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L’église Rouge de Scott Nicholson

Parution : 27 mai 2013 – Prix papier :  12,47€ – Prix Numérique : 2,99€ – Pages : 398 – Genre : Thriller fantastique

Mes biens chers frères mes biens chères sœurs…. Priez pour nous….

Pour Ronnie Day, âgé de 13 ans, la vie n’est pas drôle : ses parents se sont séparés, son frère Tim est une calamité sans fin, pas moyen de savoir si Melanie Ward l’aime ou le déteste et Jésus-Christ ne veut pas demeurer en son coeur. En plus, il doit passer tous les jours à à côté de l’église rouge, où se cache le Monstre du Clocher.

Mais son plus gros soucis est qu’Archer McFall est le nouveau prédicateur à l’église et que sa maman veut qu’il assiste à des messes de minuit avec elle.

Le Shérif Frank Littlefield déteste l’église. Son petit frère est mort dans un accident à l’église il y a vingt ans de cela et il commence à voir le fantôme de son frère…

L’écriture est fluide, l’imagination du lecteur est très souvent sollicitée et mise à mal… La narration donne plusieurs perspectives, ce qui parfois est difficile à suivre. Pour autant le développement de l’intrigue est très bien fait et cela rend agréable la lecture.

Le rendu d’un esprit mentalement déséquilibré est parfait.

C’est sanglant et effrayant. Mais le plus flippant, ce n’est pas tant le surnaturel, mais bien le pouvoir que les fanatiques religieux ou les gourous peuvent avoir sur leurs victimes confiantes.

A quel moment la ferveur religieuse franchit-elle la ligne? A quel point devient-elle obsession au-delà du raisonnable ?? Plus important encore, qui peut dire que sa croyance est meilleure que celle de son voisin ?

Un livre présenté comme un livre d’horreur, mais c’est plus un thriller fantastique.

Je n’ai pas eu cette peur escomptée, mais tous les ingrédients sont là : un homme qui fait froid dans le dos, un prêtre suicidaire, un rire ambiant effrayant, une maman qui embarque ses gosses dans sa folie religieuse, des petits garçons avec des vers dans la bouche…

L’histoire aurait pu être élaguée d’une centaine de pages,

Le point négatif, qui peut rendre la lecture incompréhensible, c’est la traduction !

Une lecture troublante, une histoire d’hommes effrayants…

Une intrigue bien construite, qui oscille entre surnaturel et enquête policière, l’auteur maintien le suspense avec une histoire intéressante, dont on a envie de découvrir le fin mot, même si certains aspects restent prévisibles.

Malgré un ressenti général assez positif, j’ai été très déçue de la traduction ! Mais que c’est -il passé ?

Beaucoup de phrases mal traduites, ce qui oblige à une relecture pour en comprendre le sens, ce qui casse le rythme de lecture et gâche l’intrigue !

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La Puanteur des morts de Camille Bouchard

Parution : 15 février 2017 – Editeur : Presses de la cité Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 316  – Genre : Thriller historique

J’ai d’abord été très surprise par le choix de certains mots, mais en fin de compte on se laisse facilement transporter par cette enquête atypique et ce Cap’taine Hube, un homme au grand cœur qui pour l’époque se fou pas mal de la couleur de la victime. Il est révolté par le meurtre de cette petite fille, esclave noire, retrouvée assassinée, le corps recouvert de symboles vaudou…

La Nouvelle-Orléans est décrite d’une manière tellement incroyable, au point de se balader dans ses rues et de sentir les effluves qui s’en dégagent et malgré l’horreur, cela rend cette ville « humaine ».

La cause des esclaves est déterminante dans ce récit et l’intrigue tend à montrer que la lutte s’est faite aussi bien par les noirs que par des blancs, convaincus par une cause juste…

Malgré l’opposition de son supérieur, il se lance corps et âme dans cette enquête qui le mènera bien plus loin qu’une simple résolution… Une enquête qui met en exergue la guerre de Sécession se profile, l’affranchissement des esclaves. Mais aussi la place de la femme, à travers cette sorcière vaudou, par laquelle le destin se joue… Le destin d’une Nation… Le destin d’hommes de fois et d’honneurs…

Le lecteur se laisse facilement transporter par l’écriture très visuelle de l’auteur.

Les descriptions sont étayées, sans tomber dans des longueurs superflues, parsemées de reconstitutions historiques avec des scènes et des mots qui peuvent parfois choquer, mais cela cadre bien avec l’époque choisie. Cela rend la lecture encore plus précise sur l’esclavagisme et sa perception.

L’auteur a fait un travail de recherche d’une grande qualité pour en faire un livre d’une très bonne facture, pour qui s’intéresse à cette période historique et à l’esclavage.

Je ne connaissais pas l’auteur, mais j’ai beaucoup aimé sa plume et cet auteur canadien a une carrière assez prolifique.

Camille Bouchard entraîne ses lecteurs, grands et petits, sur divers continents en de nombreuses époques. Auteur et aventurier, il écrit constamment et voyage inlassablement. Ses œuvres ont remporté de multiples et importantes récompenses. Il fut lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général en 2005, puis finaliste à six reprises, notamment pour Les Forces du désordre et pour Nouvelle-Orléans, publiés chez Québec Amérique.

 

 

L’Expérience Cendrillon de Sébastien Fritsch

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Parution : 28 octobre 2017 – Prix papier :  7€ – Prix Numérique : 2,99€ – Pages : 368 – Genre : Polar- thriller


Un thriller qui commence sur les chapeaux de roues, le lecteur est de suite plongé dans le vif de l’intrigue…. Et tout comme le personnage principal, Milica, on se demande bien dans quoi l’auteur nous embarque.

