Archives du mot-clé policier

A l’ombre du Baron de Fabienne Josaphat

 

 

 

 

 

 

 

Parution : 15 mars 2017

ÉditionCalmann-Lévy Prix  broché : 19,90€

Pages : 288 – Genre : Policier – historique – Suspense

« A l’ombre du Baron est un premier roman qui impressionne, une lettre d’amour à Haïti et son peuple » Miami Herald

Originaire d’Haïti, vivant aux États-Unis, Fabienne Josaphat, signe avec « À l’ombre du baron » une premier roman poignant, une ode à un peuple, une fiction mais tellement réelle qu’on est plongé à Haïti et tout comme les haïtiens, on aura du mal à s’extirper des « tontons macoutes » et du régime de Papa Doc…

On est transporté en 1965, François Duvalier, alias « Papa Doc » ou « Baron Samedi« , fait régner la terreur. Haïti, vit au rythme de la peur des dénonciations, parfois un simple soupçon et les tontons macoutes débarquent, rouent de coups sous n’importe quel prétexte ! Tout le monde soupçonne tout le monde.

Se dresser contre le dictateur, c’est signer, son incarcération dans la sinistre prison de Fort Dimanche, ou sa mise à mort…

Raymond, chauffeur de taxi, peine à joindre des deux bouts depuis l’instauration du couvre-feu, et fait tout pour que ses enfants et sa femme vivent dignement. Mais les repas se font rares, la peur, les questions existentielles… tout rappel que cela va mal !

Nicolas, son frère,  a une belle vie. Mais a une attitude condescendante avec son frère, se pensant supérieur parce qu’il a de l’argent et qu’il a fait des études. Lors d’un cours, il parle de droits de l’Homme mais surtout il écrit un livre sur des disparitions dont celle de Jacques Stephen Alexis (Écrivain haïtien connu pour sa résistance à la dictature de François Duvalier, son œuvre romanesque, ainsi que sa définition novatrice d’un réalisme merveilleux propre à la littérature de la Caraïbe.) Suite à dénonciation par un de ses étudiants il sera emprisonné à Fort Dimanche.

« Nous ne sommes une priorité pour personne sauf nous. »

Sa date d’exécution est fixée rapidement, après avoir subi la pire des tortures, tout cela sans procès !

Les deux frères, pourtant deux étrangers l’un pour l’autre, vont être transformés par cette épreuve, leur vie va basculer…

« Les yeux dans le vide, il entendit les gardes transporter le corps dans le couloir. Puis il enfouit sa tête dans ses genoux. Y trouva l’obscurité, la sécurité, un refuge où se prendre les cheveux à deux mains et les arracher d’un crâne dans lequel la démence s’insinuait déjà. Il cessa de lutter et s’effondra, écoutant le ricanement moqueur qui caquetait sous les prières, le rire d’un Dieu farceur tapi dans les recoins de Fort Dimanche : la Mort, ajustant son chapeau claque, exhalant la fumée de son cigare, ondulant des hanches, dansant autour de leur cellules, bras grands ouverts dans un geste d’accueil. La Mort se payait sa tête. »

Un livre qui ne peut laisser indifférent, un devoir de mémoire qui rappel à quel point tout est encore d’actualité…

Il m’est très difficile d’exprimer avec des mots ce que j’ai pu ressentir en lisant « A l’ombre du Baron » J’étais persuadée de lire un thriller horrifique avec en toile de fond les traditions  vaudou et autre sorcellerie…. J’ai été émue, bouleversée et choquée des conditions décrites par l’auteur. A aucun moment je n’ai senti que nous étions en 1965, tellement le présent est palpable et tellement cela fait écho à la condition de vie de plusieurs citoyens de par le monde…

François Duvalier, surnommé « Papa Doc« , fut Président d’Haïti de 1957 à 1964 puis dictateur (« Président à vie« ) de 1964 à sa mort, en 1971. Son règne fut empreint de corruption et marqué par l’utilisation de milices privées, les tontons macoutes. J’ai été révoltée par ce climat de terreur dans lequel le peuple haïtien tente de survivre.

