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Les chiens de Detroit de Jérôme Loubry

 

Parution : 11 octobre 2017 – Edition Calmann-Levy – Collection : suspense crime Prix papier : 18,90€ – Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 306 – Genre : Thriller-roman noir-

 

Deux enquêtes à des années d’intervalles qui vont se télescoper et Jérome Loubry nous télescope dans une histoire classique avec des enlèvements d’enfants, mais avec une intrigue aux caractéristiques différentes et très bien amenée.

1998. Sept enfants sont assassinés, les journaux nomment le tueur « le Géant de brume », une légende locale. Stan Mitchell, qui mène l’enquête n’arrive pas à la mener à bien. Le tueur reste en liberté. Mais les meurtres s’arrêtent.

2013. Des enfants disparaissent, mais les corps sont introuvables. Stan Mitchell se retrouve aux côtés de Sarah Berkhamp pour mener l’enquête.

L’intrigue commence en mars 2013, par l’arrestation de Simon Duggan soupçonné d’être le Géant de brume.

L’auteur alterne les deux enquêtes avec des flashbacks entre le passé et le présent, jusqu’à ce que les deux périodes se croisent.

Une construction narrative, particulièrement réussie, qui se lit sur les chapeaux de roues. Un vrai page-turner, avec une plume fluide et directe Aucune fioritures, les chapitres sont courts et donnent à la lecture un rythme soutenu.

Les personnages sont très bien travaillés, leur complexité les rend humains et proches. Comme souvent, dans ce genre, ils sont torturés et là ils le sont particulièrement et le tout match bien…

La ville de Détroit est un personnage à part entière, puisque les descriptions sont tellement réelles que l’on se voit se balader dans ce Détroit glauque, pluvieux et triste… Cette ville, le rêve américain dans ce qu’il a de plus grand, n’est plus qu’un lointain souvenir, torturée, désertée par ses habitants. A l’image des personnages torturés…

La force de ce thriller, est ce parallèle que l’auteur crée entre cette ville meurtrie par le chômage, par ces meurtres et les personnages, ces deux flics que la vie n’a pas épargnée mais aussi ce Géant des Brumes, une légende urbaine… Mais qui prend vie…

Le lecteur fait une immersion dans ce Détroit gris et aura du mal à en sortir indemne, au même titre que les personnages que Jérôme Loubry malmène, torture et rend proches du lecteur…

Stan Mitchell flic alcoolique, violent, ne s’est jamais pardonné l’échec de la première enquête.

Sarah Berkhamp flic fragile, souffrant d’une petite schizophrénie avec hallucinations auditives.

Elle les appelle des impressions… Ces impressions qui peu à peu vont donner un côté étrange mais que l’auteur arrive à rendre très plausibles… Puisqu’elles nous guident vers la solution…

Les chiens de Détroit laissera une empreinte sur le lecteur, non pour ses personnages physiques, mais bien pour les descriptions de la ville. Des descriptions d’une grande qualité qui font de cette Ville un vrai personnage.

Né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il publie aujourd’hui son premier roman.

Challenge polar 2017-2018 –                  ABC 2017 _ Policier / Thriller

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La fille à la peau pâle et frêle de Jennifer Del Pino

 

Parution : 24 octobre 2017 – IS Éditions Collection Sueurs glaciales Prix papier : 13,90€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 160 – Genre : Thriller

 

Un roman atypique, proposé par IS Edition, « La fille à la peau pâle et frêle » entraine le lecteur dans l’esprit d’Élise une psychopathe de 25 ans, dérangée, je dirais même complètement barge, a un comportement étrange, puisqu’elle torture et tuent…

C’est un choix narratif original puisque nous faisons la connaissance d’une psychopathe, ce qui est assez déroutant. En effet, la majorité des psychopathes présentés dans les thrillers sont des hommes et j’ai trouvé très original de plonger les méandres d’un cerveau féminin, complètement tordu et malade… Surtout qu’elle assume cette nana !! Oui, elle assume et raconte avec détachement tout ce qu’elle a pu faire de plus horrible, au point parfois de ce demander si elle ne tire pas une certaine jouissance à se raconter…

Dans un premier temps, le personnage principal devient narratrice, elle se décrit, fait son propre portrait et en même temps le lecteur profite des pensées de sa dernière victime…

J’ai été impressionnée par le choix de l’auteur, de faire parler cette jeune femme qui explique pourquoi elle agit ainsi… Aucun regret, bien au contraire elle n’essaie pas de résister à ses pulsions…

Dans une deuxième partie, le lecteur va se voir raconter, aux différentes manières dont elle va faire mal… Elle aime ça… Elle en a besoin… C’est viscéral, au point d’en devenir incontrôlable… Une vengeance… Qui va prendre des proportions qu’elle n’avait peut-être pas mesuré…

Des extraits d’un carnet secret sont des uppercuts que l’auteur balance à son lecteur… Comme un électrochocs pour lui faire comprendre, qu’on ne devient pas psychopathe gratuitement… Que rien ne se fait sans raison…. Un enfant confronté au mal absolu… Dérive et bascule dans l’horreur…

Malgré une intrigue courte, ce livre a la construction atypique et dérangeante permet de passer un très bon moment en compagnie de « la fille à la peau pâle et frêle » même si j’ai parfois eu peur qu’elle m’entraine dans sa folie… Élise garde la tête froide et sait très bien qu’elle n’est pas comme tout le monde… Mais elle assume… Elle aime faire mal, elle aime tuer…

Merci à IS Editions pour cette lecture et pour la confiance qu’elle m’accorde.

