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L’Impasse de Estelle Tharreau

Parution : 13 février 2017 – Éditions : TaurnadaCollection : le tourbillon des mots – Prix papier :  9,99€ – Prix Numérique : 4,99€ – Pages : 260 – Genre : Thriller

Deux familles, dont le seul point commun est d’habiter dans cette impasse. Un meurtre et tout bascule. L’enquête est menée par un flic, qui a grandi à Chanzy, ancienne ville minière et qui va devoir trouver le coupable…

Chanzy est à l’image de toutes ces villes en déclin, après la prospérité qu’elles ont connue. La pauvreté, le chômage ! De quoi te foutre les jetons, pour peu que tu sois hermétique au charme en décrépitude.

L’auteur, arrive à embarquer son lecteur, dès les premières pages, en plantant le décor très rapidement.

L’ambiance est pesante, à l’image de cette impasse de Chanzy, où deux familles que tout oppose vivent dans une promiscuité qui n’est pas pour plaire à tous… les Pélissier, famille très aisée et les Mazoyer, dont le père est un vrai rebut de l’humanité…

Cette impasse que l’on imagine très bien. Les descriptions, même si elles sont succinctes, laissent entrevoir une impasse sombre, humide qui transpire les secrets et les non-dits, au point, parfois, d’être oppressante à l’image de l’intrigue que l’auteur distille peu à peu.

Les personnages sont très bien travaillés, ce qui les rend plus réels et donne une dynamique au récit avec des chapitres courts et des secrets qui viennent pourrir une situation bien glauque !

Ce thriller nous tient en haleine jusqu’à la toute fin, qui se termine par un rebondissement inattendu ! L’auteur nous balade avec des révélations toutes plus saugrenues les unes que les autres et le lecteur croit toucher la vérité, mais il ne fait que l’effleurer, car la vérité dépasse tout entendement et ne peut même être envisageable… Et pourtant, la vérité se trouve bien dans cette impasse… Une vérité qui sera le secret de cette impasse… Sans issue et sans recours…

Un très bon thriller, une belle découverte, avec une intrigue rondement bien menée, une fin qui laisse le lecteur scotché aux pages avec un oh… Impossible à prononcer !

Merci à Joël pour cette lecture et pour la confiance qu’il m’accorde.

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

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La fille de Pablo de Noël PEREZ-VERA

https://julitlesmots.files.wordpress.com/2017/09/jelisdesauton_ditn_s.png?w=123&h=113

Parution : 14 juillet 2017 – Prix papier :  11,50€ – Prix Numérique : 2,99€ – Pages : 296 – Genre : Thriller-humour noir-


Une intrigue à contre-courant de ce que j’ai pu lire jusqu’à aujourd’hui. Une écriture sans langue de bois, crue, déstabilisante et un je ne sais quoi qui fait que tu y reviens… Une fois que l’on commence à lire « la fille de Pablo » on a du mal à le refermer…

Un récit qui alterne les points de vues, permettant à l’auteur de distiller les indices pour faire le lien entre les différents évènements. Un style narratif, qui embarque facilement le lecteur, avec un humour atypique.

J’ai parfois eu du mal, avec certaines pensées ou réflexions que l’auteur prête à son personnage principal, des réflexions politiques, que l’on a du mal à s’imaginer dans la bouche d’une gamine de 17/18 ans, ce qui casse un peu le rythme. Même si cela prête à sourire, l’auteur cherche trop à faire passer ses idées, mais la jeunesse de Lily entraine un sacré décalage qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Cela m’a vraiment gêné car je n’ai pas senti d’adéquation entre les propos et l’âge du personnage principal…

« Elle n’a pas pris une ride. Aussi jeune, comme quoi se remuer le cul ça conserve ! Si nos politiques avaient été moins nuls, ils auraient fixé d’emblée l’âge de la retraite à 80 ans ce qui aurait présenté le double avantage : 1- de garder nos vieux en bonne santé ; 2- de faire retrouver un régime de retraite par répartition son équilibre de devenir bénéficiaire. Ne resterait plus alors qu’à partager les gains ainsi enregistrés entre les 438 députés LREM ayant adopté le texte. CQFD »

Un récit en toile de fond la cité Pablo Picasso, un lieu ancré dans la réalité… Une histoire bien glauque, racontée de manière cynique, froide avec un humour noir qui prend sa source dans un quotidien bien réel… Les descriptions sont telles que l’on visualise très bien les lieux, même si on ne les connais pas, ce qui était mon cas. J’ai d’ailleurs été vous chercher quelques photos, histoire que vous puissiez découvrir la toile de fond utilisée par l’auteur.

