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Régis de James Osmont

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Titre : Régis
Auteur : James Osmont
Éditeur : Auto-édition

Pages : 274
Parution : février 2016
Prix : 9,99€

Régis aime la littérature et l’automne, les décibels et l’errance. Il n’a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s’accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir… Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d’un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire… Jusqu’au point de non-retour.

En apprendre un peu sur l’auteur

James Osmont, 33 ans, originaire de Brest en Bretagne, auteur-photographe depuis plusieurs années, je montre régulièrement mon travail dans le cadre d’expositions depuis 2013. J’exerce par ailleurs la profession d’infirmier en psychiatrie, domaine méconnu, tourmenté et profondément humain, souvent caricaturé ou abordé superficiellement en littérature, à grands renforts d’archétypes… L’écriture m’accompagne depuis longtemps, ayant animé un fanzine musical pendant plus de 10 ans. Je viens de terminer l’écriture d’un premier roman, « Régis », une oeuvre de fiction mêlée de drame et de suspens, de violence et de poésie…

Avis

Ah ce Régis ! Cela faisait un moment que je voulais le découvrir ! C’est chose faite et je n’ai pas été déçue !

La couverture au départ y était pour beaucoup, au passage chapeau l’artiste, car elle est tellement intrigante qu’on ne peut qu’être attiré ! Je me suis prise à imaginer Régis, bien avant d’avoir acheté le livre ! Ce pyjama, ce crâne…. Régis prenait vie dans mon imaginaire et à partir de ce moment là, je ne pensais qu’à lui ! Bon je n’ai résister que quelques jours pour l’acheter, mais je ne me suis lancée dans sa lecture que plusieurs mois après!

Je vous invite à découvrir la bande son que l’auteur a imaginé pour Régis.

Le récit débute  au moment des attentats de Paris le 13 novembre 2015, dans cette ambiance morose … Quelques retours en arrière pour nous permettre de découvrir ce personnage torturé, qui devient attachant, même s’il n’est pas un enfant de coeur.

32 ans, a passé presque toute se vie en hôpital psychiatrique. Sous ses dehors d’enfant torturé qui s’évade grâce à la musique et la littérature, il reste néanmoins un être violent et psychotique.

Bizarrement, on s’attache à ce personnage tourmenté. Régis se sent bien seul face à ses démons et ses pulsions…

L’auteur met un point d’honneur à évoquer le rôle du corps soignant dans cet univers psychiatrique, qui pour ne pas sombrer eux-même se doivent de mettre une barrière et se détacher complètement de leur sentiments. On sent bien là, que l’auteur, connait ce milieu et ce domaine, la manière dont il l’évoque est très personnelle et très réaliste.

L’ami intime de Régis est bien le seul être « normal », c’est son ami de longue date avec qui il partage ses goûts musicaux et littéraires.

Au début, j’ai eu du mal à comprendre cette alternance de chapitre et petit à petit la lumière s’est faite et là j’ai compris toute l’horreur des sentiments de Régis, qui n’aspire qu’à se fuir et à fuir son passé. Mais il est constamment remis devant sa maladie, devant les horreurs commises ainsi que les horreurs qu’il a subi par un prédateur, dangereux manipulateur, assoiffé de vengeance…

La noirceur de l’âme humaine est exploitée, explorée, jusqu’au vertige final !

J’ai quitté Régis, toute chamboulée, émue, troublée, bref ce livre ne m’a pas laissé indifférente !

 

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Charade de Laurent Loison

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Titre : Charade
Auteur : Laurent Loison
Éditeur : France Loisirs

Collection : Nouvelles Plumes
Pages : 432
Parution : 2015 – Sortie nationale le 3 novembre 2016
Prix : 14,99€ – 19€ à partir du 3 novembre 2016

Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé, le visage encore marqué par la douleur de la torture qu’elle a subie. Dans une enveloppe abandonnée sur l’atroce scène de crime, une simple phrase : « les premiers seront les derniers ». Bientôt ce sont d’autres victimes, d’autres messages… Et un mystère qui reste entier. Pour arrêter ce jeu sordide, le 36 quai des Orfèvres a missionné le commissaire Florent Bargamont. Le brillant mais glacial enquêteur fait équipe pour la première fois avec une jeune et enthousiaste criminologue, Emmanuelle de Quézac. Malgré les rivalités qui font rage au sein du 36, le duo d’enquêteurs se lance à corps perdu à la poursuite de ce tueur en série aussi terrifiant qu’inhumain.