Après un premier ouvrage publié sous pseudonyme et dont l’identité et le titre resteront secrets (éditions Mille Plumes, 2012), puis La vie et la mort des âmes blessées (éditions ABCD’r, 2016), La fille à la peau pâle et frêle est son premier thriller, publié chez IS Edition. Parmi ses titres publiés figurent également : Sophro-Aromathérapie (Mon petit éditeur, 2016), Huiles essentielles, bibliothèque des maux et remèdes (Editons Vie, 2017)

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Fais-le pour maman de François-Xavier Dillard

Parution : 13 mars 2014 – Editeur : Fleuve éditions – Prix papier : 18,50€ – Prix poche : 6,60€ Prix Numérique : 9,99€ – Pages : 288 – Genre : Thriller – Thriller psychologique

Une maman solo, au bord de l’épuisement, qui fait un boulot ingrat pour tenter de subvenir aux besoins de sa famille… Deux enfants totalement différents. Une ado, Valérie, révoltée… Un petit garçon, Sébastien, 7 ans, qui vit en observateur des disputes quotidiennes… Un jour tout bascule et Valérie reçoit des coups de couteaux. La mère accuse son fils d’avoir porté les coups… Pour les flics, c’est impossible, Sébastien n’a ni l’âge ni la taille, ni la force, pour faire ce genre de truc… La famille éclate… La mère qui accuse le fils se retrouve en prisons et les enfants sont séparés… Sébastien grandit dans une famille d’accueil et nous le retrouvons 30 ans plus tard, papa de deux petites filles et médecin…

L’auteur use d’une plume incisive et fluide pour entrainer son lecteur dans un récit d’une rare violence, dont les enfants sont les premiers à souffrir. Dont les conséquences sont dévastatrices sur leur construction psychologique dont les répercussions sont parfois dramatiques.

Même si on est bien dans un thriller avec des chapitres courts avec plusieurs rebondissements qui jalonnent le récit, l’auteur entraine le lecteur dans une introspection et cela pour chaque personnage. Ce qui change des enquêtes policières classiques…

Le lecteur sera plongé dans les réflexions de chaque protagoniste, passant tour à tour de la folie à la peur, à l’angoisse, aux questions auxquelles on est confronté, tellement l’auteur arrive à nous retourner le cerveau… Au moment où l’on pense avoir compris, l’auteur nous balance un uppercut et achève de nous perdre pour nous laminer avec un final complètement barge et complètement imprévisible…

Un vrai page-turner, impossible à lâcher, même tard dans la nuit, tellement l’ambiance est glauque et pesante… Que le récit assez court ne fait qu’accentuer, avec une intrigue se lit dans l’urgence, dans l’angoisse et la peur… On aimerait reprendre son souffle pour tenter d’évacuer ce stress qui nous prend dans ses filets… Pour nous recracher complètement abasourdi…

L’auteur nous entraine dans un thriller-psychologique différent de ceux que l’on peut lire, avec des enfants maltraités… La violence conjugale… Sujet, tellement actuel…

Ne vous fiez pas aux apparences…

Né à Paris en 1971, François-Xavier Dillard y vit toujours avec son épouse et ses trois enfants. Après des études de droit et de gestion, il intègre un grand groupe énergétique français au service des Ressources Humaines puis de la Communication où il cultive son goût pour l’écriture et la narration. Son premier roman Un vrai jeu d’enfants a paru au Fleuve Noir en janvier 2012.

 

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Prix des Auteurs Inconnus – Catégorie : Premier Roman – L’Arménien de Carl Pineau

Parution : 6 décembre 2017 – Auto-édité – Prix Numérique : 2.49€ – Prix Papier : 16,90€ – 311 PagesGenre : Thriller – Polar

Ce livre a été sélectionné pour le Prix des Auteurs Inconnus, que je vous invite à découvrir Ici ou ici ou encore   🙂

Avec son premier roman, l’auteur, Carl Pineau, fait le pari de nous embraquer dans les années 80, ce qui est très intéressant et je dois dire que de ce côté-là on est servi…. L’ambiance est vraiment palpable et tellement bien retranscrite qu’on s’y croirait.

