Archives du mot-clé Un pavé par mois 2017

Sous son toit de Nicole Neubauer

Parution : 19 octobre 2017 – Editeur : Robert Laffont Collection : La Bête noirePrix broché :  20€ – Prix Numérique : 13,99€ – Pages : 432 – Genre : Polar


Une intrigue assez classique qui n’arrive pas à se démarquer, avec des flics et un coupable à trouver, une victime… Rose Benninghoff, retrouvée morte dans son appartement à Munich, la gorge tranchée, Oliver Baptiste Junior, quatorze ans retrouvé dans le sous-sol de l’immeuble, les mains couvertes de sang. Le père, un homme que la victime a fréquenté, Oliver prétend n’avoir aucun souvenir de la soirée qui a précédé le crime.

Oliver, gamin perturbé, un père antipathique, ont une relation étrange que je n’ai pas réussi à trouver intéressante, que je n’ai pas compris et pour cause, l’auteur n’arrive pas à trouver les bons mots pour l’expliquer, ça tourne en rond et même à la fin on reste sans réponse… Dommage que cette histoire conflictuelle entre le père et le fils n’ait pas été plus exploitée. Quand à la victime, Rose Benninghoff, elle était lisse de son vivant, sans amis… Et sa mort, n’arrive pas à la rendre plus sympathique que ça, même quand on en apprend plus sur elle et son passé…

L’enquête tourne en rond et lente… Lente et sans rebondissements ni suspense et n’arrive donc pas à décoller. L’auteur n’approfondit pas l’intrigue pour l’étoffer pour lui donner du piment et n’arrive pas à la faire décoller, même lorsque le passé ressurgit…

Malgré ces défauts, l’auteur a travaillé de manière très intéressante l’équipe qui mène l’enquête : le commissaire Waechter, le Taiseux, Hannes et Elli… Même si parfois on s’embrouille un peu quand l’auteur parle d’eux… Elle a réussi à construire des personnages avec du caractère et une personnalité propre. Ils sont humains avec leurs failles et leurs travers et c’est en ça qu’ils sont intéressants, car le lecteur arrive à s’identifier facilement à l’un ou l’autre.

Chacun est confronté à sa réalité, tout en faisant son boulot… Chacun doit trouver son équilibre, que ce soit en fuyant face ses responsabilités, en refusant un passé douloureux ou en prenant à la dérision les aspects qui gênent.

Elli, qui choisi de tourner en dérision sa ligne, loin d’être svelte mais qu’elle met en avant, malgré les situations, du coup devient sympathique et le lecteur arrive très bien à visualiser les scènes de cet humour noir…

Le commissaire Waechter, certainement le personnage le plus fragile et le plus intéressant avec son passé qu’il a du mal à porter et qui continu à le hanter…

Hannes est celui qui a une vie bien rangée, avec femme et enfants… Du moins, il a une nouvelle famille, dans laquelle sa fille de 15 ans, débarque. Mais il ne veut pas d’elle sa vie… Elle le dérange. C’est le personnage le plus travaillé avec une conscience qui le bouscule et que l’auteur livre brut, sans fioriture, lorsqu’il refuse cet enfant qu’il n’arrive pas à aimer… Ou qu’il refuse d’aimer… Un sujet rarement abordé et que l’auteur nous livre comme une confidence que Hannes livre au lecteur.

Le Taiseux, porte bien son pseudo et même si rien n’est divulgué sur sa vie prive, sa manière d’être, son comportement prêtent à sourire et lui donne du caractère.

Même si je sors de cette lecture assez mitigée… Ce best-seller outre-Rhin n’a pas réussi totalement à m’embarquer… Néanmoins, pour un premier livre, il a des qualités indéniables que l’auteur arrivera certainement à corriger dans un prochain opus que je lirais avec plaisir.

Nicole Neubauer est née en 1972 à Ingolstadt et a étudié la philologie anglaise et le droit à Munich et à Londres. Elle travaille comme avocate dans un cabinet juridique. Sous son toit a été sélectionné par l’association littéraire Sœurs meurtrières, qui a pour ambition de faire connaître les jeunes talents féminins au public allemand.

 

 

 

10 chroniques de livre

Badge Lecteur professionnel

Badge Critiques à la Une

Publicités

L’arbre Halloween de Ray Bradbury

Parution : 1er octobre 2016 – Éditeur : FolioCollection : Folio SF – Prix Poche : 6,60€ – Prix Numérique : 6,49€ – Pages : 172 – Genre : fantastique

Certains livres ont le pouvoir de vous transporter au delà de vous-même, par delà vos rêves.

Un soir d’Halloween, Tom et ses copains font la tournée des maisons pour récolter des bonbons. Déguisés en fantôme, squelette ou sorcière, ils partent heureux et excités à la moisson. Mais, le soir Halloween n’est pas un soir comme les autres, c’est un soir où la magie peut se trouver sur votre route, sans prévenir…

Joe Pipkin leur donne rendez-vous devant la « maison près du ravin » où s’élance un arbre majestueux sur lequel sont suspendues des citrouilles de toutes les tailles ! Son propriétaire, Mr Montsuaire leur annonce que Pipkin a disparu dans les ténèbres et leur propose un voyage merveilleux dans le temps et l’espace pour tenter de le sauver.