Un road movie implacable, vers un destin que l’on croit maitriser… Mais dont les embuches, les cadavres et les différentes intrigues, montrent bien qu’elle ne maîtrise pas grand chose… Et cela depuis la première ligne du livre…

J’ai apprécié la partie sur les révélations que l’auteur, livre au lecteur, après l’avoir manipulé dans tous les sens… Après lui avoir fait croire que la vérité était ailleurs…

En fin de compte, nous sommes manipulables par ceux que nous aimons…. Même si nous croyons que nous maitrisons les choses, il suffit de « tomber » sur une personne calculatrice et tout le château de carte s’écroule…

C’est ce qui arrive à Milica… Qui se retrouve entre la Serbie et la France, en quête de vérité….

L’idée est très intéressante, l’expérience Cendrillon est un bon thriller, avec une écriture fluide dans lequel le lecteur n’aura aucun temps mort. C’est cruel à souhait…

Pour autant, je n’ai pas ressenti d’empathie pour Milica, l’auteur n’a pas réussi à me la rendre sympathique. Elle m’a exaspéré par sa naïveté, ses questionnements, son immobilisme, même en étant en mouvement… Je sais c’est paradoxal, mais j’ai trouvé qu’elle subissait les choses malgré les choix qu’elle faisait, tout était dictée…

Comme une marionnette qu’on guide avec une télécommande….  J’ai eu par moment envie de la secouer et de lui dire « eh ! Mais réveille-toi ! »

La mise en scène imaginée par l’auteur, dépasse ce à quoi s’attend le lecteur… Un roman perfectible, le personnage principal, se pose beaucoup trop de question, répétitives et on se lasse vite de ses états d’âmes…  Pour autant, la quarantaines de pages à la fin, apportent une lumière différente à l’intrigue, enfin on comprend et l’auteur dénoue la machination, dont Milica, n’est pas la seule victime…

Du suspense, une intrigue intéressante, un thriller qui se lit bien et avec plaisir, même si le personnage principal manque de personnalité.  Ce manque de personnalité, est certainement voulu par l’auteur, ce qui expliquerait son attitude…

Merci à l’auteur et à SimplementPro pour cette lecture et pour la confiance qu’il m’a accordé.

Né en région parisienne en 1969, Sébastien Fritsch s’est installé à Lyon en 2000. De formation scientifique, il a travaillé une quinzaine d’années dans le domaine de la logistique pharmaceutique avant de se reconvertir dans l’enseignement. Il a publié sept romans à ce jour, dans des univers et sur des thèmes très différents : romans noirs, contemporains ou historiques, évoquant transmission familiale, influence de la littérature, fidélité dans l’amitié ou violence conjugale. Quelques points communs les relient néanmoins entre eux : un attachement aussi important à la langue qu’à l’intrigue et une petite tendance à manipuler les lecteurs jusqu’aux toutes dernières lignes.

Les larmes des cigognes de Lawren Schneider

Parution : 19 novembre 2017 – Prix papier :  18,00€ – Prix Numérique : 2,99€ – Pages : 325 – Genre : Polar- thriller

J’ai découvert l’auteur avec son premier opus « l’héritage de Lizzie » qui ne m’avait pas complètement convaincu… 

Pourtant, avec ce titre, cette couverture et ce quatrième de couv, j’ai été intriguée. La couverture simple, avec cette faux ensanglantée, ne pouvait qu’attiser ma curiosité et le titre « bizarre » selon mon fils est typiquement le genre qui me titille…

J’ai donc embarqué à bord des « larmes des Cigognes » et le voyage a été un grand plaisir. L’auteur s’éloigne du style « polar » ou « thriller » classique pour présenter au lecteur un livre qui mélange les genres et retrace avec maitrise tout un pan de l’histoire alsacienne, pour livrer une intrigue de qualité, avec un zest de paranormal…

Lawren Schneider fait le lien avec deux périodes, 1986 à Gambstett (Alsace) avec ces 4 ados dont la vie va basculer et Tambov (Russie) 1943, Louis, son passé qu’il traîne comme un fardeau et ces alsaciens déportés de force dans l’armée allemande…

J’ai été embarquée dans le récit, aussi bien par l’intrigue en elle-même, que par la trame historique, qui se révèle chargée d’informations et surtout lève le voile sur un pan de notre histoire, pour beaucoup (en tout cas pour moi) méconnue… On sent que l’auteur a fait des recherches pour que sa trame historique tienne la route, sans jamais tomber dans le la mièvrerie malgré l’horreur.

La part de paranormal glissée dans l’intrigue, trouve sa place dans ce thriller-historique, sans jamais le rendre illogique, j’ai trouvé que cela rendait l’histoire plus humaine… Du moins, elle n’entache en rien le souhait de l’auteur, qui est de rendre hommage à ces hommes, déchirés et enrôlés malgré eux.

Un livre diablement bien construit, des personnages incroyables, maîtrisés, qu’on lit avec avidité, avec une pointe de déception lorsque l’on voit la fin arrivée… J’aurai souhaitée lire quelques chapitres supplémentaires… Pour en savoir plus… Pour comprendre…

Un livre qui rend hommage à l’Alsace, à ces hommes confrontés à l’horreur, un devoir de mémoire…

La plume de l’auteur a mûrie depuis son premier opus et je trouve que ce type d’intrigue et de récit est beaucoup plus réussit et travaillé.

Merci à l’auteur pour cette lecture et pour la confiance qu’il m’a accordé.