Une histoire somme toute banale, un caïd des nuits nantaises qui se fait assassiner, cela aurait pu être une histoire simple, sans fioriture qui aurait fait passer un bon moment, sans laisser de souvenir impérissable. Mais l’auteur a un vrai talent et la construction narrative est excellente avec ces flashbacks, permettant peu à peu au lecteur de comprendre pourquoi le personnage principal, Luc, est retrouvé mort ce 22 décembre 1989, deux balles dans la peau, partiellement calciné…

L’auteur a réussi le tour de force de m’entrainer dans cette ambiance sombre du monde de la nuit, avec cette liberté qui prédominait au début des années 80, avec sexe à gogo, sans protection… C’est glauque, c’est cru, c’est noir et tellement bien construit que l’on visualise la drogue, les dealers, les boites de nuit avec ces videurs, bâtis comme des armoires… King Kong, un personnage secondaire archétype des nuits chaudes…

Bertrand, coiffeur et seul véritable ami de Luc., qu’on aime et déteste à la fois, queutard sans vergogne, confronté à la perte de son meilleur ami… Petite frappe des milieux nantais, dealer d’herbe à ses heures, mais avec de l’honneur, car ne veut pas toucher à la drogue dure… Qui fera connaître les endroits les plus mal famés de Nantes à Luca… Il va l’initier au monde de la nuit, comme un grand frère qui guide…

Françoise, psy de Luc depuis son enfance, qui a développé des liens qui peuvent sembler particuliers, mais que l’on arrive à comprendre au fil de la lecture.

La trame est différente de ce que j’ai pu lire jusqu’à aujourd’hui, puisque ce n’est pas réellement un déroulé d’enquête policière que nous suivons, mais la voix de ses amis qui nous font remonter le fil des évènements.

Carl Pineau, propose une intrigue très bien bien ficelée qui peut sembler débuter lentement, mais qui peu à peu entraine le lecteur vers des révélations qui donnent envie de poursuivre la lecture pour comprendre et surtout apprendre à connaitre ces personnages très bien construits, très différents les uns des autres, certains détestables, d’autres attachants… Un langage très crue,parfois vulgaire, qui peut choquer… Mais auquel on se fait très bien puisqu’il cadre parfaitement aux personnages et à l’atmosphère des années 80.

J’ai particulièrement apprécié l’alternance des points de vue et celle alternance entre passé et présent… Même si parfois, il fallait que je m’accroche pour savoir qui parlait … Les indications de temps restent assez floues, certainement voulues par l’auteur pour dérouter son lecteur et l’obliger à se concentrer sur l’intrigue et la construction narrative.

L’auteur parsème son histoire des évènements majeurs des années 80, l’élection de Mitterrand… La chute du mur de Berlin… La découverte du Sida et surtout l’impact que cela va avoir sur les relations sexuelles, la prise de conscience du danger des MST… Mais surtout la transcription de la vie des jeunes de cité et la seule échappatoire qu’ils trouvent en dealant, la place qu’ils ont du mal à se faire sans ces années « touches pas à mon pote » et le racisme auquel ils sont confrontés… En fin de compte, même si les choses ont quelque peu changé… Malgré les années d’écart… Peu des choses ont changé… Dans l’esprit de certaines personnes…

La couverture, faite «maison» présente bien l’ambiance froide et sombre des nuits nantaises dans laquelle le lecteur va plonger.

Pour un premier roman, l’auteur propose un excellent livre, auquel je n’ai trouvé aucun défaut, une plume très bien travaillée et un talent d’écrivain pour le plus grand plaisir des lecteurs amoureux des bons polars.

 

Né en 1966 à Nantes, Carl Pineau commence très tôt à fréquenter la vie nocturne de la ville. Il est encore très jeune lorsqu’une discothèque l’embauche pour animer les soirées. Les lieux cultes nantais deviennent pour lui un univers familier. À 21 ans, il quitte le monde de la nuit et reprend des études. Nantes est sa ville de cœur. Pourtant, en 2009, avec sa femme et ses deux enfants, il décide d’aller voir le monde pour réaliser son rêve d’enfant: écrire.

La famille se fixe d’abord au Québec, où Carl suit les cours de création littéraire de l’université de Laval et entame L’Arménien, et marque le début de la collection Nuits Nantaises.

Depuis 2015, la tribu habite en Thaïlande, où Carl continue d’écrire. Malecón, thriller politico-financier situé entre Paris et Cuba, sortira en 2018. Deux autres polars de la série Nuits Nantaises sont également en rédaction.

Plus d’information sur le blog de l’auteur sur la page Facebook de Carl Pineau et sur son twitter.

Challenge ABC 2017 auto-édition 

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Mon amie Adèle de Sarah Pinborough

 

Parution : 24 août 2017 – Éditions PréludesPrix papier : 16,90€ – Prix Numérique : 11,99€ – Pages : 448 – Genre : Thriller-Psychologique – Fantastique – Suspense

 

Un excellent page-turner qui ne laissera aucun lecteur indifférent… Un thriller-psycho-fantastique qui accroche le lecteur, tant par sa construction narrative que par son intrigue atypique.