Mes morts dorment dans cette terre ; ce sol est rouge du sang de générations d’hommes qui portent mon nom ; je descends par deux fois, en lignée directe, de celui-là même qui fonda cette nation. Aussi ai-je décidé de rester ici et peut-être d’y mourir.  Jacques Stephen Alexis, écrivain (1922-1961) – Extrait d’une lettre à François Duvalier, 2 juin 1960

« Papa Doc », nommé ainsi lorsqu’il commence à pratiquer la médecine dans les régions rurales et qu’il s’attire les faveurs des populations, consolide son pouvoir, il réanime les traditions du vaudou, prétend  être un « hougan » : chef spirituel de la religion vaudou, organisateur des cérémonies, celui par lequel passent les esprits (lwas) qui désirent transmettre un message au monde des vivants. A la mort de John Fitzgerald Kennedy, il prétend que l’assassinat est dû  à un sort jeté par lui.

Duvalier a également modelé son image sur celui du « Baron Samedi », pour se rendre encore plus imposant. Il mettait souvent des lunettes de soleil et parlait avec un fort ton nasal associé au Loa.

L’auteur a su retranscrire avec talent les peurs, les sensations, les odeurs, les paysages… Bref tout est tellement beau et tellement noir en même temps ! A l’image de l’être humain et de la dictature que vit ce peuple. Bourreaux et victimes se côtoient. L’auteur a fait un vrai travail de recherches et cela se sent dans son récit. Beaucoup de haïtiens ayant fui leur pays, se recon5naitront dans cette histoire.

Ce roman a beau être une fiction, les faits rapportés sont bien réels, ainsi que la prison de Fort Dimanche et les conditions de vie.

Originaire de Haïti, Fabienne Josaphat est diplômée de la Florida International University et vit aujourd’hui à Miami. La presse compare déjà ce premier roman
à La Brève et Merveilleuse Vie d’Oscar Wao de Junot Diaz et Au temps des papillons de Julia Alvarez.

Challenge ABC 2017 – Policier / Thriller : Mise à jour 1

En me baladant sur la blogosphère, je suis tombée sur un challenge qui me tente bien pour l’année 2017 :

capture

Ce challenge est organisé par Salhuna

Pour ma part, je tente la catégorie 2 :

26 lettres / 26 auteurs et 26 titres à choisir en cours d’année au fur et à mesure : vous avez le droit à 3 tricheries, à 3 BD/manga/album…

Informations complémentaires :

• Un roman Anonyme peut être mis soit en A, soit en X et ne sera pas considéré comme une tricherie
• Un recueil de nouvelles écrit par plusieurs personnes, peut être mis à la lettre de l’auteur que vous voulez, ou en X, et ne sera pas considéré comme une tricherie.
• Une tricherie : quand la lettre ne correspond pas à la première lettre du nom de l’auteur (I : Ingrid Desjours / Y : Peter May / Z : Elizabeth Hayes…)

J’en suis à 8 livres de lus pour ce challenge 🙂

A –

B –

cover102812-medium

Avec Un Sac, l’auteur aborde les relations parents-enfants,  l’absence de désir maternel et ce que cela peut engendrer comme conséquences. Le désir maternel est souvent pensé comme inné, mais l’auteur nous démontre que non. Car oui, on ne naît pas parent, cela se construit. Comment un enfant peut-il devenir le focalisateur de sa propre déchéance et devenir l’objet de sa haine. Comment l’accompagnement des traumatismes doit se faire avec une femme enceinte… Nos rencontres font parfois tout basculer….

Ce livre ne peut pas vous laisser indifférent ! Ce livre va me marquer ! Ce livre est un vrai coup de coeur ! A dédier à toutes les Anna-Marie ! Avis complet ici

C –

D –

41nsmtjmyel

Un excellent thriller psychologique avec une construction déroutante, c’est presque un huis clos oppressant… La manipulation à l’état pur. Tout le monde manipule tout le monde et même la maison devient manipulatrice … Avis complet ici

E –

F –

G –

H –

814o18yhdvl

Un livre qu’on a du mal à refermer, qui m’a réchauffer les sens en plein froid hivernal

Un véritable coup de coeur . Un très bon thriller rural comme on les aime, le paysage est un personnage à part entière, les personnages sont écrasés par leur quotidien complètement imprégnés par cette météo qui n’apporte aucun réconfort et les rend tellement noirs et mauvais. Avis complet ici

I – Tricherie

41s0zjm2t9l-_sy346_

L’écriture est classique, ne révolutionne pas le genre, mais respecte les codes du polar : Un peu de vulgarité, un regard sur les femmes assez salace, un flic meurtri, dépressif sur les bords, un des flics présenté comme inculte, juste bon à avoir de gros bras.