En apprendre un peu sur l’auteur

Laurent Loison est né dans le Val d’Oise en 1968, l’auteur grandit dans les traditions paysannes fondées sur le travail et la famille. Sa carrière éclectique fait de lui un homme aimant profondément la vie et ses ressources inépuisables. Créateur à tout juste 25 ans de ce qui sera le leader de la traduction technique en France –A.R.T international – il quitte ses responsabilités en 2005 pour découvrir le Grand Ouest Américain.

De retour en France, il se consacre à la création d’une société de services à la personne, mais réserve une grande part de son temps à l’écriture, sa passion de toujours, rédigeant ainsi plusieurs ouvrages qu’il garde pour ses proches.

Avis

Bon bein voilà, « charade » m’a tenu éveillé une bonne partie de la nuit ! Cela fait un moment que je n’avais pas ressentie cette adrénaline qui monte, cette soif de connaitre absolument la suite, alors que je sais que le lendemain il va me falloir des allumettes pour tenir mes paupières bien ouvertes au boulot !!! Surtout que les allumettes on a du mal à en trouver et puis ça fais bobo aux yeux les allumettes…

En refermant ce livre, j’ai pensé quelle « putain d’histoire ».

Alors oui c’est un polar « basique », des méchants et des flics, mais là où Laurent Loison fait fort c’est sur le personnage bien tordu du tueur en série ! Oui le tueur à la Charade tourne en bourrique tout le staff du 36 !

Il est bien tordu, machiavélique, joue avec ses victimes et laisse un petit message énigmatique à chaque fois !

« On ne peut bâtir que des hypothèses pour l’instant. La seule chose certaine est qu’il joue avec nous. Il veut nous tester, nous éprouver, nous défier, nous montrer sa supériorité. Il est imbu de sa personne, supérieur aux autres. C’est ce qui le perdra ! Ça, j’en suis convaincu. »

Le héros de l’histoire, un flic bien meurtri par la vie, à vif, ses sentiments sont tellement exacerbés qu’il plonge dans la psychologie de notre tordu. Il arrive parfois qu’il ait peur de ne pas pouvoir remonter à la surface…

C’est sans compter sur ses fidèles co-équipiers et surtout le soutien indéfectible de la nouvelle recrue, légèrement amoureuse, mais pas ingénue…

« Dans tous vos doutes, dans toutes vos angoisses ou incertitudes sur une enquête, cet homme détient la vérité. Il ne se trompe jamais ! Souvenez-vous toujours, si le capitaine vous dit, « j’ignore » cela veut dire qu’il est sur une piste, « je ne sais pas trop » qu’il a une hypothèse solide non vérifiée, et « je pense que » qu’il est blindé et qu’il a tout le matos pour vous prouver qu’il a raison. »

Un premier roman avec une intrigue à faire frémir les plus endurcis, des descriptions très réalistes qui peuvent déranger les cœurs sensibles.

« Il semblait bon, généreux et attentionné. Tout ce qu’une femme désire. Mais aucune n’est prête à l’admettre et à en faire son leitmotiv. Pas plus que sa façon de vivre. Elle ferait comme ses congénères, feindre et rêver en secret du « mauvais garçon » qui la ferait s’évader. »

A 50 pages de la fin, tout se termine… Mais c’est sans compter sur le talent de narrateur de cet auteur au futur plus que prometteur. La fin est une apothéose, une grande claque dans le monde du polar. Je pourrais comparer Laurent Loison à Frank Thilliez, dans ses premiers romans.

