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Zombi de Joyce-Carol Oates

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 Edition : Livre de poche
 Parution : 03/12/2014
 Pages : 216 
 Prix : 6,10€        
Genre : Thriller psychologique

Il pose bien un peu problème à à ses parents, mais ni l’un ni l’autre ne croient à l’accusation d’agression sexuelle sur un mineur dont il est l’objet. Il est un cas pour le psychiatre-expert auprès des tribunaux chargé de le suivre, qui se sent néanmoins encouragé par la nature toujours plus positive de ses rêves et sa franchise à en discuter. Il est le plus exquis des garçons pour sa riche grand-mère incapable de lui refuser quoi que ce soit. Il est le plus vrai et le plus terrifiant des tueurs-psychopathes jamais imaginés dans un roman dont on se demande par instants comment l’auteur a pu trouver les mots pour l’écrire. Joyce Carol Oates nous offre encore une fois la preuve de son immense talent. En donnant la voix à une âme des plus noires, elle plonge dans l’ignominie, et le lecteur avec elle de pénétrer l’innommable.

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Tout l’art de l’auteur Joyce Carole Oates, est de nous faire entrer dans la tête d’un monstre. Avec Zombi on se balade dans les pensées d’un véritable malade mental qui peut parfois sembler sympathique, mais sa folie reprend le dessus !

On sent bien que l’auteur s’est largement inspirée de Jeffrey Dahmer, le livre est écrit à la première personne, ce qui fait encore plus froid dans le dos ! Quentin s’est fait pincer pour agression sexuelle, mais dès le départ, on sent qu’il y a plus que ça et on est vite immerger dans les méandres d’un cerveau malade, qui a l’idée  de se « créer » son Zombi !

« C’est il y a cinq ans que l’idée de créer un ZOMBI à mes propres fins m’est venue pour la première fois comme un coup de tonnerre qui a changé ma vie. »

forcément ce sera un homme !

« Un ZOMBI dirait : « Dieu te bénisse, maître. » Il dirait : « Tu es bon, maître. Tu es généreux & miséricordieux. » Il dirait : « Encule-moi à me défoncer les boyaux, maître. » Il mendierait sa nourriture & il mendierait l’air qu’il respire. Il mendierait la permission d’aller aux toilettes pour ne pas souiller ses vêtements. Il serait toujours respectueux. Jamais il ne rirait ni ne ricanerait ni ne froncerait le nez de dégoût. Il lécherait avec sa langue comme demandé. Il poserait la tête sur mon épaule comme demandé. Il ferait l’ours en peluche comme demandé. Il poserait sa tête sur mon épaule comme un bébé. Ou je poserais ma tête sur son épaule comme un bébé. »

Pour cela il compte pratiquer la lobotomie transorbitale, mais de manière artisanale :  il lui « suffirait » d’enfoncer un pic à glace dans l’œil d’un homme pour  atteindre une partie du cerveau qui réduirait nombre de ses facultés. Acheter un pic à glace excite tellement Quentin, qu’à peine l’a-t-il entre ses mains qu’il éjacule dans son pantalon. Le crime a toujours un caractère extrêmement sexuel chez Quentin. S’il y a sang, il y a aussi forcément du sperme.

L’auteur nous présente ici, un cas clinique, une étude de cas, une plongée sans temps morts et sans respiration, dans le cerveau d’un fou.

Avec des chapitres courts, un récit glaçant qui ne verse jamais dans l’exhibitionnisme, l’auteur ne laisse pas le temps à son lecteur de reprendre son souffle ! On a accès au chaos qui règne dans le cerveau de Quentin, qui ne se pose jamais la question de savoir pourquoi il est comme ça ! Il tue, c’est parce qu’il ne peut pas faire autrement. Il est prisonnier de ses pulsions et n’a aucun moyen de leur échapper, encore plus lorsqu’il ne prend pas ses médicaments…

Il est conscient du mal qu’il fait, mais il se voile lui-même la face, pour pouvoir faire bonne figure face aux autres.

challenge polar et thriller 2016-2017

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Née en 1938, Joyce Carol Oates est l’une des grandes dames de la littérature américaine. Professeur de littérature à l’université de Princeton, elle mène une prolifique carrière d’auteurs (une trentaine de romans, des essais, des nouvelles, des pièces de théâtre, de la poésie). Par mi ses ouvrages les plus célèbres : Blonde, Eux, Confessions d’un gang de filles, Bellefleur ou La légende de Bloodsmor.

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Une Forêt Obscure de Fabio M. Mitchelli

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Editions : Robert Laffont Parution : 15 septembre 2016 Pages : 416  Prix : 20.00€

À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu’il torture, puis celles de son amant qu’il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin… Jusqu’à la forêt de Tongass, là où le mensonge corrode tout, là où les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Un thriller psychologique choral, librement inspiré de l’escalade criminelle du tristement célèbre Luka Rocco Magnotta et du meurtre prémédité qu’il a commis en 2012, sur la personne de Lin Jun, un jeune étudiant chinois installé à Montréal, ainsi que des crimes effroyables du tueur en série Robert Christian Hansen qui a violé et assassiné dix-sept femmes dans les environs d’Anchorage, entre 1971 et 1983. trait-rouge

 » Je n’ai rien d’un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l’esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse.  »

Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d’Anchorage.