Même si j’ai découvert qui était le meurtrier alors qu’il me restait 150 pages à lire, j’ai trouvé agréable le dernier quart du livre. Avis complet ici

J – Tricherie

cvt_la-balade-electrique-demily-archer_4388

Merci Jof Brigandet, pour cette poésie, cette leçon de vie, ce regard apporté… Merci de m’avoir tantôt fait sourire, tantôt horrifié, tantôt prendre en pleine face ma réalité et le changement que nous devons apporter à nos comportements discriminatoires…

Merci aux éditions du Caïman de reconnaître les talents et de le mettre en avant… Avis complet ici

K –

wp-1485932219469.jpg

C’est une femme qui doit accepter le  deuil pour pouvoir avancer.

Dans ce pavé de 608 pages, plusieurs thèmes sont abordés, sans ennuie malgré quelques longueur. Je m’attendais à lire un thriller mais le style narratif  ne fait ressortir aucune angoisse ou tension que l’on retrouve dans le genre. Je trouve dommage que la 4ème de couverture axe ce livre sur le thriller, alors que ce n’est pas le cas. Avis complet ici

L –

M –

N –

O –

P –

Q –

R –

51gq0akcaml-_sx309_bo1204203200_

Tour à tour, l’auteur nous projette dans les méandres des pensées de Linda avec qui on subit a peur, son stress, ses souvenirs et ses remords.

Très peu de personnages dans ce thriller très bien construit, l’auteur referme le piège peu à peu sur son lecteur jusqu’à la fin. Avis complet ici

S –

T –

U –

51miqmefwvl

Avec Wanda, vous découvrirez l’enfance maltraitée, avec une totale absence d’empathie au point de perdre tous les repères qui font de nous des être doués de sentiments. Je n’ai pas pu lui en vouloir, malgré ses actes, malgré ses révélations et malgré ce final époustouflant qui m’a complètement glacé et laissé sans voix.

Je pourrais vous parler pendant des heures de ce livre, le mieux encore c’est de le lire pour faire la connaissance de Wanda, qui changera votre vision des relations familiales… Avis complet ici

V –

W –

X –

Y –

Z –

Bilan de lecture : juin 2016

13321632_10207054598304154_492263880627383333_n

 Salut les p’tits loups 😉

L’heure du bilan arrive !

13 lectures – 3657 pages

 8 livres dont 5 pour le challenge  un pavé par mois

 

Derniers jours de Adam Nevill : Dans l’ensemble une lecture mitigée mais que je n’ai pu lâcher car je souhaitais connaître le fin mot de l’histoire, qui sans être extraordinaire a du cachet grâce à son personnage principal.

 

Un monde meilleur de Marcus Sakey  : On passe d’un thriller fantastique à un thriller catastrophe, ce qui pour certains peut rendre l’histoire moins interessante et peut expliquer l’absence d’adhésion. Etant férue de films ou livres catastrophe j’ai totalement adhérer.

 

La bête et la belle de Thierry Jonquet  : J’ai été bluffée par cette construction minutieuse de l’auteur ! J’ai relu deux fois ce livre, car certains passages prennent sens lorsqu’on arrive à la fin… Un humour noir d’une grande qualité, une construction totalement détournée, tout tient dans les deux dernières pages où le lecteur se retrouve comme un idiot.

J’ai adoré !

61gktt36g8l._sl1500_.jpg

Marche ou crève de Stephen King : J’ai vraiment aimé ce bouquin, la survie et la mort au rythme de cette marche lente et étouffante à la fois. J’ai trouvé tout cela tellement fou, irréaliste et tellement proche de ce que l’on voit parfois à la télé de nos jours ! Cette perversion, cette soif de voir l’autre vivre, cette soif de reconnaissance, cette connexion aux réseaux sociaux, qui laisse croire que la gloire arrive juste parce qu’on vous voit, ce livre offre de sacré similitudes avec notre époque !