Le tout commence comme un thriller psychologique classique, peu à peu l’auteur tisse les liens entre les personnages… Ces liens sont étranges, ce huis clos complètement atypique, va se fondre dans un thriller machiavélique, avec un triangle amoureux qui laisse entrevoir des relations bien tordues…

Tordues… J’aime ces relations qui reflètent ce qu’un être humain peut être amené à faire par amour… Par peur de perdre l’être aimé… Faire de son ennemie sa meilleure amie… Quelle drôle d’idée… Et pourtant l’auteur réussi le pari d’embrouiller le lecteur, au point parfois qu’il se demandera s’il ne s’est pas perdu dans les méandres de la folie… Mai qui est le plus fou des trois…

L’auteur sème le doute, en nous entrainant dans la tête des personnages, avec des chapitres courts qui sont tour à tour l’esprit de Louise et celui d’Adèle…

Adèle est LE personnage le plus intéressant, le plus abouti, dont la création a certainement demandé un travail important. J’ai adoré plongé dans son esprit et les chapitres la concernant sont des bijoux tellement la psychologie et la manipulation sont abordées avec finesse.

L’auteur, nous embraque dans une excellente intrigue, dans laquelle le lecteur pense tout comprendre, pense enfin avoir les réponses à ses questions que l’on n’ose poser de peur d’avoir compris trop tôt… Mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur qui nous retourne complètement le cerveau, en nous entrainant sur une autre piste…

Au-delà du thriller et du côté fantastique que l’auteur arrive à donner, c’est une lecture qui fait écho à l’infidélité,  qui montre l’obsession qu’elle peut entrainer lorsque l’on vit l’infidélité… C’est la marque au fer rouge qu’elle entraine, c’est la folie dans laquelle on peut facilement basculer, c’est toutes ces questions que l’on va se poser sur le pourquoi, le comment au point que la folie pointe le bout de son nez… Qui n’a pas été trompé et ne s’est pas posé ces questions ?

« Je pense au fait que celui ou celle qui est trompé reste dans l’ignorance et que, si on y réfléchit bien, la vie des gens n’est en général qu’un empilage de secrets et de mensonges. Sous la peau, on ne peut jamais véritablement voir qui est l’autre. »

Je remercie les éditions Préludes pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre atypique et addictif.

 

Sarah Pinborough est scénariste pour la BBC et écrit également pour les adolescents. En 2009, elle remporte le British Fantasy Award dans la catégorie Meilleure nouvelle, et en 2014 dans la catégorie Meilleure novella. L’auteure signe avec Mon amie Adèle son premier thriller, numéro 1 des ventes dès sa sortie dans le Sunday Times et en cours de traduction dans une quinzaine de pays.

 

challenge un pavé par mois 

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Tu vas mourir – Récits de l’assassin de Daniel Panizzoli

 

Parution : 29 septembre 2017 – IS Éditions Collection sueurs glacialesPrix papier : 13€ – Prix Numérique : 3,99€ – Pages : 116 – Genre : Thriller-psychologique

 

Un récit atypique ! 

L’auteur nous embarque dans 25 minis situations, qui peuvent se lire indépendamment et qui ne semblent avoir aucun lien entre elles sauf de mourir de manière parfois loufoque mais sans que l’auteur ne réussisse à embarquer son lecteur… 

L’auteur se sert de son alter égo, pour régler ses comptes et cela au détriment d’une intrigue digne de ce nom ou d’un fil conducteur permettant de créer un lien avec son lecteur. 

Jusqu’à la fin j’ai cherché à comprendre et trouver une justification à ces meurtres, à ces situations, malheureusement je ne suis pas friande des jugements de valeur ou des généralisations toutes faites, même si parfois l’auteur donne une justification qui peut sembler plausible, cela m’a plus énervé…

Les jugements surfaits sont malheureusement trop courants pour adhérer. 

« La fiction représente une partie de la réalité et tous ces hommes n’ont pas été choisis au hasard : tous représentent à ses yeux une plaie pour la société « 

L’auteur règle ses comptes… Aussi bien avec le père noël qu’avec des représentants de religions…. L’immigré venu profiter du système … Le député…. Le proc’ qui ne condamne pas comme il devrait… Le PDG d’hypermarché qui profite sur le dos des petits producteurs….

Comme le dit l’alter Ego de l’auteur 

« toutes ces informations ne représentent que les pensées de l’Auteur, son propre avis sur des idées personnelles ou en rapport avec certaines expériences vécues ou constatées. »

Nous sommes ici en présence d’un récit court, par lequel l’auteur « tire » sur tout ceux qu’il jugent contreproductifs et surtout que lui juge mauvais. Mais ce que lui pense ne peut être une généralité comme il le présente ou comme il a pu y être confronté… 

Comme je ne porterais de jugement sur le vécu de l’auteur… J’aurais souhaité que lui ne mettent pas tout le monde dans le même sac… Et je dois dire que J’aurais préféré ne pas lire les explications emplies de jugements de valeurs sur telle ou telle catégories…

Comme si l’auteur voulait faire payer ceux qui l’ont jugé et balancer ses récriminations pour justifier ses propres fautes….

L’auteur critique une société à travers chaque chapitre sur lesquels il revient en nous donnant ses explications… Malgré ses explications, je n’ai pas adhéré, certainement que son point de vue est bien différent du mien… Et les clichés jalonnent trop ce récit pour que je puisse y trouver mon compte, car coller des étiquettes est trop facile… Le plus difficile étant de s’extraire de tout cela et de vouloir comprendre et aller vers l’autre…

J’ai apprécié que l’auteur se serve d’un alter égo l’Auteur, l’idée est très intéressante et habilement travaillée.

