidité, inhérente à un bon roman. Des répétitions qui gâchent le plaisir, cassant ainsi un rythme de lecture qui aurait pu être à l’image de l’intrigue produite par l’auteur.

Encore une fois, être auteur avec une ME c’est aussi faire confiance à sa ME et là ça m’énerve que les ME ne fassent pas un minimum de boulot!

David Guidat, interpelle le lecteur avec une intrigue différente et très intéressante, je lui souhaite de pouvoir corriger les différentes coquilles et élaguer quelque peu les passages qui pourraient l’être, car sans cela ce serait un sans-faute…

Il est parfois à se demander, si l’auteur n’a pas intérêt à s’auto-éditer, en se faisant aider de bêta lecteurs…

Marié et père de deux enfants, David Guidat travaille comme technicien help desk et vit près de Strasbourg. Titulaire d’un BTS en tant que technicien support aux utilisateurs, il est en prestation pour Econocom à la Société Générale-Transactis depuis 2014. « Le meurtre était écrit » (2017) est son premier roman.