Ils vont découvrir l’origine de cette fête. Ils vont enfin connaître l’origine de la fête des morts…

Nos petites têtes blondes, vont voyager dans le temps et apprendre comment cette fête, la fête des morts est appréhendée par d’autres civilisations, à d’autres époques…

Avec les Égyptiens et leur manière d’honorer leurs morts, le christianisme qui s’est inspiré des rites païens, la chasse aux sorcières…
La vie et la mort sont intrinsèquement liées et en honorant les morts, on célèbre la vie.

L’auteur décrit avec minutie, le cycle de la vie et son éternellement recommencement.

Un conte fantastique emprunt de poésie, de magie qui transporte le lecteur dans un univers de connaissance et de savoirs. Le tout savamment dosé.

Un roman bourré de références mythologiques, historiques ou littéraires, qui peut faire peur, mais qui se lit pourtant très facilement et cela grâce au talent de conteur de l’auteur. Les personnages sont attachants et la fin est poétique, emprunte de tristesse. Un livre qu’on déguste, qu’on lit lentement, pour faire durer le plaisir.

Challenge de l’épouvante 2017-2018

Entre deux mondes de Olivier Norek

 Parution : 5 octobre  2017- Editeur : Michel Lafon – Prix papier : 19,95€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 413 – Genre : Thriller Policier

Waouhhh… Ce livre est bluffant de sincérité, de vérité et l’auteur m’a complètement embarqué dans son intrigue… Une intrigue qui colle à la réalité et à l’actualité…

Entre deux mondes vous transporte dans un univers à part, dans un monde à part… Et pourtant, c’est un monde que nous avons contribué, peut-être en partie, à créer…

Je dois dire, qu’en me lançant dans cette lecture, j’y allais à reculons, pas trop fan de l’auteur, dont je n’ai lu que « code 93″… Mais qui n’avait pas réussi à me convaincre, malgré une intrigue intéressante. Pour autant, quelques conseils de blogueurs plus tard… Et surtout un retour à faire à Yvan 😉 qui a adoré ce livre, je me suis laissée guider et franchement ce fut un pur bonheur…

Le choix du titre est particulièrement révélateur de l’intrigue, puisque la Jungle de Calais, sépare les migrants encore en France, de l’Angleterre…

Pourquoi l’Angleterre ? Peut-être que les réfugiés pensent que leur insertion se fera plus facilement, beaucoup ont plus de notions en anglais qu’en français, le taux de chômage serait plus faible… Je reconnais ne pas savoir… Ne pas comprendre… Pourtant, malgré l’ouverture de ses frontières avec l’Italie, la France, par laquelle transitent une majorité de ces réfugiés, doit bloquer leur passage et leur interdire l’accès au ferry Calais-Douvres.

Calais devient une tranchée, une frontière, une plaie béante qui sépare les migrants, des pays qu’ils fuient et l’Angleterre représentant le paradis sur terre. Le plus grand bidonville d’Europe… Une zone de non-droit, où il est impossible d’intervenir, les règles sont différentes. La police laisse faire…

« Logique, si on refuse de les intégrer à la France, ce n’est pas pour les faire rentrer dans le système judiciaire. »

Je sais que je vais mettre du temps à me remettre de cette lecture… L’humain est placé tout en haut de la pyramide, malgré l’horreur qui l’entoure, malgré cette vie dans cette « Jungle calaisienne »

Les sentiments sont palpables, l’horreur se vit en directe, comme un reportage en immersion dans l’antre du Diable… L’antre de la Jungle te prend dans ses filets et ne te recrache pas indemne… Elle te recrache avec les stigmates, marque de fabrique de l’horreur… L’horreur dans laquelle, l’auteur a plongé… Nous a plongé…

L’auteur, plus humain ici, moins flic… Mais tout en le restant… Qui n’oublie pas qu’être flic c’est faire une promesse, une promesse de cœur et la parole donnée est sacrée… Sacrée, comme le serment que fait un flic de défendre certaines valeurs…

Calais, dont on sent l’exaspération… Mais que l’auteur a préféré aborder en filigrane, pour faire ressortir la détresse… Une détresse qui s’imagine, mais qu’ici, se vit…

Avec une plume plus travaillée, moins brutale, plus fine tout en étant concise, l’auteur nous entraine dans la folie, dans un monde barbare… Où, tout est bon pour se faire du fric… Tout est monnayable… Au prix du sang…

Mais, on ne peut rester insensible à la vue cette jungle macabre… Ce sont avant tout des hommes, des femmes, des enfants… Des flics, épuisés de voir leur incapacité à venir en aide… Leur incapacité à comprendre les ordres… Ordres de non intervention…

Comment accepter l’inacceptable ? Comment ne pas péter un câble et ne pas devenir barge ? Comment croire encore en la bonté humaine, alors que certains ne te montrent que noirceur, calculs et indifférence ?