L’auteur a fait le choix d’utiliser un langage familier, pour coller à son récit et même si le parlé déstabilise avec ces phrases directes, courtes et familières, cela cadre très bien avec ce que l’auteur a voulu rendre.

Même si j’ai trouvé, certains clichés avec des connotations négatives sur les banlieues, la lecture centrée sur cette jeune fille qui décide de se venger d’une manière bien singulière, a réussie à prendre le pas sur les aspects négatifs du récit.

L’auteur a réussi à me bluffer avec la chute complètement inattendue et qui donne une saveur bien différente à cette lecture…

Je remercie l’auteur pour cette découverte atypique que j’ai eu plaisir à lire.

Ancien cadre d’un ministère, Noël Perez-Vera, d’origine breton, est artiste peintre et écrivain. Formé aux ateliers artistiques de Vannes, il peint depuis plus de 20 ans. Il pensait consacrer son nouveau temps libre à la peinture, mais la passion de l’écriture a repris le dessus. Un évènement : l’Open super 12 du pays d’Auray a servi de détonateur à l’écriture de son premier ouvrage : « 2 petites balles jaunes » (2016). « La fille de Pablo » (2017) est son second roman.

        

 

 

challenge ABC 2018 Policier/Thriller

Challenge organisé par Salhuna

Le principe :

Lire 26 romans de genre policier/thrillers/romans noirs/à suspense… entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2018, selon le principe de 1 lettre = 1 auteur.

Comment participer :

Établir une liste avec 26 romans de 26 auteurs différents correspondant à chaque lettre de l’alphabet (A : Barbara Abel / B : Michel Bussi / C : Maxime Chattam…) => C’est le Nom de l’auteur qui compte.
Vous inscrire ici jusqu’au 31 janvier 2018, et me faire vérifier votre liste.

Les catégories car chaque lecteur est différent :

Catégorie 1 : Challenge complet :
26 lettres / 26 auteurs / 26 titres : vous avez le droit à 3 tricheries (prénom de l’auteur, ou lettres présentes dans le nom ou prénom…). Vous avez le droit à 3 BD/manga/album… Vous pourrez changer de titres en cours d’année, mais pas d’auteurs.

Catégorie 2 : Challenge FreeStyle
26 lettres / 26 auteurs et 26 titres à choisir en cours d’année au fur et à mesure : vous avez le droit à 3 tricheries, 3 BD/manga/album…

Catégorie 3 : Challenge complet en Demi-Freestyle (nouveau)
26 lettres / 13 auteurs à choisir avant le 1er janvier + 13 auteurs à choisir en cour d’année au fur et à mesure : vous avez le droit à 3 tricheries, à 3 BD/manga/album…

Catégorie 4 : Mini Challenge
13 lettres / 13 auteurs / 13 titres : mais vous n’avez pas le droit de tricheries, ni le droit de BD/manga/album… Vous pouvez changer de titres en cours d’année, mais pas d’auteurs.

Catégorie 5 : Mini Challenge Freestyle
13 lettres / 13 auteurs et 13 titres à choisir en cours d’année au fur et à mesure : vous n’avez pas le droit de tricheries, ni le droit de BD/manga/album…

Quelques changements pour cette année :

Ce challenge a pour but de s’amuser et pour pimenter un peu, quelques bonus. Seulement pour ceux qui le souhaitent, rien n’est obligatoire. C’est juste pour le fun :
Si vous souhaiter participer avec les Bonus, merci de le préciser au moment de l’inscription. Si vous vous inscrivez, il rentre dans la validation de votre ABC.

Bonus personnel 1 :
Chaque mois un thème, pour y participer, faire attention si Catégorie 1 / 3 / 4 dans l’établissement de votre liste d’auteurs.
Respect d’au moins la moitié des mois, mois au choix, au fur et à mesure de l’année. Vous pouvez tout à fait suivre en janvier, février, et pas en mars. Tant qu’à la fin de l’année, 6 mois ont été validés.