Je sais qu’il faudrait prendre les choses au second degré, malheureusement mes convictions profondes ne peuvent me faire adhérer à ces jugements et clichés, même au second degré.

Merci à IS Editions pour cette lecture et pour la confiance renouvelée.

Daniel Panizzoli a grandi dans un quartier peu fréquentable avec un père violent, une mère renfermée sur elle-même, et un frère de 3 ans son ainé qui l’ignore.

Livré à lui-même, il va passer sa jeunesse dans la rue entre délinquance, drogues, et alcool, entrainant des péripéties incroyables qu’il narrera dans « Michto ou la haine crescendo » (2012), son premier livre.

Aujourd’hui parfaitement inséré dans la société, il nous fait partager son amour de l’écriture par ses écrits, racontés avec passion et une bonne dose d’humour.

D’ombre et de silence de Karine GIEBEL

Parution : 19 octobre 2017-  Editions Belfond – Prix papier :  16€ – Prix Numérique : 10,99€ – Pages : 288 – Genre : Thriller

Le dernier opus de Karine Giebel, réunit huit textes, aussi sombres les uns que les autres. Si vous cherchez une lecture gaie, passez votre chemin, ce n’est pas du tout le genre de l’auteur. Ses personnages sont torturés, sombres, meurtris

  • Aleyna : nouvelle parue dans 13 à table 2016. Quand les traditions s’invitent dans la vie d’une jeune fille qui décide de s’enfuir pour éviter un mariage forcé, malheureusement tout ne se passe pas comme prévue… La fin est bouleversante, prévisible, mais j’ai apprécié la plume de l’auteur, simple, fluide avec des changements de point de vu selon les protagonistes, très intéressant.

  • Aurore : lors de la réédition de son 1er roman Terminus Elicius, fin 2016, cette nouvelle inédite est également publiée. Une sœur et un frère, les relations compliquées à l’adolescence. Les insultes, les moqueries, ce drame… Cette nouvelle nous entraine dans l’esprit d’un adolescent tourmenté. Le sujet a déjà été traité à plusieurs reprises, mais l’émotion que l’auteur arrive à faire dégager en quelques pages est très intense et reflète ce que traverse beaucoup d’ados. Les secrets, les non dits peuvent parfois conduire à l’irréparable…

  • Ce que les blessures laissent au fond des yeux : nouvelle inédite. Delphine vit avec son fils dans un immeuble dont le propriétaire est un marchand de sommeil qui se fait de l’argent sur le dos des locataires qui ne peuvent que payer le prix fort pour un logement vétuste. Quasiment tous les locataires sont en situation irrégulière…
    Delphine, a beau avoir un deux pièces, elle en paye une partie en espèce et l’autre en nature une fois par semaine… Quand son amie Kilia perd son travail et risque de se retrouver à la rue, Delphine décide de payer aussi le loyer de son amie mais à quel prix?
    Une histoire d’amitié, de malheurs, glauque, triste, avec des personnages tellement réels qu’on se demande si l’auteur n’a pas retracé un fait divers… Une histoire très touchante sur l’amitié et ce que l’on est prêt à faire pour protéger ceux que l’on aime…

  • J’ai appris le silence : nouvelle parue dans 13 à table 2017. Un homme kidnappe une femme, l’emmène dans un lieu isolé, pour l’enfermer, avec neuf autres personnes à l’intérieur d’une cage. Le lendemain, le ravisseur leur explique le pourquoi de leur présence. Il y a vingt-cinq ans, jour pour jour, toutes ces personnes l’avaient condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d’une jeune fille, alors qu’il clamait son innocence. Aujourd’hui, il a décidé de leur faire payer. L’auteur pousse à son paroxysme l’horreur et entraine son lecteur dans une nouvelle intense.

  • L’ été se meurt : nouvelle inédite. Une histoire d’obsession qui tourne mal…

  • L’homme en noir : nouvelle parue dans l’anthologie Irradié « Les auteurs du noir », 2014. Une nouvelle que j’ai beaucoup apprécié. La mémoire nous joue parfois des tours… Et surtout notre cerveau occulte parfois ce que nous percevons comme un choc… Un choc qui fait bugguer le cerveau, pour nous permettre d’avancer et de vivre… Mais parfois l’horreur n’est pas loin…

  • L’intérieur : nouvelle parue dans l’anthologie Crimes au musée en juin 2017. Virginie assistante de direction dans un musée, se fait violer par son patron. Depuis le début de son CDD le harcèlement est présent et l’auteur nous entraine dans la descente en enfers de Virginie suite aux viols répétés. Virginie est confronté à des choix qu’elle ne peut pas faire, perdre son emploi serait catastrophique pour sa famille… L’auteur décrit avec talent le lien mère-fils… Avec des sentiments très profonds

  • Le printemps de Juliette : nouvelle inédite. L’amour d’un homme pour la femme avec qui il vit depuis 40 ans et qui est sur le point de mourir… La peur de vivre sans l’autre. Une histoire touchante et tellement réelle.