L’Homme dans tout ce qu’il a de plus malsain, de plus vil, dans tout ce qu’il comporte comme horreur, mais aussi, l’Homme dans ce qu’il a de meilleur, l’amour de l’autre…

Une étude sociétale, en même temps qu’un excellent thriller. Le démantèlement de la Jungle n’a fait que pointé le désintérêt de la France, face à ses responsabilités… Il est tellement plus simple de cacher la misère en l’éparpillant… En la masquant au monde… Mais pourtant, elle est toujours là…

C’est tellement simple de pointer du doigt cette arrivée massive qui gêne…En surfant sur la vague de la haine et du rejet… Tout est tellement plus simple quand on ferme les yeux…

On ne devient pas migrant par choix… On devient migrant par nécessité ! Aider un migrant est aujourd’hui un délit de solidarité… Mais aider dans la détresse n’est-il pas le propre de ce en quoi on devrait tous croire ? Tous pouvoir faire ? Sans se sentir écrabouillé… Jugé… Détesté…

Entre deux mondes est d’une telle profondeur, dans les sentiments, dans la justesse des mots posés avec humilité, avec amour, espoir… Tout transpire du positif… Malgré le sujet grave… L’espoir est là, il est présent, palpable à quelques pas… A quelques mots…

« Les migrants fuient un pays en guerre vers lequel on ne peut décemment pas les renvoyer, mais de l’autre côté, on les empêche d’aller là où ils veulent. C’est une situation de blocage. »

« Comme bloqués entre deux mondes. »

Un livre qui se lit en apnée.. Qui te recrache complètement écrabouillé par cette horreur… Une lecture qui te colle un uppercut et qui te colle à la peau… Un auteur, dont je n’étais pas fana, mais qui a réussi à m’émouvoir, à me coller la frousse de ce qui pourrait arriver à ses personnages. Ses personnages extrêmement bien travaillés, même les secondaires, arrivent à émouvoir et étonner…

Une construction narrative prenante au point de te laisser sur le carreau…

Une  frontière très mince entre ce que l’on peut et ce que l’on nous oblige à accepter…Entre le bien et le mal… Suspendus… Entre deux mondes…

Écrivain et scénariste français. Il est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche de la Sous-Direction de la Police Judiciaire (SDPJ) en Seine Saint-Denis (93). Il travaille d’abord en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois années, lors desquelles il participe à la réhabilitation d’un hôpital à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l’approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l’ex-Yougoslavie (1994-1995).
Il devient gardien de la paix à Aubervilliers, puis rejoint la PJ au service financier, puis au groupe de nuit chargé des braquages, homicides et agressions. Après avoir réussi le concours de lieutenant, il choisit Bobigny au sein du SDPJ 93, à la section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…).  Il écrit quelques textes et participe en 2011 à un concours de nouvelles. et décide de se mettre en disponibilité pour écrire son premier roman « Code 93 » (2013), un polar réaliste qui nous plonge dans le quotidien des policiers en Seine-Saint-Denis.
« Territoires » (2014), présenté en exclusivité à l’occasion du 6ème Festival International des Littératures Policières de Toulouse Polars du Sud, est la suite de « Code 93 ».  Son 3ème livre, qui met en scène le capitaine Coste, « Surtensions », paraît en 2016. Il obtient le prix du polar européen du magazine Le Point. Les droits de ses romans sont déjà acquis en vue d’être portés à la télévision pour y être déclinés en série.

 

 

ABC 2017_Policier/Thhriller

capture

L’empire de sable de Kayla Olson

 

Parution : 21 septembre 2017 – ÉditionRobert LaffontCollection R – Prix papier : 17,90€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 486 – Genre : Dystopie – Yong Adult

 

J’aime beaucoup les Dystopies et clairement ce qui m’a attiré ici c’est l’accroche : «La dystopie écologique qui a conquis Léonardo Di Caprio». J’étais curieuse de voir ce que ce livre avait de plus ? Pour attirer un réalisateur, et le côté dystopie écologique est une nouveauté dans ce genre.

« L’empire de sable » est un livre qui démarre vite, puisque l’auteur plonge directement son lecteur au cœur de l’intrigue. L’action est présente dès le départ et cela donne un rythme assez rapide à une lecture qui ne laisse pas place à la respiration, au même titre que pour les personnages…

L’intrigue débute deux ans après la révolution qui a mené les Loups au pouvoir. Une majorité de la population subit les conséquences du changement climatiques alors qu’une minorité continue de vivre sans être inquiétée. Certaines personnes se regroupent pour combattre ces inégalités persistantes, même lorsque le monde est au bord de l’agonie…

Après avoir remporté cette révolution, les plus aisés sont envoyés dans des camps de travail et les contestataires exécutés.

Ce qui m’a beaucoup gêné c’est que l’auteur distille ces informations au fur et à mesure de la lecture, on est dans le floue… Elle ne prend pas le temps de poser son monde et ainsi le lecteur a du mal à entrer dans l’intrigue.

Nous faisons la connaissance avec Eden, le jour de son évasion qu’elle peaufine depuis deux ans. Mais les choses vont se précipiter lorsqu’une explosion va déclencher la fuite de 3 autres jeunes filles.