Les thèmes :
Janvier : Auteur nordique
Février : Lire des auteurs de A à M
Mars : Un titre avec une partie du corps
Avril : Une fleur/ arbre ou animal sur la couverture
Mai : Auteur américain
Juin : Un « historique »
Juillet : Auteur français
Aout : Lire des auteurs de N à Z
Septembre : Un roman de sagas ou personnage récurrent
Octobre : Tueur en série
Novembre : Un ebook
Décembre : C’est Noël (un roman qui se déroule en hiver, ou pendant les fêtes, ou une couverture…)

Bonus personnel 2 :
Choisir pour sa liste
UN thème complet :

Que des auteurs français, que des tueurs en série… Pour le coup, faites attention pour les catégories 1 / 3 / 4 : si vous changer de titre pendant l’année qu’ils rentrent toujours dans votre thème.
Par exemple, vous choisissez de faire seulement un challenge roman de saga. Pour la lettre T, vous choisissez Franck Thilliez avec sa saga Sharko et Hennebelle. Si vous décidez de changer le titre, ne prenez pas un one-shot de sa bibliographie.

Informations complémentaires :

* Un roman Anonyme peut être mis soit en A, soit en X et ne sera pas considéré comme une tricherie
* Un recueil de nouvelles écrit par plusieurs personnes, peut être mis à la lettre de l’auteur que vous voulez, ou en X, et ne sera pas considéré comme une tricherie.
* Une tricherie : quand la lettre ne correspond pas à la première lettre du nom de l’auteur (I : Ingrid Desjours / Y : Peter May / Z : Elizabeth Hayes…)
* Validation de la lettre : Je n’oblige pas à faire une chronique, mais une ou deux lignes sur votre ressenti sera le bienvenu

Pour ma part, je tente comme, pour le challenge de 2017, j’aime me laisser une marge de manœuvre et surtout choisir mes lectures au gré de mes envies 😉 :

Catégorie 2 : Challenge FreeStyle
26 lettres / 26 auteurs et 26 titres à choisir en cours d’année au fur et à mesure : vous avez le droit à 3 tricheries, 3 BD/manga/album…

Le puits de Marie Sexton

Parution : 21 novembre 2017 – Editeur : MxM BookmarkCollection : Mystère Prix Broché :  16,00€ – Prix Numérique : 5,99€ – Pages : 300 – Genre : Policier – Paranormal – Romance gay

Lorsque j’ai vu passer ce livre sur NetGalley, je n’ai pas hésité une seconde à faire la demande de lecture, la couverture m’a attirée et le résumé, je ne l’ai lu qu’en travers… J’ai du coup été assez surprise, car je ne suis pas fan de romance et encore moins d’homo-romance…

Ce n’est qu’une fois la lecture commencée que j’ai compris dans quoi j’embarquais… Je ne connaissais pas non plus l’auteur, Marie Sexton, qui écrit principalement des romances…

Alors pour le coup, quand on parle de sortir de sa zone de confort, là je suis en plein dedans, « le Puits » est un mélange de thriller et de romance gay.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas apprécié, ce serait mentir, si on s’attache à l’intrigue en elle-même, le roman se base sur la disparition d’une jeune femme : Élise, cousine du personnage principal Haven. Deux intrigues en une, puisque 12 ans séparent les évènements.

12 ans plus tôt, Élise toujours la première à délirer et faire peur aux autres, embarque cinq ados avec elle pour une séance de spiritisme, dans une maison soit disant hantée. Ce moment de délire se transforme en cauchemar quand tout le monde s’aperçoit,le lendemain matin, qu’Élise a disparue…

La lecture démarre bien, l’intrigue nous plonge dans l’ambiance paranormal et le mystère autour d’Élise nous entraine dans une bon thriller doublé de quelques passages paranormaux…

L’alternance entre passé et présent est intéressante pour tenter de résoudre cette disparition mystérieuse…

La romance gay, en fin de compte qu’une place secondaire, puisqu’elle est suggérée plus que détaillée… Elle est secondaire et c’est tant mieux, car c’est un bon thriller paranormal dont le rythme aurait été cassé.

Un thriller avec une dose de paranormal, sympa qui se lit facilement, si on fait abstraction de la romance.

Pour les fans de romance gay, la romance est en filigrane, pour les fans de thrillers, ne vous attendez pas à une écriture et une intrigue trop complexe… Sans être de la grande littérature ça se lit sans être complètement désagréable.

Elle vit dans le Colorado. Elle est fan de tout ce qui implique des jeunes hommes musclés Elle aime en particulier les Denver Broncos et prend plaisir à assister à leurs matches avec son mari. Ses amis imaginaires la suivent souvent. Elle a une fille, deux chats et un chien.