Les nouvelles sont très bien construites et démontrent le talent de l’auteur pour les histoires sombres et les personnages torturés.

Sur les 8 nouvelles, 5 sont déjà parues et 3 sont inédites. Pour moi les 8 sont des découvertes, mais pour les lecteurs fans de l’auteur, je pense que cela risque de les décevoir…

Merci aux éditions Belfond pour ce service-presse avec lequel j’ai passé un excellent moment, malgré des nouvelles de différente construction.

Karine Giebel est née en 1971, dans le Var. Après des études de droit et l’obtention d’une licence, elle cumule de nombreux emplois dont celui de surveillante d’externat, pigiste et photographe pour un petit journal local, saisonnière pour un Parc National ou encore équipier chez McDonald. Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération. Elle publie ses deux premiers romans dans la collection « Rail noir » aux éditions La Vie du Rail en 2004 et 2006. Elle poursuit son aventure éditoriale chez Fleuve noir et chez Pocket.

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L’Affaire Léon Sadorski de Romain SLOCOMBE

Parution : 25 août 2016 – EditeurRobert LaffontCollection : La Bête Noire– Prix Broché :  21,00€ – Prix Numérique : 9,99€ – Prix Poche : 8,50€ – Pages : 512 – Genre : Policier historique

 

 

J’apprécie beaucoup ce genre de lecture avec en toile de fond la guerre, notamment la seconde guerre mondiale et je dois dire que celui-ci m’a particulièrement plu.

L’auteur nous entraine dans une fiction basée sur des faits réels et sur les activités des renseignements généraux entre 1942 et 1944. Romain Slocombe a fait un formidable travail de recherche, permettant ainsi au lecteur d’être immergé, dès les premières pages dans cette période horrible de notre histoire. Avec une écriture fluide, très agréable à lire, il nous fait découvrir un personnage désagréable à souhait, totalement indifférent aux autres… Enfin surtout ceux qu’il déteste… Collabo invétéré et antisémite notoire, Léon Sadorski, sera mis à rude épreuve lors de son arrestation, lors de laquelle il ne supporte pas de passer du statut de policier à prisonnier et n’hésitera pas à dénoncer… Et surtout acceptera de devenir un agent à la solde des nazis… En même temps il est convaincu de bien faire et même si Louis Sadosky ne vous dit rien, c’est tant mieux mais l’auteur lui redonne vie pour en faire le personnage central de son livre et ainsi permettre aux lecteurs de découvrir tout un pan de ce que l’être humain peut avoir de plus sombre…

Il suffit de regarder d’autres humains pour découvrir l’horreur….

Plus on avance dans cette lecture, plus la réalité de cette France collabo s’impose… Une France où tous les coups sont permis, pour survivre.. Ou tout simplement tirer son épingle du jeu… La trahison, la torture, le trafic… L’auteur, en prenant pour base cette époque n’a pas besoin d’en ajouter plus que nécessaire… Avec un recul d’historien, il tisse une trame riche et donne vie à ce que l’on trouve de plus lugubre chez l’être humain… Rien ne sera épargné au lecteur, aucun filtre et l’horreur nous tombe dessus sans qu’aucun filet ne puisse nous retenir dans cette vertigineuse chute vers l’horreur, que l’on découvre avec impuissance et qui referme son étaux et nous empêche de respirer… Au point que lorsque j’ai refermé ce livre, il m’a fallu reprendre mon souffle et avec une furieuse envie de prendre une douche… Car Sadorski nous colle à la peau… Ses mots nous salissent et nous éclaboussent comme la boue…

Cette lecture, malgré ce qu’elle de plus sombre, pousse au devoir de mémoire et surtout se dire que cela ne doit jamais recommencer… Ne pas oublier est primordial, vital et salvateur, même dans l’horreur…

Je trouve dommage que l’auteur, avec ce récit, qui donnent sens à cette époque et révèle toutes les facettes abjectes de cette période, se soit un peu perdu, au point de parfois perdre son lecteur, avec trop de détails, notamment sur le parcours de certaines rues de Paris… Ou des listes de noms qui n’ont aucun intérêt que celui de nous ennuyer… Et d’alourdir le récit qui est déjà extrêmement dense avec une trame parfois à la limite du supportable.

Malgré ce point négatif, j’ai apprécié cette lecture qui ne peut que faire écho avec ce que nous pouvons parfois apercevoir aujourd’hui….

« Ni l’auteur ni l’éditeur ne cautionnent les propos tenus par le personnage principal de ce livre. Mais ils sont le reflet de cette époque, tout comme ils peuvent présager celles qui nous attendent. Car « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ». » Les époques changent, mais l’histoire est cyclique et n’est qu’un éternel recommencement…

Étant un brin maso, j’ai hâte de découvrir la suite et voir comment Sadorski va évoluer… Enfin, surtout curieuse de voir comment l’auteur va faire évoluer son personnage….