Elles décident de rejoindre « Sanctuary », une île qui serait encore neutre… Mais l’île est loin d’être un paradis, elle est parsemée de pièges mortels.

J’ai trouvé cette partie beaucoup trop longue, les descriptions de l’auteur ne permettent pas une fluidité du récit et cela même si le fait de suivre ces jeunes filles dans leurs découvertes étaient intéressant. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages aux réactions assez infantiles…

C’est assez long… Mais l’auteur relance l’intrigue avec l’arrivée nouveau groupe sur l’île.

A partir de ce moment, j’ai perdu le fil, j’ai été complètement larguée. Le manque de suspens, l’intrigue devient linéaire et perd complètement de son volume. Une dernière partie qui manque de construction et qui aurait pu être plus travaillée pour permettre de vraiment donner du cachet et un fil conducteur à l’intrigue.

J’ai du mal à comprendre pourquoi, le genre Young Adult, colle toujours une romance, surtout qu’ici elle est complètement avortée qu’elle n’apporte rien que des longueurs qui ralentissent et font perdre la trame principale de l’intrigue.

Malgré une accroche prometteuse,  une lecture qui ne m’a pas emballée, malgré la jolie plume de Kayla Olson et qui ne se démarque pas des dystopies déjà existantes L’intrigue paraissait intéressante, pour autant l’aspect écologique est très peu développé pour ne pas dire absent…

Kayla Olson habite au Texas avec sa famille. Elle adore la plage, mais détesterait échouer sur une île déserte. Si cela devait toutefois lui arriver, ses essentiels pour la survie comporteraient une cafetière à piston (et le café qui va avec), le chocolat le plus noir possible, et une flopée de stylos surligneurs. L’Empire de sable paraît en 2017 aux Éditions Robert Laffont et est en passe d’être adapté au cinéma par Leonardo DiCaprio en partenariat avec la Paramount. (Source Robert Laffont)

Challenge un pavé par mois                                                        Challenge polar 2017-2018

challenge-un-pave-par-mois

 

La dernière licorne de Tobby Roland

Parution : 24 mai  2017- Editeur : Presses de la cité – Prix papier :  22€ – Prix Numérique : 14,99€ – Pages : 594 – Genre : Thrillerésotérique


Un thriller ésotérique avec une quatrième de couverture alléchante :

Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.

Et une déclaration en début de lecture qui nous dit que tout est vrai dans ce récit « qu’il s’agisse des témoignages des chercheurs d’arche, de l’énigme scientifique posée par l’anomalie d’Ararat, des révélations sur les animaux unicornes, sur le déluge universel, sur le Livre d’Enoch et les anges. Bien que peu croyables, ces thèses sont défendues en dehors de ce livre, par les scientifiques les plus sérieux jusqu’aux blogueurs les plus farfelus. »

J’aime particulièrement ce genre de roman basés sur des faits réels qui s’appuient sur l’Histoire, et ce qu’elle recèle de mystérieux… J’aime les questions que cela pose et surtout les réponses que l’auteur tente d’apporter… Et quand c’est bien fait c’est un must…

« La dernière Licorne » est basé sur le mythe de l’Arche de Noé et sur celui de la licorne. La licorne, dont l’imaginaire collectif a fait un animal aux pouvoirs qui dépasseraient notre entendement… L’auteur en fait la gardienne d’un secret dont la révélation menacerait l’équilibre de l’humanité…

L’auteur, Tobby Rolland fournit un roman très bien documenté, avec les détails du mythe de l’arche que l’on retrouve dans les trois religions monothéistes mais pas seulement, puisque certaines légendes à travers différentes civilisations aborderaient ce mythe de l’arche et de la licorne… Des preuves seraient disséminées à travers le monde… Il se base aussi sur « l‘anomalie Ararat » découverte en 1840 et repérée en 1949 par des avions de l’armée américaine…

L’auteur nous entraine en en France, avec ce laboratoire scientifique et la glaciologue Cécile Serval qui a pondu le rapport secret de la fonte des glaces… Melbourne où le Parlement mondial des religions évoque un rapport inquiétant : les glaces du mont Ararat fondent…Inexorablement. L’« Anomalie l’Ararat », cette forme détectée au cœur du glacier, est-elle « la » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?… Le Vatican, où nous faisons la connaissance de de Zak Ikabi, ethnologue et aventurier, à la recherche du Livre d’Hénoch. … En Arménie, où des mercenaires s’emparent d’une relique sacrée qui se trouve dans une cathédrale : un fragment de l’arche. C’est le début d’une vague meurtrière… La Turquie et cette fillette kurde, dont la famille est gardienne du mystère de l’Ararat …

Débute une aventure sur les chapeaux de roues… Enfin, c’est rapide certes, mais trop rapide… Au point que les situations sont tirées par les cheveux… Les 200 premières pages se lisent toutes seules, on découvre l’intrigue et puis on a pas le temps de s’ennuyer entre les courses poursuites, les fuites pour échapper aux méchants… Et les méchants qui canardent à tout va…