10 chroniques de livre

Badge Critiques à la UneBadge Lecteur professionnel

 

 

 

 

 

 

L’arbre Halloween de Ray Bradbury

Parution : 1er octobre 2016 – Éditeur : FolioCollection : Folio SF – Prix Poche : 6,60€ – Prix Numérique : 6,49€ – Pages : 172 – Genre : fantastique

Certains livres ont le pouvoir de vous transporter au delà de vous-même, par delà vos rêves.

Un soir d’Halloween, Tom et ses copains font la tournée des maisons pour récolter des bonbons. Déguisés en fantôme, squelette ou sorcière, ils partent heureux et excités à la moisson. Mais, le soir Halloween n’est pas un soir comme les autres, c’est un soir où la magie peut se trouver sur votre route, sans prévenir…

Joe Pipkin leur donne rendez-vous devant la « maison près du ravin » où s’élance un arbre majestueux sur lequel sont suspendues des citrouilles de toutes les tailles ! Son propriétaire, Mr Montsuaire leur annonce que Pipkin a disparu dans les ténèbres et leur propose un voyage merveilleux dans le temps et l’espace pour tenter de le sauver.

Ils vont découvrir l’origine de cette fête. Ils vont enfin connaître l’origine de la fête des morts…

Nos petites têtes blondes, vont voyager dans le temps et apprendre comment cette fête, la fête des morts est appréhendée par d’autres civilisations, à d’autres époques…

Avec les Égyptiens et leur manière d’honorer leurs morts, le christianisme qui s’est inspiré des rites païens, la chasse aux sorcières…
La vie et la mort sont intrinsèquement liées et en honorant les morts, on célèbre la vie.

L’auteur décrit avec minutie, le cycle de la vie et son éternellement recommencement.

Un conte fantastique emprunt de poésie, de magie qui transporte le lecteur dans un univers de connaissance et de savoirs. Le tout savamment dosé.

Un roman bourré de références mythologiques, historiques ou littéraires, qui peut faire peur, mais qui se lit pourtant très facilement et cela grâce au talent de conteur de l’auteur. Les personnages sont attachants et la fin est poétique, emprunte de tristesse. Un livre qu’on déguste, qu’on lit lentement, pour faire durer le plaisir.

Challenge de l’épouvante 2017-2018

Entre deux mondes de Olivier Norek

 Parution : 5 octobre  2017- Editeur : Michel Lafon – Prix papier : 19,95€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 413 – Genre : Thriller Policier

Waouhhh… Ce livre est bluffant de sincérité, de vérité et l’auteur m’a complètement embarqué dans son intrigue… Une intrigue qui colle à la réalité et à l’actualité…

Entre deux mondes vous transporte dans un univers à part, dans un monde à part… Et pourtant, c’est un monde que nous avons contribué, peut-être en partie, à créer…

Je dois dire, qu’en me lançant dans cette lecture, j’y allais à reculons, pas trop fan de l’auteur, dont je n’ai lu que « code 93″… Mais qui n’avait pas réussi à me convaincre, malgré une intrigue intéressante. Pour autant, quelques conseils de blogueurs plus tard… Et surtout un retour à faire à Yvan 😉 qui a adoré ce livre, je me suis laissée guider et franchement ce fut un pur bonheur…

Le choix du titre est particulièrement révélateur de l’intrigue, puisque la Jungle de Calais, sépare les migrants encore en France, de l’Angleterre…

Pourquoi l’Angleterre ? Peut-être que les réfugiés pensent que leur insertion se fera plus facilement, beaucoup ont plus de notions en anglais qu’en français, le taux de chômage serait plus faible… Je reconnais ne pas savoir… Ne pas comprendre… Pourtant, malgré l’ouverture de ses frontières avec l’Italie, la France, par laquelle transitent une majorité de ces réfugiés, doit bloquer leur passage et leur interdire l’accès au ferry Calais-Douvres.