« Le pouvoir est une drogue puissante, et celle-là, elle est légale. »

Dans le prologue, l’auteur s’adresse à nous lecteur avec une petite mise en garde sur l’être humain et son côté le plus sombre. Je dois dire que cette description (je ne peux en dire plus au risque d’en dire trop) fera écho, à n’en pas douter, en chacun de nous… Et ne pourra que renvoyer à son propre vécu, pour peu que l’on ait été confronté aux rebus du genre humain….  Je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec des personnes qui ont jalonné ma vie et qui jalonnent sûrement celle de beaucoup de personnes…

Merci Laurent Loison pour ce formidable roman emprunt de noirceur et de rebondissements et merci de rappeler que comme le disais Jean-Paul Sartre « l’enfer c’est les autres ».

Merci encore de m’avoir rencontré pour me donner votre trésor et merci au groupe Mordus de thrillers d’avoir organisé ce fameux concours grâce auquel j’ai pu découvrir la plume de l’auteur.

J’attends la suite de vos écrits cher Laurent…

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De beaux jours à venir de Megan Kruse

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Auteur : Megan Kruse
Traduction : Héloïse Esquié

Éditeur : Denoël
Pages : 384
Parution : 25-08-2016
Prix : 21,90€

Depuis des années, Amy subit la violence de Gary. Jusqu’au jour où elle reçoit le coup de trop et décide de s’enfuir avec ses deux enfants, Jackson, dix-huit ans, et Lydia, treize ans. Premier arrêt au Starlight, motel crasseux qui va leur servir de refuge. Tous les trois s’endorment sereins et soulagés, mais au petit matin Jackson a disparu. Croyant gagner l’amour d’un père qui le rejette, il est retourné chez eux et a trahi sa mère et sa sœur en révélant à Gary l’adresse du motel. Amy se rend alors à l’évidence : si elle veut assurer sa sécurité et celle de Lydia, elle va devoir abandonner son fils. Cette séparation brise le cœur de la petite fille, très attachée à ce frère doux et différent. Jackson, de son côté, doit désormais se débrouiller seul, tiraillé entre la recherche désespérée de l’amour paternel, sa culpabilité et sa difficulté à gérer son homosexualité naissante.
De beaux jours à venir est un roman terriblement juste, touchant et sans complaisance, sur la famille, les sacrifices que l’on peut faire en son nom, et leurs conséquences. Un chef-d’œuvre où l’émotion prend à la gorge à chaque page.

Merci à Babelio et à l’éditeur Denoël

En apprendre un peu sur l’auteur

Megan Nicole Kruse écrit de la fiction et des essais. Elle a étudié la création littéraire à l’Oberlin College et a obtenu sa maîtrise à l’Université du Montana, où elle a reçu une bourse Bertha Morton. Elle vit à Seattle.

Avis

« Pu… de chienne de vie » ! Oui prendre un chemin plus que l’autre peut parfois nous entraîner dans des pentes glissantes …

Il est difficile de donner un avis sur cette histoire de vie, sans tomber dans le pathos ! C’est justement ce que l’auteur évite avec brio. J’ai pu lire certains commentaires qualifiant ce roman de  déprimant et je dois dire que j’appréhendais cette lecture.

On est vite plongé dans ce drame familial que tout à chacun peut vivre ou rencontrer dans sa vie. J’ai été émue, par cette femme qui après 14 ans de maltraitance prend son courage à deux mains et décide de dire STOP ! Sa force sera ses enfants puisque c’est en les observant qu’elle prend Sa décision. Elle voit la peur dans les yeux de sa fille, elle voit son fils qui ne pourra jamais s’épanouir et assumer son homosexualité au contact de ce père tyrannique.