« L’enfance est une plaie. … c’est le miroir de notre passé derrière lequel il faudrait rester caché, Louise, c’est une blessure qui se referme et s’infecte à mesure que l’on devient adulte »

« Luka souriait. Le plaisir qu’il prenait était jubilatoire, incommensurable, même. L’être qui l’avait dévoré au fils des ans ne lui avait laissé aucune chance. La bête noire s’était insinuée en lui, l’avait dissous de l’intérieur.

Sa peau reflétait l’horreur qui se déroulait sous ses yeux. La trépidation dense des jeux de lumière se répercutait de l’écran sur son corps, comme une projection diaphane et fantomatique depuis la vidéo que diffusait la bande passante. Les traits de son visage absorbaient les images de sa propre barbarie, son esprit quantifiait les time codes les plus cruels du film dont il était l’auteur. Les séquences de torture lui procuraient la sensation de dominer l’ensemble de l’espèce vivante à la surface du globe. Il était un prédateur cosmopolite au sommet de la chaîne alimentaire, un fauve urbain qui cherchait constamment à rassasier sa faim de gloire, étancher sa soif de célébrité dans un monde édifié par les diktats, un monde qui avait décidé de l’ignorer, de faire de lui un individu quelconque, insipide et sans intérêt. Une pièce parmi les pièces du grand système de l’humanité, un rouage de plus limité à sa propre circonvolution. »

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Donner un avis juste et cohérent, sans pour autant passer à la trappe les points forts du livre, qui me laisse un sentiment mitigé, un vrai dilemme !!

Je suis assez déçue de ne pas  avoir apprécié ce livre, peut-être à sa juste valeur, peut-être ai-je trop lu d’avis enthousiastes… Je ne sais pas… mais j’ai terminé une forêt obscure de Fabio Mitchelli depuis quelques jours et j’ai eu beaucoup de mal à faire mon article ! Au vu de ce que j’ai pu voir beaucoup ont apprécié mais moi moyennement ! Comment faire pour donner un avis mitigé alors que l’on lit des critiques élogieuses !? Pas simple tout ça !

Je n’ai pas lu « la compassion du Diable » dont les retours m’ont vraiment donné envie de découvrir cet auteur et puis les retours du  blog collectif polar  étaient tellement enthousiastes que je ne pouvais que aimer… je surveillais DONC activement ses sorties littéraires ! Et j’ai eu la chance de recevoir le livre par Babelio et les éditions Robert Laffont que je remercie au passage.

Mon avis quelque peu mitigé (bein ce n’est que mon avis…) ne remet pas en cause la qualité de l’écriture, Fabio Mitchelli a une plume vive et acérée, ce qui est un réel plaisir.

Le roman met du temps à démarrer ! J’ai eu un mal fou à me repérer au départ, j’ai bien cru que j’étais larguée ! J’ai choisi de ne pas trop penser aux prénoms des personnages et de me concentrer sur l’intrigue et heureusement ! Sans cela je pense que je l’aurais mis de côté 😐 Trop de noms, trop de lieux…

Je n’ai pas compris pourquoi l’auteur à fait le choix de 2 intrigues en une ! L’intrigue principale se suffisait à elle-même ce qui aurait réduit les personnages et aurait apporté plus de plaisir (pour moi). L’intrigue secondaire passant peu à peu aux oubliettes, malgré des rappels, on se concentre sur notre sujet principal avec un très bon sujet dans lequel j’aurai préfère plonger directement !

Je n’ai pas apprécié le parallélisme fait avec le « Le silence des agneaux » quand Louise Beaulieu, belle fliquette rouquine, se retrouve face à Daniel Singleton qui entre en scène avec une imitation du Docteur Lecter.

Le roman est parsemé de références musicales. Une playlist de quinze titre se trouve à la fin du livre, notamment, Rivers Of Tears d’Eric Clapton – Boring One de Big Fox – Song For Bob de Nick Cave & Warren Ellis  – The Happiest Lamb de Audra Mae

L’auteur nous embrouille avec différentes pistes  pour finalement se rattraper avec un très beau final, pour ce que j’ai considéré être l’histoire principale !! Et là je dois dire que là j’ai été bluffée et j’ai trouvé ça tellement bon que je sors limite fâchée de cette lecture ! Dommage que l’auteur nous ait noyé dans ses digressions.

J’ai beaucoup moins apprécié le final de la seconde histoire avec Daniel Singleton,  un copié collé malheureux, qui n’apporte rien, à part nous remémorer le film, tiré du livre de Thomas Harris.

Dommage car ce bouquin aurait pu être un petit bijou avec un peu plus d’une centaine de pages en moins ! Car l’intrigue et son final sont un pur plaisir!

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Spring Creek Correctional Center

Robert Christian Hansen né le 15 février 1939 à Estherville (Iowa) et mort le 21 août 2014 à Anchorage, Alaska, est un tueur en série américain. Entre 1971 et 1983, il a assassiné entre 17 et 21 femmes dans les environs d’Anchorage (Alaska). Arrêté en 1983, il est condamné à 461 années d’emprisonnement et c’est en prison qu’il meurt, au Spring Creek Correctional Center, à l’âge de 75 ans.trait-rouge

Fabio M.Mitchelli, né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, romans et nouvelles. Il a signé « La trilogie des verticales » parue aux éditions Ex-aequo entre 2010 et 2012, dont La verticale du fou. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du Diable (éditions Fleur Sauvage – 2014), surnommé Le Livre Bleu, inspiré par la vie de Jeffrey Dahmer. Il est fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXème siècle.

 

challenge polar et thriller 2016-2017

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Un pavé par mois chez Bianca

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