Calais devient une tranchée, une frontière, une plaie béante qui sépare les migrants, des pays qu’ils fuient et l’Angleterre représentant le paradis sur terre. Le plus grand bidonville d’Europe… Une zone de non-droit, où il est impossible d’intervenir, les règles sont différentes. La police laisse faire…

« Logique, si on refuse de les intégrer à la France, ce n’est pas pour les faire rentrer dans le système judiciaire. »

Je sais que je vais mettre du temps à me remettre de cette lecture… L’humain est placé tout en haut de la pyramide, malgré l’horreur qui l’entoure, malgré cette vie dans cette « Jungle calaisienne »

Les sentiments sont palpables, l’horreur se vit en directe, comme un reportage en immersion dans l’antre du Diable… L’antre de la Jungle te prend dans ses filets et ne te recrache pas indemne… Elle te recrache avec les stigmates, marque de fabrique de l’horreur… L’horreur dans laquelle, l’auteur a plongé… Nous a plongé…

L’auteur, plus humain ici, moins flic… Mais tout en le restant… Qui n’oublie pas qu’être flic c’est faire une promesse, une promesse de cœur et la parole donnée est sacrée… Sacrée, comme le serment que fait un flic de défendre certaines valeurs…

Calais, dont on sent l’exaspération… Mais que l’auteur a préféré aborder en filigrane, pour faire ressortir la détresse… Une détresse qui s’imagine, mais qu’ici, se vit…

Avec une plume plus travaillée, moins brutale, plus fine tout en étant concise, l’auteur nous entraine dans la folie, dans un monde barbare… Où, tout est bon pour se faire du fric… Tout est monnayable… Au prix du sang…

Mais, on ne peut rester insensible à la vue cette jungle macabre… Ce sont avant tout des hommes, des femmes, des enfants… Des flics, épuisés de voir leur incapacité à venir en aide… Leur incapacité à comprendre les ordres… Ordres de non intervention…

Comment accepter l’inacceptable ? Comment ne pas péter un câble et ne pas devenir barge ? Comment croire encore en la bonté humaine, alors que certains ne te montrent que noirceur, calculs et indifférence ?

L’Homme dans tout ce qu’il a de plus malsain, de plus vil, dans tout ce qu’il comporte comme horreur, mais aussi, l’Homme dans ce qu’il a de meilleur, l’amour de l’autre…

Une étude sociétale, en même temps qu’un excellent thriller. Le démantèlement de la Jungle n’a fait que pointé le désintérêt de la France, face à ses responsabilités… Il est tellement plus simple de cacher la misère en l’éparpillant… En la masquant au monde… Mais pourtant, elle est toujours là…

C’est tellement simple de pointer du doigt cette arrivée massive qui gêne…En surfant sur la vague de la haine et du rejet… Tout est tellement plus simple quand on ferme les yeux…

On ne devient pas migrant par choix… On devient migrant par nécessité ! Aider un migrant est aujourd’hui un délit de solidarité… Mais aider dans la détresse n’est-il pas le propre de ce en quoi on devrait tous croire ? Tous pouvoir faire ? Sans se sentir écrabouillé… Jugé… Détesté…

Entre deux mondes est d’une telle profondeur, dans les sentiments, dans la justesse des mots posés avec humilité, avec amour, espoir… Tout transpire du positif… Malgré le sujet grave… L’espoir est là, il est présent, palpable à quelques pas… A quelques mots…

« Les migrants fuient un pays en guerre vers lequel on ne peut décemment pas les renvoyer, mais de l’autre côté, on les empêche d’aller là où ils veulent. C’est une situation de blocage. »

« Comme bloqués entre deux mondes. »

Un livre qui se lit en apnée.. Qui te recrache complètement écrabouillé par cette horreur… Une lecture qui te colle un uppercut et qui te colle à la peau… Un auteur, dont je n’étais pas fana, mais qui a réussi à m’émouvoir, à me coller la frousse de ce qui pourrait arriver à ses personnages. Ses personnages extrêmement bien travaillés, même les secondaires, arrivent à émouvoir et étonner…

Une construction narrative prenante au point de te laisser sur le carreau…

Une  frontière très mince entre ce que l’on peut et ce que l’on nous oblige à accepter…Entre le bien et le mal… Suspendus… Entre deux mondes…

Écrivain et scénariste français. Il est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche de la Sous-Direction de la Police Judiciaire (SDPJ) en Seine Saint-Denis (93). Il travaille d’abord en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois années, lors desquelles il participe à la réhabilitation d’un hôpital à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l’approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l’ex-Yougoslavie (1994-1995).
Il devient gardien de la paix à Aubervilliers, puis rejoint la PJ au service financier, puis au groupe de nuit chargé des braquages, homicides et agressions. Après avoir réussi le concours de lieutenant, il choisit Bobigny au sein du SDPJ 93, à la section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…).  Il écrit quelques textes et participe en 2011 à un concours de nouvelles. et décide de se mettre en disponibilité pour écrire son premier roman « Code 93 » (2013), un polar réaliste qui nous plonge dans le quotidien des policiers en Seine-Saint-Denis.
« Territoires » (2014), présenté en exclusivité à l’occasion du 6ème Festival International des Littératures Policières de Toulouse Polars du Sud, est la suite de « Code 93 ».  Son 3ème livre, qui met en scène le capitaine Coste, « Surtensions », paraît en 2016. Il obtient le prix du polar européen du magazine Le Point. Les droits de ses romans sont déjà acquis en vue d’être portés à la télévision pour y être déclinés en série.