Seulement voilà, une fois qu’on a lu ça, on aimerait avoir quelque chose à se mettre sous la dent… Une petite révélation… Histoire de ne pas s’ennuyer… Sauf que l’auteur tourne en rond et une fois qu’on a lu les 200 premières pages, on se dit qu’il en reste 394 ! Et là c’est juste l’horreur, car tout devient insupportable et la moindre répétition (Cécile par ci, Cécile par là) devient un vrai supplice avec une seule envie que l’intrigue avance ou que ça se termine, mais c’est long… Long… Au point de devenir soporifique… Le pire a été l’intégration d’une romance entre les deux personnages principaux… Là l’auteur m’a complètement perdu…

La scientifique casse pied, acariâtre, bornée, mais qui se laisse séduire par cet aventurier, personnage bourré de clichés, macho, têtu, vont être irrésistiblement attirés l’un par l’autre et l’auteur ne nous épargne même pas la partie de jambes en l’air dont on ne comprend pas le pourquoi du comment dans ce livre…

J’ai trouvé les clichés grossiers et l’auteur ramène la femme à « soit belle et tais toi »… Son intelligence n’est pas nécessaire, puisque Zak Ikabi ne fait que se moquer d’elle avec une intonation et un style qui frise le ridicule dans les dialogues, lorsqu’il la prend de haut : « mais Cécile…. Voyons Cécile… » Elle a beau avoir un doctorat, elle est présentée comme une femme objet, partiellement idiote qui ne devient passable qu’une fois qu’elle se tait et s’amourache de cet homme, présenté comme l’archétype de la virilité, intelligent, beau comme un dieu et plein d’humour…

Je remercie NetGalley et Les Presses de la Cité de m’avoir permis de découvrir ce livre qui aurait gagné en qualité, si l’auteur avait élagué le superflus, car le postulat de départ aurait aboutit à une intrigue rondement menée, sans tenter de broder pendant près de 400 pages…

Après avoir fait des études en sciences politiques, relations internationales et géopolitique, Tobby Rolland (un nom de plume) devient haut fonctionnaire en poste dans plusieurs ambassades d’Asie centrale et du Moyen-Orient, fonctions qu’il exerce toujours actuellement. A trente ans, alors que, d’une ambassade à une autre, il parcourait l’Afghanistan, la Turquie et le Kurdistan, il rêvait aux aventuriers partis à la recherche de l’arche de Noé. A quarante ans, après avoir lu l’épopée de Gilgamesh, le Mahabharata, le Yi Jing, la Bible, le Coran, Les Métamorphoses d’Ovide et les nombreux récits qui se rapportent à l’arche, il imaginait qu’une seule histoire pourrait réinventer le mythe du Déluge. A cinquante-trois ans, ce haut fonctionnaire signe son premier roman, « La Dernière licorne » (2017).

challenge un pavé par mois

challenge-un-pave-par-mois

Challenge polar 2017-2018          –          ABC 2017 _ Policier / Thriller

capture

Mon amie Adèle de Sarah Pinborough

 

Parution : 24 août 2017 – Éditions PréludesPrix papier : 16,90€ – Prix Numérique : 11,99€ – Pages : 448 – Genre : Thriller-Psychologique – Fantastique – Suspense

 

Un excellent page-turner qui ne laissera aucun lecteur indifférent… Un thriller-psycho-fantastique qui accroche le lecteur, tant par sa construction narrative que par son intrigue atypique.

Le tout commence comme un thriller psychologique classique, peu à peu l’auteur tisse les liens entre les personnages… Ces liens sont étranges, ce huis clos complètement atypique, va se fondre dans un thriller machiavélique, avec un triangle amoureux qui laisse entrevoir des relations bien tordues…

Tordues… J’aime ces relations qui reflètent ce qu’un être humain peut être amené à faire par amour… Par peur de perdre l’être aimé… Faire de son ennemie sa meilleure amie… Quelle drôle d’idée… Et pourtant l’auteur réussi le pari d’embrouiller le lecteur, au point parfois qu’il se demandera s’il ne s’est pas perdu dans les méandres de la folie… Mai qui est le plus fou des trois…

L’auteur sème le doute, en nous entrainant dans la tête des personnages, avec des chapitres courts qui sont tour à tour l’esprit de Louise et celui d’Adèle…

Adèle est LE personnage le plus intéressant, le plus abouti, dont la création a certainement demandé un travail important. J’ai adoré plongé dans son esprit et les chapitres la concernant sont des bijoux tellement la psychologie et la manipulation sont abordées avec finesse.

L’auteur, nous embraque dans une excellente intrigue, dans laquelle le lecteur pense tout comprendre, pense enfin avoir les réponses à ses questions que l’on n’ose poser de peur d’avoir compris trop tôt… Mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur qui nous retourne complètement le cerveau, en nous entrainant sur une autre piste…

Au-delà du thriller et du côté fantastique que l’auteur arrive à donner, c’est une lecture qui fait écho à l’infidélité,  qui montre l’obsession qu’elle peut entrainer lorsque l’on vit l’infidélité… C’est la marque au fer rouge qu’elle entraine, c’est la folie dans laquelle on peut facilement basculer, c’est toutes ces questions que l’on va se poser sur le pourquoi, le comment au point que la folie pointe le bout de son nez… Qui n’a pas été trompé et ne s’est pas posé ces questions ?