 

Serenitas de Philippe Nicholson  : Un roman glaçant, qui nous pousse à la réflexion, bouleversant par son actualité car nous en lisons les prémices tous les jours dans nos journaux. J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre et me suis commandée Extramuros qui semble être une potentielle suite.

le-couloir-des-ames-722708-250-400

Le Couloir des Ames de Julie Jkr : Un style prometteur ! Même si un manque de maturité se ressent parfois, l’auteur a une plume qui ne pourra que progresser. A suivre avec intérêt, dans le second opus en plein bouclage…

Les Brillants de Marcus Sakey : je n’ai pas trouvé ce livre captivant, l’intrigue se laisse lire, mais les réflexions politiques transposées à notre réalité sont très intéressantes.

 picsart_05-25-01.27.19.jpg

Histoire de Roque Rey DE Ricardo Romero : Je n’ai pas été emportée, Roque Rey m’a paru trop plat et sans intérêt. Je me suis tout bonnement ennuyée ! J’ai trouvé qu’il n’avait aucune personnalité, comme spectateur de sa propre vie, qu’il tente de prendre en main mais sans y parvenir. Le seul moment que j’ai apprécié c’est au moment où il prend vie en semblant tomber amoureux, mais dans cette histoire ce n’est pas Roque Rey que j’ai apprécié, mais les réactions de sa partenaire, pleine de vie qui finira par tout abandonner…. Comme si elle fuyait ce pauvre Roque Rey et sa vie morne et sans saveur…

 Un premier manga 

Q Mysteries – Tome 1 de  : Une belle réussite, avec son duo attachant, des enquêtes bien ficelées, avec un coup de crayon très sympa, Q Mysteries s’annonce comme un excellent titre pour les amateurs d’enquêtes…

Des BD très intéressantes

 

Dans la nuit – Tome 3 – Profondeurs : L’histoire est classique mais efficace et accrocheuse. On passe un bon moment de lecture avec une ambiance bien posée, on est immergé dans l’histoire qui reste bien maîtrisée, même si le dénouement peut décevoir, par une fin amenée trop rapidement.

 

Dans la nuit -Tome 2 – Troisième sous-solLe rythme imposé par les auteur est très prenant, les encrages de Denys superbes et Hubert adapte parfaitement sa palette de couleurs aux atmosphères sinistres.

 41avbtemjl._sy400_.jpg.jpeg

Transperceneige : Terminus de Jean-Marc Rochette : Une très belle bande-dessinée, dont le récit débute exactement là où s’est arrêté le film !  On part dans une direction totalement inattendue avec une très belle conclusion pleine d’espoir et vraiment imprévisible.

Zombillénium – tome 1 – Gretchen – de Arthur de Pins : Une BD très agréable a lire, pas trop de texte, dessins non surchargé, un humour sympa.Le thème de parc de Zombies est original, les zombies ont des sentiments et on les voit la transformation qui s’opère !

 Ce que j’ai vu :

Un message, une leçon de vie rarement aussi bien livrée au cinéma : il faut vivre sa vie sans jamais laisser le moindre obstacle se placer sur notre chemin. La musique de fin de Idir est un beau clin d’oeil à la Kabylie et cette musique ne fait que nous émouvoir encore plus fort.

BOF ! Chronique à venir …

La Bête et la Belle de Thierry Jonquet

81lL9LiSCkL

Auteur : Thierry Jonquet
Éditeur : Folio policier
Date de parution Pages :1985
Pages  : 156
Prix : 6,50€

A écouter Léon, qui prend la vie comme elle vient, la mort frappe à tout va dans la banlieue. Il suffit de passer la tête dans l’appartement du Coupable pour se retrouver dans l’autre monde. Il faut dire qu’il s’y passe des choses étranges : les poubelles s’accumulent derrière les volets clos… De quoi éveiller les soupçons des habitants de la cité des Lilas Bleus et du commissaire Gabelou ! Mais les apparences sont faites pour être trompeuses…

Mon avis

Ainsi se termine l’histoire.

Personne ne se maria, personne n’eut beaucoup d’enfants.

Le crapaud resta crapaud, aucune jeune fille ne s’étant proposée pour lui donner un baiser, en dépit des nombreuses annonces parues dans les revues spécialises.

Le Petit Poucet, perdu dans la jungle des villes, devint contremaître chez Citroën.
Les sept nains terminèrent leur vie dans un centre de gériatrie.

Le petit canard ne devint jamais cygne : il retourna au pays avec le million pour les immigrés.

Le Chat Botté fut capturé par les rabatteurs d’un laboratoire pharmaceutique où l’on pratique la vivisection…

Tout fout le camp.

Je m’attendais à une adaptation de « La belle et la bête », je me suis retrouvée à lire un polar !

Je ne suis pas entrée très facilement dans ce livre, les personnages ne sont pas clairement identifiés et les faits ne se suivent pas pas nécessairement.