 

 

ABC 2017_Policier/Thhriller

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L’empire de sable de Kayla Olson

 

Parution : 21 septembre 2017 – ÉditionRobert LaffontCollection R – Prix papier : 17,90€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 486 – Genre : Dystopie – Yong Adult

 

J’aime beaucoup les Dystopies et clairement ce qui m’a attiré ici c’est l’accroche : «La dystopie écologique qui a conquis Léonardo Di Caprio». J’étais curieuse de voir ce que ce livre avait de plus ? Pour attirer un réalisateur, et le côté dystopie écologique est une nouveauté dans ce genre.

« L’empire de sable » est un livre qui démarre vite, puisque l’auteur plonge directement son lecteur au cœur de l’intrigue. L’action est présente dès le départ et cela donne un rythme assez rapide à une lecture qui ne laisse pas place à la respiration, au même titre que pour les personnages…

L’intrigue débute deux ans après la révolution qui a mené les Loups au pouvoir. Une majorité de la population subit les conséquences du changement climatiques alors qu’une minorité continue de vivre sans être inquiétée. Certaines personnes se regroupent pour combattre ces inégalités persistantes, même lorsque le monde est au bord de l’agonie…

Après avoir remporté cette révolution, les plus aisés sont envoyés dans des camps de travail et les contestataires exécutés.

Ce qui m’a beaucoup gêné c’est que l’auteur distille ces informations au fur et à mesure de la lecture, on est dans le floue… Elle ne prend pas le temps de poser son monde et ainsi le lecteur a du mal à entrer dans l’intrigue.

Nous faisons la connaissance avec Eden, le jour de son évasion qu’elle peaufine depuis deux ans. Mais les choses vont se précipiter lorsqu’une explosion va déclencher la fuite de 3 autres jeunes filles.

Elles décident de rejoindre « Sanctuary », une île qui serait encore neutre… Mais l’île est loin d’être un paradis, elle est parsemée de pièges mortels.

J’ai trouvé cette partie beaucoup trop longue, les descriptions de l’auteur ne permettent pas une fluidité du récit et cela même si le fait de suivre ces jeunes filles dans leurs découvertes étaient intéressant. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages aux réactions assez infantiles…

C’est assez long… Mais l’auteur relance l’intrigue avec l’arrivée nouveau groupe sur l’île.

A partir de ce moment, j’ai perdu le fil, j’ai été complètement larguée. Le manque de suspens, l’intrigue devient linéaire et perd complètement de son volume. Une dernière partie qui manque de construction et qui aurait pu être plus travaillée pour permettre de vraiment donner du cachet et un fil conducteur à l’intrigue.

J’ai du mal à comprendre pourquoi, le genre Young Adult, colle toujours une romance, surtout qu’ici elle est complètement avortée qu’elle n’apporte rien que des longueurs qui ralentissent et font perdre la trame principale de l’intrigue.

Malgré une accroche prometteuse,  une lecture qui ne m’a pas emballée, malgré la jolie plume de Kayla Olson et qui ne se démarque pas des dystopies déjà existantes L’intrigue paraissait intéressante, pour autant l’aspect écologique est très peu développé pour ne pas dire absent…

Kayla Olson habite au Texas avec sa famille. Elle adore la plage, mais détesterait échouer sur une île déserte. Si cela devait toutefois lui arriver, ses essentiels pour la survie comporteraient une cafetière à piston (et le café qui va avec), le chocolat le plus noir possible, et une flopée de stylos surligneurs. L’Empire de sable paraît en 2017 aux Éditions Robert Laffont et est en passe d’être adapté au cinéma par Leonardo DiCaprio en partenariat avec la Paramount. (Source Robert Laffont)

Challenge un pavé par mois                                                        Challenge polar 2017-2018

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Les chiens de Detroit de Jérôme Loubry

 

Parution : 11 octobre 2017 – Edition Calmann-Levy – Collection : suspense crime Prix papier : 18,90€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 306 – Genre : Thriller-roman noir-

 

Deux enquêtes à des années d’intervalles qui vont se télescoper et Jérome Loubry nous télescope dans une histoire classique avec des enlèvements d’enfants, mais avec une intrigue aux caractéristiques différentes et très bien amenée.