« Je pense au fait que celui ou celle qui est trompé reste dans l’ignorance et que, si on y réfléchit bien, la vie des gens n’est en général qu’un empilage de secrets et de mensonges. Sous la peau, on ne peut jamais véritablement voir qui est l’autre. »

Je remercie les éditions Préludes pour leur confiance et NetGalley, grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre atypique et addictif.

 

Sarah Pinborough est scénariste pour la BBC et écrit également pour les adolescents. En 2009, elle remporte le British Fantasy Award dans la catégorie Meilleure nouvelle, et en 2014 dans la catégorie Meilleure novella. L’auteure signe avec Mon amie Adèle son premier thriller, numéro 1 des ventes dès sa sortie dans le Sunday Times et en cours de traduction dans une quinzaine de pays.

 

challenge un pavé par mois 

challenge-un-pave-par-mois

Challenge polar 2017-2018 –                  ABC 2017 _ Policier / Thriller

capture

L’Affaire Léon Sadorski de Romain SLOCOMBE

Parution : 25 août 2016 – EditeurRobert LaffontCollection : La Bête Noire– Prix Broché :  21,00€ – Prix Numérique : 9,99€ – Prix Poche : 8,50€ – Pages : 512 – Genre : Policier historique

 

 

J’apprécie beaucoup ce genre de lecture avec en toile de fond la guerre, notamment la seconde guerre mondiale et je dois dire que celui-ci m’a particulièrement plu.

L’auteur nous entraine dans une fiction basée sur des faits réels et sur les activités des renseignements généraux entre 1942 et 1944. Romain Slocombe a fait un formidable travail de recherche, permettant ainsi au lecteur d’être immergé, dès les premières pages dans cette période horrible de notre histoire. Avec une écriture fluide, très agréable à lire, il nous fait découvrir un personnage désagréable à souhait, totalement indifférent aux autres… Enfin surtout ceux qu’il déteste… Collabo invétéré et antisémite notoire, Léon Sadorski, sera mis à rude épreuve lors de son arrestation, lors de laquelle il ne supporte pas de passer du statut de policier à prisonnier et n’hésitera pas à dénoncer… Et surtout acceptera de devenir un agent à la solde des nazis… En même temps il est convaincu de bien faire et même si Louis Sadosky ne vous dit rien, c’est tant mieux mais l’auteur lui redonne vie pour en faire le personnage central de son livre et ainsi permettre aux lecteurs de découvrir tout un pan de ce que l’être humain peut avoir de plus sombre…

Il suffit de regarder d’autres humains pour découvrir l’horreur….

Plus on avance dans cette lecture, plus la réalité de cette France collabo s’impose… Une France où tous les coups sont permis, pour survivre.. Ou tout simplement tirer son épingle du jeu… La trahison, la torture, le trafic… L’auteur, en prenant pour base cette époque n’a pas besoin d’en ajouter plus que nécessaire… Avec un recul d’historien, il tisse une trame riche et donne vie à ce que l’on trouve de plus lugubre chez l’être humain… Rien ne sera épargné au lecteur, aucun filtre et l’horreur nous tombe dessus sans qu’aucun filet ne puisse nous retenir dans cette vertigineuse chute vers l’horreur, que l’on découvre avec impuissance et qui referme son étaux et nous empêche de respirer… Au point que lorsque j’ai refermé ce livre, il m’a fallu reprendre mon souffle et avec une furieuse envie de prendre une douche… Car Sadorski nous colle à la peau… Ses mots nous salissent et nous éclaboussent comme la boue…

Cette lecture, malgré ce qu’elle de plus sombre, pousse au devoir de mémoire et surtout se dire que cela ne doit jamais recommencer… Ne pas oublier est primordial, vital et salvateur, même dans l’horreur…

Je trouve dommage que l’auteur, avec ce récit, qui donnent sens à cette époque et révèle toutes les facettes abjectes de cette période, se soit un peu perdu, au point de parfois perdre son lecteur, avec trop de détails, notamment sur le parcours de certaines rues de Paris… Ou des listes de noms qui n’ont aucun intérêt que celui de nous ennuyer… Et d’alourdir le récit qui est déjà extrêmement dense avec une trame parfois à la limite du supportable.

Malgré ce point négatif, j’ai apprécié cette lecture qui ne peut que faire écho avec ce que nous pouvons parfois apercevoir aujourd’hui….

« Ni l’auteur ni l’éditeur ne cautionnent les propos tenus par le personnage principal de ce livre. Mais ils sont le reflet de cette époque, tout comme ils peuvent présager celles qui nous attendent. Car « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ». » Les époques changent, mais l’histoire est cyclique et n’est qu’un éternel recommencement…

Étant un brin maso, j’ai hâte de découvrir la suite et voir comment Sadorski va évoluer… Enfin, surtout curieuse de voir comment l’auteur va faire évoluer son personnage….