J’ai donc reconstruit cette histoire, morceau par morceau, ou du moins j’ai tenté !

Tout semble bizarre :

  • Un type qui accumule chez lui les sacs poubelles, qui pisse dans des bouteilles, son appartement devenant une décharge qui va éveiller l’attention des voisins…
  • Le commissaire qui cherche midi à quatorze heures alors qu’il a les confessions du Coupable?
  • Le vieux Léon qui s’entête à ne rien dire..

hein, pourquoi ? Pourquoi ?

« Le dimanche, je la voyais, du balcon, partir pour la messe, avec son petit chapeau couvert de raisins en bois et de feuilles d’églantine en tissu, son livre de prières sous le bras, sa démarche rapide, les fesses bien serrées, des fois qu’on allait lui mordre l’arrière-train ! »

En général, lorsque je lis un roman policier, je me laisse porter par l’histoire, les rebondissements… Je ne me pose pas trop de questions !

« Je suis là, tassé dans mon coin, assis dans un fauteuil à côté du bureau de Gabelou qui est parti en vadrouille je ne sais où. Je moisis ici depuis cinq jours… »

Je me laisse souvent embobiner, mais alors là j’ai été bluffée, scotchée, les bras m’en sont tombés !

etonnes

J’ai été bluffée par cette construction minutieuse de l’auteur ! J’ai relu deux fois ce livre, car certains passages prennent sens lorsqu’on arrive à la fin…

« Ils sont là, les flics, tout autour de moi; à me lancer des regards vachards, comme dans les films, avec la lampe braquée dans la gueule, leurs gros bras poilus, et de temps en temps, en prime, ils se foutent de moi. «Vieux Léon, qu’ils braillent, dis-nous tout, t’es le seul à avoir tout vu…» Et ça les fait rire. Je collaborerai pas. Je me le suis juré sur ce qu’il me reste de dignité. Et ça les étonne, ça, la dignité. Eux. S’imaginent du haut de leurs certitudes que tout leur est dû, eh bien, non, moi, Vieux Léon, je les envoie sur les roses. »

Un humour noir d’une grande qualité, une construction totalement détournée, tout tient dans les deux dernières pages où le lecteur se retrouve comme un idiot.

un-chat-tres-etonner-34782

J’ai adoré !

« Alors on a fait un gueuleton avec tout ce qu’il avait acheté, on s’en est collé plein la panse, on a roté, pété comme deux larrons en foire »

Bio de l’auteur

Thierry Jonquet est un écrivain français, né le 19 janvier 1954 dans le 14e arrondissement de Paris et mort à l’hôpital de la Salpétrière à Paris le 9 août 2009. Auteur de polar contemporain, il a écrit des romans noirs où se mêlent les faits divers et la satire politique et sociale. Il a également publié sous les pseudonymes de Martin Eden et Ramón Mercader.

Il a une enfance marquée par le cinéma, fait ses études secondaires au lycée Charlemagne à Paris, puis étudie la philosophie à l’université de Créteil et plus tard l’ergothérapie. Il travaille ainsi en gériatrie.

Devant le spectacle de la mort omniprésente, il commence à écrire pour raconter l’horreur et pour rendre hommage à un pensionnaire avec qui il s’était lié d’amitié. Lassé de l’environnement hospitalier, il brigue un poste d’instituteur. Il se voit affecté à un centre de neuropsychiatrie infantile. Puis il est nommé par l’Éducation nationale dans les cités de banlieue nord-parisienne où il a en charge une classe de section d’éducation spécialisée.

Tous ces métiers l’ont mis en contact avec les « éclopés de la vie ». Lorsque Thierry Jonquet découvre assez tardivement les romans de la Série noire, il peut faire le lien entre la violence du réel et la violence littéraire. Il publie son premier roman, Mémoire en cage, en 1982. Si les romans sont de pures fictions où il réinvente la réalité, il puise dans les faits divers, en revendiquant une totale liberté. Son roman Moloch lui a ainsi valu un procès. Bien que ses romans mettent en scène une société malade qui engendre la violence, la haine, le désir de vengeance, Thierry Jonquet refuse de porter l’étiquette d’auteur engagé. Même s’il ne cache pas qu’il est un homme de gauche, ses convictions ne s’expriment que très discrètement dans son œuvre. Thierry Jonquet mène de front deux activités distinctes — celle de scénariste et celle de romancier. Les personnages de son roman Les Orpailleurs ont donné naissance à une série télévisée, Boulevard du Palais. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands auteurs de romans noirs et ses livres sont autant de merveilles de construction, d’angoisse et d’intelligence narrative.