« Les aiguilles de l’horloge murale de la station indiquent 9 heures moins dix. Il restera largement le temps de choisir pour la petite, avant leur rendez-vous au café, quelque chose de vraiment beau pour son anniversaire. Quelque chose qui rendra ses copines de Fénelon vertes de jalousie. Un splendide stylo Météore, par exemple, avec une plume en or, une vraie…
Car aujourd’hui la petite Julie fête ses quinze ans.
Ce lundi 8 juin 1942. Sadorski est curieux de la voir étrenner son étoile jaune. »

   Né en 1953, Romain Slocombe participe, après des études d’art, à l’aventure artistique du groupe Bazooka, notamment au tout début de celle du magazine Métal hurlant (années 1970), pour lequel il produit des œuvres naviguant entre bande dessinée et illustration. Ses thèmes de prédilection se focalisent rapidement autour du Japon, auquel il s’est intéressé dès sa prime jeunesse, et le bondage, avec des jeunes femmes (infirmières et japonaises) attachées.

Ses livres mêlent, dans un style « trash », une intrigue, avec à chaque fois des chapitres avec une approche type historique : la secte Aum, l’Histoire du Japon, en particulier ses exactions en Chine à partir de 1937 et pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 2011, répondant à l’invitation éditoriale de la collection « Les Affranchis », il publie Monsieur le Commandant, un roman sous forme de lettres de dénonciation, où le personnage principal, académicien pétainiste et antisémite, tombe follement amoureux de sa belle-fille avant de demander à ce qu’elle soit déportée. Le livre est couronné par le prix Nice Baie des Anges.

En 2016, il crée le personnage récurrent de l’inspecteur Léon Sadorski, collaborateur et antisémite.

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Challenge polar 2017-2018          –          ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith

 

Parution : 24 août 2017 – Sonatine EditionPrix papier : 21€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 450 – Genre : Thriller- Polar –

 

Aucun espoir de sortir de cette lecture indemne! Aucun espoir de reprendre son souffle, dans cette noirceur qui te colle à la peau dès les premières lignes… Dès les premières lignes tu sais que tu vas plonger dans un abîme de désespoir sans fond, sans possibilité de t’en sortir, au même titre que ces personnages complètement meurtris, que la vie n’a pas gâté, mais surtout que la vie pousse à faire des choix parfois contradictoires, mais nous, lecteur qu’aurions nous fait ? Qu’aurions nous proposer pour nous extirper de cette moiteur étouffante qui te colle à la peau ? Aurions-nous pu faire des choix différents ?

L’auteur nous entraine dans un récit lent, mais salvateur, au rythme des balades en pick-up de Russel, fraîchement sorti de prison après 11 années derrière les barreaux…. C’est peu à peu que l’on apprend pourquoi… C’est peu à peu que l’on comprend le désespoir de la vie qui bascule en une fraction de seconde… Sa sortie de prison ne sera pas de tout repos… En même temps Russel est-il prêt à se reposer ? Est-il prêt à laisser le fardeau de la culpabilité qu’il traine avec lui sur la route des kilomètres qu’il égéenne ?

« Le soir parfois je m’asseyais sur la véranda et ce que j’entendais c’était comme si la fin du monde avait eu lieu et qu’il y avait plus personne sur terre. »

Peut-être pense-il pouvoir le faire avec Maben… Maben qui se retrouve sur le chemin de Russel… Les hasards sont parfois tellement étranges, qu’on se demande si le Dieu écrivain ne manipule pas quelque peu son lecteur, pour l’entrainer encore plus dans la déchéance humaine… Une déchéance larvée, qui est présente à un virage… Un virage que la vie te fait prendre, sans que tu puisses le voir, l’appréhender… Un virage que tu prends parfois trop vite qui fait tout exploser en mille morceaux… Et là ta vie, git à tes pieds et tu ne peux que tenter de ramasser les morceaux… Tenter de recoller… Mais attention, même quand on recolle un vase, le vase n’est plus pareil… Ainsi va la vie… Ainsi va la vie de ces deux êtres dont les chemins se croisent…

C’est noir, c’est profond, c’est moite de cette chaleur qui étouffe, comme cette vie qui étouffe nos personnages… Fuir, fuir pour tenter d’aspirer cet air qui vient à manquer… L’air qui se raréfie, au rythme des lignes, des pages qui sont de plus en plus sombres…

Le lecteur se lie à sa lecture, d’amour et de haine tout à la fois… D’amour de ces lignes et de ce style narratif déstabilisant, que l’auteur emprunte… Comme pour faire un parallèle avec les dégâts de la vie… Une écriture incisive et tellement descriptive que le lecteur se prend une claque dans les deux sens du terme. La première, parce que cette écriture est inhabituelle et la seconde quand on comprend où l’auteur nous emmène… Il nous prend par la main doucement, avec précaution, pour ensuite balancer un uppercut à son lecteur qui comprend qu’il a été pris au piège… Comme les personnages… Pris au piège d’une vie sans issue… D’une vie morne… Noire… Et tellement laide…

On avance, on suit ces êtres malmenés, qui cherchent l’absolution… Le pardon… Cherchant la paix… Une lueur d’espoir… Car l’humain est ainsi fait, il garde l’espoir même dans les moments les plus sombres.

« Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir…. »

Le titre en anglais « Desperation Road – La route du désespoir » est très évocateur et retranscrit parfaitement l’ambiance. Michael Farris Smith nous entraine « nulle part sur la terre » pour nous montrer la route, le chemin et même si j’ai été saisie par quelques longueurs, l’auteur est arrivé à me faire comprendre que ces longueurs sont salvatrices, aussi bien pour moi dont la lecture se fait parfois en apnée… Que pour ses personnages fracassés par la vie, qui cherchent la lumière… Au bout de la route… L’espoir est là…

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir cette plume vers laquelle je retournerai avec plaisir.

Michael Farris Smith est nouvelliste et romancier. Il est titulaire d’un doctorat (Ph.D.) de l’University of Southern Mississippi. Il a été professeur associé d’anglais au département de langues, littérature et philosophie à la Mississippi University for Women à Columbus. Après « Une pluie sans fin » (Rivers, 2013), « Nulle part sur la terre » (Desperation Road, 2017) est son deuxième roman. « The fighter » sortira en mars 2018.

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Challenge polar 2017-2018 – ABC 2017 _ Policier / Thriller

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Sharko de Franck Thilliez

 

Parution : 11 mai  2017- Editeur : Fleuve éditions – Prix papier :  21,90€ – Prix Numérique : 17,99€ – Pages : 576 – Genre : ThrillerPolicier

Il y a des auteurs comme ça dont on attend les livres et qui nous font frémir d’impatience bien avant leur sortie. Lorsque Franck Thilliez propose une énième enquête mettant en scène deux de ses personnages devenus cultes aujourd’hui, on ne réfléchit pas, on fonce. Je n’ai pas dérogé à la règle, le livre était dans ma PAL dès sa sortie, j’ai eu le plaisir de le lire en juin, mais je ne sais pourquoi j’ai eu du mal à faire un retour… Et puis les mois passants, je me dis qu’il faut quand même que j’arrive à coucher sur le papier mon ressenti…

« Cette fois, le gibier, c’était eux. »

Avant de se lancer dans cette nouvelle enquête avec Lucie Henebelle et Franck Sharko, j’ai aimé découvrir la «petite anthologie biographique « Sharko Henebelle, couple de flics », mis à disposition par l’auteur, pour se remémorer tous les points forts, parfois tragiques, de ce couple de flic…

Nos deux héros vont encore en baver un peu plus, cette fois c’est carrément leur statut de flic irréprochable qui va être mis à mal… C’est certainement ce qui a dû me gêner… Je ne sais pas… Mais l’auteur m’a poussé dans mes retranchements avec cette histoire : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, Lucie tue un homme. Franck ignore pourquoi elle se trouvait là …. Mais pour la protéger, il a maquillé la scène de crime.

Encore une fois, l’auteur nous montre ses personnages comme humains, faibles et surtout prêts à tout l’un pour l’autre… L’auteur est aussi prêt à jouer avec les sentiments quasi amoureux que le lecteur entretien avec ces deux personnages, puisqu’il sera soumis à un stress de tout les instants, palpable et cela à chaque fois qu’un nouvel élément pointe le bout de son nez…

La morale et l’intégrité seront mises à mal, par l’auteur qui pousse son lecteur à se demander comment il aurait agit… Prendre partie… Mais parfois prendre partie c’est aller à l’encontre de ses convictions… Quel devrait être le choix à faire… Celui de la raison ou du cœur…

Franck Thilliez, nous offre, encore une fois, un livre qui sort complètement de l’ordinaire avec une enquête qui va nous conduire dans un monde qui peut sembler être un mythe mais dont les monstres réels ou imaginaires inspirent le quotidien de certaines personnalités que l’on peut qualifier de complètement barges …

Toujours avec le même type de trame, l’auteur, décortique scientifiquement ses intrigues et à chaque fois on se dit que cela ne peut pas être plus horrible que le livre précédent pourtant, l’auteur arrive à me scotcher… l’humain a toujours une place prégnante dans ce qu’il a de plus horrible ou de plus « humain »…

Chaque détail compte, chaque détail amène vers un final complètement imprévisible mais construit du début à la fin avec grand talent. On ne lit pas un « Thilliez » sans aller faire quelques recherches… Tellement il présente les choses avec vérité…

Passionné de cinéma, il devient ingénieur spécialisé dans les nouvelles technologies et l’informatique. Il allie cette passion à son goût pour les thrillers pour donner naissance à son premier roman, « Train d’enfer pour Ange rouge » nominé au Prix SNCF du polar français 2004. Le succès rencontré depuis « La Chambre des morts » lui a permis de cesser son travail d’informaticien à Sollac Dunkerque pour se consacrer exclusivement à son travail d’écriture. « Le syndrome [E] », sorti en octobre 2010, est le premier volume d’un diptyque consacré à la violence, bientôt suivi par « Gataca, » sorti en avril 2011. « La Chambre des morts » est adapté au cinéma en 2007 par Alfred Lot. Malgré un certain succès critique, le film connaît en salles une réussite mitigée. « La Forêt des ombres » est en cours d’adaptation cinématographique par Julien Leclercq.

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Challenge polar 2017-2018          –          ABC 2017 _ Policier / Thriller

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