« Les aiguilles de l’horloge murale de la station indiquent 9 heures moins dix. Il restera largement le temps de choisir pour la petite, avant leur rendez-vous au café, quelque chose de vraiment beau pour son anniversaire. Quelque chose qui rendra ses copines de Fénelon vertes de jalousie. Un splendide stylo Météore, par exemple, avec une plume en or, une vraie…
Car aujourd’hui la petite Julie fête ses quinze ans.
Ce lundi 8 juin 1942. Sadorski est curieux de la voir étrenner son étoile jaune. »

   Né en 1953, Romain Slocombe participe, après des études d’art, à l’aventure artistique du groupe Bazooka, notamment au tout début de celle du magazine Métal hurlant (années 1970), pour lequel il produit des œuvres naviguant entre bande dessinée et illustration. Ses thèmes de prédilection se focalisent rapidement autour du Japon, auquel il s’est intéressé dès sa prime jeunesse, et le bondage, avec des jeunes femmes (infirmières et japonaises) attachées.

Ses livres mêlent, dans un style « trash », une intrigue, avec à chaque fois des chapitres avec une approche type historique : la secte Aum, l’Histoire du Japon, en particulier ses exactions en Chine à partir de 1937 et pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 2011, répondant à l’invitation éditoriale de la collection « Les Affranchis », il publie Monsieur le Commandant, un roman sous forme de lettres de dénonciation, où le personnage principal, académicien pétainiste et antisémite, tombe follement amoureux de sa belle-fille avant de demander à ce qu’elle soit déportée. Le livre est couronné par le prix Nice Baie des Anges.

En 2016, il crée le personnage récurrent de l’inspecteur Léon Sadorski, collaborateur et antisémite.

challenge un pavé par mois

challenge-un-pave-par-mois

Challenge polar 2017-2018          –          ABC 2017 _ Policier / Thriller

capture

Sharko de Franck Thilliez

 

Parution : 11 mai  2017- Editeur : Fleuve éditions – Prix papier :  21,90€ – Prix Numérique : 17,99€ – Pages : 576 – Genre : ThrillerPolicier

Il y a des auteurs comme ça dont on attend les livres et qui nous font frémir d’impatience bien avant leur sortie. Lorsque Franck Thilliez propose une énième enquête mettant en scène deux de ses personnages devenus cultes aujourd’hui, on ne réfléchit pas, on fonce. Je n’ai pas dérogé à la règle, le livre était dans ma PAL dès sa sortie, j’ai eu le plaisir de le lire en juin, mais je ne sais pourquoi j’ai eu du mal à faire un retour… Et puis les mois passants, je me dis qu’il faut quand même que j’arrive à coucher sur le papier mon ressenti…

« Cette fois, le gibier, c’était eux. »

Avant de se lancer dans cette nouvelle enquête avec Lucie Henebelle et Franck Sharko, j’ai aimé découvrir la «petite anthologie biographique « Sharko Henebelle, couple de flics », mis à disposition par l’auteur, pour se remémorer tous les points forts, parfois tragiques, de ce couple de flic…

Nos deux héros vont encore en baver un peu plus, cette fois c’est carrément leur statut de flic irréprochable qui va être mis à mal… C’est certainement ce qui a dû me gêner… Je ne sais pas… Mais l’auteur m’a poussé dans mes retranchements avec cette histoire : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, Lucie tue un homme. Franck ignore pourquoi elle se trouvait là …. Mais pour la protéger, il a maquillé la scène de crime.

Encore une fois, l’auteur nous montre ses personnages comme humains, faibles et surtout prêts à tout l’un pour l’autre… L’auteur est aussi prêt à jouer avec les sentiments quasi amoureux que le lecteur entretien avec ces deux personnages, puisqu’il sera soumis à un stress de tout les instants, palpable et cela à chaque fois qu’un nouvel élément pointe le bout de son nez…

La morale et l’intégrité seront mises à mal, par l’auteur qui pousse son lecteur à se demander comment il aurait agit… Prendre partie… Mais parfois prendre partie c’est aller à l’encontre de ses convictions… Quel devrait être le choix à faire… Celui de la raison ou du cœur…

Franck Thilliez, nous offre, encore une fois, un livre qui sort complètement de l’ordinaire avec une enquête qui va nous conduire dans un monde qui peut sembler être un mythe mais dont les monstres réels ou imaginaires inspirent le quotidien de certaines personnalités que l’on peut qualifier de complètement barges …

Toujours avec le même type de trame, l’auteur, décortique scientifiquement ses intrigues et à chaque fois on se dit que cela ne peut pas être plus horrible que le livre précédent pourtant, l’auteur arrive à me scotcher… l’humain a toujours une place prégnante dans ce qu’il a de plus horrible ou de plus « humain »…

Chaque détail compte, chaque détail amène vers un final complètement imprévisible mais construit du début à la fin avec grand talent. On ne lit pas un « Thilliez » sans aller faire quelques recherches… Tellement il présente les choses avec vérité…