Son livre Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte a été adapté par Emmanuel Carrère pour la télévision sous le nom de Fracture en 2010, et a été réalisé par Alain Tasma.

Son roman Mygale a été adapté en 2011 au cinéma par le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar, sous le titre La piel que habito.

Il a raconté son engagement militant à Lutte ouvrière, puis à la Ligue communiste révolutionnaire et Ras l’Front dans Rouge c’est la vie, où il disait de lui : « J’écris des romans noirs. Des intrigues où la haine, le désespoir se taillent la part du lion et n’en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels je n’accorde aucune chance de salut. Chacun s’amuse comme il peut. ». Lors de ses obsèques, un certain nombre d’anciens militants de la LC/LCR étaient présents dont Romain Goupil.

Bilan de lecture : mai 2016

13321632_10207054598304154_492263880627383333_n

L’heure du bilan arrive ! Dans l’ensemble je suis déçue de mes lectures de mois de mai, mais j’ai malgré tout fais de belles découvertes. J’aurais voulu  lire plus, mais quand j’ai trop d’envie je m’éparpille 😉

 

11 lectures – 2591 pages tout de même –

5 livres dont 1 pour le challenge  un pavé par mois

 

411kusppg-l

L’héritage de Lizie  de Lawren Schneider : C’est un bon thriller qui au départ peut sembler simple mais se révèle plus  complexe au fil de l’histoire.

 

51bwdtb9u6l-_sy400_

Ceux de l’Autre Rive de Christopher Buehlman : Un flop total ! L’intrigue ne décolle pas, le rythme est lent alors qu’on est sensé lire du fantastique et de l’horreur. Je n’ai pas accroché, les personnages ne m’ont pas touché, froids et trop lisses. C’est comme si je regardais un film au ralenti ! Un premier roman avec des critiques élogieuses à travers la blogo, tout y est, ce livre semblait avoir un grand potentiel… malheureusement j’ai dû louper un truc

 

le-cinquieme-evangile-419374

Le cinquième Évangile de Philipp Vandenberg : Je n’ai pas réussi à me détacher du Da Vinci Code de Dan Brown, faisant trop de comparaison sûrement. Les personnages n’ont pas de personnalité, trop lisse à mon goût. Première déception issue de mon bocal à bouquin, mais je suis vraiment heureuse, car je ne lorgne plus sur ce livre en m’imaginant un chef d’oeuvre.

 

91axlyfihel

Code 93 d’Olivier Norek :La chose que j’ai en fin de compte le plus appréciée, c’est le point de vu de cet homme de terrain sur la place de la Seine Saint-Denis, avec l’arrivée du Grand Paris… J’ai trouvé l’avis de l’auteur très plausible, sur la vision que certains hommes politiques ont de ce département qui semble être un département poubelle. « Ca fait tâche sur le département d’avoir un taré qui s’amuse à torturer sa victime et accessoirement se foutre de notre gueule. C’est pas Hollywood, ici, c’est la Seine-Saint-Denis. » Dans ce livre, on se dit que l’auteur va se perfectionner et j’ai plaisir à me dire que je vais lire la suite avec plaisir. Donc un avis mitigé mais avec de bons points positifs malgré tout.

 

81cn60oq0il-_sl1500_

Carrie de Stephen King : Une histoire qui semble simple et pourtant l’auteur y met une pointe d’horreur qui en fera son premier chef d’oeuvre. « -Rouge,murmura maman. J’aurais dû m’en douter qu’elle serait rouge. (…) Je vois tes salbosses. Tout le monde va les voir. Ils vont regarder ton corps. Le livre dit… -Ce sont mes seins, maman. Toutes les femmes en ont. -Enlève cette robe, dit maman.  -Nonn. – Enlève cette robe, Carrie. Nous allons descendre et la bruler dans l’incinérateur; ensuite nous ferons des prières pour obtenir le pardon de Dieu. Nous ferons pénitence.(…) »

 Un livre jeunesse, premier polar aux éditions mini Syros, qui plaira

sûrement à mon fils.