1998. Sept enfants sont assassinés, les journaux nomment le tueur « le Géant de brume », une légende locale. Stan Mitchell, qui mène l’enquête n’arrive pas à la mener à bien. Le tueur reste en liberté. Mais les meurtres s’arrêtent.

2013. Des enfants disparaissent, mais les corps sont introuvables. Stan Mitchell se retrouve aux côtés de Sarah Berkhamp pour mener l’enquête.

L’intrigue commence en mars 2013, par l’arrestation de Simon Duggan soupçonné d’être le Géant de brume.

L’auteur alterne les deux enquêtes avec des flashbacks entre le passé et le présent, jusqu’à ce que les deux périodes se croisent.

Une construction narrative, particulièrement réussie, qui se lit sur les chapeaux de roues. Un vrai page-turner, avec une plume fluide et directe Aucune fioritures, les chapitres sont courts et donnent à la lecture un rythme soutenu.

Les personnages sont très bien travaillés, leur complexité les rend humains et proches. Comme souvent, dans ce genre, ils sont torturés et là ils le sont particulièrement et le tout match bien…

La ville de Détroit est un personnage à part entière, puisque les descriptions sont tellement réelles que l’on se voit se balader dans ce Détroit glauque, pluvieux et triste… Cette ville, le rêve américain dans ce qu’il a de plus grand, n’est plus qu’un lointain souvenir, torturée, désertée par ses habitants. A l’image des personnages torturés…

La force de ce thriller, est ce parallèle que l’auteur crée entre cette ville meurtrie par le chômage, par ces meurtres et les personnages, ces deux flics que la vie n’a pas épargnée mais aussi ce Géant des Brumes, une légende urbaine… Mais qui prend vie…

Le lecteur fait une immersion dans ce Détroit gris et aura du mal à en sortir indemne, au même titre que les personnages que Jérôme Loubry malmène, torture et rend proches du lecteur…

Stan Mitchell flic alcoolique, violent, ne s’est jamais pardonné l’échec de la première enquête.

Sarah Berkhamp flic fragile, souffrant d’une petite schizophrénie avec hallucinations auditives.

Elle les appelle des impressions… Ces impressions qui peu à peu vont donner un côté étrange mais que l’auteur arrive à rendre très plausibles… Puisqu’elles nous guident vers la solution…

Les chiens de Détroit laissera une empreinte sur le lecteur, non pour ses personnages physiques, mais bien pour les descriptions de la ville. Des descriptions d’une grande qualité qui font de cette Ville un vrai personnage.

Né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il publie aujourd’hui son premier roman.

Challenge polar 2017-2018 –                  ABC 2017 _ Policier / Thriller

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La fille à la peau pâle et frêle de Jennifer Del Pino

 

Parution : 24 octobre 2017 – IS Éditions Collection Sueurs glaciales Prix papier : 13,90€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 160 – Genre : Thriller

 

Un roman atypique, proposé par IS Edition, « La fille à la peau pâle et frêle » entraine le lecteur dans l’esprit d’Élise une psychopathe de 25 ans, dérangée, je dirais même complètement barge, a un comportement étrange, puisqu’elle torture et tuent…

C’est un choix narratif original puisque nous faisons la connaissance d’une psychopathe, ce qui est assez déroutant. En effet, la majorité des psychopathes présentés dans les thrillers sont des hommes et j’ai trouvé très original de plonger les méandres d’un cerveau féminin, complètement tordu et malade… Surtout qu’elle assume cette nana !! Oui, elle assume et raconte avec détachement tout ce qu’elle a pu faire de plus horrible, au point parfois de ce demander si elle ne tire pas une certaine jouissance à se raconter…

Dans un premier temps, le personnage principal devient narratrice, elle se décrit, fait son propre portrait et en même temps le lecteur profite des pensées de sa dernière victime…

J’ai été impressionnée par le choix de l’auteur, de faire parler cette jeune femme qui explique pourquoi elle agit ainsi… Aucun regret, bien au contraire elle n’essaie pas de résister à ses pulsions…