« A présent, ses enfants dormaient et elle tenta de dormir également, de leur insuffler ses rêves, de rêver encore une nouvelle vie, de faire par la force de sa volonté que cette vie leur vienne, malgré tout. »

Ce fils qui malgré l’amour de sa mère et sa soeur, est à la recherche de l’amour et de l’approbation de son paternel, qui n’a que du mépris pour lui, ce père qui ne le regarde que pour le rabaisser…, va trahir cet amour inconditionnel…

« Elle voulait autre chose pour Jackson. Elle voulait toutes les promesses lumineuses que transmettaient ces voix d’espoir, les rues chaudes et accueillantes dans lesquelles tous et toutes défilaient. Elle voulait qu’il reçoive ce qui lui était dû, que le monde s’ouvre à lui. Elle voulait lui donner tout ça, le lui offrir sur un plateau. Elle ne voulait pas qu’il vive une minute de plus la pauvre vie étriquée qui le cernait déjà alors que tout cela l’attendait ici. »

Les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas, chaque personnage nous livre son ressenti, ses peurs et angoisses face aux évènements. Avec un retour quelques années en arrière pour la mère. Permettant d’en apprendre beaucoup plus sur leur personnalité. La psychologie des personnages est tellement fine que cela les rend réel et attachants.

L’affirmation des penchants sexuels de Jackson est très bien décrite, ses doutes et ses peurs, sa descente en enfer pour mieux remonter et s’assumer.

« Lydia, m’a dit mon frère, tu sais le truc que les filles, elles ressentent pour les garçons.? Eh bien moi, je ressens la même chose.Je me dis que je pourrais bien me marier avec un garçon un jour. »

Par amour il faut parfois savoir laisser ses enfants voler de leurs propres ailes, quitte à y laisser des plumes. C’est dur, cru mais tellement vrai ! Pour s’en sortir et sauver ses enfants il faut parfois se sauver soi-même avant… Comment affronter la vie et aider ses enfants si toi en tant que mère tu acceptes d’être maltraiter et rabaisser.

« Tout ce qu’ils avaient fait à ce moment-là, c’était à cause de son père. S’il emmenait Lydia dans les bois, c’est parce que son père les y forçait, parce que son égoïsme et sa cruauté les contraignaient à sortir de la maison. Tous ces moments de jeux ne correspondaient qu’à une illusion de liberté. Les moments où ils pendaient qu’ils maîtrisaient leur destin, c’étaient en fait ceux-là même où son père avait vraiment gagné. »

Chacun des personnages va trouver sa place, trouver son chemin. La mère en s’enfuyant sait qu’elle se sauvera d’une violence de plus en plus présente, et sauvera sa fille. Jackson ne pouvant que fuir, ce père présent que pour faire peur, trouvera sa route et Lydia n’aura plus peur…

« Il en eut la certitude et il se promit en cet instants, dans la cabine du semi-remorque, au plus profond de son coeur, qu’il ne reverrait jamais son père. »

Après la pluie le beau temps c’est ce que ce livre nous crie !

« On fait des choses parce qu’on croit y être obligé. Je savais que ce qu’avait dit ma grand-mère était faux. Ce n’est pas vrai qu’on reste soi-même. On n’est jamais plus soi-même. Votre coeur va se briser encore et encore et vous serez peut-être coupée de vos enfants à jamais, mais quoi qu’il arrive, une mère reste une mère »

De beaux jours à venir est un bon et beau roman, hymne à la vie, hymne à l’amour, au don de soi à l’amour familial et au refus de la violence même par amour. Un cri de rage et d’espoir.

« Mon Jack, mon Jack, mon Jackson « , et à chaque fois qu’elle prononçait son nom c’était comme une prune de la fin d’été, c’était comme de s’endormir au soleil au beau milieu de l’après midi. Debout dans la lumière, il m’a regardée. J’avais cru que ma vie était finie, mais voilà, qu’elle recommençait. Ma mère disait son nom, et il s’approchait de moi, et j’étais sa soeur.

Megan Kruse a une très belle plume et la traduction est tellement bien faite que le texte est fluide et beau.

Je n’aurais sûrement pu découvrir ce roman, si je n’avais pas posé ma candidature pour rencontrer l’auteur. Je suis encore plus impatiente d’entendre Megan Kruse parler de son livre.

Une belle leçon de vie !

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