71lgrpxksol-_sl1500_

L’assasin habite à côté de Florence Dutruc-Rosset : J’ai lu ce petit livre court avant de le mettre entre les mains du fiston et c’est vraiment bien, l’histoire plaira aux enfants en quête de frissons (mais sans faire peur) avec une fin sympathique et une certaine morale. Accessible dès 7 ans, tout dépend de votre enfant lecteur occasionnel ou grand lecteur. Les petits lecteurs pourront découvrir le monde forain, s’identifier au héros et jouer au détective et se laisser emporter par le suspense. Les enseignants qui souhaitent en faire une fiche de lecture, pourront faire analyser la narration à la 1ère personne, étudier le roman policier.

Des BD très intéressantes, dont l’adaptation du livre de Camilla Läckberg

« le Prédicateur » qui a été un vrai coup de ❤

2011721

La Théorie du grain de sable : 1ère Partie – Les Cités obscures de Francois Schuiten et Benoit PeetersMélange de réalisme et de fantastique façon Jules Verne, La Théorie du grain de sable, reprend les principaux codes de la série avec cette fois une astuce graphique très belle qui consiste, dans un noir et beige, à faire ressortir le sable ou les pierre dans les pages de ce récit. Les dessins sont minutieux et nous invitent à prendre le temps d’observer ces planches sublimes.

18142282

La Théorie du grain de sable : 2ème Partie – Les Cités obscures de Francois Schuiten et Benoit Peeters : On découvre la cause de tous ces évènements et on part en voyage vers un autre monde. Peeters nous parle de mondes parallèles avec cet endroit où Isa Autrique a disparu et qui se nomme Bruxelles. J’adore cet univers des Cités Obscures. Les auteurs nous font voyager à chaque fois dans l’imaginaire tout en conservant une part de mystère.

 

album-cover-large-25802

Le Prédicateur – Léonie Bischoff et Olivier Bocquet :Les deux artistes ont effectué un séjour dans la ville côtière pour réaliser des repérages et s’imprégner du caractère des lieux et cela se sent dans la trame des dessins. Une atmosphère paisible en apparence, avec des maisons coquettes, un port douillet, un camping verdoyant, pourtant il y a d’invisibles fractures, des rancoeurs, de l’amertume et du ressentiments sous la surface trop lisse. Une atmosphère parfaitement restituée par la dessinatrice : trait fin, délicat, ombres bien placées, faisant ressorti les détail et les expressions, le tout se marie à la perfection avec les couleurs naturelles de Sophie Dumas et donne un charme indéniable à l’ensemble. L’ambiance nordique est bien rendue, les personnages sont attachants, l’intrigue est trop vite dévoilée, mais c’est sûrement le format BD qui veut ça.

 

img_20160514_200456

History Of Violence de Wagner-Locke : Un polar assez noir, à la frontière du thriller au fur et à mesure que l’histoire se dévoile. Chaque dessin ressemble à une esquisse. Il faut un peu de temps pour s’habituer à cet unique épaisseur de trait ! Dommage que John Wagner n’ai pas réussi  à impliquer son lecteur dans les épreuves vécues par ses personnages. Ok c’est « History of violence », mais un peu d’émotion aurait fait ressortir le côté humain aux personnages, ainsi que du relief à une histoire somme toute bien plate sans ces émotions qui nous caractérisent même au plus fort de la violence. Au final, aucun enjeu moral, aucune profondeur psychologique, une histoire facile et rapide à lire.

 

l-affaire-charles-dexter-ward-bd-545887-250-400

L’affaire Charles Dexter Ward : Je n’ai pas réussie à m’imprégner de cette BD, la couverture était pourtant prometteuse. J’ai trouvé le dessin bâclé, les visages inexpressifs. Les personnages comportent souvent des disproportions qui m’ont vraiment géné, l’histoire n’a du coup pas été agréable à lire. En effet, j’ai trouvé le récit parfois confus et j’ai dû plusieurs fois revenir en arrière pour comprendre ce que je lisais. Je n’ai pas trouvé que cette BD rendait hommage à Lovecraft !