Dans une deuxième partie, le lecteur va se voir raconter, aux différentes manières dont elle va faire mal… Elle aime ça… Elle en a besoin… C’est viscéral, au point d’en devenir incontrôlable… Une vengeance… Qui va prendre des proportions qu’elle n’avait peut-être pas mesuré…

Des extraits d’un carnet secret sont des uppercuts que l’auteur balance à son lecteur… Comme un électrochocs pour lui faire comprendre, qu’on ne devient pas psychopathe gratuitement… Que rien ne se fait sans raison…. Un enfant confronté au mal absolu… Dérive et bascule dans l’horreur…

Malgré une intrigue courte, ce livre a la construction atypique et dérangeante permet de passer un très bon moment en compagnie de « la fille à la peau pâle et frêle » même si j’ai parfois eu peur qu’elle m’entraine dans sa folie… Élise garde la tête froide et sait très bien qu’elle n’est pas comme tout le monde… Mais elle assume… Elle aime faire mal, elle aime tuer…

Merci à IS Editions pour cette lecture et pour la confiance qu’elle m’accorde.

Après un premier ouvrage publié sous pseudonyme et dont l’identité et le titre resteront secrets (éditions Mille Plumes, 2012), puis La vie et la mort des âmes blessées (éditions ABCD’r, 2016), La fille à la peau pâle et frêle est son premier thriller, publié chez IS Edition. Parmi ses titres publiés figurent également : Sophro-Aromathérapie (Mon petit éditeur, 2016), Huiles essentielles, bibliothèque des maux et remèdes (Editons Vie, 2017)

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Fais-le pour maman de François-Xavier Dillard

Parution : 13 mars 2014 – Editeur : Fleuve éditions – Prix papier : 18,50€ – Prix poche : 6,60€ Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 288 – Genre : Thriller – Thriller psychologique

Une maman solo, au bord de l’épuisement, qui fait un boulot ingrat pour tenter de subvenir aux besoins de sa famille… Deux enfants totalement différents. Une ado, Valérie, révoltée… Un petit garçon, Sébastien, 7 ans, qui vit en observateur des disputes quotidiennes… Un jour tout bascule et Valérie reçoit des coups de couteaux. La mère accuse son fils d’avoir porté les coups… Pour les flics, c’est impossible, Sébastien n’a ni l’âge ni la taille, ni la force, pour faire ce genre de truc… La famille éclate… La mère qui accuse le fils se retrouve en prisons et les enfants sont séparés… Sébastien grandit dans une famille d’accueil et nous le retrouvons 30 ans plus tard, papa de deux petites filles et médecin…

L’auteur use d’une plume incisive et fluide pour entrainer son lecteur dans un récit d’une rare violence, dont les enfants sont les premiers à souffrir. Dont les conséquences sont dévastatrices sur leur construction psychologique dont les répercussions sont parfois dramatiques.

Même si on est bien dans un thriller avec des chapitres courts avec plusieurs rebondissements qui jalonnent le récit, l’auteur entraine le lecteur dans une introspection et cela pour chaque personnage. Ce qui change des enquêtes policières classiques…

Le lecteur sera plongé dans les réflexions de chaque protagoniste, passant tour à tour de la folie à la peur, à l’angoisse, aux questions auxquelles on est confronté, tellement l’auteur arrive à nous retourner le cerveau… Au moment où l’on pense avoir compris, l’auteur nous balance un uppercut et achève de nous perdre pour nous laminer avec un final complètement barge et complètement imprévisible…

Un vrai page-turner, impossible à lâcher, même tard dans la nuit, tellement l’ambiance est glauque et pesante… Que le récit assez court ne fait qu’accentuer, avec une intrigue se lit dans l’urgence, dans l’angoisse et la peur… On aimerait reprendre son souffle pour tenter d’évacuer ce stress qui nous prend dans ses filets… Pour nous recracher complètement abasourdi…

L’auteur nous entraine dans un thriller-psychologique différent de ceux que l’on peut lire, avec des enfants maltraités… La violence conjugale… Sujet, tellement actuel…

Ne vous fiez pas aux apparences…

Né à Paris en 1971, François-Xavier Dillard y vit toujours avec son épouse et ses trois enfants. Après des études de droit et de gestion, il intègre un grand groupe énergétique français au service des Ressources Humaines puis de la Communication où il cultive son goût pour l’écriture et la narration. Son premier roman Un vrai jeu d’enfants a paru au Fleuve Noir en janvier 2012.

 

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