Passionné de cinéma, il devient ingénieur spécialisé dans les nouvelles technologies et l’informatique. Il allie cette passion à son goût pour les thrillers pour donner naissance à son premier roman, « Train d’enfer pour Ange rouge » nominé au Prix SNCF du polar français 2004. Le succès rencontré depuis « La Chambre des morts » lui a permis de cesser son travail d’informaticien à Sollac Dunkerque pour se consacrer exclusivement à son travail d’écriture. « Le syndrome [E] », sorti en octobre 2010, est le premier volume d’un diptyque consacré à la violence, bientôt suivi par « Gataca, » sorti en avril 2011. « La Chambre des morts » est adapté au cinéma en 2007 par Alfred Lot. Malgré un certain succès critique, le film connaît en salles une réussite mitigée. « La Forêt des ombres » est en cours d’adaptation cinématographique par Julien Leclercq.

challenge un pavé par mois

challenge-un-pave-par-mois

Challenge polar 2017-2018          –          ABC 2017 _ Policier / Thriller

capture

Les Yeux de Slimane-Baptiste Berhoun

 

Parution : 15 novembre 2017 – Edition BragelonnePrix papier : 20€ – Prix Numérique : 12,99€ – Pages : 444 – Genre : Thriller psychologique – Fantastique

 

 

C’est en lisant l’avis de Yuyine  que j’ai eu envie de découvrir ce livre et grâce à Netgalley et aux éditions Bragelonne j’ai pu plonger dans ce thriller qui nous transporte dans univers atypique et rarement exploité.

Grâce à une écriture maitrisée et un talent de conteur on est immergé dans une lecture de grande qualité et addictive. On ne peut lâcher ce livre tellement il est de qualité, tellement les descriptions sont imagées, comme une série que l’on suit avec intérêt.

Plonger dans cette lecture atypique c’est gage de sensations fortes, avec pour seule règle « ne pas oublier que l’on se trouve dans un asile de fous et qu’il ne faut pas croire les fous »… Sauf lorsque l’on pense être fou soi-même…

Les descriptions sont tellement précises que l’asile de l’Orme en devient réel et un personnage à part entière… Un personnage qui fera fémir d’horreur n’importe quel lecteur… Un hôpital psychiatrique isolé, délabré, trois bâtiments… Dont chacun sera le spectacle de l’horreur :

« Il y a toujours eu des morts à l’Orme. C’est normal il parait dans un asile. »

Une ambiance sombre et glaciale que le lecteur suit au rythme de ces pages qui deviennent un vrai page-turner tellement l’auteur réussi à nous embarquer dans la folie…

Les personnages sont nombreux et pourtant à aucun moment l’auteur ne perd son lecteur, car chacun a sa propre personnalité : celui qui mange tout ce qui lui tombe sous la main, celui qui se prend pour un poulet, j’ai adoré La Mo, un homme qui se prend pour sa femme… Léo, qui fait flipper mais qui est très attachant… Cazal, complètement déjanté mais qui m’a fait rire… J’ai adoré Lucie, un personnage troublant… Attachant… Qui peu à peu fait basculer la lecture dans ce qu’elle a d’horrifique et surtout donne corps au récit avec sa construction psychologique de grande qualité.

Mais il n’y a pas que les « fous » au royaume de cet asile, qui sont fous… La folie est en chacun des personnages…. Le gardien mauvais comme une teigne qui aime le pouvoir sur plus faible que lui… Ce directeur avide d’argent… Ce chirurgien qui cherche à comprendre… Mais à quel prix… Le seul dont la normalité est troublante est ce pharmacien qui veut juste faire son boulot tranquillement et peut être attirer l’attention de la belle Lucie.

L’auteur fourni une belle palette de personnage, ce qui pourrait faire peur, mais loin de là. Chacun a son rôle et sa place dans cette histoire addictive.

Un meurtre, des malades dont la peur du noir va être le point d’ancrage. Un monstre sévit dans les murs de cet asile… Mais parfois le monstre n’est pas celui que l’on croit… L’auteur nous balade pour nous attirer dans ses filets avec plusieurs rebondissements qui ne sont là que pour attirer le lecteur vers la toute fin du récit, pour comprendre où l’auteur a voulu amener son lecteur, qui va se prendre un grande claque tellement cela se termine en apothéose.

Un final que l’on ne voit pas venir ou que l’on refuse de voir… Un final qui fait frissonner…

Un roman qui se lit rapidement malgré ses 444 pages, qui nous balade entre folie, fiction et réalité sans laisser de répit à son lecteur qui referme sa lecture essoufflé tellement il en pris plein les yeux…

Scénariste et réalisateur de séries digitales cumulant plusieurs millions de vues sur Internet (Les Opérateurs, La Théorie des Balls, Le Secret des Balls, Epic Fitness) Slimane-Baptiste Berhoun est également l’auteur du roman Le Visiteur du Futur – La Meute, suite officielle de la série dans laquelle il interprète le Docteur Henry Castafolte.  Comédien et lecteur de livre audio (Les Chants de la Terre Lointaine) il nourrit son écriture de l’efficacité et de l’humour propre aux contenus digitaux. Les Yeux est son second roman chez Bragelonne. 

challenge un pavé par mois 

challenge-un-pave-par-mois  Challenge de l’épouvante 2017-2018

Challenge polar 2017-2018    –        ABC 2017 _ Policier / Thriller

capture