 

41nIT4vYRIL

NiNN Tome 1 : La ligne noire – de Johan Pilet et Jean-Michel Darlot : Les dessins sont très dynamiques et réalistes, les décors sont soignés et on glisse facilement du réel au fantastique sans aucun problème, les émotions de la jeune héroïne transparaissent et la rendent très attachante. Portée par des dessins dynamisme et une narration captivante, ce premier tome de Ninn est une BD jeunesse prometteuse et intrigante…

Ce que j’ai vu :

002762

William Brent Bell nous amène jusqu’à un final assez convaincant. Si l’on accepte l’histoire du départ The Boy parvient à nous tenir en haleine, grâce  à un scénario très bien ficelé, qui ne laisse rien au hasard. Si vous vous attendez à un film d’horreur, vous risquez d’être déçus, en effet nous sommes en présence d’un film angoissant certes, mais pas d’horreur.

Code 93 d’Olivier Norek

91aXLyfihEL

Titre: Code 93
Auteur :
Olivier NOREK
Éditeur:
 Denoël 
P
ages : 363
Prix :
19,95
Parution: 2014

13248585_10206991746852907_6812283154134166688_o

Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits. Une série de découvertes étranges – un mort qui ouvre les yeux à la morgue, un toxico qui périt par autocombustion – l’incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3. Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses… Écrit par un lieutenant de police, 93 Code zéro se singularise par une authenticité qui doit tout à l’expérience de son auteur ; cette plongée dans un monde où se côtoient aménagement urbain et manipulations criminelles au sein des milieux politiques et financiers nous laisse médusés.

13227730_10206991746452897_2278440623362214251_o

J’étais très emballée par cette lecture, à voir les avis à droite à gauche, je me suis dis « ok, je dois le lire! »

« Ca fait tâche sur le département d’avoir un taré qui s’amuse à torturer sa victime et accessoirement se foutre de notre gueule. C’est pas Hollywood, ici, c’est la Seine-Saint-Denis. »

Bon je ne sais pas si c’est le mois de mai qui me fait ça, mais je n’ai encore pas été embarquée ! Je pense que je vais me lire un genre totalement différent histoire de rebondir ! car c’est ma deuxième plus au moins déception du mois de mai !!!

Je m’explique ! Ce n’est pas que je n’ai pas aimé, mais en tout cas je n’ai pas sauté au plafond !

Ok c’est une écriture simple, directe, chouette un polar à la française réaliste puisque Olivier Norek est dans la partie, flic du 93 donc me suis attendu à du lourd…

« – On va rejoindre deux équipes des compagnies d’intervention pour passer la cité au Kärcher.
– Attention, tu parles aussi mal qu’un président.
– Casse-toi, pauvre con. »

Bon le début est vraiment bien parti, Bébé a perdu un truc vachement trop important…. Yes y a du lourd…. les meurtres se succèdent ainsi que les bizarreries ! et puis plouf, tout est retombée comme un soufflé … pour moi …. le livre retombe dans la seconde partie, on a vite le dénouement de l’intrigue, même si j’ai senti le truc arriver… (peut être que cela a gâché mon plaisir….), le rythme est agréable, mais la fin arrive trop rapidement, quelques chapitres flash back qui cassent le rythme plaisant du début de la lecture en tuant tout suspens.

 » – T’aimes pas trop la mort, toi. Pour un flic…
– A vrai dire, je m’en fous, c’est les pauvres gens qui restent derrière qui m’inquiètent. »

La chose que j’ai en fin de compte le plus appréciée, c’est le point de vu de cet homme de terrain sur la place de la Seine Saint-Denis, avec l’arrivée du Grand Paris… J’ai trouvé l’avis de l’auteur très plausible, sur la vision que certains hommes politiques ont de ce département qui semble être un département poubelle.

Quand on habite en Seine Saint-Denis on est forcément différent, forcément pointé du doigt, on parle de dénis de faciès mais cela s’applique très bien au lieu de résidence! les gens se sentent piégés dans un département bidonville, alors qu’il y a sûrement des bons côtés à y vivre….

« C’est de cette manière que l’on respecte le 93 et ses citoyens : au point de leur foutre sous le nez des montagnes de poubelles. Une idée que l’on devrait proposer à la capitale, en intra-muros. Juste pour voir la réaction des parisiens. A moins que les pauvres et les immigrés n’aient un sens de l’odorat moins développé… »

Dans ce livre, on se dit que l’auteur va se perfectionner et j’ai plaisir à me dire que je vais lire la suite avec plaisir.

Donc un avis mitigé mais avec de bons points positifs malgré tout.

« Dans le XVIè, quand on gueule « police » tout le monde se paralyse, même ceux qui ne sont pas concernés. Quand on annonce « police » dans le 93, les racailles entendent « pool » et sortent les fusils. »

1312260953538502211846259